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Israël à la conquête de l’espace


Israël à la conquête de l’espace

C'est un fait : Israël est devenu en quelques années l’une des puissances mondiales dans le domaine spatial, et tout particulièrement dans le domaine des satellites. Et comme toujours dans notre pays, ce sont les nécessités sécuritaires et politiques de l’heure qui ont imposé au pays de développer ces technologies…

Et comme toujours en Israël, la réalité a finalement dépassé tous les espoirs. Huit ans après la mort tragique d'Ilan Ramon, le premier astronaute israélien, Hamodia revient sur les réalisations en « bleu et blanc » au plan spatial en confirmant : le peuple juif a toujours bel et bien la tête dans les étoiles !

C'était il y a huit ans, le 1er février 2003. En effet, tout le pays attendait avec impatience le retour sur terre du premier astronaute israélien, le colonel Ilan Ramon, dont l'histoire et la personnalité avaient réussi à toucher tant d'Israéliens…

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Mais vers 16h, à l’heure israélienne, c'est le drame ! La navette spatiale Columbia se désintègre en plein vol durant son retour dans l'atmosphère terrestre. Ilan Ramon et les six autres membres de l'équipage meurent en plein ciel.

Très vite, Ramon devient un véritable symbole : L'histoire du pilote de chasse qui a participé en 1981 au raid de destruction de la centrale atomique de Saddam Hussein, Osirak, l'Israélien qui a choisi de prendre avec lui – dans l'espace – un Séfer Torah, des mézouzot, un livre complet du Tana'h, ainsi que l’émouvant dessin d'un enfant juif assassiné durant la Shoah, l'astronaute mort alors qu'il revenait sur terre a conquis le cœur de bien des Israéliens.

Lorsqu'en 2002, la NASA propose à Israël d'intégrer un astronaute israélien dans sa prochaine mission dans l'espace, il devient évident que notre pays est en train de devenir « l'étoile montante » de la recherche aérospatiale. C’est que les résultats enregistrés dans le domaine spatial par l’État d'Israël avaient d’ores et déjà débuté : le 19 septembre 1988 précisément, quand Israël met en orbite son premier satellite Ofek-1, lancé depuis la base aérienne de Palma'him. Et de fait, quand le monde apprend la nouvelle, c'est la stupeur : Jusque-là, seules les grandes puissances possédaient des satellites et surtout, seules les grandes puissances avaient la capacité de les mettre en orbite.
Ofek-1, puis ses successeurs, sont des satellites militaires de reconnaissance construits par les Industries aéronautiques israéliennes (IAI). Ce sont d’impératives exigences sécuritaires qui forcent les dirigeants et experts en stratégie du pays à mettre au point ces satellites « Made In Israël » : Car juste après la signature en 1979 du fameux accord de paix israélo-égyptien, lorsque Washington fait savoir à Jérusalem que les USA n'ont aucunement l'intention de lui fournir des images satellites pour suivre ce qui se passe dans la péninsule du Sinaï tout récemment transmise aux Égyptiens, Israël comprend que, comme d'habitude, il ne peut et doit compter que sur lui-même. C'est ainsi que naît le programme Ofek (Horizon).

Ofek, un horizon stratégique tout à fait nouveau

Une anecdote intéressante : Les satellites Ofek sont les seuls au monde à être lancés directement en orbite rétrograde, c'est-à-dire d'est en ouest ; et ce, afin qu'en cas d'échec, les débris ne puissent retomber en territoire arabe et ainsi révéler certains précieux secrets de fabrication. De ce fait, les satellites israéliens ne profitent pas de la vitesse ajoutée d'ouest en est par la rotation du globe terrestre, et ils doivent donc être beaucoup plus légers. Or, ce désavantage a très vite été transformé en tremplin puisque du fait de cet impératif sécuritaire, Israël est devenu le leader du marché mondial des microsatellites pesant moins de 300 kg…

L’État hébreu fait désormais partie du club très « select » des neuf pays de la planète en mesure de programmer, de construire et de propulser un satellite dans l’espace : La Russie, les États-Unis, la France, le Japon, la Chine, le Royaume-Uni, l'Inde et – depuis l’an dernier – l'Iran. C’est ainsi qu’aujourd'hui, huit satellites israéliens tournent autour de la terre : deux engins d'observation de ressources terrestres de type Eros, trois satellites de reconnaissance militaire de type Ofek, deux satellites de communications Amos et le satellite d'observation radar Ofek-8, également appelé TecSar et mis en orbite à partir de l'Inde.

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Tous les satellites-espions et d'observation sont placés en orbite basse à quelques centaines de kilomètres de la terre et font le tour de la planète environ seize fois par jour. Quant aux satellites de communication, ils sont placés en orbite géostationnaire, c'est-à-dire à environ 36 000 km de l’Équateur et font le tour de la terre en 24 heures.

D'autres satellites sont en phase de préparation, parmi lesquels le microsatellite Vénus, fruit d'une coopération entre Israël (qui fournit la plateforme et le propulseur), et la France – qui fournit une caméra multi-spectrale très sophistiquée. Le but du programme Venus est l'observation de la végétation et de l'environnement terrestre à partir de l'espace.

 

Une incontournable nécessité sécuritaire

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Israël a un besoin vital de capter des images précises des pays qui l'entourent. Or, grâce aux capacités très développées de ses satellites, les responsables sécuritaires du pays sont aujourd'hui en mesure de savoir précisément ce qui se trame, par exemple, dans la centrale iranienne de Busheer en Iran, ou dans la capitale syrienne autour du palais présidentiel … Par ailleurs, en temps de guerre, les satellites peuvent être massivement mis à contribution par l'armée, comme ce fut le cas durant la Seconde guerre du Liban ou de l'Opération « Plomb durci ». On se souvient aussi que les images des soldats de Tsahal battus par les soi-disant « pacifistes » du bateau turc « Mevi Marmara » ont également été prises par un satellite.

C'est donc surtout pour ces objectifs d'espionnage et de collecte de renseignements qu'Israël investit chaque année plusieurs centaines de millions de dollars dans son programme spatial. Mais pas uniquement…
En effet, la recherche dans ce domaine est qualifiée par les spécialistes de «  wagon technologique »  susceptible d'attirer à lui les cerveaux les plus brillants de certaines branches scientifiques et qui touche, de près ou de loin, à d'autres technologies qui s'enrichissent et se développent sans cesse en apportant leur contribution à l'avancée de la recherche aérospatiale israélienne.

Un exemple parmi d’autres : plus un satellite est léger, moins sa mise en orbite et son entretien coûtent cher. Car chaque kilo supplémentaire ajouté à un satellite implique pour les IAI plusieurs centaines de milliers de dollars de plus à débourser ! Réussir à concentrer dans une structure, la plus petite possible, une quantité énorme de données, programmes, appareils et autres systèmes électroniques ou électriques est donc l'un des principaux casse-tête auxquels les ingénieurs en aéronautique, en électronique et en informatique des IAI doivent se mesurer.

Un autre impératif : Le satellite et tous ses composants – caméras, transmetteurs, radars, appareils de mesure, ordinateurs, etc. – doivent pouvoir fonctionner durant plusieurs années de manière quasiment autonome. Ils doivent également endurer des températures extrêmes, variant entre -170 et 120°C.
On comprend donc que, confrontés à de telles nécessités, les participants au programme spatial israélien voient leur créativité sans cesse sollicitée et sont poussés à exploiter les meilleures technologies existant en Israël.

Des bénéfices conséquents

Mais cette industrie des satellites rapporte également pas mal d'argent. Voilà bien longtemps que les grandes puissances, et Israël tout autant, ont compris que les satellites d'observation pouvaient être utilisés à des fins commerciales et que les engins de communication pouvaient rapporter quant à eux des milliards de dollars par an.

Du fait de sa faible étendue géographique, Israël n'utilise qu'une petite partie de la capacité de ses satellites de communication de type Amos. Le reste est donc alloué à des pays situés dans le rayon d'action d'Amos : Moyen-Orient et Europe de l'Est, mais aussi pour bientôt – avec le lancement d'Amos 4 prévu en 2013 – toute l'Asie et une bonne partie de l'Afrique !

D’après un rapport publié par le Conseil national de l’Économie, Israël pourrait ainsi obtenir un bénéfice d'environ cinq milliards de dollars par an pour un investissement public global d'un demi-milliard de dollars étalé sur sept ans, soit dix fois plus que la somme de départ investie ! Or, l'Agence spatiale israélienne, quant à elle, parle d'un potentiel de bénéfices deux fois plus important pour le même investissement. Mais faute de budgets conséquents accordés par l’État d'Israël, toutes ces prévisions restent pour le moment sur le papier…

Tsahal et les satellites

Aux plans militaire et stratégique, le champ de bataille du 21e siècle est décidément très différent de celui des siècles précédents.

En effet, de nos jours, l'officier supérieur commandant un secteur du front des hostilités peut désormais recevoir une image visuelle des forces ennemies situées par delà une colline ou une barrière rocheuse, sans avoir besoin d'y dépêcher une unité de reconnaissance. Confortablement installé dans son char ou son command-car, cet officier peut ordonner à son '' éclaireur '' ultra-performant – le satellite d’observation le plus adapté à ce site pour cette heure-là – de lui fournir une image précise de ce qui se passe aux points A, B et C. Quelques minutes ou quelques quarts d’heures plus tard – tout dépend en effet de la position du satellite interrogé par rapport à la Terre – il obtiendra cette information qui viendra s’afficher directement sur l'écran de son char.

On se rappelle que l'une des principales critiques du rapport Winograd sur les dysfonctionnements enregistrés pendant la Seconde guerre du Liban concernait justement l’attitude de ces officiers qui, au lieu de se rendre par eux-mêmes sur le terrain, avait assisté aux durs affrontements contre le Hezbollah devant leurs écrans plasma. En fait, ce conflit fut le premier au cours duquel Tsahal fit un usage massif de la technologie satellitaire, et l'enthousiasme suscité d’emblée par le recours systématique à ces nouvelles techniques fut manifestement trop important. Or, depuis, Tsahal a bien compris que le satellite était un outil certes très précieux, mais qu’il ne pourrait jamais remplacer la présence physique des hauts officiers sur le terrain.

On sait qu’aujourd’hui, l’État d'Israël fait face à deux menaces sécuritaires majeures : la première est la bombe humaine terroriste prête à se faire exploser en plein cœur des centres urbains du pays ; la seconde, ce sont les missiles ennemis à longue portée susceptibles de transporter des ogives nucléaires, bactériologiques ou chimiques. Pour être capable de se mesurer et de contrer ces deux menaces, il est important de survoler constamment les pays hostiles possédant ces armes, notamment afin de pouvoir réagir le plus vite possible en temps de crise et plus particulièrement en cas d’attaque ennemie. Or, il s’avère que l'espace et les satellites offrent cette possibilité à Tsahal et aux différents services de renseignements du pays.

Le ciel n'est désormais plus une limite…

Israël est donc devenu l’un des leaders mondiaux sur le marché des microsatellites. Mais l’État hébreu voit encore plus grand … ou plutôt encore plus petit, puisque ce sont désormais sur les nano-satellites – pesant chacun moins de dix kilos – que se penchent une bonne partie des spécialistes israéliens de la recherche spatiale. Très bientôt – ils l'affirment – un satellite de la taille d'un carton de légumes pourra être envoyé dans l'espace et donc nous renvoyer, en temps réel, des images très précises de ce qui se passe sur notre chère planète Terre.

Il existe une expression en hébreu selon laquelle « le ciel est la limite ». Or, il semble bien que cette expression fasse ici désormais partie du passé …

Lorsque les astronautes américains boivent du lait israélien

Dans le cadre d'une coopération initiée entre l'Agence spatiale israélienne et la NASA, la société israélienne Materna, spécialisée dans la fabrication de lait en poudre pour bébés, a été sollicitée pour produire un complexe nutritif destiné aux astronautes en mission dans l'espace.
La NASA s'est tout d'abord tournée vers l'Institut israélien de Médecine dans l'espace (IIME), dirigé par le Dr Eran Shenkar. Il s'agissait de trouver un aliment susceptible d'empêcher l'apparition des troubles physiologiques auxquels font face la plupart des astronautes dans l'espace, comme la carence en minéraux, une baisse générale des fonctions immunitaires, des changements dans la flore intestinale, ainsi que des risques accrus d'infection du système digestif.

L'IIME a découvert que les pro-biotiques – notamment utilisés par Materna dans la fabrication de son lait en poudre – réduisaient considérablement ces effets secondaires. Il a donc pris contact avec ses nutritionnistes afin que ces derniers développent un complexe nutritif sous forme de poudre qui sera expérimenté par les astronautes américains en mission dans l'espace.

 

La coopération spatiale franco-israélienne

Le programme VENUS (Vegetation and Environment monitoring on a New Micro-Satellite) constitue le premier type de coopération entre Israël et la France pour l'observation de la Terre utilisant une caméra « Super-Spectrala », tourné vers le suivi de la végétation. Cet accord de coopération entre l'Agence spatiale israélienne et le CNES (l'Agence française de l'espace) a été signé en avril 2005, et ce satellite mis au point ensemble par les chercheurs israéliens et français devrait être opérationnel lors du second semestre 2013.

Ce que l’on appelle image « super-spectrale » comprend en fait tout une série d’images de la même scène ou du même motif mais pris dans plusieurs dizaines de longueurs d’ondes correspondant à autant de «  couleurs ». Les images ainsi obtenues fournissent de nombreuses informations sur les propriétés physiques des objets ou des sites observés. Ainsi, la spectro-imagerie aéroportée est-elle d’une grande utilité pour l’étude et la surveillance de l’environnement.

L'objectif scientifique de VENUS est donc de fournir des données très détaillées qui serviront à instruire des études scientifiques et écologiques sur les diverses influences des facteurs environnementaux, ainsi que l'activité humaine sur le microsystème. Pour cela, VENUS enverra tous les deux jours des images « haute résolution » et super-spectrales d’une cinquantaine de sites prédéfinis dans le monde entier.

La France fournira la caméra super-spectrale et sera chargée de superviser le centre de mission scientifique. Israël sera pour sa part responsable de la construction du satellite, de sa mise sur orbite et du fonctionnement du centre de contrôle.

Source : Hamodia.fr, l'éditorial de Laly Derai 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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