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L’acte d’accusation, dans l’affaire Hariri, serait désormais entre les mains du juge des procédures d’appel. Mais le Liban craint le vide mortel


L’acte d’accusation, dans l’affaire Hariri, serait désormais entre les mains du juge des procédures d’appel. Mais le Liban craint le vide mortel

Selon la télévision « Al Arabiya », le juge canadien et procureur du Tribunal international spécial pour le Liban (TSL), Daniel Bellemare, vient de remettre son acte d’accusation au juge des procédures d’appel, le magistrat Daniel Francine pour l’étudier. Aucune source officielle du TSL n’a encore confirmé cette information, et certains médias soulignent que l’acte d’accusation sera remis au plus tard mercredi prochain. Ce qui est certain, c’est que le juge Francine dispose de six à dix semaines pour valider ou rejeter les accusations en fonction de la solidité des preuves.

Cette période est cruciale pour le Liban, surtout que le pays est confronté au danger le plus mortel, le vide. En effet, les ministres de l’opposition ont démissionné, la semaine dernière, renversant le cabinet de Saad Hariri. Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a décrété, hier, une fatwa pour empêcher l’opposition de nommer Hariri pour former le futur gouvernement. Ce qui a contraint le président de la République à reporter les consultations.

Au vide gouvernemental s’ajoutent la paralysie de la Présidence de la République et le risque d’un vide à la tête de la communauté maronite, pilier de l’indépendance du Liban. En effet, le Patriarche Sfeïr confirme avoir fait part, il y a près de deux mois, de son désir de démissionner. La décision est désormais entre les mains du Saint Siège au Vatican.

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Or, pour les souverainistes libanais, et plus particulièrement pour les Chrétiens parmi eux, le Patriarche était et restera le « rocher solide » sur lequel est bâti le Liban souverain. Sa démission, dans les conditions actuelles, serait considérée comme une défaite, d’autant plus que le Patriarche Sfeïr a toujours refusé de cautionner la politique syrienne au Liban. Il a refusé de se rendre à Damas, y compris pour y accompagner le Pape Jean-Paul II. En septembre 2000, c’est le Patriarche et le conseil des Prélats qui ont lancé le compte à rebours de la deuxième indépendance, accomplie en avril 2005 avec le retrait de l’armée d’occupation syrienne. Cette fermeté du chef de l’Eglise dans sa défense du Liban lui a valu l’hostilité de Damas. Le régime syrien n’a jamais caché sa volonté de l’évincer, et a lancé l’opposition, dont le général Michel Aoun et Sleimane Frangieh à ses trousses.

Accepter sa démission, aujourd’hui, équivaut à un feu vert donné à la Syrie pour abattre le dernier bastion chrétien souverainiste en Orient. Les Libanais redoutent un vide supplémentaire dans leurs institutions et craignent l’effet domino qui toucherait Dar Al-Fatwa (Sunnite), puis l’autorité Druze (pour affaiblir Walid Joumblatt). Plusieurs Libanais s’apprêtent à demander au Pape Benoît XVI de bloquer la démission du Patriarche pour ne pas envenimer la situation. Car, ils sont conscients que la Syrie, l’Iran et l’opposition libanaise qui leur est affiliée entendent profiter de cette succession de vides pour démolir le Liban. Ils cherchent à bloquer toute solution et négocier leur immunité à travers l’abolition du TSL comme l’a récemment confirmé le Hezbollah : « le futur Premier ministre doit s’engager à annuler les protocoles liant le Liban au TSL, retirer les juges libanais de La Haye et arrêter sa contribution financière au Tribunal ».

lundi 17 janvier 2011 – 17h04, par Khaled Asmar – Beyrouth

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Lundi 17 janvier 2011






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