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Kurdistan: l’avènement d’un pays pour un peuple ayant une culture propre et une histoire


Kurdistan: l’avènement d’un pays pour un peuple ayant une culture propre et une histoire

Le Kurdistan devrait naître à cheval sur trois pays : la Turquie, la Syrie et l’Irak. Israël soutient activement sa création et pour cause, c’est déjà un allié.

Dix civils kurdes ont été tués mardi par les frappes aériennes de l’armée turque sur le Kurdistan sud, dans la province de Duhok.
La région autonome du Kurdistan irakien a condamné aujourd’hui ces frappes, effectuées sous couvert de lutte contre la guérilla du PKK, et a demandé au gouvernement turc leur arrêt.

Les Kurdes de Turquie

Il y a quelques heures à New York, alors que le président islamiste Erdogan faisait un discours, des activistes pacifiques kurdes se sont faits molestés par le public fanatique turc venu admirer leur Raïs.

La Turquie est depuis toujours le principal opposant à la création d’un Etat Kurde pour des questions purement nationalistes. La Turquie se rêve encore sous l’empire ottoman,  c’est à dire comme leader spirituel islamique et politique. Alors que la Turquie, dont la population compte au moins 15 millions de Kurdes, devrait justement offrir aux kurdes un Etat, la Turquie d’Erdogan voit d’un mauvais oeil toute ébauche d’un Etat kurde même hors de ses frontières, de crainte que l’émergence d’une telle entité ne galvanise la quête d’autonomie des séparatistes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est du pays.

Les Kurdes d’Iran

Si la majorité des Kurdes se trouvent en Turquie, quelque six millions vivent en Iran où des heurts épisodiques opposent les forces de sécurité à des  indépendantistes issus de cette minorité. Un soulèvement kurde durement réprimé avait suivi la révolution islamique de 1979.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui doit se rendre en Iran le 4 octobre, a affirmé récemment que les deux pays pourraient lancer des opérations conjointes contre les indépendantistes kurdes en Irak.

Ali Vaez, spécialiste de l’Iran à l’International Crisis Group, souligne que la Turquie et l’Iran ont un intérêt commun à préserver l’intégrité territoriale de l’Irak mais que leur rivalité historique pourrait empêcher toute action conjointe pour atteindre cet objectif.

Le Kurdistan irakien

Cette région, qui jouit d’une très large autonomie stipulée dans la Constitution irakienne adoptée en 2005, a bénéficié après la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003 d’un engouement des investisseurs car elle faisait figure d’îlot de sécurité dans un pays plongé dans l’anarchie. Erbil, ville longtemps assoupie, se transfigurait avec la construction de tours, de bâtiments cossus et de centres commerciaux. Mais ce bel édifice s’est effondré en 2014 avec la chute des prix du pétrole, l’offensive du groupe jihadiste Etat islamique (EI), l’arrivée de plus d’un million de déplacés et de réfugiés syriens et la rupture avec Bagdad, qui a décidé de ne plus contribuer au budget de la région, la privant de 80% de ses recettes. Face à ce manque à gagner de 12 milliards de dollars, les salaires ont été écornés.
Selon une étude de 2015 de la BM, « le déficit budgétaire et l’afflux de déplacés ont eu un impact négatif sur l’économie de la région. La croissance a connu une baisse de 5% entre 2013 et 2014 tandis que le taux de pauvreté est passé de 3,5% à 8,1%.

Quoiqu’il en soit, le Kurdistan irakien est en effet devenu l’un des principaux marchés d’exportation pour la Turquie et les produits turcs abondent dans les principales villes de cette région.

La Turquie est aussi l’unique voie d’exportation du pétrole du Kurdistan irakien, qui transite par un pipeline débouchant dans le port turc de Ceyhan.

« La Turquie est en mesure d’infliger des dégâts significatifs aux Kurdes irakiens si elle le souhaite », souligne David Romano, professeur de politique du Proche-Orient à l’université d’Etat du Missouri aux Etats-Unis.

Mais il fait valoir que la Turquie risque elle aussi de perdre gros en rompant ses relations commerciales avec le KRG qui lui rapportent quelque 10 milliards de dollars par an, une manne qui devrait dissuader Ankara de transformer en actes sa rhétorique musclée contre le référendum.

Le Kurdistan et Israel

La Cour suprême irakienne, la plus haute instance judiciaire du pays, a ordonné lundi la suspension de ce référendum et l’influent vice-président et ex-Premier ministre irakien Nouri al-Maliki  a dit que son pays ne permettrait pas la création d’un « deuxième Israël » au nord de l’Irak.

S’exprimant à ce sujet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à rebours des prises de positions internationales, s’est prononcé la semaine dernière en faveur des « efforts légitimes du peuple kurde pour atteindre son propre Etat ».

A cette occasion, Netanyahu avait aussi rappelé la « bonne coopération avec le peuple kurde depuis le début des années 1960 ».

Pour Gideon Saar, un ex-ministre du Likud, les « Kurdes ont été et continuent d’être des alliés fiables et pour longtemps d’Israël car ils sont, comme nous, une minorité dans la région ».

« Il suffit d’observer la répartition des Kurdes sur une carte pour comprendre qu’ils peuvent constituer un barrage à l’expansion de l’islam radical. D’ailleurs, sur le terrain ils ont combattu exclusivement le groupe Etat islamique (EI) », a-t-il souligné.

Et les Kurdes ont toujours « maintenu de bonnes relations avec le peuple juif et Israël », a lui aussi noté l’ancien ministre.

Selon un porte parole Kurde:
« Comme nous, Israël est entouré de voisins hostiles. Nous devons nous entraider ! Les Etats-Unis nous ont déçus, le gouvernement israélien nous aidera mieux quand nous serons indépendants ! ».

L’ancien dirigeant kurde Mustafa Barzani s’était rendu à plusieurs reprises en Israël, tout comme son fils, l’actuel président de la région du Kurdistan irakien Massoud Barzani, et de nombreux autres responsables kurdes.

Axel Rehouv pour europe-israel.org





Journaliste franco-israélien spécialisé dans la psychologie et la communication politique depuis 2003.



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  • One thought on “Kurdistan: l’avènement d’un pays pour un peuple ayant une culture propre et une histoire

    1. Laurence Salmon

      Je soutien les Kurdes pour leur pays
      Juste une chose Kurdes de France il faut que vous sachiez que Israël vous soutient
      Vos leaders en France doivent vous le dire car vous ne le savez pas

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