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La Turquie rattrapée par son passé criminel, avec le premier génocide du XXe siècle


La Turquie rattrapée par son passé criminel, avec le premier génocide du XXe siècle

Cette semaine coïncide avec la commémoration du génocide anti-arménien commis par le régime des jeunes-turcs. 1,5 millions de personnes ont été éradiquées simplement du fait qu’ils sont nés arméniens. Les turcs ont tout fait pour exterminer ce plus ancien peuple chrétien du monde ainsi que ses traces, sans compter aussi le génocide précédent des 350.000 Grecs pontiques et des 750.000 assyro-chaldéens et syriaques. La Turquie et les négationnistes musulmans refusent de reconnaître l’horreur du premier génocide du XXe siècle. Ankara refuse de regarder son passé en face.

En 1914, les Arméniens n’étaient plus que 2 250 000 (suite aux massacres, conversions forcées à l’islam et à l’exil). Dans l’Empire ottoman, les Arméniens subissaient une discrimination officielle. Ils étaient considérés comme des citoyens de seconde catégorie qui devaient payer plus d’impôts. Ils n’avaient pas le droit de porter des armes (contrairement aux musulmans), ne pouvaient pas témoigner devant les tribunaux. Dans leur grande majorité, les Arméniens étaient des paysans pauvres.

Un plan concerté visant à la destruction méthodique d’un groupe humain

L’intention des Turcs, dès 1879, de « faire disparaître à jamais le peuple arménien », d’après les propres paroles du Grand Vizir, ne peut pas être plus claire.

Trois régimes (Abdul Hamid, les Jeunes-Turcs et Kemal Attaturk) ont, de 1894 à 1922, appliqué de différentes façons le même plan d’extermination des Arméniens avec son point culminant des années 1915-1917.

La méthode était toujours et partout la même : vers midi, on sonne le clairon, c’est le signal des tueries. Préalablement préparés, des soldats turcs et des bandes de tueurs spécialement recrutés massacrent la population arménienne, sans distinction d’âge et de sexe. Les maisons habitées par les Arméniens sont préalablement marquées à la craie par les indicateurs (troublante coïncidence, c’est la même méthode qui fut utilisée, lors des massacres des juifs en Irak).

En 1908, les Jeunes Turcs arrivèrent au pouvoir. De surcroît, les Jeunes Turcs considéraient la race turque comme supérieure. L’Arménie et les Arméniens se trouvant au centre de ce projet, il était impératif, d’après cette logique raciste et barbare, de les éliminer.

Les Turcs voulaient au debut l’annihilation des élites arméniennes sous de faux prétextes de trahison et de révolte, puis l’élimination de la population arménienne à travers toute l’Anatolie.

Dès avril 1909 des massacres commencent en Cilicie, d’abord à Adana, puis dans le reste de la région. Les Jeunes Turcs se montrent les dignes héritiers du « sultan rouge » Abdülhamid II. Il ne manquera rien à leur panoplie des cruautés. Il y aura au total 30 000 morts.

Le 29 octobre 1914, la Turquie s’allie à l’Allemagne et entre en guerre contre les Alliés. Le champ est désormais libre. Dès janvier 1915, on désarme les 250 000 soldats arméniens de l’armée ottomane pour les affecter dans des « bataillons de travail ».

A l’aube du 24 avril 1915, qui deviendra la date commémorative, le coup d’envoi du génocide est donné par l’arrestation à Constantinople de 650 intellectuels et notables arméniens. Dans les jours suivants, ils seront en tout 2 000, dans la capitale, à être arrêtés, déportés et assassinés. Dans tout l’Empire ottoman, c’est le même scénario : on arrête puis on assassine partout les élites arméniennes. Le peuple arménien est décapité.

Les soldats arméniens affectés dans les « bataillons de travail » seront assassinés par petits groupes, le plus souvent après avoir creusé eux- mêmes les « tranchées » qui leurs serviront de fosses communes. Le peuple arménien est non seulement décapité, mais il est dorénavant privé de ses défenseurs. Il ne reste plus aux dirigeants de l’Ittihat qu’à achever le génocide.

La déportation des arméniens…en Syrie 

L’idée est nouvelle et terriblement efficace: c’est la déportation de toutes les populations civiles arméniennes vers les déserts de Syrie pour des prétendues raisons de sécurité. La destination réelle est la mort.

A la fin de 1915, à l’exception de Constantinople et Smyrne, toutes les populations civiles arméniennes de l’Empire ottoman avaient pris le chemin mortel de la déportation vers un point final : Deir ez-Zor en Syrie.

Les convois de déportation étaient formés par des regroupements de 1 000 à 3 000 personnes. Très rapidement, on sépare des convois les hommes de plus de 15 ans qui seront assassinés à l’arme blanche par des équipes de tueurs dans des lieux prévus à l’avance. Parfois les convois sont massacrés sur place, à la sortie des villages ou des villes, notamment dans les provinces orientales isolées.

Les autres, escortés de gendarmes, suivront la longue marche de la mort vers le désert, à travers des chemins arides ou des sentiers de montagne, privés d’eau et de nourriture, rapidement déshumanisés par les sévices, les assassinats, les viols et les rapts de femmes et d’enfants perpétrés par les Tcherkesses.

Les survivants, arrivés à Deir ez-Zor, seront parqués dans des camps de concentration dans le désert et seront exterminés, par petits groupes, par les tueurs de l’Organisation spéciale et les Tchétchènes spécialement recrutés pour cette besogne. Beaucoup seront attachés ensemble et brûlés vifs.

Des femmes arméniennes à Deir ez-Zor au désert en Syrie.

A la fin de 1916, le bilan est celui d’un génocide parfait, les deux tiers des Arméniens (environ 1 500 000 personnes) de l’Empire ottoman sont exterminés. Tous les Arméniens des provinces (vilayets) orientales, soit 1 200 000 personnes, d’après les statistiques du patriarcat, disparaissent définitivement d’un territoire qui était le cœur de l’Arménie historique depuis des millénaires.

Seuls survivent encore les Arméniens de Constantinople, de Smyrne, quelque 350 000 personnes qui ont réussi à se réfugier en Arménie russe, quelques poignées de combattants arméniens qui résistent et se cachent encore dans la montagne et des milliers de femmes, de jeunes filles et d’enfants récupérés par des Turcs, des Kurdes et des Arabes.

 

 

 

C’était le peuple arménien, ces arrières grands parents, ces grands-parents. Massacrés, déportés, brûlés, décapités, parce qu’ils étaient Arméniens. Dans la folie nationaliste du mouvement Jeune Turc, un peuple a été génocidé sur ses terres ancestrales en 1915, dans un crime moderne, prémédité et méthodique.

Les hommes étaient fusillés. Les femmes et les enfants étaient déportés vers la Syrie, forcés à des marches de la terreur et de la mort à travers le désert. Tous sans exception ont connu la famine, la soif, les traitements les plus indignes. Ils ont tous connu le traumatisme de l’exil par la violence et la haine. Tous, sans exception, et jusqu’à leurs descendants n’oublieront jamais aux tréfonds de leurs âmes ce chiffre abominable qui doit encore nous faire tressaillir : 1 million et demi de morts.

La Turquie ne massacre plus les Arméniens, aujourd’hui elle massacre les Kurdes.

Erdogan s’attaque  aujourd’hui aux héros  de la coalition contre Daesh dans l’opération « Rameau d’olivier ». Rameau d’olivier, quel cynisme. Cet dictateur turc prône un racisme anti-kurde revendiqué dont les victimes sont les jeunes, les jeunes soldats kurdes. Leurs cadavres sont rendus aux familles mutilés, démembrés, décapités au mépris des conventions internationales.

La Turquie et ses alliés djihadistes ont annoncé, dès le début de l’attaque contre le canton kurde syrien le 20 janvier dernier, qu’ils allaient faire un nettoyage ethnique à Afrin en déclarant qu’ils allaient rendre la région à leurs vrais « propriétaires » qui sont en réalité des djihadistes recyclés de Daesh, al-Nosra/al-Qaïda, certains groupes liés à l’armée syrienne libre, etc. qui n’ont aucune légitimité en Syrie.

L’État turc s’est rendu coupable, lors de l’opération « Rameau d’olivier  » lancée début janvier 2018, de crimes contre l’humanité tels que le meurtre, l’extermination et la persécution, et de crimes de guerre tels que des exécutions délibérées, destructions injustifiées, attaques dirigées intentionnellement contre des civils ou encore un usage disproportionné de la force. Bilan 1500 morts, dont 356  femmes et 211 enfants. Examinant les rapports de l’hôpital le journaliste Robert Fisk constatent à Afrin que les victimes sont les réfugiés, les bébés, les femmes et les enfants.

C’est exactement ce qui ont subi les chrétiens Arméniens, Assyro-Chaldeens, Syriaques et Grecques Pontiques lors du génocide de 1915 perpétré par l’empire ottoman turc avec les mêmes méthodes héréditaires de ce peuple sanguinaire.

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

 





Avocat tunisien, auteur de nombreux articles et spécialiste des questions du Proche-Orient.



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  • 4 thoughts on “La Turquie rattrapée par son passé criminel, avec le premier génocide du XXe siècle

    1. LTC

      Je suis de tout coeur avec le peuple arménien dans sa peine et douleur, de même pour tous les autres peuples agressés et persécutés par les musulmans.
      L’islam et les musulmans doivent être éradiqués, ils sont un poison pour l’Humanité et sa stabilité.

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