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Israël et le Mont du Temple : une double erreur politique et psychologique. Par Pierre Lurçat


Israël et le Mont du Temple : une double erreur politique et psychologique. Par Pierre Lurçat

50 ans après la libération et la réunification de la ville par les parachutistes de Tsahal en juin 1967, le cri de Motta Gur, “Har habayit bé-yadénou” (le Mont est entre nos mains) reste encore lettre morte.

Au-delà des raisons historiques et politiques qui ont engendré la situation actuelle sur le lieu le plus sacré du judaïsme, celle-ci résulte aussi d’un présupposé psychologique, largement erroné, qui est emblématique de l’attitude d’Israël envers l’islam.

L’erreur de Moshé Dayan et de ses successeurs

En remettant les clés du Mont du Temple au Waqf jordanien, Moshé Dayan pensait éviter un conflit ouvert avec le monde musulman et désamorcer le “baril de poudre” que représentait à ses yeux ce lieu sacré.

Moshé Dayan sur le Mont du Temple, juin 1967

Moshé Dayan sur le Mont du Temple, juin 1967

Cette conception est demeurée inchangée jusqu’à ce jour, et elle est partagée grosso modo par tous les dirigeants israéliens qui se sont succédé depuis 50 ans.

Or cette conception des rapports entre Israël et le monde musulman est fausse, car elle repose sur un présupposé erroné, qu’on pourrait résumer ainsi : si nous renonçons à asseoir notre souveraineté pleine et entière sur le Mont du Temple, les musulmans comprendront que nos intentions sont pacifiques et nous laisseront tranquilles.

C’est un présupposé similaire qui est à la base de la (fausse) conception selon laquelle Israël pourrait parvenir à la paix avec les Arabes en leur “restituant” des territoires (“les territoires contre la paix”).

Or, l’expérience des 30 dernières années montre que c’est précisément le contraire qui s’est produit. Le monde arabe et musulman n’a pas exprimé sa reconnaissance à Israël pour sa générosité (retraits du Sinaï, du Sud-Liban, de larges parties de la Cisjordanie et de Gaza) et pour la liberté de culte dont jouissent les fidèles musulmans sur le Mont du Temple.

Bien au contraire, il a fait de la question de Jérusalem et des Lieux saints un point de discorde et un prétexte pour enflammer régulièrement la rue arabe, le slogan mensonger des Frères musulmans “Al-Aqsa est en danger” étant devenu un leitmotiv de la politique palestinienne* et un prétexte employé par de nombreux dirigeants arabes pour détourner la colère de leurs peuples des problèmes internes et la diriger contre Israël.

La haine que nourrissent de nombreux musulmans à l’encontre d’Israël et des Juifs n’est en effet pas nourrie, comme on l’entend souvent dire, par leur soi-disant humiliation, mais tout autant et plus encore par celle qu’ils infligent aux Juifs, qui alimente leur complexe de supériorité envers les “Infidèles”.

Le Coran est lui-même traversé par cette relation ambivalente de l’islam envers les non-musulmans**. D’un côté, ils sont les représentants des religions qui persistent dans l’erreur, en refusant le message de Mahomet, et qu’il convient donc de rabaisser, pour les punir de leur obstination ; de l’autre, ils sont ceux qui “complotent contre l’islam” depuis ses débuts, et dont il faut se méfier.

Ils sont à la fois méprisables et redoutables. Les musulmans sont certes “la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes” (Coran 3-110), mais ce sentiment de supériorité (qui n’a rien à voir avec l’idée juive d’élection, entendue comme un supplément de responsabilité), s’accompagne toujours d’une peur maladive des infidèles et des sombres desseins qu’ils sont supposés nourrir envers l’islam.

Dans ce contexte, l’attitude d’Israël sur le Mont du Temple est une double erreur, psychologique et politique.

Psychologiquement, elle renforce les musulmans dans leur complexe de supériorité, en les confortant dans l’idée que l’islam est destiné à dominer les autres religions et que ces dernières ne peuvent exercer leur culte qu’avec l’autorisation et sous le contrôle des musulmans, c’est-à-dire en étant des “dhimmis”.

Politiquement, elle confirme le sentiment paranoïaque de menace existentielle que l’islam croit déceler dans toute manifestation d’indépendance et de liberté de ces mêmes dhimmis à l’intérieur du monde musulman.

Paradoxalement, la souveraineté juive à Jérusalem est perçue comme une menace pour l’islam précisément de par son caractère incomplet et partiel : les Juifs sont d’autant plus considérés comme des intrus sur le Mont du Temple, qu’ils n’y sont pas présents à demeure et qu’ils y viennent toujours sous bonne escorte, comme des envahisseurs potentiels.

L’alternative à cette situation inextricable et mortifère consisterait, comme l’avait bien vu l’écrivain et poète Ouri Zvi Greenberg, à asseoir notre souveraineté entière et sans partage sur le Mont du Temple, car “celui qui contrôle le Mont contrôle le pays”.

Ce faisant, Israël signifierait au monde musulman que sa présence sur sa terre est permanente et non pas provisoire, et que les Juifs revenus sur leur terre ne sont pas des “croisés”, destinés à être chassés à plus ou moins longue échéance : ils sont les maîtres et les souverains à Jérusalem, comme à Hébron et ailleurs, et ils sont là pour y rester.

Une telle attitude pourrait libérer les musulmans de leur complexe d’infériorité-supériorité en leur signifiant que Jérusalem est hors de portée pour leurs aspirations de faire renaître un hypothétique Califat et que leur seul choix est d’accepter la coexistence pacifique avec un Israël fort et souverain.

Pierre Lurçat

* Voir « Al Aqsa en danger ! » : une calomnie nazie palestinienne, par Pierre Lurçat

** Sur cet aspect, essentiel, du conflit entre Israël et l’islam, je renvoie notamment au livre d’Anne-Marie Delcambre, La schizophrénie de l’islam(Desclée de Brouwer 2006).





Journaliste franco-israélien spécialisé dans la psychologie et la communication politique depuis 2003.



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  • 6 thoughts on “Israël et le Mont du Temple : une double erreur politique et psychologique. Par Pierre Lurçat

    1. Salmon

      Le Likoud mondial a lancé une pétition pour demander que le Mont du Temple soit sous souveraineté israélienne et libéré de l’islam. C’est, pour l’heure, une petition de principe. Elle est légitime. Je la relaie ici: worldlikud.com. Je l’ai signée, et j’invite ceux qui me lisent à la signer aussi.

    2. Tamara

      Grosse Erreur. Mais que faire aujourd’hui hui dans un Monde de mensonges et de déni a l encontre d Israel si nécessaire au Monde si amputé de ses territoires et on lui en demande toujours!!!!!!!?plus!!!!!!?

    3. zoro

      Je suis Entièrement d`accord avec l`analyse de Pierre Lurçat, mais je pense qu`il manque ici une précision importante pour résumer le tableau dans son ensemble et ainsi parfaire l`idée que l`analyse veut nous démontrer quand a l`erreur fondamentale de se passé tragique pour le future Etat dont Israël soufre encore et toujours d`avantage, jusqu` à n`en plus voir la fin !
      Et je précise le module manquant à ce puzzle géant.
      En effet, dans tous les communiques ou les medias veulent justifier la présence Arabe dans Jérusalem, on associe automatiquement le droit de présence juifs et chrétienne en employant un langage courant passe partout, en associant le droit au « trois religions » de ce trouver sur le même endroit avec les même droit physique d`occuper le terrain et ainsi ça passe mieux. Se serait très bien, si c`était la vérité.
      Mais voilà toute cette parodie et fausse dans sa plus profonde imagination.
      Retenez bien qu`on parle ici de la « Jérusalem » vielle de 3000 ans établis d`après une histoire que personne ne conteste dans la Bible » livre le plus lu au monde et reconnu légitimement, que le Rois David et son fils Salomon ont bâtis Jérusalem et le premier Temple Juif sur cette emplacement tant convoité. A cette époque, Ou était les chrétiens ? En ces années moins 2000, le christianisme n`existait pas encore mais bien plus tard à Rome ou il a pris naissance. Alors que jésus n`a vécu a Jérusalem que quelque années, 30 ans ou plus peut-être et sa mort lui a donné droit de citer sur l`emplacement de sa sépulture donnant ainsi le droit aux chrétiens de pèlerines à Jérusalem. A plus forte raison, il y a moins de 1700 ans, les Musulmans, les Arabes, ou l`islâm qui aujourd’hui tous ensemble réclame a tort et à cries le droit absolu sur ce Mont du Temple a Jérusalem, ville qu`ils n`ont pas bâtis et dans laquelle ils n`ont jamais habités avant seulement quelque décennies, pour la bonne raison, qu`eux même n`existaient pas encore à cette époque et ne peuvent pas prétendre a quelque endroit que ce soit a Jérusalem, si ce n`est de prier dans les Mosquées qu`ils ont bâtis sur l`emplacement des deux temple juif, par le seul droit d`occupant quand ils ont eu même conquis Jérusalem, ce qu`ils nous reproche aujourd’hui, alors que nous somme seulement revenu chez nous par le droit au retour que la Bible nous donne, sans aucune restriction.
      La vérité est ici exposée avec précision, les medias peuvent s`autoriser a mentionner que cette ville appartient qu`aux juifs, `qu`ils veulent bien recevoir en invités ou visiteurs, tous ceux qu`ils voudront bien venir et vivre en paix dans la citer des Rois d`Israël, ils seront toujours les bienvenus.
      Faut-il rappeler, que le Rois Salomon toujours d`après l`historique reconnu mondialement par les plus haute autorités des trois religions confondus car aussi mentionné dans les Evangile et le Coran, Jérusalem et son Mont du Temple ont été construit par le Rois David et son fils le Rois Salomon bien connus de tous les Rois du monde de l`époque, pour avoir entretenus des relations pacifique pendant mille ans avec tous les Rois d’Israël.
      Je sais que plusieurs commentaires vont dénoncer ce résumé, mais les fait historique ne changent pas comme le vent. Toute les fausses revendications se diciperont et seul la vérité se maintiendra et fera force de lois.

    4. Asher Cohen

      @zoro
      Faire de l’Histoire demande un peu d’honnêteté et de rigueur. Le Peuple Juif est peut-être sorti d’Egypte vers -1300, donc la jérusalem Juive ne peut pas avoir existé vers -2000. Tout semble s’être constitué durant le premier millénaire avant l’ère commune, avec un royaume d’israél qui tombe en -722, et un royaume de Judah qui tombe en -586. Si on a quelques preuves historiques affirmant l’existence de David, on n’en a pas, sauf erreur, concernant un roi Salomon et un royaume Juif unifié. Ensuite évoquer un personnage mythique dit jésus dont on n’apporte aucune preuve de l’existence historique ce n’est pas faire de l’Histoire mais de la légende. Dans tous les cas, avant même d’être fondée sur le Tanakh, la légitimité d’Israël sur sa Terre est fondée sur de nombreuses preuves historiques, notamment archéologiques, alors qu’il n’y a aucune preuve historique, notamment archéologique, permettant de fonder la moindre légitimité arabe sur cette Terre. On peut donc parler de squatters arabes de la Terre Juive.

    5. Asher Cohen

      Mr Pierre Lurçat,

      Votre analyse du problème du Mont du Temple ne prend pas en compte toutes les variables à ce sujet. L’Histoire d’Israël en juin 1967, et toutes les évènements clés, les personnalités, les mouvements et toutes les décisions politiques prises dans les années qui ont suivi l’installation de l’Empire Israélien, n’ont pas été suffisamment étudiés, ni par les Historiens Israéliens, ni par les Historiens Juifs Américains (je ne parle pas des Historiens Juifs en Europe, notamment en France, car ils n’existent pas). La situation actuelle du Mont du Temple est le résultat de très nombreuses décisions politiques fautives prises, certes en juin 1967, mais aussi en 1968, 69, 70, etc.. Par exemple, sauf erreur de ma part, les Juifs, n’ont jamais, avant juin 1967, eu de vocation impérialiste à gérer des goyim, et à quel titre devrions-nous le faire? De plus pourquoi Dayan a-t-il permis en 1967, à des Jordaniens de passer librement la frontière du Jourdain, d’entrer en Judée-Samarie, et même de circuler librement en Israël? Je n’insiste pas car c’est un sac de noeuds à dénouer en remontant jusqu’en juin 1967, et personne n’a encore daigné le faire.

    6. Mymy

      C’est le roi David qui a fondé Jérusalem qq -1000 av. JC.
      Le roi David étant roi des juifs, ainsi que ses descendants qui n’ont cessé de vénérer Jérusalem. (J’enfonce les portes ouvertes…)

      3000 ans plus tard, on a une Jérusalem revendiquée par tout le monde, où les descendants du roi David sont contestés voire déligitimés. Maintenant, 3 héritiers de et sur cette ville. C’est magique. Disons plutôt que c’est la fertilité de la religion juive qui a amené cet état de fait. Passons.

      Par évolution des codes et des mentalités, le droit d’aînesse a disparu et c’est le benjamin de la lignée qui a récupéré tous les droits par l’entremise du cadet. Soit.

      Chacun dans ses espaces conquis (et il y a beaucoup d’espaces sur la planète) veille à la sécurité des siens, c’est normal. Mais pour l’aîné sur la terre de son père direct, aucun droit. Si Israël ose se protéger ou protéger ses frères chrétiens ou musulmans, haro sur le baudet !

      Moralité : La sécurité pour tout le monde sauf pour Israël.

      Y’a un truc qui m’gêne dans cette histoire.. Sais pas quoi…

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