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Genève, Ramallah, Caracas, sources d’amères désillusions et de nouvelles menaces en cascade, pour le va-tout diplomatique US


Genève, Ramallah, Caracas, sources d’amères désillusions et de nouvelles menaces en cascade, pour le va-tout diplomatique US

Par Marc Brzustowski

Cette semaine, la Présidence Obama a passé, et avec quel aplomb !, au moins deux tests importants de résistance à l’échec et à la frustration.

Le non-évènement de la rencontre des 6 grandes puissances siégeant au Conseil de Sécurité et l’Iran s’est achevée par un non-lieu en faveur de l’Iran : Ahmadinedjad a pu étaler ses nouveaux échantillons de yelowcake couleur locale sur la table, de quoi faire rire jaune ses hôtes, redoublant de patience jusqu’à la nouvelle rencontre prévue en janvier à Ankara, un autre fief pro-iranien. Il va de soi que le choix du lieu est une nouvelle concession américaine à un allié de Téhéran, qui avait proposé, avec le Brésil, de sous-traiter l’uranium iranien.

L’Administration a dû prendre acte de l’impossibilité de ramner les « partenaires pour la paix » palestino-israéliens à la table des négociations directes, malgré la proposition de nouveau « gel » de 3 mois. L’acceptation israélienne de renouvellement s’est, à nouveau, enjoint d’un refus palestinien, tant que Jérusalem n’était pas contenu dans le package.

L’équipe Obama prétend toujours résoudre ces deux défis par la voie de la négociation, assortie, pour l’Iran, de sanctions, qui, jusqu’à présent, ont surtout eu pour résultat d’accélérer le programme nucléaire iranien et de redoubler de mesures répressives contre ses opposants à domicile. Des arrestations massives ont eu lieu durant les semaines qui ont précédé le sommet de Genève. Quant au durcissement progressif de la position palestinienne, elle n’est que la conséquence logique de la focalisation de cette diplomatie sur deux points : l’exigence de gel des implantations et l’invention d’un lien entre les deux problèmes que toutes les indiscrétions produites par le site Wikileaks démentent, pièces à conviction à l’appui.

D’autres défis, encore mineurs, mais très rapprochés, s’ajoutent à ce tableau : plusieurs pays d’Amérique du Sud, dans le flanc des Etats-Unis, viennent prendre à revers ce train-train diplomatique, par la reconnaissance formelle d’un « Etat palestinien ». Ces Etats sécessionnistes s’inscrivent en rupture flagrante avec les modalités prévues par les « accords d’Oslo » et « la feuille de route », guideline devant mener à la résolution des différents dossiers par la voie que prône l’Amérique depuis 18 ans : la négociation. Si ces prises de position contestataires du Brésil, allié de la Turquie dans le « deal » iranien, de l’Argentine et de l’Uruguay n’ont qu’une valeur symbolique, elles font en écho à l’influence régionale anti-américaine du Vénézuéla :

Le tout premier résultat concret de la politique américaine au Moyen-Orient, regroupant les deux questions palestinienne et iranienne a été de consolider dans son arrière-cour même, un front traditionnellement hostile aux Etats-Unis. Depuis Guevara jusqu’au populo-démagogue Hugo Chavez, si le Nord va dans un sens, la logique latino-américaine a fréquemment été d’en prendre le contre-pied et de fragiliser celui du puissant géant voisin. L’effet supposé communicant entre nucléaire iranien et revendications palestiniennes a surtout pour grave incidence de mettre dans la poche de Téhéran toute opposition formelle ou virtuelle à l’influence de Washington, à quelque échelon que ce soit. La seconde incidence paradoxale est que, sur le dossier palestinien, tout du moins,  l’Administration semble osciller vers un plus grand scepticisme quant à la « bonne volonté » de l’Autorité de Mahmoud Abbas, et se rapprocher des positions sécuritaires défendues par le Cabinet Netanyahou, selon Ron Dermer, un proche du Premier Ministre israélien.

Simple humeur à visée régionale qui, néanmoins, par accumulation, inquiète l’Hudson Institute :

D’après Anna-Mahjar Barducci, l’Iran transfère des missiles de moyenne portée (Shahab 3 et Scud B), pouvant atteindre les Etats-Unis. Les Pasdaran seront déployés sur les bases vénézuéliennes, de façon à accentuer leur rayonnement dans toute l’Amérique du Sud. Elle s’appuie sur des informations publiées dans Die Welt. En fait, après le sommet de l’OTAN à Lisbonne, c’est le contre-argument trouvé par Ahmadinedjad que de venir défier Washington sur son flanc sud. Il réplique également aux sanctions qui lui ont valu d’être privé d’accès direct aux S-300 anti-aériens russes. La Russie les fournissant sans encombre à Caracas, l’arrangement est donc indirect et ne froisse diplomatiquement personne.

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Comme l’Iran produit son propre yellowcake, il serait parvenu à élaborer ses propres versions du S-300, tout comme des missiles de moyenne portée, dotés de têtes nucléaires. Cette logique paradoxale des sanctions, on peut en trouver un autre exemple, dans l’embargo français contre Israël en 1967 : il constitue le point de départ d’une « success story », qui vient désormais placer Israël en 6è position mondiale, juste… derrière la France, en matière de ventes d’armes.

Provocation qui a toutes les allures d’un remake de l’affaire des « missiles de Cuba », en octobre 62, lorsque l’Union soviétique y installa des fusées nucléaires conduisant le monde au bord de l’Apocalypse. Or Kennedy était un Président respecté, ayant un sens aigu des intérêts de son pays. L’auteure de l’article de l’Hudson ne discerne pas du tout la même fermeté chez Obama. Tout au contraire, depuis qu’il est à la Maison Blanche, il n’a cessé d’offrir une main pleine de cadeaux pour les ennemis viscéraux de l’Amérique et du monde libre. Ces faiblesses patentes, sans cesse réitérées par les « espoirs » de Mme Clinton de voir les sanctions finir par « payer », ont pour conséquence de mettre aujourd’hui les Etats-Unis d’Amérique sur un pied d’égalité avec les pays du Golfe arabo-persique et d’Israël : à portée de Scuds, voire, demain, de missiles à têtes nucléaires.

Et de conclure : « combien de temps encore devrons-nous attendre, pour que l’Administration Obama comprenne quoi que ce soit aux menaces stratégiques ? ».

Pour © 2010 lessakele et © 2010 aschkel.info





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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