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Belgique : 30 000 Euros pour une étude de l’ULB sur le radicalisme islamiste à Verviers qui laisse à désirer


Belgique : 30 000 Euros pour une étude de l’ULB sur le radicalisme islamiste à Verviers qui laisse à désirer

« Cette étude est nulle » nous révèle, sous couvert d’anonymat, un conseiller communal. « On n’a rien appris. Pour avoir des informations sensibles, il aurait fallu travailler autrement. Pour le même prix, ou même gratuitement, on aurait eu de bien meilleurs résultats en interrogeant les services de police. Ce travail ne vaut certainement pas trente mille euros. »

Cette étude avait été commandée en 2016. Après l’opération anti-terroriste et ses deux morts, Verviers avait reçu une aide financière pour lutter contre le radicalisme : 100.000 euros, pour mettre en place des projets de lutte contre le radicalisme, au même titre que neuf autres villes pilotes en Belgique. Une étude universitaire avait été commandée. Elle devait « identifier les mosquées, leur fréquentation et tendances, déterminer l’ampleur du radicalisme dans les entreprises, les écoles et les administrations. » Ses résultats se sont fait attendre. Une première version avait été refusée en début d’année parce que trop légère. Les résultats corrigés ont été présentés cette semaine, à huis clos, aux conseillers communaux.

« De l’argent gaspillé »

En off, les réactions sont dures. En in les termes sont plus policés, mais le sentiment qui domine reste la déception. « 30 000 Euros pour interroger 25 personnes, c’est de l’argent gaspillé » s’énerve le libéral Guillaume Voisin. « C’est du temps perdu. On n’a pas abordé le radicalisme sur Internet. On n’a pas pu entrer dans toutes les mosquées de Verviers, or c’est là où on trouve porte close qu’il y a matière à creuser, forcément ! Les conclusions étaient tout à fait bateau et on avait déjà pu les tirer nous mêmes, c’est-à-dire que la ville est polarisée en deux camps, c’est tout à fait dommageable, mais il n’y avait pas besoin de cette étude pour nous le dire. Et de plus, elle rejette systématiquement la responsabilité de cette situation sur la population d’accueil. »

« Ca a le mérite d’exister » nuance l’échevin socialiste Malik Ben Achour. « Un des volets est particulièrement intéressant, puisqu’il dresse la cartographie et la typologie des lieux de culte musulmans sur Verviers » Mais Malik Ben Achour reste lui aussi sur un goût de trop peu : « Il y a plusieurs questions auxquelles il n’est pas répondu dans cette étude et qui me paraissent, à moi, particulièrement importantes. Par exemple, on sait que le radicalisme violent se développe en dehors des mosquées et des lieux institutionnalisés. Et les chercheurs n’ont pas enquêté dans les marges de la communauté musulmane. Deuxième élément, je n’ai pas lu une seule fois le mot ‘internet’, alors qu’on connait l’importance du web chez les jeunes. Et troisième élément : quel est le degré de tolérance de la jeunesse musulmane verviétoise par rapport aux discours radicaux violents ? J’aurais aimé avoir réponse à ces questions-là. »

On reste sur sa faim

L’ancien bourgmestre et conseiller CDH Marc Elsen commence par souligner son refus de stigmatiser les musulmans. Et il poursuit : « lancer des pistes, cette étude le fait. Elle fait le point sur la situation actuelle, elle identifie les acteurs et les vecteurs qui pourraient aider la ville à développer son action, ça oui. Mais j’aurais souhaité qu’elle puisse aussi aboutir sur des pistes concrètes pour aller plus loin, pour dépasser ce qu’on connaît déjà. Et de ce point de vue-là, je reste effectivement un peu sur ma faim. »

Les conseillers communaux que nous avons pu interroger regrettent que l’étude de l’ULB n’explique ni où ni quand ni comment de jeunes verviétois musulmans se laissent embobiner par des discours extrémistes et violents. En janvier 2016, la bourgmestre Muriel Targnion espérait, grâce à ce travail, « dégager des pistes d’actions à mener ».

La bourgmestre indulgente mais mitigée

C’est la bourgmestre, qui reste la plus indulgente : « Si on a demandé cette étude, c’est qu’il nous revenait que des gens avaient peur dans leurs entreprises parce que tout d’un coup quelqu’un se laissait pousser la barbe, ils avaient peur qu’il se passe quelque chose. Dans l’administration, des gens avaient peur de certains comportements. On voulait objectiver tout ça.

Donc, finalement, vous êtes satisfaite par l’étude qui vous est fournie ?

Disons que je suis mitigée parce que je peux avoir moi aussi le sentiment que finalement on savait déjà tout ça. Mais parfois, les études servent à objectiver une situation. Finalement, ça veut dire que les politiques verviétois avaient une bonne appréhension de ce qui se passe à Verviers. Mais c’est vrai que, comme beaucoup, je pense que c’est dommage qu’on n’ait pas étudié ce qui se passait sur internet et chez les jeunes. Pour une étude plus large, il aurait fallu plus de moyens. »

Cette étude de l’ULB sur la radicalisation, le terrorisme et le vivre-ensemble à Verviers, la voici, faites-vous votre propre avis (voir la Source).

Source







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  • One thought on “Belgique : 30 000 Euros pour une étude de l’ULB sur le radicalisme islamiste à Verviers qui laisse à désirer

    1. NTB

      Gaspillage d’argent public pour un résultat nul et pour donner bonne conscience aux incompétents qui ont détourné la démocratie en Europe.

      > « Finalement, ça veut dire que les politiques verviétois avaient une bonne appréhension de ce qui se passe à Verviers. »<

      Ils savaient, ils ont laissé faire
      donc ils sont complices.

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