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Quand l’hellénisme sévit, ou l’antijudaïsme primaire par Yéochoua SULTAN


Quand l’hellénisme sévit, ou l’antijudaïsme primaire par Yéochoua SULTAN

S’indigner et hurler avec les loups, en se donnant l’impression de défendre la justice et d’avoir le soutien de la masse, inverser les rôles, rendre la victime bourreau, c’est bien commode. Un milliard et demi de musulmans sont les victimes de six millions de Juifs israéliens, et d’à peu près autant de Juifs de diaspora, auxquels il est aisé de s’attaquer pour leur faire payer pour les autres.

De même, cette première population, qui détient plus de vingt pays qui s’étendent sur l’immensité de presque deux continents, et des zones de non-droit qui s’étendent au quotidien dans les pays libres d’Europe, est comparée à David par des «observateurs» persuadés que plus la supercherie est flagrante, mieux elle passera ; tandis que les descendants de David sont comparés à Goliath.

Cette dernière technique de l’inversion des rôles n’est autre qu’une adaptation moderne du principe moyenâgeux du Verus Israël.

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Le Juif a le droit de baisser la tête, d’être une victime pour laquelle on versera une larme, et de servir de thème pour des musées relatant son passé et ses souffrances. S’il peut se révolter ou mieux, inverser la vapeur, ceux qui pleuraient pour lui, loin d’être rassurés qu’il s’en soit sorti, le condamneront. Ce phénomène, qui privilégie le Juif victime au détriment du Juif victorieux, ne passe pas inaperçu auprès d’un public bien plus important qu’il n’y paraisse. Le Juif d’exil persécuté et massacré sans pouvoir se défendre est honorable, mais qu’il ait un pays et fasse subir de cuisantes défaites à ses ennemis, son sionisme deviendra raciste.

Pourtant, le Juif redevenu Judéen et non confronté à un environnement hostile peut ne plus tenir compte de ces calomnies, dès lors qu’il vit dans un pays indépendant et à l’abri de la haine. Qui empêcherait en Israël quiconque d’observer le shabbat, de manger cachère sans se cacher et sans cacher la traçabilité des produits carnés, ou de sortir avec une kippa dans la rue?

En effet, ce n’est pas là qu’est le problème. Le grand danger, c’est quand les Israéliens, ou une partie d’entre eux, sont prêts à se laisser submerger et à considérer comme légitimes les allégations des ennemis de l’extérieur, jusqu’à s’en imprégner indélébilement. Si beaucoup sont vigilants, si d’autres se réveillent un peu tard, les ruses sont renouvelées et visent large, pour faire tomber le plus grand nombre dans les mailles de leurs filets. Comme toujours, le piège est fondé sur le principe des étiquettes, récurrentes mais présentées un peu différemment chaque fois: impérialisme, occupation, réaction disproportionnée, racisme etc.

C’est à peu près tout, mais ça fonctionne, à condition de bien faire attention au jeu de l’inversion des rôles. Les masses n’étant pas foncièrement idiotes, un peu d’omission et de désinformation, quand il ne s’agit pas encore plus simplement de faux reportages, ne peuvent pas faire de mal. En outre, le but de chaque opération «d’information» est de porter un grand coup qui laissera des traces de préférence irrévocables sur l’inconscient collectif. Les démentis, les preuves et les contre preuves n’effaceront que difficilement le préjudice causé, quoique les mêmes ruses s’usent à la longue, et qu’elles ont besoin d’être rénovées pour fonctionner, ou d’être remplacées par d’autres au moment où, pour ce citer que cet exemple, le thème de la «répression» israélienne est mis a mal, pour les gens de bonne foi, en raison de la «consommation» abusive qui en a été faite.

L’exploitation à outrance des accusations d’irrespect des droits de l’homme a vraiment dépassé la dose: il y a eu trop d’accusations en peu de temps: l’opération Plomb coulé (et non durci,  ???? veut dire coulé, c’est    ???? qui veut dire durci, ou solide), la flottille «humanitaire», la première ayant tout de même attendu huit mille roquettes et autres missiles avant d’être déclenchée, et la seconde ayant eu à son bord des terroristes turcs aguerris, sans compter l’évidence que les régions du monde où sévit la famine n’ont droit à aucune flottille, ou encore le faux reportage de crime rituel moderne, dont on veut nous vendre la version «roman» aujourd’hui, se sont ajoutés au «pauvre petit jeteur de pierres», dont le genre est représenté depuis longtemps en Europe, et ont fait réagir un public de souche européenne qui a atteint les limites de «l’indigestion médiatique», les médias s’étant discrédités par leur propagande mensongère et outrancière aux yeux et oreilles de l’opinion. Beaucoup, quand ils entendent des nouvelles invraisemblables au sujet d’Israël, vont d’abord se renseigner sur les sites qui ne dansent pas sur le même son de cloche.

Mais avant de passer à la toute dernière trouvaille de la cause servant l’antijudaïsme primaire, et qui peut, par effet de surprise, convaincre, passons en revue des méthodes qui ont eu, voire ont encore, leurs heures de gloire.

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Car là où les attaques répétées deviennent réellement préoccupantes, c’est lorsque les Israéliens se mettent à douter et commencent à se demander si tant de haine ne trouve pas une certaine justification quelque part, un peu comme si la majorité des ennemis d’Israël devait l’emporter contre la minorité des Israéliens. Et c’est là que la naïveté est déconcertante.

Considérons l’une des charges les plus classiques: Israël est accusé d’impérialisme. «C’est peut-être vrai, se dit Yossi (Yossi illustrera ici l’Israélien de bonne foi qui veut contenter tout le monde). Alors, cédons les contrées récupérées conséquemment aux guerres, renonçons d’une part à faire valoir notre droit en tant que Juifs redevenus Judéens, et d’autre part au droit international qui reconnait au conquérant le droit d’annexer les territoires conquis ou récupérés, surtout s’il répond à une agression.»

Un jour, un «penseur» pas très libre a comparé l’occupation du Koweït par l’Irak, dans le contexte de la première guerre du Golfe, à la présence israélienne en Judée et Samarie. Pourtant, c’est l’inverse qui est vrai: si le Koweït avait réagi à l’agression irakienne en occupant l’Irak, l’analogie aurait été alors valable, et on aurait pu soutenir que l’occupation de l’Irak par le Koweït aurait ressemblé à la présence israélienne en Judée-Samarie.

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Autre charge courante: Israël est accusé de ne pas accorder la liberté des droits démocratiques. «Soit, se dirait encore Yossi, accordons le droit de vote aux minorités sans les obliger à faire le service militaire obligatoire.» Cette démarche manque toutefois singulièrement de rigueur: si on craint une «cinquième colonne» qui risquerait militairement de retourner ses armes contre le pays qui lui accorde sa confiance, pourquoi ne pas craindre une «cinquième colonne» qui prendrait le pouvoir non pas par les armes mais en s’implantant dans la Knesset?

Cette «minorité» qui a affaibli de 20% le droit du peuple juif à l’autodétermination ne vote pas comme les citoyens en général, en se répartissant entre droite, gauche et centre. Nul n’est besoin d’être un champion de la statistique pour comprendre que sans ce vote homogène, en bloc, les accords d’Oslo, qui ont fait des milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés, ne seraient pas passés, car ils n’auraient pas eu cette majorité de 61 mandats, et nous n’aurions pas eu aujourd’hui une telle pression pour nous empêcher de construire à Jérusalem. Or, le vote juif ne se comporte pas comme le vote arabe, et on n’a jamais eu 100% du vote juif, c’est-à-dire entre 75% et 80% du vote global, adopter une position unique, monolithique, et se liguer contre les Arabes.

Les charges de l’occupation, du refus d’accorder le droit de vote aux non-juifs, ont produit, en agissant sur le cortex israélien et l’ayant affecté sérieusement, l’un des symptômes les plus frappants de la naïveté qui consiste à considérer les accusations antisionistes comme pas foncièrement malhonnêtes: Cet argument, je l’ai déjà entendu il y a plus de vingt-cinq ans, de la bouche d’un membre d’un kibboutz de la «Jeune garde», le voici: «Ce qu’Israël doit faire, me dit « Yossi », c’est quitter la Judée-Samarie et Gaza. Nous ne voulons pas étendre notre autorité sur d’autres peuples.

Après ça, nous aurons à opter entre deux possibilités: ou bien nos ennemis comprendront que nous n’avons aucune animosité à leur égard, et ils seront contents de vivre en paix à nos côtés ; ou bien ils nous agressent, nous attaquent sans raison, et alors le monde entier comprendra qui, entre eux et nous, sont les responsables de la situation de guerre au Moyen-Orient. Et quand nous serons par conséquent contraints de réagir et obligés de nous défendre, nous reprendrons la Judée-Samarie et Gaza, mais, cette fois, ce qui sera différent, c’est que le monde entier nous comprendra et nous soutiendra».

Ce qui est remarquable, c’est que même Rabin était plus pragmatique. Il avait espéré que les accords de «Gaza et Jéricho d’abord» aboutiraient à une situation sans attentats contre les Juifs qui allait durer au maximum cinq ans, et qu’après, on aviserait. En tout état de cause, ceux qui s’imaginaient que le monde serait avec Israël quand il aurait compris qui est l’agresseur et qui est l’agressé, étaient incapables de se méfier, et ils n’avaient pas prévu la tension sans précédent qui allait suivre l’expulsion des Juifs de Gaza, comme les bombardements, l’enlèvement et la séquestration de Guilad Shalit et autres tentatives, la pressions de l’étranger, la qualification de dirigeants israéliens par l’Angleterre de criminels de guerre, le rapport Goldstone, les condamnations à n’en plus finir du Conseil de sécurité, la pression et le chantages américains (le veto à l’Onu contre les condamnations devenant «monnayable») etc.

Puis vint la lettre des rabbins, appelant à ne pas louer ou vendre des appartements à des Arabes en Israël. Comment, des personnalités incarnant la morale, le contrôle de soi et la canalisation des forces du tempérament humain, peuvent-ils décréter une chose pareille? Comment des gens si respectables peuvent-ils se montrer si intransigeants? Les réactions indignées ne se sont pas fait attendre.

Tout honnête homme aurait eu le même réflexe d’indignation, en isolant ce phénomène de société d’un vaste contexte. Non pas qu’un contexte, quel qu’il soit, puisse justifier une attitude raciste ou xénophobe, mais il faut encore une fois déceler ici le syndrome de l’inversion des rôles, et celui qui se retrouve comme d’habitude sur le banc des accusés de racisme ou de xénophobie en est en réalité la victime. Comment!? Impensable!? Me diriez-vous. Considérons cette «indignation» et nous verrons de quelle manière elle s’inscrit dans la ligne de mire des autres «indignations», celles qui ne prennent plus (impérialisme sioniste, non respect des droits de l’homme etc. enfin, nuance, qui ne prennent plus pour tout le monde) et pour lesquels ont se dit: «On ne me la fait pas, à moi!».

Mais il faut tout d’abord savoir qui se cache derrière ces indignations, ensuite, si leurs auteurs ont une attitude respectueuse envers les autorités rabbiniques contre la décision desquels ils s’insurgent tant. Puis, nous considérerons le motif qui justifie la démarche de ces personnalités publiquement reconnues, avant d’envisager des aspects du vécu des «gens du peuple», sorte de «tiers état» qui n’intéresse personne, et dont l’avis ne vaut pas la peine d’être pris en compte. Cette remarque est très souvent soulevée par les réactions d’internautes contre ces journalistes prétendus défenseurs de la morale, mais qui ignorent ce que le peuple ressent, puisqu’ils vivent dans des tours d’ivoire à Herzliya Pitoua’h ou Ramat-Aviv guimel, ou Neuilly quand on parle de la France. Souvent, ces internautes mentionnent: «Avant de nous faire la morale, commencez par montrer l’exemple».

Cher lecteur, vous avez vu juste: ces personnes prêtes à crier «haro sur le baudet» proviennent de l’aile politique associée à l’extrême-gauche. Je sais, on peut me reprocher ici d’user de procédés que je dénonce, à savoir disqualifier une opinion en accolant une étiquette avec de l’araldite sur la personne qui la soutient. Il faudrait a priori se dire au contraire: «Eh bien! Pour une fois, ils font quelque chose de bien!»

Ce qui est regrettable dans cette condamnation de la lettre des rabbins, c’est l’attitude non équitable envers les gens concernés par leurs opinions. Dans ce jeu démagogique, on soutient simultanément des arguments radicalement contradictoires mais appliqués sélectivement à deux camps ou deux antagonistes.

Amusons-nous à notre tour: voici deux laïus, ou systèmes d’arguments. Lequel des deux s’applique-t-il aux Juifs et lequel aux Arabes?

Considérons le premier: «Hein, quoi, comment?! Mais c’est impensable!!? Il faut les accepter dans votre ville, quartier, faire preuve de tolérance, d’ouverture, c’est un signe d’enrichissement! Comment oseriez-vous être si fanatiques! Vous êtes hors-la-loi, nous allons vous faire enfermer pour incitation à la haine et à la violence. Vous finirez vos jours en prison.»

Et voici le second: «Hein, quoi etc. impensable!! Ça fait plus de cinquante ans qu’il n’y en a plus dans cette ville, quartier! Ils n’ont jamais habité ici! C’est de l’occupation! De la provocation! Cet endroit était si paisible, si calme! Pourquoi aller au devant de problème plus que prévisibles? Et si la loi vous le permet, c’est qu’il y a un dysfonctionnement au niveau de la loi. Il va de notre devoir moral de la faire changer ou de l’enfreindre, si la Cour suprême ou la Knesset ne reconnaissent pas leur faute.»

Vous avez trouvé? Envoyez vos réponses au journal (mention commentaires).

Si vous avez des doutes, demandez à des particuliers ou des associations juives qui luttent pour faire valoir leurs droits, et qui souvent payent à prix fort des maisons qui leur appartiennent, personnellement, à leur famille ou à leurs ayants droit. Mieux, rendez-vous au quartier de Simon le juste ou du Shiloa’h à Jérusalem, et vous pourrez constater les manifestations hostiles qu’ont à subir les particuliers quand ils réussissent, souvent après des décennies, à obtenir gain de cause, et à reprendre possession de leurs biens. Vous pourrez voir, souvent des vendredis, des manifestations avec banderoles et slogans haineux, des cordons de policiers, des jets de pierres, peut-être des blessés par ces mêmes pierres, des pneus crevés ou véhicules sabotés, des logements et personnes sécurisés etc.

Ces opinions qui optent toujours pour la politiques du «deux poids deux mesures» sont sérieusement implantées dans les médias ; et les associations qui se comportent ainsi sont soutenues par le NIF, New Israël Fund, qui se présente comme défenseur et promoteur de la démocratie, de la liberté et de l’égalité entre les citoyens d’Israël. Cette organisation, qui se veut aussi pluraliste, et dont les fonds sont de provenance douteuse, sévit depuis l’année 79. Rien qu’en 08, elle a procuré 30 millions de dollars à différentes associations.

Le NIF a par ailleurs financé les associations qui ont fourni à la commission d’enquête de l’Onu les fausses preuves incriminantes contre Israël, jeté sur le banc des accusés après l’opération contre le Hamas. Ce procès Goldtone a placé l’Etat d’Israël dans ses conclusions sur un pied d’égalité avec l’organisation terroriste, alors qu’il a bien été obligé de mettre un frein aux bombardements.

Ces révélations compromettantes pour le NIF ont abouti à un scandale révélé par les grands titres, avec promesses d’enquêtes et de mise en accusation des bénéficiaires de cet argent mal acquis. Il a même été question un moment de remettre à l’ordre du jour les irrégularités du financement des associations pour la campagne électorale de Barak qui lui ont permis de prendre le pouvoir par des méga-affiches. Il a ensuite abandonné le Sud-Liban et l’armée alliée d’Israël dont les soldats défendaient la frontière ainsi que leurs familles. Mais, curieusement, le NIF ne fait plus parler de lui.

Bien sûr, les promoteurs de «la paix», des catastrophiques accords d’Oslo, qui privilégiaient ostensiblement l’association des «Quatre mères» pour préparer l’opinion à l’abandon du Sud-Liban aux missiles du Hezbollah, à l’expulsion des Juifs de Gaza qui devait apporter un calme jamais observé selon ceux qui se produisaient le plus souvent à la radio ou à la télévision, etc., semblaient s’être calmés.

Mais ils n’ont jamais été remplacés, même quand ils ont tenté de toutes leurs forces de disqualifier Netanyahou avant son premier mandat, quand ils rapportaient les arguments d’Ygal Amir, l’assassin officiel de Rabin, arguments calqués sur ceux du Likoud, pendant les six mois qui ont séparé l’assassinat des élections. Ils s’apprêtaient à quitter leurs postes, ayant trahi leur partialité et leur parti-pris, et ayant été conscients qu’ils venaient de jouer à «quitte ou double», en insultant Netanyahou et en allant jusqu’à citer le verset: «Nous seulement tu as tué, mais tu veux aussi prendre le pouvoir!?» Mais ce dernier a voulu se montrer magnanime, faire un grand geste, se montrer bon prince. Après le choc de sa victoire, les journalistes se sont vite ressaisis et ne l’ont pas raté.

Considérons à présent la déférence à laquelle on serait en droit de s’attendre pour des questions posées à d’éminents rabbins. Les journalistes et politiciens leur ont-ils posé la question: «M. le rabbin, avec tout le respect qui vous est dû, nous éprouvons de sérieuses difficultés à comprendre votre démarche»? Il n’en est rien. Ils ont brandi l’étendard de la terreur, de la destitution et de la mise en accusation pour propos racistes. Mardi, quand des rabbins ont été interviewés sur une radio publique, à midi, la journaliste leur a parlé comme un juge s’adresse à des voyous, les interrompant sèchement à plusieurs reprises.

Alors que la journaliste de service traitait l’un d’eux presque directement de raciste, prétendant sur un ton inquisitoire qu’il soutenait des propos haineux, il a répondu que ses propos se fondaient uniquement sur le texte de la Torah. Avant de le laisser dire deux ou trois phrases, elle l’a tancé: «Comment, la Torah serait-elle elle-même raciste?»

Cette haine de la religion et cette incompréhension de l’amour de la terre d’Israël ont dû être réprimées et contenues par cette mouvance, en raison du lamentable échec de toutes les prétendues démarches pour la paix. Mais aujourd’hui, grâce à la lettre des rabbins, elle vient de trouver un nouveau terrain pour éclater, pour remettre en avant la nouvelle vision de monde, le «Nouveau Moyen-Orient». Ces élucubrations n’ont pourtant apporté qu’attentats et désolation, mais déjà, la gente politique est irrésistiblement aspirée par ce nouveau mouvement de condamnation du judaïsme traditionnel.  Le profil bas imposé par la catastrophe de tout ce qui devait prétendument apporter la paix se redresse.

Une parlementaire, Wilf, a bien compris que le point de vue rabbinique provenait exclusivement de considérations issues des textes de la Torah et des Sages d’Israël. Loin de se dire qu’en effet, un rabbin doit s’avancer dans le débat en restant fidèle à la Torah sans lui attribuer des considérations personnelles dont le rapport avec le texte est incertain, elle s’en est prise directement à la Torah, affirmant que si celle-ci est en désaccord avec la loi de la Knesset, les rabbins n’ont alors pas le droit de parler.

Or, contrairement à ce qui se produit pour d’autres débats sous d’autres latitudes, l’observation du texte originel des lois d’Israël vient protéger son peuple des lois hasardeuses qu’il faut ensuite corriger dans le meilleur des cas mais qui se referment souvent sur les Juifs comme un collet. La loi a ainsi permis d’armer des terroristes, de négocier avec eux, d’en libérer des centaines par gestes d’apaisement, pour faire «avancer la paix».

A présent, penchons-nous sur le contenu des réponses des rabbins. Là encore, nous verrons qu’elles semblent de prime abord ne pas être adaptées aux questions. En effet, alors que le débat soulevé par une presse orientée semble dénoncer le fait qu’ils refusent que des non-juifs évoluent dans les mêmes villes que les fidèles du judaïsme, ils répondent, dans la lettre ou dans les entretiens accordés aux médias, que la terre d’Israël, ou Palestine en latino-européen, a été remise en héritage aux patriarches du peuple d’Israël et à leur descendants pour la postérité. Ils citent les premiers passages du Pentateuque, qui relatent la création du monde.

Mais, étant donné que la Torah est un code de préceptes, de commandements, et qu’elle indique les voies à suivre, l’exégète Rashi pose la question suivante: «Pourquoi la Torah n’a-t-elle pas commencé par le verset suivant: « Ce mois-ci est pour vous le premier des mois de l’année »?» Puisqu’en effet, les commandements à proprement parler ne commencent que dans le courant du livre l’Exode. Il répond, et c’est ce que soutiennent les rabbins dans leur lettre, que les nations ne peuvent soutenir que nous aurions volé la terre aux sept nations, car elle appartient au Créateur, et qu’Il a décidé de nous l’attribuer. D’autres sources et références citées viennent renforcer le point de vue des rabbins signataires de la lettre.

Mais pourquoi la réponse ne va-t-elle pas dans le sens de la question? Pourquoi, si le journaliste ou le parlementaire demandent: «Pourquoi ne voulez-vous pas d’un voisin arabe?» La réponse est: «La terre d’Israël nous appartient»? En effet, le journaliste pourrait lui dire: «Mais ce n’est pas le sujet de notre débat, que cette terre appartienne ou non au peuple juif. Je ne conteste absolument pas le fait que vous y habitiez. Je vous demande simplement etc.»

Deux réponses peuvent être données à cette observation. Tout d’abord, il ne s’agissait absolument pas pour les rabbins de soulever une polémique les plaçant d’emblée dans une situation critiquable. Pour eux, il fallait en réalité répondre honnêtement à des particuliers, de plus en plus nombreux, qui leur ont demandé s’ils avaient le droit de louer ou de vendre leur appartement à des ressortissants de cette minorité globalement antisionistosémite. Ça n’a pas empêché les journalistes et politiciens de faire comme s’il s’était agi d’un débat entre eux et les rabbins. Si tel avait été le cas, on aurait pu se demander comment des rabbins sensés et instruits auraient pu s’engager dans un débat pareil.

En revanche, si des citoyens leur demandent s’ils ne vont pas enfreindre leur religion en vendant leur terrain ou appartement de cette façon, les rabbins ne peuvent pas leur inventer des réponses dites «politiquement correctes et mensongères». De là à ce que les rois de la polémique s’en emparent, il n’y a qu’un pas, mais on ne peut tout de même pas mentir par peur de cette police de la pensée.

On peut envisager théoriquement une autre situation: un Juif a le droit de vendre de la nourriture non cachère à des non-juifs, mais pas à des Juifs. Seul un aliment associant du lait et de la viande ne peut faire l’objet d’un profit. Nos Sages l’apprennent de la répétition du verset interdisant la cuisson du «chevreau dans le lait de sa mère». Donc, si un Juif ouvre un restaurant de grillades non-cachères, à Paris ou à Sarcelles, par exemple, et qu’il se demande s’il a le droit de permettre à des Juifs d’y venir manger, le rabbin interrogé sera obligé de lui dire qu’il doit interdire aux Juifs l’accès de son restaurant.

Le deuxième aspect de cette question, c’est que les appartements vendus sont comme les cartes d’un château qui tombent les unes derrières les autres. Le comble, c’est que non seulement des villes entières comme Oum El Fahem ou Ramallah sont des zones sans Juifs avec la bénédiction des prétendus défenseurs des droits de l’homme, mais que, de surcroît, les Juifs qui vivent dans des quartiers juifs sont menacés s’ils s’éternisent quand leur ville ou leur quartier s’arabisent.

Et bien sûr, c’est le Juif, ou les rabbins qui sont interrogés, qui sont méprisés, humiliés sur la place publique médiatique, et décapités pour la grande satisfaction des «justiciers» pour qui le sang des coupables doit couler. Puisque nous sommes dans le judaïsme, il ne faut pas oublier qu’une humiliation subie devant la foule équivaut à une exécution: «Celui qui fait blêmir son prochain en public n’a pas de part dans le monde futur».

Une fois de plus, nous pouvons constater qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est que nous sommes confrontés à une nouvelle ruse dont le but est de mettre la tête des rabbins sur le billot. La réalité est que les villes occupées par une population hostile aux Juifs sont vides des Juifs, même en cette période de rédemption d’Israël, qui n’est pourtant pas sans peine: «Qu’elle vienne (cette période), mais que je ne la voie pas», disaient les Sages du Talmud. En cette période règne un monde à l’envers, où les bourreaux sont changés en victime et vice versa.

Quand des Juifs se réinstallent dans le village yéménite au sud de la Vieille ville de Jérusalem, on hurle à la provocation, quand ils obtiennent un appel d’offre à Jaffa, on se plaint à la Cour suprême qui heureusement, ne tombe pas toujours dans le panneau. Mais là où les Juifs vivent tranquillement entre eux, on cherche à les empêcher de continuer.

Le nord du pays est acheté en liquide par des fonds dont l’origine est soigneusement passée sous silence par les médias, et il est très rare qu’une information filtre. Il est facile de jubiler en accusant encore et toujours les Juifs quand, en plus des régions qui leurs sont déjà interdites, on les oblige à renoncer à leurs acquis en leur mettant sur la tempe la menace de l’étiquette du racisme.

Nous venons de voir qu’une fois encore, la propagande et la dégradation usent d’un élément, ici la lettre des rabbins, en l’isolant totalement de son contexte, où des villes comme Haïfa, Carmiel, l’ensemble du quartier Wolfsohn d’Acre, sont envahis par une population antisioniste et pro-Hezbollah sans que ce dernier n’ait eu besoin de gagner la guerre et d’envahir les régions. Bien que toujours contenu derrière la frontière avec le Liban, l’organisation terroriste parvient à faire glisser le nord du pays de juif à arabo-musulman, sans tirer la moindre balle. Quant aux villes de population mixte, des enfants juifs y ont encore été tués à Kippour par des Arabes qui ont lancé des véhicules qu’ils conduisaient sur des gens qui respectaient la solennité de ce saint jour.

Mais les rabbins ne se sont pas laissé impressionner. En moins de vingt-quatre heures, le nombre de signataires est passé de cinquante à trois cents. En outre, des hommes politiques, et non des moindres, se sont démarqués de cette démarche. On peut comprendre la démarche de Netanyahou, qui ne veut pas donner trop facilement l’occasion à la presse dont il a eu pitié dans le passé, comme nous l’avons vu plus haut, de s’acharner contre lui.

Ce qui est déplorable, c’est que certains politiciens à qui on n’avait rien demandé ont perdu une occasion de se taire, au point que le descendant direct du premier chef du Likoud s’est permis de les juger et de s’exprimer avec mépris contre son propre patrimoine. Le conseiller juridique du gouvernement s’en mêle lui aussi. Il a demandé à ses subalternes de vérifier «s’il n’y a pas une infraction à la loi dans cette lettre». En Judée-Samarie, des Arabes qui vendent des terres à des Juifs sont condamnés à mort par l’Olp-Fatah. M. Weinstein en a-t-il déféré au gouvernement israélien?

A-t-on entendu parler d’une quelconque pression pour mettre fin à ce grave état de fait? Deux poids, deux mesures. Et le plus absurde, c’est que les dirigeants de l’Etat juif se chargent eux-mêmes d’appliquer les poursuites: expulsion des Juifs de Gaza, mais certainement pas des Arabes, interdiction de construire imposée exclusivement aux Juifs, même à l’encontre d’entrepreneurs qui avaient acquis toutes les autorisations requises ; et aujourd’hui, poursuite des rabbins qui défendent les droits du peuple juif sur sa terre, et acceptation tacite de l’interdiction imposée aux Juifs de vivre, voire de passer en voiture, dans des localités arabes judenrein.

L’organisme des droits de l’homme en Judée-Samarie proteste: «Arrêtez cette campagne d’hypocrisie au sujet de la lettre des rabbins. Non loin de la Haute cour de justice, et des studios de l’autorité de l’audiovisuelle se trouvent les bureaux de l’AP, où la loi interdit de vendre un terrain ou une maison à des Juifs, le contrevenant étant passible de mort.»

Le Rav Druckman, ancien député, recteur de la yéchiva sous contrat avec l’armée d’Or-Etzion, et directeur général des écoles talmudiques du mouvement Bené-Akiva, n’a pas signé la lettre mais il s’identifie à l’engagement des rabbins signataires. Son bureau a justifié sa démarche: D’un côté, il ne veut pas signer un document qui concerne les Arabes en général, d’autant plus qu’il n’a pas été confronté à cette question, mais il s’identifie à la préoccupation des rabbins: «qui cherchent à préserver l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif.

Le Rav a conscience de la lutte qui n’est pas simple et qui agite la ville de Safed, dont les habitants sont confrontés à des entités hostiles de l’étranger qui fournissent des fonds importants pour porter atteinte au caractère juif d’Israël». L’acquisition de nombreux appartements n’est pas innocente, et l’opposition à ce phénomène par les rabbins signataires ne relève pas d’un problème de droit commun, mais vient répondre à l’une des stratégies de la guerre totale menée par les ennemis d’Israël qui ne parviennent pas à leurs fins par la lutte armée.

Ceux qui en doutent peuvent se contenter d’écouter le discours des députés arabes de la Knesset, qui, curieusement, ne font l’objet d’aucune mise en examen, y compris lorsqu’il s’est agi de la participation à une action agressive et belliqueuse déguisée en flottille «touristique».

Il est indéniable qu’il y a ici un parallèle extraordinaire avec l’histoire de Hanouka. Or, il se trouve que l’affaire de la lettre de préservation des logements a éclaté au beau milieu de la fête.

Les Asmonéens, qui ont lutté avec courage contre la mainmise des Grecs qui avaient rendu le Temple impur, et interdit aux Juifs d’observer certains commandements fondamentaux, ont manqué de persévérance. En quelques générations, ils se sont hellénisés. Aristobule, Antipater, sont-ils des noms de rois juifs ?

Le problème ne concernait pas que leurs noms. Or, là encore, le pouvoir qui a lutté de toutes ses forces pour établir un Etat juif tente de contrecarrer le rétablissement des Juifs en plein cœur de la terre d’Israël, pour, D. préserve, y fonder un énième Etat arabe hostile à Israël (discours de Netanyahou à Bar-Ilan).

Mais ce que les journalistes et autres politiciens qui veulent se faire bien voir chez tous le monde sauf chez leurs frères sous-estiment du haut de leurs fanfaronnades, c’est que le peuple n’éprouve que du mépris pour leur manque de clairvoyance.

Pour aschkel.info et lessakele .





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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