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Qui le porte-avions Bush devrait dissuader, sinon l’Iran?


Qui le porte-avions Bush devrait dissuader, sinon l’Iran?

L’arrivée de l’USS George H.W. Bush le samedi 1er juillet, pour la première visite d’un porte-avions américain en Israël depuis au moins deux décennies (17 ans exactement) est un événement heureux pour l’Etat Juif. L’équipage de 5.700 hommes de ce plus puissant navire nucléaire au monde recevra un accueil chaleureux quand il célébrera le Jour de l’Indépendance américaine, le 4 juillet.

Mais, au beau milieu des allers et venues d’hélicoptères transportant les VIP officiels et les officiers supérieurs entre le port de Haïfa et les ponts du Bush, une question demeure sans réponse : Pourquoi ce puissant navire, avec ses plus de 80 avions de combat et ses missiles de croisière, déployé dans l’Est de la Méditerranée, se trouve t-il là précisément, en ce moment? Et quels sont les mauvais garçons qu’il est censé dissuader de mal agir?

La Russie n’est certainement pas dans la ligne de mire des Etats-Unis, ni même les unités des forces aériennes et navales qu’elle fait stationner en Syrie. Washington et Moscou ne semblent pas prêts à se lancer dans une confrontation directe au sujet de la Syrie et de son dirigeant problématique Bachar El Assad. Puisque aucune épreuve de force n’est survenue en deux ans de présence et de renforcement de leur intervention militaire, de la part des Russes, depuis septembre 2015, elle n’aura probablement pas lieu quelques jours avant le premier face-à-face entre le Président Donald Trump et le Président russe Vladimir Poutine, au Sommet du G20  à Hambourg, en Allemagne.

Assad peut donc se reposer sur ses deux oreilles ; il est hors de danger dans un avenir prévisible. Même le nouveau Président français, Emmanuel Macron a reconnu le 22 juin : « La France ne pousse plus à un départ (immédiat) du Président Bachar El Assad ».

Washington et Moscou connaîtront indubitablement des hauts et des bas, au sujet de leurs divers mouvements militaires en Syrie, à force de découper leurs sphères respectives d’influence, mais Poutine semble s’en tirer grâce à sa stratégie consistant à stabiliser le régime Assad et son avenir, tout en mettant sur pied toute une chaîne de bases aériennes et navales sur la côte ouest de la Méditerranée, en Syrie.

Soutenu par la puissance aérienne russe, le régime de Damas est, de plus sécurisé par l’Iran et le Hezbollah. Cependant, à la différence des Russes, leur présence en Syrie met directement en péril la sécurité nationale d’Israël.

Quand Trump est entré à la Maison-Blanche en janvier, ses lieutenants et lui-même ont réaffirmé deux de leurs promesses, qui était de déchirer le mauvais accord nucléaire avec Téhéran et de bouter l’Iran et le Hezbollah hors de Syrie. Ces deux étapes étaient censées retirer à l’Iran son statut de puissance dominante au Moyen-Orient, qui avait été conférée à la république Islamique par Barack Obama ; réduire et contenir son expansionnisme agressif et arracher à Téhéran le bénéfice d’un pont terrestre direct vers la Mer Méditerranée via l’Irak et la Syrie.

Il y a juste deux mois, quand le Président Trump s’est rendu en visite à Riyad et s’est adonné à sa dance de l’épée avec le Roi Salman d’Arabie Saoudite, il a répété ces promesses afin de fournir un programme commun au nouveau pacte américano-arabo-sunnite. Durant un court moment, Trump a semblé monter au créneau avec une réponse de l’Amérique à la menace du bloc de Poutine dominé par les Iraniens chiites. Mais, cette semaine, le plan de Riyad a clairement été mis de côté.

Le journal des forces armées Stars and Stripes commente son sujet du 29 juin : « Le Président Donald Trump s’est prononcé contre la liquidation spectaculaire de l’accord nucléaire en un seul jour. Il devrait plutôt connaître une lente agonie.

Aucun observateur du Moyen-Orient ne perçoit de signe que c’est bien en train de se produire ; c’est plutôt l’inverse. Même si Washington s’écartait effectivement du pacte nucléaire, cela ne ferait aucune différence, puisqu’au cours de ces derniers mois, les Iraniens ont encore accéléré le développement de leurs programmes nucléaire et de fabrication de missiles. Ils ont envoyé un signal brutal de leur position, le mois dernier, quand ils ont tiré sept missiles balistiques sol-sol, à parti de l’ouest de l’Iran vers l’Est de la Syrie [même si beaucoup ont manqué leur cible].

L’administration Trump n’a pas pipé un mot, à ce moment-là. Et personne n’a arrêté Téhéran à la suite de la conquête en deux temps-trois mouvements conçue par le chef d’Al Quds, le Général Qassem Soleimani- et réalisée par les forces syriennes, iraniennes et irakiennes – de vastes parties de la frontière syro-irakienne, de façon à ouvrir la voie au pont terrestre iranien vers la Méditerranée et les frontières d’Israël.

Cette offensive irano-syrienne a eu deux conséquences principales :

1.  Les mouvements de troupes iraniens et de leurs alliés dans l’Est de la Syrie ont enfermé et coupé de leurs arrières les forces spéciales américaines, britanniques et jordaniennes, qui ont installé une garnison dans le triangle de la frontière syro-irano-jordanienne.

2. Alors que Moscou n’a jamais déclaré son soutien aux mouvements décidés à l’initiative de l’Iran sur cette frontière, les Russes ont secrètement contribué à fournir son assistance en matière logistique et de renseignements.

Sur ce point également, Washington a choisi de garder sa langue (collective) dans sa poche.

Jeudi 29 juin, le Premier Ministre Binyamin Netanyahu a solennellement déclaré à Katzrin, lors de la célébration de l’anniversaire de cette ville du Golan, qu’il ne permettrait jamais aux forces iraniennes d’atteindre la frontière israélienne.

Cependant, alors même qu’il s’exprimait par un discours très officiel, l’armée syrienne, le Hezbollah et les rebelles syriens étaient bloqués dans une bataille féroce à juste 3 kms de là, pour se disputer le contrôle du village d’Al-Baath, dans le district de Quneitra. Le régime Assad et le Hezbollah revendiquent leur victoire à Al-Baath.

Netanyahu n’a jamais voulu admettre que l’Iran avait installé ses quartiers généraux pour le contrôle du Sud de la Syrie à Al-Baath, sous le commandement à distance du Général Soleimani. Il a encore moins pris le soin de mentionner que le plan de Soleimani est,ni plus ni pmoins, que de répliquer la façon dont l’Iran s’est emparé de la frontière syro-irako-jordanienne par des attaques similaires contre les frontières de la Syrie avec Israël et la Jordanie.

Le fait est que les Iraniens sont déjà arrivés à proximité et qu’ils se positionnent tout près de la frontière israélienne. Mais le Premier Ministre, tout comme le Président américain, ont choisi de regarder ailleurs comme pour dénier cette réalité qui continue d’avancer à grande vitesse.

DEBKAfile  Reportage Exclusif  1er juillet 2017, 5:51 PM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

Source: JForum





Journaliste franco-israélien spécialisé dans la psychologie et la communication politique depuis 2003.



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  • One thought on “Qui le porte-avions Bush devrait dissuader, sinon l’Iran?

    1. Asher Cohen

      Si les iraniens avaient l’intention d’attaquer Israël avec des missiles nucléaires, ils ne masseraient pas leurs troupes à la frontière du Golan. Il n’est pas prouvé que cette présence iranienne proche du Golan ait pour but une offensive contre Israël? Ce serait peut-être une stratégie d’encerclement des forces anti-Assad, les empêchant ainsi de bénéficier de tout soutien logistique et sanitaire de la part d’Israël. Trump a envoyé un porte avion nucléaire comme en Juin 1967 Johnson avait envoyé un porte-avion nucléaire en réponse aux menaces de Moscou qui exigeait le retrait immédiat d’Israël des territoires reconquis. Les Russes ne bougeront pas dans cette affaire et si les iraniens s’aventuraient à attaquer Israël, ils sont à plusieurs milliers de Km de leur sol, ne semblent pas avoir de force aérienne locale, et l’aviation israélienne couperait facilement leurs arrières, ils auraient alors de graves problèmes logistiques et seraient rapidement anihilés. Cet article manque d’arguments en faveur d’une attaque iranienne contre Israël.

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