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Pourquoi Israël et l’Europe ont l’Islam comme ennemi commun


Pourquoi Israël et l’Europe ont l’Islam comme ennemi commun

Dans cette analyse, le Dr Mordechai Kédar, de l’Université Bar-Ilan en Israël, spécialiste reconnu du monde arabe, apporte un éclairage érudit, non seulement sur la problématique du déni arabe de l’existence d’Israël, mais surtout sur un certain nombre de comportements d’un nombre croissant de musulmans, dans les pays occidentaux : non réciprocité, organisation de la partie la plus rebelle de la société islamique en zones ou le droit local ne pénètre pas, dichotomie entre la tolérance des peuples européens qui les conduit à accepter des compromis profond par rapport à ses valeurs, pour faciliter la vie sociale, et l’arrogance de minorités violentes et injurieuses.

J’ai choisi de publier cet article car j’ai été traversé d’une impression de plus en plus forte, au fur et à mesure que je lisais. Remplacez, dans le texte, toutes les mentions à Israël, aux Juifs, au peuple juif, à la religion juive et aux israéliens, par les mots : français, européens, Europe, France, Catholiques, Chrétiens, religion catholique et chrétienne, et vous obtenez un texte, à l’exception de quelques références régionales, d’une grande cohérence, qui expose la réalité de l’Islam violent et conquérant en terre européenne avec une surprenante précision.

Un autre fait, rarement évoqué dans le monde francophone, émerge clairement de cette analyse.

La notion temporelle n’est pas identique dans les pays modernes et dans l’esprit musulman. Nous pensons, en France, en Europe et ailleurs, qu’une victoire, un acte de capitulation, un fait de guerre, aussi hypothétiques qu’improbables, mais pas impossibles, nous débarrasseront de l’invasion de ces barbares, et protégeront notre mode de vie.

Pour l’Islam, les mille quatre cent dernières années sont compressées dans un espace perpétuellement actuel. Nous disons à tord qu’ils vivent dans le passé, alors que pour eux le passé le présent et le futur ne font qu’un. Leur victoire n’est qu’une question de temps, et non de fait.

Cela nous impose un état de guerre permanente auquel nos peuples ne sont ni préparés ni disposés : tandis que nous cherchons la paix, le bien être, l’harmonie et le bonheur de chacun (ou le bonheur du groupe pour les âmes de gauche), eux poursuivent la mise en conformité de l’environnement avec la parole d’Allah.

Jean-Patrick Grumberg

 


Dr Mordechai Kédar * – Université de Bar-Ilan – Israël

Traduit de l’hébreu par David Pasder.

Israël demande la reconnaissance par les Palestiniens de l’Etat d’Israël comme état juif ou comme le pays du peuple juif. Pour les Palestiniens, il n’existe aucune possibilité d’une telle reconnaissance, étant donné qu’une telle exigence est considérée par eux comme une trahison des principes de l’islam. Malgré les dissensions entre l’OLP et le ‘Hamas, une chose les unit : ils ne veulent pas et ne peuvent pas reconnaître Israël en tant qu’état juif.

Lors d’un discours prononcé à l’Université Bar-Ilan en juin 2009, Binyamin Netanyahou, Premier ministre d’Israël, a émis l’exigence que les Arabes reconnaissent Israël comme étant un état juif ou comme l’état du peuple juif, en prémisse de toute négociation future. Différentes personnalités du monde arabe et islamique ont accueilli cette « nouvelle » exigence avec dérision en la refusant et ont donné de nombreuses explications quant à leur réaction.

L’explication quasi traditionnelle de ce refus est que la raison de l’exigence de reconnaître Israël comme pays des Juifs est destinée à empêcher le droit de retour des réfugiés à l’intérieur de l’Etat d’Israël et le transfert de la minorité arabe qui habite en Israël, inacceptables pour le monde arabe.

D’autres explications « techniques » ont été également avancées. En fait, il est question de quelque chose de beaucoup plus profond et d’essentiel. La perception d’Israël comme état sans légitimité n’est pas liée à ses frontières. Cette perception est composée de cinq éléments :

1 –  Exigence de trahir l’islam

Dans la conception islamique, la religion juive a disparu avec l’apparition du christianisme et le christianisme a disparu avec l’avènement de l’islam. Cette conception est énoncée dans le Coran de la façon suivante : « la seule religion pour Allah est l’islam », ce qui signifie qu’Allah ne reconnaît aucune religion hormis l’islam. L’islam – tel qu’il se définit lui-même – est apparu comme l’annonce de la vérité, après que les juifs et les chrétiens, chacun à leur tour, aient transformé et falsifié la parole d’Allah qui leur avait été transmise, et pour cette raison Allah leur a retiré leur rôle religieux et le message théologique qu’ils véhiculaient et l’a transmis aux musulmans, qui seuls sont les « croyants » authentiques.

En conséquence, selon cette approche, l’islam n’est pas apparu pour coexister avec les religions antérieures comme leur égal, mais pour les remplacer.

Il s’ensuit que si le judaïsme est une religion qui a perdu sa signification et son rôle dans le monde, comment est-il possible de créer un état juif ? Comment est-il possible de prétendre qu’il existe une terre sainte pour le judaïsme après que cette religion ait été abolie ? Comment peut-on prétendre que les Juifs – appartenant à une religion qui n’a plus aucune signification – aient le droit d’un état sur une quelconque terre, après que ses fils aient « trahi » Allah et n’aient pas accepté la religion de vérité, l’islam ?

De fait, l’islam a accepté les Juifs en tant que « peuple du Livre »  et non comme des infidèles, mais à condition qu’ils vivent soumis au pouvoir de l’islam comme dhimmis, c’est à dire de statut inférieur et s’acquittent du paiement d’un impôt personnel.

Avec la conquête de la Palestine, les juifs perdirent les droits qui leur avaient été octroyés par le Pacte d’Omar édicté apparemment par le Calife Omar al-‘Khattâb   lors qu’il conquit le pays d’Israël en 638, et par lequel il régit les relations entre le pouvoir musulman et  les populations soumises, chrétiens et juifs.

En conséquence, l’exigence d’Israël que l’islam reconnaisse l’Etat d’Israël comme le pays du peuple juif, est en opposition totale avec la conception la plus fondamentale de l’islam, à savoir que le judaïsme a disparu et a perdu toute signification. L’exigence formulée par B. Nétanyahou équivaut à exiger que l’islam reconnaisse le judaïsme comme religion légitime après qu’Allah ait décidé en personne dans le Coran que « celui qui choisit une religion autre que l’islam ne peut être accepté ».

2 –  Invention d’un peuple juif

Le judaïsme, selon la conception de l’islam, est la religion d’un groupe communautaire et ne constitue pas une entité ethnique ou nationale. Pour exemple, l’Irak est peuplé de nombreux groupes religieux : des musulmans, des chrétiens, des zoroastres, des mandéens, des bahá’is, des yézidis et des juifs. Ils font tous partie du peuple irakien et leur place est en Irak. Il y a donc des arabes irakiens musulmans, des arabes irakiens chrétiens et également des arabes irakiens juifs, appartenant à des communautés religieuses qui sont partie intégrante du peuple irakien.

Il en est de même au Yémen, où il y a des arabes yéménites musulmans et des arabes yéménites juifs. La situation est identique au Maroc et dans les autres pays de l’islam où il existe des communautés juives de la même façon qu’il existe des communautés musulmanes et chrétiennes.

De surcroît, il en va de même – d’après la conception islamique – dans les autres pays : un juif polonais est d’ethnie polonaise et juif de religion. Le juif français est un fils de la nation française dont la religion est juive et en conséquence il n’y a pas dans le monde de groupe ethnique juif, de la même façon qu’il n’y a pas de groupe ethnique chrétien ou musulman.

De façon surprenante, les communautés juives [de différents pays] décident soudainement qu’elles constituent un même peuple, qu’elles appartiennent au même groupe ethnique et que tous les juifs du monde entier se ressemblent, parlent la même langue, ont les mêmes coutumes, mangent les mêmes aliments, ont des coutumes vestimentaires et des danses semblables.

Du point de vue de l’islam, il s’agit d’un mensonge éhonté du mouvement sioniste, qui a créé un peuple juif ex nihilo et tente de persuader le monde qu’un tel peuple existe. Plus grave encore, ces communautés juives décident de se rendre en Palestine, d’en évincer ses habitants d’origine et d’y instaurer un état dont le nom ne rappelle pas le peuple juif mais les fils d’Israël. Comment est-il possible de reconnaître cet état en tant qu’état d’un « peuple juif » qui n’existe pas ?

3 –  A qui appartient la terre

La Palestine a été « sanctifiée » en tant que terre musulmane par deux actes : le premier par sa conquête lors du règne du calife Omar ibn al-‘Khattâb   aux environs de 630. De ce point de vue, la Palestine fait partie du groupe des pays qui étaient autrefois sous la domination de l’islam tels l’Italie, l’Espagne, la Sicile et une partie des Balkans, qui ont été islamiques dans le passé et en conséquence doivent réintégrer le sein de l’islam.

Le second acte est ancré dans la tradition islamique qui prétend que le calife Omar ibn al-Khattâb a défini le statut de la Palestine, de la mer jusqu’au Jourdain comme terre waqf  islamique [donation religieuse faite à perpétuité] qui appartient à tous les musulmans pour l’éternité. Comment donc les juifs – dont la religion n’a aucune légitimité et ne constituent pas une ethnie –  peuvent-ils prétendre exiger que les musulmans reconnaissent la conquête du pays de Palestine qui n’est « sanctifiée » qu’aux musulmans et uniquement à eux ?

4- Qu’en est-il de Jérusalem ?

L’islam craint qu’après que la Palestine ait été conquise en 1948, puis Jérusalem en 1967, les juifs entreprennent la construction du [troisième] Temple, ce qui aura pour effet pour le judaïsme de redevenir une religion pertinente. Cette situation vient interpeller l’islam né, comme expliqué ci-dessus, pour remplacer le judaïsme.

5- L’honneur arabe offensé

La reconnaissance d’Israël par le monde arabe comme état du peuple juif signifie l’acceptation de sa défaite en 1948 et de toutes les défaites qui ont suivi. La honte liée à un tel aveu est intolérable pour la nation arabe.

C’est ainsi que pour l’islam, l’Etat d’Israël n’est pas légitime d’un point de vue religieux du fait même du caractère caduc de la religion juive. L’Etat ne peut pas constituer le foyer d’une nation juive qui n’existe pas mais a été inventée par le mouvement sioniste et sa terre est une terre appartenant au waqf islamique « sanctifiée » pour les musulmans. En conséquence, l’exigence de B. Nétanyahou de reconnaître l’Etat d’Israël en tant qu’état juif ou qu’état du peuple juif est opposée à la foi islamique et met en cause l’essence même de l’islam qui a construit sa pertinence depuis plusieurs génération sur la caducité du judaïsme.

Le narratif  historique de l’islam, qui a pris naissance au 7ème siècle, nie intégralement l’histoire juive en Erets Israël, bien qu’elle ait commencé deux mille ans avant l’islam.

En conséquence, la conclusion qui s’impose est que l’essence de la lutte [menée par l’islam] en ce qui concerne la légitimité d’Israël est fondamentalement religieuse, même si elle revêt apparemment la forme d’un combat territorial ou national. Même si l’Etat d’Israël subsistera sur un territoire d’un millimètre carré, il n’obtiendra pas la reconnaissance par le monde arabe et musulman en tant qu’état juif.

Beaucoup de personnes me disent : « Vous transformez une querelle nationale et territoriale en querelle religieuse » et pensent qu’étant donné que cette querelle est nationale ou territoriale, un compromis territorial entraînera la reconnaissance par les Arabes et les musulmans de la légitimité de l’Etat d’Israël en tant qu’état du peuple juif.

Cette assertion repose sur l’hypothèse que le monde arabe et musulman est laïc comme nous le sommes [les israéliens] et que leur univers conceptuel et leurs valeurs sont identiques aux nôtres et que leur ordre de priorités est identiques au nôtre.

Cette approche est la résultante de l’ignorance israélienne en ce qui concerne l’islam et le monde arabe. Elle provient du fait que nous ne comprenons pas et ne lisons pas la langue arabe et que nous n’avons pas conscience de l’amère vérité du discours tenu dans notre région, soigneusement dissimulé par les porte-paroles du « dialogue inter-religieux » qui ne sera porteur d’aucun espoir tant que l’islam se considère en tant « qu’unique religion auprès d’Allah » et que les juifs sont définis par le Coran comme « descendants des singes et des porcs » et « assassins des prophètes ».

Cela explique le fait que malgré la querelle entre l’OLP et le Hamas et un profond désaccord sur tous les sujets, une chose les unit : l’incapacité de reconnaître Israël comme état juif ou comme l’état du peuple juif. Saïb ‘Ariquat, Nabil Sha’ath et le Président d’Egypte, ‘Hosni Moubarak, vieux interlocuteurs d’Israël, ont clairement affirmé qu’ils ne reconnaîtront pas Israël comme état juif, même dans mille ans.

La conclusion qui résulte de cette analyse est que nos accords de paix avec l’Egypte et la Jordanie sont fondés sur l’intérêt des régimes et non sur la volonté de leurs peuples. Du point de vue de l’islam, religion dominante dans notre région, il s’agit d’accords temporaires, sur le modèle du traité d’al-‘Houdaybiyya de 628, qu’un musulman peut conclure avec un « infidèle » lorsqu’il ne peut le vaincre. Tant qu’Israël sera fort – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur – ces accords de paix seront pérennes, mais seront annulés dès l’instant où Israël sera perçu comme un état faible.

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* Dr Mordechai Kédar, diplômé de l’Université Bar-Ilan, est un universitaire israélien qui enseigne à cette même université et est spécialiste de littérature arabe. Il est expert des Arabes israéliens et a servi durant vingt-cinq ans dans les services de renseignement de Tsahal en tant que spécialiste des groupuscules islamiques, de la politique des pays arabes, de la presse et des media arabes et en particulier de la politique syrienne. Mordechai Kédar a milité dans les années 90 dans le mouvement « Nétivot Shalom ».

Il a été interviewé à plusieurs reprises par les médias arabes, en particulier Al-Jazeera en juin 2008 et a contredit le modérateur qui affirmait : « Vous ne pouvez pas effacer Jérusalem du Coran » en rétorquant … que Jérusalem n’y figurait pas.

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Traduction de l’hébreu : David Pasder





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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