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Chronique d’Hélios d’Alexandrie : La révolution en Égypte, l’espoir est-il permis ?


Chronique d’Hélios d’Alexandrie : La révolution en Égypte, l’espoir est-il permis ?

Avec le rétroscope les experts diront que la révolution égyptienne était prévisible mais ils omettront de dire qu’ils n’ont rien prévu. Car, à l’échelle historique, il s’agit bien d’une révolution, d’un changement à ce point fondamental qu’on parlera à son sujet d’un avant et d’un après.

Peu importe ce qui se passera au cours des prochains jours et des prochains mois, le moyen terme et tout ce qu’il comporte d’avancées et de reculs n’aura pas pour effet de freiner l’élan de tout un peuple.

La révolution tunisienne a certainement servi de bougie d’allumage au soulèvement en Égypte, elle lui a fourni le prétexte et l’opportunité; tout d’un coup les Égyptiens ont réalisé que leurs rêves et leur désir d’une vie meilleure pouvaient être exprimés et partagés sur la place publique et c’est en grand nombre qu’ils ont défié la peur et l’ont obligée à changer de camp. Le monde surpris a découvert des foules intelligentes là où il  aurait pu s’attendre à des débordements irrationnels; on est très loin des folies collectives que les islamistes ont alimentées suite aux caricatures danoises. Les experts n’ont pas encore pris la mesure des événements, ils tardent à prendre acte de la nouvelle réalité qui a donné naissance à la révolution, ils continuent de voir l’Égypte d’aujourd’hui avec leur regard d’hier, ce regard qui a singulièrement manqué d’acuité.

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Le précédent iranien

D’aucuns font le parallèle entre la révolution égyptienne d’aujourd’hui et celle qui a pavé le chemin à la théocratie des ayatollahs. La comparaison, même si elle est légitime, ne reflète pas le sentiment du peuple et ne tient pas compte de la réalité en Égypte. Le parallèle est plutôt à faire avec le soulèvement des Iraniens suite aux élections truquées de 2009. Les mêmes aspirations se sont exprimées et les mêmes méthodes de mobilisation et de diffusion des informations ont été utilisées par les révolutionnaires. La seule différence réside dans la sauvagerie et l’efficacité de la répression, celle des mollahs s’étant révélée plus implacable et plus meurtrière.

Mais le succès des mollahs dans la répression de la révolution verte n’est qu’apparent, c’est une victoire à la Pyrrhus dont l’effet le plus durable est de discréditer l’islam en tant que fondement idéologique du régime. Ce discrédit s’est étendu au-delà des frontières iraniennes pour atteindre l’Égypte où la crainte des islamistes est désormais partagée par la majorité de la population. Cette crainte se rencontre également chez les musulmans reconnus pour leur observance de la religion et pour qui le lien avec la divinité exclut l’intolérance et le despotisme. De plus en plus de gens se rendent compte de l’effet délétère des outrances islamistes, les récents attentats dirigés contre les coptes ont sonné le réveil, un grand nombre de musulmans a pris acte des dangers qui guettent le pays.

Ceci est tellement vrai que la confrérie des Frères musulmans a compris qu’en remisant ses slogans traditionnels elle se mettait en phase avec le sentiment général. Changement de forme qui ne trompe personne en Égypte mais qui souscrit pour la première fois à la préséance du patriotisme en tant que valeur partagée par tous les Égyptiens. Mais ce changement de nature tactique, est également une réponse à la désaffection du public à l’égard des solutions politiques mises de l’avant par la confrérie.

L’Égypte renoue avec elle-même

La révolution actuelle ne transformera pas l’Égypte, elle ne fera que la restituer à elle-même; c’est que ce pays est depuis 1953 en deuil de lui-même et surtout en deuil de sa dignité. On pourrait, s’inspirant du général de Gaule à la libération de Paris dire : l’Égypte outragée ! L’Égypte enchaînée ! L’Égypte humiliée ! Mais l’Égypte libérée ! Libérée par elle-même, libérée par son peuple !

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Les experts et les correspondants des médias internationaux ne saisissent pas la dimension psychologique de cette révolution. Ils ne comprennent pas que les Égyptiens sont ballotés depuis cinquante-huit ans entre deux identités également toxiques, l’arabe et l’islamique. Dans ces deux façons d’être, de sentir et de vivre, ils se sont perdus et ont renoncé à eux-mêmes. L’arabité imposée par l’idéologie nassérienne leur a enlevé et le titre et le droit d’être égyptiens, c’est ainsi que l’Égypte, cinq fois millénaire, a perdu son nom par la volonté d’un despote et à été appelée durant quinze ans République Arabe Unie. Nasser dont les ambitions couvraient le monde arabe de l’Atlantique au golfe persique se plaisait à voir l’Égypte comme une simple province au sein de la grande nation arabe !

Mais ce reniement n’a pris fin que pour renaître dans un autre encore plus destructeur, l’identité islamique importée d’Arabie. Les plus perspicaces parmi les Égyptiens ont alors parlé d’une seconde conquête islamique encore plus dévastatrice que la première du fait qu’elle colonise et corrompt les esprits. L’islam est fondamentalement incompatible avec le génie égyptien, la mythologie ancienne l’avait d’ailleurs anticipé dans la légende d’Osiris où le dieu Seth, qui incarne le désert aride et stérile, s’en prend à Osiris dieu et souverain de Kemit, la terre noire et fertile de la vallée du Nil. On peut par analogie évoquer ce mythe en pensant à l’islam, religion du désert qui envahit et stérilise le génie égyptien.

Contraints de se dire arabes et musulmans, les riverains du Nil ont cessé d’être égyptiens et ont enfoui leur égyptianité comme leurs ancêtres enfouissaient leurs momies en vue d’une renaissance future. Un pays et un peuple ne peuvent se relever à moins de redevenir ce qu’ils sont. Eux seuls peuvent le faire par un acte de volonté qui est également un acte de foi en eux-mêmes et dans l’avenir. Certes il ne s’agit pas pour eux de rejeter totalement l’islam et l’arabité mais de leur accorder, au second plan, la place qui leur revient.

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L’exploit des révolutionnaires

Il réside dans la mobilisation des foules et dans la mise en échec de toutes les tentatives visant à étouffer la révolution ou à la détourner de ses objectifs. Cet exploit, impensable il y a à peine deux semaines est d’autant plus admirable que le mouvement n’a pas de chef ni d’organisation centralisée. Ce sont les idées maîtresses partagées par les manifestants qui sont responsables de cette unanimité et qui ont soutenu leur résolution.

Les manifestants ont participé individuellement au mouvement par conviction profonde, mus par le désir de liberté et de justice, animés par un patriotisme authentique et par la volonté de s’approprier leur destin. Le peuple égyptien a démontré lors de ces évènements une maturité insoupçonnée qui s’est illustrée par le rejet de la violence, par le courage tranquille, par l’entraide entre manifestants et par la persévérance devant l’adversité. C’est comme s’il voulait dire au monde entier : « doutez-vous encore de notre aptitude à réaliser la démocratie et à respecter les droits et les libertés ? »

L’Égypte est déjà dans l’après   

Les commentateurs politiques, les experts, les spécialistes dans les chancelleries occidentales, et les médias vivent encore dans l’avant, leurs schémas de pensée n’ont pas varié fondamentalement. Les enjeux géopolitiques continuent d’occuper l’avant-scène dans leurs préoccupations comme si la révolution populaire n’ouvrait pas de nouvelles perspectives et ne permettait un changement de cap.

L’Égypte dans l’après ne sera pas la proie de l’islamisme, c’est que l’islamisme appartient à l’avant et ne peut faire autrement qu’y rester, s’il décidait d’aller dans l’après il cesserait d’exister, c’est pourquoi, plus que le régime de Moubarak, il s’acharnera à ramener l’Égypte dans l’avant, dans une régression qui ne peut être que catastrophique.

 Ce que la révolution égyptienne nous révèle sur nous-mêmes

« Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest ». Cette remarque d’Alexandre Soljenitsyne date de 1978, les élites occidentales visées par sa déclaration étaient alors moins portées qu’aujourd’hui à s’accommoder de l’inacceptable et à composer avec la tyrannie, cela en dit long sur le chemin parcouru et sur les dangers que l’on s’évertue à ne pas voir.

Ce déclin du courage s’est répandu à tous les niveaux de la société, sans lui l’islamisme n’aurait jamais fait de progrès en Occident. Imperceptiblement nous avons pris le chemin inverse de celui qu’empruntent les sociétés qui aspirent à la liberté.

Le courage des Égyptiens nous obligera peut-être à rentrer en nous-mêmes. Sommes-nous prêts à risquer un peu de notre confort pour préserver notre liberté ? Cette liberté pour laquelle des centaines d’Égyptiens ont donné leur vie ?

 

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