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​Procès Merah : Fettah Malki, le deuxième homme qui n’intéresse personne


​Procès Merah : Fettah Malki, le deuxième homme qui n’intéresse personne

Entendu ce lundi 23 octobre, Fettah Malki, 34 ans, un jeune des Izards accusé d’être le deuxième complice des attentats de Toulouse et Montauban, a expliqué être un simple « délinquant ». S’il a fourni une des armes à Mohamed Merah, il ne connaissait pas ses intentions, a-t-il plaidé dans l’indifférence générale.

La salle est presque vide. Disparues les nuées de journalistes, d’élèves avocats, de badauds, curieux, qui se sont régulièrement massés sur les bancs des assises spéciales de Paris pour assister au procès du frère du « tueur au scooter », soupçonné d’avoir incité, aidé Mohamed Merah à commettre les attentats de Toulouse et Montauban. Merah : beaucoup n’ont retenu que ce nom-là, le nom de l’assassin. Dans le box des accusés, aux côtés du frère, Abdelkader Merah, un deuxième individu a pourtant pris place depuis trois semaines. Il est accusé par les magistrats instructeurs d’avoir été « le bras armé » du meurtrier en lui fournissant notamment un gilet pare-balles volé et le pistolet mitrailleur Uzi utilisé le 19 mars 2012 lors de la tuerie de l’école juive Ozar Hatorah.

Complice présumé, le deuxième homme doit donc répondre d’une multitude de chefs d’accusation : « recel de vol », « acquisition, détention et cession illicites d’armes de 1ère ou 4ème catégorie », des infractions en relation avec « une entreprise terroriste » et une « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ». Mais ce lundi 23 octobre, le témoignage qu’il a livré devant la cour n’a duré que quelques heures. Face à lui, les avocats des parties civiles ne se sont pas bousculés. Dans la salle d’audience, pas grand monde pour l’écouter. Comme si le cas de Fettah Malki, 34 ans, n’intéressait personne.

Sur les 384 pages de réquisitoire, une phrase illustre d’ailleurs toute l’ambiguité de sa situation qu’il décrit lui-même comme celle d’un simple « délinquant », loin, très loin de « la religion »« Si Fettah Malki connaissait la finalité terroriste des agissements de Mohamed Merah, écrivent en effet les juges, force est de constater qu’aucun élément ou témoignage ne permet d’établir qu’il avait connaissance que cette action terroriste allait s’inscrire dans la campagne d’assassinats perpétrée les 11, 15 et 19 mars 2012″. Si Fettah Malki, un musulman qui ne « fait pas son ramadan en entier », ne savait pas que Mohamed Merah allait passer à l’acte, comment a-t-il pu prendre part à une association de malfaiteurs terroriste ?

« Monsieur le président, je suis un délinquant »

A cette question, centrale, l’accusé qui n’est pas connu des services pour appartenir à la mouvance islamiste, a répondu de manière brute, simple. Aux Izards, il est connu comme le « commercial », a-t-il détaillé. Il « achète » de tout, et « revend » de tout ; voitures, drogue, armes. Quand Mohamed Merah, un petit du quartier, qu’il connaît à travers son frère Abdelkader, est venu le chercher pour se fournir en armes, il a dit oui. « Je savais qu’il était entre guillemets religieux, explique Fettah Malki, mais pas… »
– « Extrémiste » ? demande le président.
– « Mohamed me disait : mets-toi dans le droit chemin, essaie de prier. Moi ça me rentrait par une oreille, ça me sortait par une autre oreille, poursuit l’accusé. Monsieur le président, je suis un délinquant. Quand je suis parmi les gens, mon cerveau part très loin de là où je me trouve, je m’en fous qu’il parle de religion ou pas, ça m’intéresse pas ».

Et le djihad ? Le voyage au Pakistan ? Les vidéos de décapitation que Mohamed Merah diffusait aux plus jeunes dans la cité, aux Izards ? insiste mollement le président.
– « Le Pakistan, je l’ai jamais su », jure Fettah Malki qui a changé plusieurs fois de version pendant l’instruction. Les mains jointes, derrière le box, avec son blouson noir et sa barbe taillée en forme de bouc, il ressemble à un « délinquant » à l’ancienne, jeune de cité façon années 2000.
– Les vidéos, « je suis pas un gamin, il va pas venir me caresser dans le sens du poil, j’ai 30 ans il en a 20″, ajoute-t-il en parlant de Mohamed Merah.« Le djihadil en a jamais parlé ». La preuve, les deux hommes se retrouvent à l’époque pour aller « en boîte », faire du business ou « écouter de la musique en voiture » sur le chemin du « MacDo ».

« Les armes ont servi à tuer », rappelle toutefois une avocate des parties civiles face à la trivialité des réponses de Fettah Malki, qui est apparu comme déconnecté, démuni de sensibilité, d’empathie face aux familles des victimes. Aux Izards, dans la logique de la cité, où islamistes et voyous partagent parfois les mêmes murs, les mêmes cages d’escalier, les enfants morts de l’école juive Ozar Hatorah côtoient ainsi la réalité banale du trafic d’armes, un trafic comme un autre, « normal ».

Le pistolet mitrailleur Uzi qui a servi à abattre Jonathan Sandler, 30 ans, ses deux jeunes fils, Gabriel, 3 ans, et Aryeh, 6 ans, et la fille du directeur de l’école, Myriam Monsonégo, 8 ans, n’a-t-il pas été caché, avant son utilisation, dans un simple trou, creusé à la va-vite au fond du jardin de Christelle C., une petite femme au regard clair, ancienne compagne de Fettah Malki ? N’a-t-elle pas déterré elle-même l’arme ? N’a t-elle pas personnellement caché sous un matelas, « normal », dans la chambre, le gilet pare-balles volé sur ordre de « Fettah » ? A la barre ce lundi, Christelle C. a tout confirmé, avant de quitter la salle, puis le tribunal le visage dissimulé sous son écharpe. En vain, aucune caméra, aucun journaliste ne l’a poursuivie…

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Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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