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Lior Raz, l’agent secret israélien qui a conquis Netflix et Hollywood


Lior Raz, l’agent secret israélien qui a conquis Netflix et Hollywood

Fauda, la série israélienne qu’il a coécrite avec Avi Issacharoff et dans laquelle il a le premier rôle, l’a rendu célèbre. Rencontre.

Crâne rasé, visage impassible, Lior Raz, 46 ans, donne rendez-vous sur une terrasse arborée, au dernier étage d’un discret immeuble du 9e arrondissement. De passage à Paris, il a jugé plus adéquat d’organiser ses entretiens avec les journalistes chez son diffuseur en France (WildSide) plutôt qu’à l’hôtel où il réside. Courtois mais peu disert, le scénariste de la série phénomène Fauda (dont la saison 2 est disponible sur Netflix depuis quelques jours) enchaîne, en cette mi-juillet, les interviews. Mais il ne se livre pas facilement. Faut-il s’en étonner ? Le scénariste, par ailleurs acteur, aujourd’hui installé à Los Angeles, a travaillé pendant trois ans au sein d’une unité secrète de l’armée israélienne.

Un itinéraire hors-norme

Né à Ma’aleh Adumim, dans la banlieue est de Jérusalem, il a grandi dans un milieu modeste. Son père, contraint de fuir l’Irak (parce que juif), a fondé, près de cette cité-dortoir construite en territoire palestinien, une exploitation agricole. Sa mère, d’origine algérienne, y a commencé comme assistante dans un cabinet d’avocat avant de devenir enseignante.

On parle arabe, plus que l’hébreu, à la maison. À la fin de son lycée, Lior effectue son service militaire. Sa connaissance de l’arabe le conduit à intégrer un bataillon d’élite : l’unité Douvdevan. Une entité dédiée à la lutte antiterroriste, dont les membres sont amenés à se fondre dans la population palestinienne, sous fausse identité, pour y intervenir clandestinement.

Cette expérience le marquera profondément. D’autant plus que, pendant son service, sa petite amie de l’époque, Iris Azoulai, est assassinée en octobre 1990. « Elle a été poignardée à mort par un terroriste alors qu’elle attendait le bus », évoque le scénariste, qui rendra hommage à la jeune fille à la fin d’un épisode de la première saison de Fauda. « La relation entre le personnage de Boaz, avec qui j’entretiens une très grande proximité, et celui de sa fiancée, Daria, dans les premiers épisodes, est nourrie de l’expérience que j’ai vécue avec Iris », poursuit Lior, qui confie avoir fait porter à ces personnages des objets personnels pendant le tournage.

Garde du corps de Schwarzenegger

Démobilisé en 1993, le garçon part pour les États-Unis et s’installe en Californie. Il y travaille pour une société israélienne de sécurité. Il sera, quelque temps, garde du corps de Nastassja Kinski, Arnold Schwarzenegger ou encore Maria Shriver. « Ce passage n’est pas le plus intéressant de ma vie », balaye aujourd’hui l’intéressé. Il n’en demeure pas moins que c’est là que naît sa vocation de comédien.

De retour en Israël deux ans plus tard, il s’inscrit à l’école d’art dramatique Nissan Nativ, à Tel-Aviv, et joue le soir de la musique, dans les bars, pour financer ses études. Le jour, il se confronte avec le répertoire classique au théâtre et décroche de petits rôles dans diverses séries. « Souvent des rôles de militaires ou de policiers », s’amuse-t-il. Inquiet à l’idée de ne jamais percer, il se met à réaliser des publicités et des films institutionnels pour assurer ses arrières.

Régulièrement appelé à effectuer des périodes de « réserve » au sein de l’armée, il retrouve, au cours d’une opération en Cisjordanie, au début des années 2010, un ami d’enfance, Avi Issacharoff, entre-temps devenu journaliste. Les deux hommes ne tardent pas à imaginer une série inspirée de ce qu’ils ont vécu. Leur feuilleton sera nourri d’anecdotes de militaires, membres de l’unité infiltrée dans laquelle ils ont longtemps opéré. L’écriture du feuilleton durera plus de deux ans. « Nous ne voulions pas d’un récit caricatural avec des bons d’un côté et des méchants de l’autre, mais plutôt ouvrir une fenêtre sur un monde qui nous est proche et pourtant méconnu », évoque le scénariste.

Tournage sous tension

Ce sera Fauda. La diffusion de la première saison de cette série de douze épisodes, tournée pendant les affrontements israélo-palestiniens de l’été 2014, dans la ville arabe de Kfar Qasimcommence le 15 février 2015. Le succès est immédiat. Le scénario raconte de manière parallèle le quotidien des forces spéciales israéliennes, de leur entourage familial et amical mais, aussi, celui des mouvements militaires palestiniens et les relations complexes qu’ils entretiennent avec les Autorités de Cisjordanie et de Gaza. Lior Raz y incarne Doron, un ancien membre de cette unité, rappelé deux ans après avoir tenté d’éliminer un terroriste « pour finir le travail ».

Tournée en hébreu et en arabe, donnant à voir la complexité de la situation locale sans céder au manichéisme, la série (dont le titre veut dire « Chaos » en arabe) s’exporte très vite et collectionne les prix. « Nous qui avions eu tant de mal à trouver un diffuseur en Israël avons été les premiers surpris par cet engouement planétaire, y compris dans les pas arabes », s’amuse Lior. Plusieurs projets de remake sont à l’étude. Dont le plus avancé se déroulerait en Irlande où l’histoire serait transposée pour évoquer la guerre qui a opposé catholiques et protestants pendant plus de huit décennies.

Retour en Amérique

Dans la saison 2, Doron découvre avec inquiétude que son père, qui travaille quotidiennement avec des Bédouins et vit avec eux dans le désert, est menacé de mort. Un scénario qui emprunte, là encore, à la biographie de son auteur. Le père de Lior Raz, après a effectué son service militaire au sein des services de sécurité intérieure (Shin Beth), a toujours travaillé avec des Palestiniens, au sein de la pépinière qu’il a créée.

Le triomphe de Fauda, dont la troisième saison est en cours d’écriture, a permis à son acteur principal, marié à une comédienne d’origine française et père de trois jeunes enfants, de repartir à Hollywood où il a accédé, la quarantaine passée, à un nouveau statut. Après avoir donné la réplique à Rooney Mara et Joaquin Phoenix dans Marie-Madeleine de Garth Davis, il sera dans quelques mois à l’affiche d’Operation finale réalisé par Chris Weitz. Il y interprétera le rôle d’Isser Harel qui a dirigé la capture du nazi Adolf Eichmann.

Netflix, qui diffuse sur sa plateforme la série Fauda, lui a par ailleurs commandé une nouvelle série originale, qu’il coécrira, de nouveau, avec Avi Issacharoff. Intitulé Hit and Run (« Frappe et cours »), ce feuilleton, dont la première saison comptera dix épisodes, empruntera à nouveau au registre de l’espionnage. Il racontera l’histoire d’un homme marié dont l’existence bascule le jour où sa femme est tuée… officiellement de manière accidentelle. Alors que c’est, en réalité, un assassinat. Lior Raz n’en a pas tout à fait fini avec ses fantômes.

Fauda (saison 2) de Lior Raz et Avi Issacharoff, série en douze épisodes, disponible en coffret chez WilsSide, 30 €. Et en VOD sur Netflix.

 

 

 

 

 

 
 


Fauda (saison 1) de Lior Raz et Avi Issacharoff







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