toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Pas à pas, le Hezbollah a fini par neutraliser ses rivaux, par Georges Malbrunot


Pas à pas, le Hezbollah a fini par neutraliser ses rivaux,  par Georges Malbrunot

Depuis plus de six mois, il menace de «couper la main» qui cherchera à arrêter certains de ses membres.

Quitte à brandir la menace de la déstabilisation du Liban, le Hezbollah est finalement parvenu à ses fins.

Le pays du Cèdre devrait se doter d'un gouvernement proche de la formation chiite et capable de rejeter le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), qui devrait prochainement inculper certains membres du Hezbollah dans l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, en février 2005, à Beyrouth.

Loading...

Dans sa longue marche en vue de neutraliser ses rivaux, le dernier verrou à avoir sauté a été l'appui donné par une majorité de députés libanais au candidat soutenu par le Parti de Dieu au poste de premier ministre, Nagib Mikati, un milliardaire sunnite proche de la Syrie, l'autre allié du Hezbollah avec l'Iran. Dès lors que certains de ses soutiens – notamment ceux qui entourent le leader druze Walid Joumblatt – l'avaient lâché, le premier ministre démissionnaire, Saad Hariri, ne pouvait que constater sa défaite, même si celle-ci a des airs de «coup de force», comme le déplorait mardi soir la Maison blanche : «Le Hezbollah a recouru à l'intimidation».

Depuis plus de six mois, en effet, le Hezbollah menace de «couper la main» qui cherchera à arrêter certains de ses membres. Si le Parti de Dieu est apparu aussi nerveux, c'est qu'il jouait gros dans la bataille. Son inculpation aggraverait en effet les divisions entre chiites et sunnites dans le monde arabe, et jetterait une ombre sur sa réputation dans l'opposition à Israël.

Or, aujourd'hui, personne n'a intérêt à voir le Liban plonger de nouveau dans la violence interconfessionnelle, comme en mai 2008, lorsque les miliciens du Hezbollah s'emparèrent de Beyrouth face aux forces de Saad Hariri. Mais l'Occident ne peut pas se permettre, non plus, de brader son exigence de vérité dans le crime dont fut victime Rafik Hariri. D'où la médiation syro-saoudienne, qui fut à l'œuvre au cours des derniers mois dans l'espoir de trouver un compromis entre Saad Hariri et Hassan Nasrallah, le chef du parti chiite. Mais ces efforts sont restés vains. Les exigences du Hezbollah ont paru excessives à Saad Hariri, qui ne voulait pas être le chef d'un gouvernement qui enterrerait la procédure judiciaire sur l'assassinat de son père. Plus que jamais, c'est donc une cruelle realpolitik qui a triomphé au Liban.

 

Le temps de l'épuration 

Mais le Hezbollah n'entend pas en rester là. Mardi, Nasrallah a appelé le camp Hariri à participer à un gouvernement d'union nationale. «Les Libanais ont une véritable chance de s'unir sur la base de “ni vainqueur ni vaincu”», a-t-il déclaré devant des milliers de partisans. La formation pro-iranienne se doit d'avoir le triomphe modeste. Mikati n'était pas au départ son candidat au poste de premier ministre. Et, quoi qu'il advienne, le TSL va prononcer ses premières inculpations. Mais, grâce à sa nouvelle majorité au Parlement, la formation chiite pourra obtenir la récusation officielle de ces inculpations et exiger du cabinet qu'il cesse sa collaboration avec le TSL en demandant par la même occasion le renvoi des juges libanais qui le composent.

La longue marche du Hezbollah vers le contrôle du Liban risque de ne pas s'arrêter là. Viendra rapidement le temps de l'épuration, après les années Hariri à la tête du pays. «Le Parti va réclamer la tête de trois responsables sunnites haut placés dans l'appareil de l'État», nous déclare un diplomate à Beyrouth. Le premier est Ashraf Rifi, le chef des Forces de sécurité intérieure (FSI), proches du camp Hariri. Le deuxième s'appelle Wissam al-Hassan, à la tête des services de renseignements loyaux à Saad Hariri. Il fut l'un des principaux artisans de la manipulation qui permit au camp Hariri de fabriquer les «faux témoins» qui accusèrent la Syrie dans les premiers mois de l'enquête sur la mort de l'ancien premier ministre. Enfin, la dernière tête réclamée par le Hezbollah sera celle du juge Saïd Mirza, le procureur général, pour mieux enterrer l'enquête Hariri.

Georges Malbrunot – Le Figaro

Learn Hebrew online

photo : Des membres du Hezbollah saluent   : STR/REUTERS







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • One thought on “Pas à pas, le Hezbollah a fini par neutraliser ses rivaux, par Georges Malbrunot

    1. Pierre NOËL

      La France a-t-elle toujours l’intention de vendre ou donner les missiles et les hélicoptères (une centaine) au Hezbollah?

      Si c’est le cas, ça va faire des dégats…..avant 2012!

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *