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Derrière l’imposture du Kosovo « exemplaire » – par Ivan Rioufol


Derrière l’imposture du Kosovo « exemplaire » – par Ivan Rioufol

Souvenez-vous: à la fin des années quatre-vingt-dix, la communauté internationale n'avait d'attendrissements que pour les Albanais du Kosovo, devenus démographiquement majoritaires dans cette vieille province serbe et orthodoxe. Belgrade était accusée d'y mener des épurations ethniques contre les musulmans et de déshonorer le monde occidental.

Ce dernier avait choisi de faire la guerre à la Serbie et de soutenir l'Armée de libération du Kosovo (UCK) afin d'y établir une société multiethnique et respectueuse des minorités. "L'indépendance, quel joli mot !" déclara même le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, dès que le Kosovo albanais décida de lui-même, en février 2008, de couper les ultimes liens avec la Serbie. Or, depuis, que voit-on ? Une succession d'horreurs, qui ne semblent pas émouvoir particulièrement ceux qui savaient si bien accabler les Serbes.

 

 

Je passe sur les destructions et les profanations des multiples chapelles orthodoxes du Kosovo, berceau de la Serbie chrétienne. Je passe aussi, pour en avoir déjà parlé ici, sur les épurations ethniques des minorités, qui n'ont jamais ému ceux qui promettaient une société métissée. Je passe également sur l'économie mafieuse qui s'est installée dans cet ancien protectorat de l'Otan, dont un rapport secret, éventé mardi, reconnaît que le premier ministre, Hashim Thaçi, est bel et bien un des"plus gros bonnets" du crime organisé au Kosovo, qui entretient des liens avec la mafia albanaise. Ce que je veux retenir aujourd'hui est la cerise sur cette imposture d'un Kosovo qui devait être exemplaire: les accusations de trafics d'organes, prélevés sur des prisonniers préalablement assassinés dans ce but.

 

On se frotte les yeux à la lecture des conclusions du rapport du sénateur suisse Dick Marty, dont les résultats ont été approuvés mardi par le Conseil de l'Europe, qui a d'ailleurs décidé d'ouvrir une enquête européenne. Le sénateur accuse les indépendantistes de l'UCK et le premier ministre Thaçi d'avoir organisé un réseau de trafic d'organes humains. Ces organes auraient été  prélevés, de 1998 à 2008, sur des prisonniers serbes, mais aussi probablement des Roms et des Albanais accusés de collaboration. Ce commerce, dénoncé en vain en 2008 par l'ancien procureur du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie, Carla del Ponte, se serait donc déroulé alors que le Kosovo était dès 1999 sous l'autorité provisoire des Nations Unis, dont Kouchner était, sur place, le représentant jusqu'en 2001. Le scandale est énorme. Mas où sont nos indignés?

 

Ivan Rioufol

Mercredi 26 janvier 2011







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