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Procès : Et soudain Abdelkader Merah commence à parler


Procès : Et soudain Abdelkader Merah commence à parler

Entendu pour la dernière fois, Abdelkader Merah qui a longtemps esquivé les questions de la cour a décidé, ce mardi 24 octobre, de lâcher quelques réponses. Oui, il écoutait les prêches d’Al Qaïda. Oui, il continue de suivre les consignes des « savants saoudiens » qui appliquent la charia. Non, il n’a pas été complice de son frère, Mohamed Merah.

Jusqu’ici Abdelkader Merah avait choisi l’esquive. Jugé pour « complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », le frère de Mohamed Merah – « le tueur au scooter » de Toulouse et Montauban – avait réussi avec plus ou moins d’habileté à contourner les questions de la cour en se retranchant derrière des concepts philosophico-religieux pour le moins très évasifs. « Pour vous, l’islam que vous pratiquez est-il compatible avec la démocratie ? » « La démocratie est une religion », évacuait-il. « Voulez-vous partir en martyr ? » « Je veux partir de ce monde en tant que musulman. » « Mohamed Merah est mort comment ? » « Ah ça, je ne sais pas. Personne peut savoir la finalité de la mort », s’était-il défendu vendredi dernier.

Sûr de lui, combatif, il s’était même permis, plus tôt, quelques traits d’ironie voire des exercices de style. « Puisque vous êtes expert, partagez votre connaissance. (…) Madame l’avocate générale, vous faites un monologue. Vous pouvez répéter la question ? », demandait-il jusqu’à l’épuisement de ses interlocuteurs. La bataille des nerfs avait commencé. Ce mardi 24 octobre cependant, jour de son troisième et dernier interrogatoire, « le savant » Abdelkader Merah est apparu devant les assises spéciales de Paris confus, balbutiant, incapable de répondre. Visiblement déstabilisé par un changement de stratégie : il a commencé, peut-être contraint par ses avocats, à parler. D’infimes concessions qui tranchent toutefois avec sa posture habituelle.

« C’est mon frère »

Fini donc « les études d’arabe littéraire ». L’auteur des enregistrements audios qu’il écoute pendant ses heures de travail, entame-t-il face au président, est« un membre d’Al Qaïda ». « On parle tellement d’Al Qaïda, je voulais savoir quel était vraiment ce groupe là, avoir une connaissance, entrer au coeur, pour connaître les arguments, suivre les débats... », se justifie Abdelkader Merah. Il est 14h, l’interrogatoire ne fait que commencer. Il porte sur les faits. Le 11 mars 2012, lors du meurtre du premier militaire, le parachutiste Imad Ben Ziaten, « étiez-vous présent ? », interrogent à leur tour les avocats des parties civiles. Selon les retranscriptions faites à partir de la vidéo du crime, Imad Ben Ziaten demande en effet à Mohamed Merah qui est la personne qui l’accompagne. « C’est un pote à toi ? » « Hein, ouais c’est mon frère », répond le tueur.

Sous pression, Abdelkader Merah qui écoute Al Qaïda au travail, il l’a dit, se lance, hésitant, dans une explication hasardeuse. « On a vu le contexte…(Mohamed Merah ndlr) heu… s’est présenté avec un camion… Quand il dit ‘mon frère’, il parle en fait heu… ‘des frères de religion’… » Un camion ? Les frères de religion ? Abdelkader Merah n’a-t-il pas lui même tenu à faire un petit rappel lexical à l’audience ? Lorsqu’il dit « mon frère », il faut comprendre Mohamed Merah, et lorsqu’il parle « d’un frère », il s’agit des frères de religion. Alors, était-il présent le 11 mars ? L’accusé n’en dira pas plus. Malgré les incohérences, le débat se poursuit.

Les savants Saoudiens d’Abdelkader Merah

Il est désormais question de « savants saoudiens ». Si dans un premier temps, Abdelkader Merah a estimé que son frère – neutralisé par le Raid après 32 heures de siège – avait eu « une belle fin », il condamne aujourd’hui les attentats sur la base de fatwas délivrées par les théologiens qu’il admire : les savants « d’Arabie Saoudite ». Tels que Khaled Al Rashed ? poursuit un avocat des parties civiles, qui a regardé sur YouTube quelques unes « des vidéos » du prédicateur en question, dont le nom figure dans la documentation « audio »saisie au domicile de l’accusé. Abdelkader Merah ne répond pas. Outrée, la défense objecte avant même que l’avocat puisse finir sa démonstration. Seuls les audios sont inclus dans le dossier, argumente-t-elle.

Les vidéos de Khaled Al Rashed, réalisées à partir de sons audios, en arabe, seraient pourtant très instructives à en croire la traduction anglaise qui est faite de certains passages. En témoigne la réaction associée à Khaled Al Rashed après la publication, au Danemark, des caricatures du prophète Mahomet. « Ils nous ont asséné un coup en plein coeur (…) dirait l’intéressé dans un prêche, diffusé sur YouTubeEt ce ne sont pas les premiers (…) Ils ont franchi les limites parce qu’ils n’ont trouvé personne pour les châtier (…) Qui va châtier/tuer aujourd’hui les ennemis d’Allah ? » Comment Abdelkader Merah peut-il par conséquent condamner les attentats de Toulouse et Montauban en faisant référence à des savants d’Arabie Saoudite, royaume régi par la charia où le blasphème et la trahison, malgré les courants réformateurs, sont punis par la mort ?

Le mariage, cet autre djihad

Visiblement fatigué, le frère admiré, le « savant », finira par vaciller suite à une simple et dernière question autour du mariage. « Monsieur Abdelkader Merah, avez-vous proposé votre soeur Souad à Antho Bolamba ? », interroge l’avocate générale.

Fondateur de l’association Sanabil, récemment dissoute par les autorités, Antho Bolamba a été visé pour ses liens avec la mouvance salafiste djihadiste. Long silence, embarrassé. Derrière le box des accusés, pour la première fois en trois semaines d’interrogatoire Abdelkader Merah ne sait pas quoi répondre. Dans la salle le silence se poursuit, interminable. « Vous pouvez répéter la question ?« , demande-t-il gêné. « Avez-vous encouragé l’union de votre soeur Souad avec cet homme ? » « Oui, répond-il après un moment d’hésitation. J’ai lancé l’information à travers mes frères religieux ». Oui, avoue Abdelkader Merah. Ce lundi, pendant quelques instants, il n’esquive plus.

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Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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