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Le terrorisme devient la première préoccupation des Français


Le terrorisme devient la première préoccupation des Français

Il devance le chômage comme premier sujet de préoccupation, d’après cette enquête annuelle de « victimation » qui dresse un paysage au-delà des plaintes.

Selon une vaste enquête annuelle publiée jeudi, le terrorisme s’est imposé comme la première préoccupation des Français, deux ans après le début de la vague d’attentats djihadistes qui a fait 241 morts. Il devance le chômage. L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et l’Institut national de la statistique (Insee) ont dévoilé leur onzième enquête annuelle, au cours de laquelle 16 000 personnes de 14 ans et plus ont été interrogées sur leur ressenti de l’insécurité. Cette enquête de « victimation » permet de mesurer l’évolution de la délinquance au-delà des seules statistiques administratives de la police et de la gendarmerie, en sondant les Français qui ne portent pas systématiquement plainte lorsqu’ils sont victimes.

« En 2017, une personne sur trois cite le terrorisme et les attentats comme le problème le plus préoccupant pour la société française (32 %) », explique cette étude, dont la collecte s’est déroulée après l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice et l’assassinat du couple de policiers à Magnanville (Yvelines) le 13 juin 2016. Pour la première fois depuis 2006, la « proportion de personnes inquiètes à cause du terrorisme prend le pas sur celle mesurée pour le chômage (23 %) », poursuit l’étude. Pour autant, les Français déclarent au fil du temps être moins préoccupés par la délinquance, 9 % en 2017 contre un peu moins de 14 % en 2014. Une nouvelle fois, l’étude met en évidence des taux de plainte variables selon le type de faits. Si les atteintes aux biens sont celles pour lesquelles les taux de plaintes sont les plus élevés (75 %), les violences personnelles sont suivies d’une plainte dans moins de 30 % des cas. Ce taux tombe à moins de 15 % lorsqu’il s’agit de violences sexuelles ou de violences dans le ménage ou au sein du couple.

Débits frauduleux

L’enquête relève la forte hausse depuis 2010 des débits frauduleux sur les comptes bancaires : un peu plus de 1,2 million de ménages possédant un compte bancaire ont déclaré en avoir subi un. Dans plus d’un tiers des cas, les ménages ont été escroqués d’un montant inférieur à 100 euros et près de sept ménages sur dix découvrent la fraude en consultant leur relevé bancaire. Autre tendance inquiétante, les vols de vélos, qui peuvent être des freins à leur utilisation. En 2016, on dénombre à 354 000 le nombre de ménages victimes. Si ce chiffre n’est pas très différent de celui de 2015, il vient confirmer la forte hausse observée depuis 2013. Dans moins de 7 % des cas, le propriétaire retrouve son vélo et, dans 70 % des cas, les victimes ne déposent pas de plainte.

Parmi les tendances en recul, l’étude relève la baisse en 2016 des cambriolages et tentatives de cambriolages, amorcée en 2015. L’étude estime à 470 000 le nombre de ménages victimes, contre 550 000 en 2014. Cette baisse sur deux années fait suite à une augmentation ininterrompue entre 2008 et 2014, période au cours de laquelle le nombre annuel de victimes avait bondi de plus de 50 %. Les violences physiques hors ménage connaissent aussi une baisse significative en 2016 (610 000 victimes estimées en 2016 contre 770 000 en 2015).

Sentiment d’insécurité

Après avoir augmenté jusqu’en 2013, le nombre de personnes ayant subi un vol ou une tentative de vol avec violence a significativement baissé en 2014 et se poursuit en 2016 avec 186 000 victimes. Dans 40 % des cas de vols violents, un téléphone portable était convoité par l’agresseur. Exceptionnellement, les tendances des violences sexuelles ne sont pas présentées cette année en raison de modifications techniques qui ont pu impacter les évolutions des indicateurs. Enfin, alors que le gouvernement planche sur l’élaboration de la police de sécurité du quotidien et la verbalisation du harcèlement de rue, l’étude relève en 2017 la légère hausse du sentiment d’insécurité ressenti dans le quartier ou le village par les Français (21 % contre 20 % en 2016). Près d’une femme sur trois (26 %) déclare se sentir en insécurité, contre 16 % chez les hommes.

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