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Egypte : L’armée offre le Square Tahrir au radical islamisme pour y prêcher le Jihad


Egypte : L’armée offre le Square Tahrir au radical islamisme pour y prêcher le Jihad

Pour leur première semaine au pouvoir, les nouveaux dirigeants militaires de l’Egypte ont franchi deux caps qui n’ont strictement rien à voir avec la réforme démocratique. Ils ont autorisé Yousouf al-Qaradawi, le prédicateur radical sunnite, exilé par Hosni Moubarak, à revenir au pays et à y tenir un meeting triomphant, Square Tahrir, vendredi 17 au soir, marqué par son appel à marcher sur Al Aqsa à Jérusalem. Depuis le Qatar, al-Qaradawi justifiait déjà les attentats-suicide contre les Israéliens, de façon obsessionnelle jusqu’à l’hallucination. Leur seconde décision a consisté à donner leur permission à deux navires de guerre iraniens de transiter par le Canal de Suez.

 

Des voix dans l’Administration Obama ont commenté, depuis que Moubarak a été renversé, que les Frères Musulmans prenant part à une transition politique en Egypte ne devraient pas à être une mauvaise chose. Les responsables américains de la sécurité qui ont fait leurs exposés au Congrès n’ont pas précisément brillé par leur connaissance en profondeur au sujet de la confrérie.

 

En parfait contraste, le Premier Ministre Benyamin Netanyahou a averti que le rôle d’une forte présence musulmane dans le gouvernement mettrait le traité de paix israélo-égyptien en danger.

 

Vendredi soir, les évènements au Caire et dans d’autres villes égyptiennes – et l’éclairage qu’ils apportent sur les intentions des dirigeants de l’armée- ont conduit la plupart des observateurs à s’assoir et à y regarder à deux fois quant aux débouchés escomptés de cette révolution populaire.

 

Jeudi 17 février, les Frères Musulmans ont été autorisés à prendre la responsabilité des manifestations de l’opposition sur l’emblématique Square Tahrir, et ont obtenu la permission de construire une plateforme, alors que les autres partis de l’opposition s'y sont vus interdits. En prévision du grand évènement de vendredi soir, les soldats se sont retirés de l’esplanade du square, et le bras des puissantes brigades des Frères Musulmans ont pris place. Les dirigeants de l’opposition qui ont tenté d’escalader la plateforme aux côtés des porte-parole des Frères Musulmans ont été refoulés et évincés manu-militari du Square sans que l’armée interfère.

En employant ces moyens, les dirigeants du Conseil militaire ont réalisé deux objectifs : laisser les masses d’adhérents, dans le Square, réduire le rôle joué par les autres factions durant le soulèvement de 18 jours ; et deuxièmement, ceci a envoyé un signal d’avertissement à l’Administration Obama, l’incitant à cesser de pousser à une transition rapide vers la démocratie, parce que cela ne pourrait conduire qu’à une prise du pouvoir au gouvernement et au parlement par les Frères Musulmans.

 

Le sermon prêché par Qaradawi, une personnalité respectée dans beaucoup de cercles sunnites, n’a rien en commun avec les objectifs de liberté, de droits civiques, de réformes, d’une vie meilleure, pour lesquels le peuple a manifesté durant 18 jours sur le Square Tahrir. Non seulement, d’après Qaradawi, le peuple égyptien devrait partir en guerre et conquérir Al Aqsa, mais le Caire devrait ouvrir la frontière égyptienne avec Gaza à « nos frères », du Hamas palestinien. Il a martelé à domicile, des exigences qui renverraient l’Egypte bien au-delà du simple abandon du traité de paix de 1979 avec Israël et ouvrirait la voie au Jihad.

 

Pour donner toute l’ampleur nécessaire à son discours, les dirigeants de l’armée égyptienne ont offert au prêcheur radical une audience nationale, à travers les écrans de la télévision nationale.

 

Les sources de Debkafile au Moyen-Orient pensent que l’attitude des généraux à l’égard d’un radical de notoriété publique peut prendre sens dans des termes régionaux : depuis trois décennies, en vivant au Qatar, Qaradawi a apporté une légitimité aux dirigeants de la dynastie Al-Thanis, aux yeux des cercles islamistes. Le régime militaire au Caire espère que sa présence en Egypte contribuera à leur acceptation par la confrérie musulmane.

 

Le Square Tahrir de ce vendredi était, par conséquent, le terrain d’expérience en vue d’une coopération future [entre l’armée et les Frères Musulmans]. S’il continue de travailler de manière lissée, Youssouf al-Qaradawi apparaîtra, parmi les têtes de l’opposition comme le plus proéminent des candidats civils au pouvoir dans le pays, disposant de la plus vaste influence sur la chaîne de décision du Conseil suprême de l’armée. Un autre secteur de la politique extérieure de Moubarak dont les Généraux ont fait un axe de renversement, durant leur première semaine au pouvoir, concerne l’Iran. Pour la première fois en trois décennies, des navires de guerre iraniens ont reçu la permission de transiter par le Canal de Suez, sur leur route vers la Méditerranée et la Syrie, et à retourner vers la Mer Rouge et leurs bases au pays par la même route.

 

Les dirigeants militaires doivent avoir réalisé qu’ils offraient à Téhéran la possibilité d’avancer d’une longueur supplémentaire dans ses aspirations expansionnistes et de renforcer l’alliance conduite par l’Iran, avec la Turquie, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas. Tous ces alliés possèdent des ports en Méditerranée.

 

Tout comme l’Arabie Saoudite a accueilli ces mêmes navires de guerre iraniens à Jeddah, pour faire comprendre à l’Administration Obama que Riyad tournait ses regards vers Téhéran et loin de Washington, ainsi fait le régime militaire au Caire, signalant à Washington et Jérusalem que la politique de Moubarak consistant à boycotter l’Iran et à maintenir les révolutionnaires chi’ites de Téhéran à bonne distance de l’Egypte, du Sinaï et du Canal de Suez, est de l’histoire ancienne.

 

Pour © 2011 lessakele  et © 2011 aschkel.info

http://www.debka.com/article/20688/





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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