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La hausse du prix de l’essence accroît les tensions à Téhéran


La hausse du prix de l’essence accroît les tensions à Téhéran

Distribution de carburant à Téhéran le 19 décembre.

Depuis cette date, le prix du quota mensuel accordé à chaque automobiliste a été quadruplé.

Le prix du gazole, lui, a été multiplié par 9. 

Le régime a déployé des forces de police dans les stations-service pour prévenir tout incident.  

Ni manifestation, ni graffitis sur les murs. L’augmentation soudaine, la semaine dernière, des prix de l’essence n’a provoqué aucun soulèvement apparent dans les rues de Téhéran. Mais l’initiative gouvernementale, qui va de pair avec une répression renforcée, risque d’écorcher encore plus la popularité de Mahmoud Ahmadinejad, déjà largement contesté depuis sa réélection controversée en juin 2009. «Cette mesure est une pression supplémentaire sur les couches moyennes et inférieures de la société», se sont aussitôt insurgés les deux principaux leaders de l’opposition iranienne, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi. Les deux politiciens réformistes rappellent que «sa mise en œuvre intervient alors que le pays fait face à des sanctions internationales sévères, que l’économie stagne, que le taux de chômage dépasse les 30% dans la plupart des provinces et que l’inflation est hors de contrôle».

Depuis l’annonce de la réforme des prix subventionnés, dimanche 19 décembre, par le président iranien, le prix du quota de 60 litres d’essence par mois accordé à chaque automobiliste est passé de 0,10 dollar le litre à 0,40 dollar. Le prix hors quota a augmenté, lui, de 75 %. De son côté, le prix du gazole a été multiplié par 9. Quant aux tarifs de l’électricité, du gaz, du kérosène, de l’eau et du pain, ils vont également augmenter, mais de manière progressive. 

La fin des subventions devrait, selon les autorités iraniennes, permettre des économies budgétaires de 100 milliards de dollars par an. Encouragée depuis des années par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, elle doit favoriser, à long terme, un assainissement de l’économie iranienne, artificiellement soutenue par la politique d’aides gouvernementales. 

Mais c’est la façon dont elle est appliquée qui suscite aujourd’hui la polémique, y compris au sein du Parlement iranien. Cité par le site Internet de l’opposition, Iran Green Voice, le député Bahman Akhavan s’est récemment dit inquiet face à un risque d’inflation, de faillites en chaîne, voire de manifestations, si la réforme n’est pas menée avec précaution. «Avec ces nouveaux prix, mon travail n’est plus rentable et je vais finir par perdre de l’argent», râle Ali, un chauffeur de taxi, qui craint que ses recettes lui permettent à peine de couvrir ses frais d’essence. 

Grève silencieuse

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Pour éviter une spirale incontrôlable de l’inflation, les autorités ont, en parallèle, interdit aux commerçants et aux compagnies de transport d’augmenter leurs prix. Pensant mieux faire passer la pilule, le gouvernement a conjointement fait déposer l’équivalent de 80 dollars -pour les deux premiers mois- sur le compte bancaire de quelque 60,5 millions d’Iraniens. «C’est loin d’être suffisant!» dit Ali. 

Comme de nombreux autres Iraniens de sa profession, il songe à rallier le discret mouvement de grève, amorcé par certains conducteurs de camion et de taxi, qui consiste à refuser de travailler pendant quelques jours. «La grève silencieuse, c’est tout ce qui nous reste», remarque Mehdi, un déménageur. L’initiative gouvernementale s’est en effet accompagnée d’un déploiement des forces de police devant de nombreuses stations d’essence. Craignant une nouvelle vague de contestation, le gouvernement s’emploie également à qualifier ses potentiels détracteurs de «séditieux» -terme originellement utilisé pour désigner les participants aux manifestations postélectorales- et à les menacer indirectement de représailles. 

L’économiste iranien Fariborz Raïsdana en fait les frais. Pour avoir osé qualifier le nouveau plan d’ «hypocrite» et critiqué son application par la «force», dans une interview avec le programme farsi de la BBC, il a eu droit, dès l’annonce de la suspension des subventions, à la visite de policiers en civil à son domicile. Il se trouve, depuis, derrière les barreaux.

Mercredi 29 décembre 2010

Aschkel







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