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Chronique d’Hélios d’Alexandrie : Le soulèvement populaire en Égypte – l’espoir et le danger


Chronique d’Hélios d’Alexandrie : Le soulèvement populaire en Égypte – l’espoir et le danger

Dans sa chronique d'aujourd'hui, Hélios tente de mettre en lumière le rôle que le régime Moubarak a joué dans l'islamisation de l'Égypte. Il tente aussi de démontrer que le soulèvement des Égyptiens mérite notre sympathie. Il suscite l'espoir sans dissiper toutefois l'inquiétude.

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L’islamisation en Égypte doit beaucoup au régime Moubarak, durant les trente dernières années elle n’a cessé d’avancer.

 La persécution des chrétiens, dont les récents attentats constituent un exemple dramatique, est un indice qui ne trompe pas de l’absorption par le tissu social d’un islam haineux jusque-là étranger à la culture et à la mentalité égyptiennes. Moubarak et son appareil politique ne se sont pas contentés d’un rôle passif, ils sont allés plus loin, encadrant l’islamisation et lui traçant les limites qu’elle ne devait pas franchir.

L’islamisation en tant que choix politique délibéré offrait au régime Moubarak des avantages indéniables. Le premier et non le moindre est le maintien de la menace islamiste en tant que principale alternative au régime. Du moment où les partis traditionnels, affaiblis par le régime, s’avéraient impuissants à offrir ne fut-ce qu’un espoir lointain de changement, le parti des Frères musulmans est apparu comme celui qui offrait les meilleures chances de prendre le pouvoir. Face à l’Occident et en particulier face à l’Amérique, Moubarak s’est alors montré comme le seul rempart contre les islamistes.

L’alliance avec l’Arabie Saoudite constitue le second avantage de l’islamisation en Égypte : elle a permis au régime de Moubarak de se positionner comme un état islamique à part entière, ce qui lui a valu des avantages économiques découlant du déversement de fonds saoudiens destinés au prosélytisme islamique. L’Arabie Saoudite a également ouvert grand la porte aux travailleurs égyptiens en manque d’emploi ; elle ne s’est pas contentée de leur donner du travail, elle les a également islamisés. De retour au pays, ces Égyptiens ont ramené avec eux l’islam wahhabite qu’ils ont cherché à imposer à leur entourage.

En permettant à l’islamisation de progresser, Moubarak s’est assuré de l’appui des autorités religieuses en Égypte. Il a ainsi réussi, du moins partiellement, à couper l’herbe sous le pied des Frères musulmans. Mieux encore, en tant que facilitateur de l’islamisation, il a pu sévir contre les islamistes en tant que groupe politique organisé tout en conservant l’appui des imams. Le message envoyé aux islamistes était le suivant : «islamisez tant que vous voudrez les gens mais restez loin de l’action politique». Le marché offert s’accompagnait bien entendu de concessions dont les coptes et les groupes laïcs ont fait largement les frais.

Le régime Moubarak a tenu à conserver un vernis laïc pour des raisons de politique étrangère principalement. Voilà pourquoi nos journalistes continuent de le considérer comme un gouvernement laïc alors qu’il est profondément gangrené par l’islamisme. Dans les faits Moubarak, comme d’ailleurs tous les chefs d’États du Moyen-Orient, est le digne héritier de Mahomet et des califes dont il ne se distingue ni par le pouvoir absolu ni par l’arbitraire, sauf sur un point, celui d’une certaine liberté d’expression qui a permis aux idées libérales d’être débattues mais qui a également laissé le champ libre au discours islamique haineux. De nombreux canaux satellitaires financés par l’argent du pétrole ont ainsi vu le jour, ils ont joué un rôle central dans l’incitation à la haine des chrétiens et des juifs et dans l’imposition des règles de la charia aux musulmans.

Pour comprendre la révolte des Égyptiens et leur soulèvement massif contre le régime Moubarak, il faut se placer dans le contexte des changements politiques survenus en 1952 suite au coup d’état militaire, lequel a mis fin à la monarchie mais également à la démocratie parlementaire. L’état policier qui a usé et abusé de l’arbitraire et de la répression en Égypte aura bientôt soixante ans, Moubarak ne l’a pas inventé mais il l’a maintenu pour exercer un pouvoir quasi absolu durant trente ans.

Les jeunes qui manifestent aujourd’hui ne connaissent donc pas la démocratie, mais ils ont accès à Internet et Facebook, ils ont par conséquent créé des réseaux échappant au contrôle de l’État. C’est dans les échanges sur Internet qu’ils ont pris l’habitude de discuter et de confronter leurs idées ; c’est également à ce niveau que les idées démocratiques se sont naturellement  imposées. Le travail souterrain s’est poursuivi sans que personne, même pas les participants, prenne acte de son ampleur et encore moins de son impact. La liberté est un bien que ceux qui en sont privés aspirent à conquérir en y mettant toutes leurs énergies et toute leur ingéniosité.

Ce qui se passe en Égypte constitue un coup de massue pour l’establishment politique, mais il s’agit également d’une surprise pour les islamistes. Le soulèvement actuel ne résulte pas d’une initiative des Frères musulmans, il est à caractère patriotique et laïc. Les manifestants se perçoivent comme des Égyptiens patriotes, ils appellent à la démocratie et aux droits de l’homme, autant de thèmes antithétiques à l’islam.

L’initiative et l’enthousiasme sont du côté des démocrates : les jeunes qui ont mis en branle le mouvement de contestation et qui l’ont alimenté détiennent désormais un pouvoir que les islamistes auront de la peine à affaiblir. Ces derniers sont engoncés dans leurs discours traditionnels, et leur slogan « l’islam est la solution » sonne creux même auprès des musulmans traditionalistes et pratiquants. C’est que l’Égypte accuse un retard considérable sur tous les plans, elle doit relever des défis de taille dont le moindre n’est pas de fournir des conditions de vie décentes aux 60 millions de défavorisés qui vivent avec moins de deux dollars par jour. Dans cette entreprise de rattrapage, l’islam ne constitue pas un atout mais un obstacle, de cela les Égyptiens sont bien conscients.

L’espoir est de voir une Égypte nouvelle émerger de ce mouvement populaire sans précédent, une Égypte démocratique qui tournera le dos aux démons de l’islam et qui, à l’instar de pays comme l’Inde, mettra résolument le cap sur le progrès.

Les dangers qui guettent l’Égypte sont les mêmes qui menacent sa minorité chrétienne et qui découlent de l’islamisation des esprits. Il n’en sortira que haine et violence, misère et insécurité. Pour les dizaines de millions d’Égyptiens, ce sera comme un renouvellement de la malédiction qui s’est abattue sur eux il y a quatorze siècles.

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