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Oui, le ministère de l’Éducation a bien imposé la réforme de l’orthographe. Quand Vallaud-Belkacem n’assume pas ses propres programmes!


Oui, le ministère de l’Éducation a bien imposé la réforme de l’orthographe. Quand Vallaud-Belkacem n’assume pas ses propres programmes!

Au cours de l’émission « On n’est pas couché » (ONPC) du 20 mai 2017, l’ex-ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem, interrogée sur la réforme de l’orthographe dans les nouveaux programmes, l’a assuré :

« Je n’ai jamais mené de réforme de l’orthographe : c’est une fake news ! »

Bien sûr, le Ministère de l’Éducation nationale n’est pas l’auteur des rectifications orthographiques proposées par l’Académie française en 1990, rectifications qui ne sont, pour la plupart d’ailleurs, jamais entrées dans le mœurs depuis un quart de siècle : dans son autobiographie parue récemment, l’ex-ministre de l’Éducation nationale ne les applique pas elle-même !

Mais ce qui importe pour les élèves, c’est bien l’application soudaine de ces rectifications dans leur classe ou dans leurs manuels en 2016.

En 2008, sous un ministère de droite donc, les nouveaux programmes faisaient de l’orthographe révisée « la référence » en primaire et demandaient aux professeurs, pour l’enseignement de la langue française, d’en tenir compte (seulement). Mais, de fait, les programmes eux-mêmes ne respectaient pas les rectifications de 1990 : on y trouve 238 fois le mot « maître » (et apparentés) avec l’accent circonflexe qui devait pourtant disparaître ! Et, de fait encore, les éditeurs scolaires n’ont pas appliqué ces rectifications.

Mais en 2016 et pour la première fois, les rectifications orthographiques sont appliquées par les programmes eux-mêmes et la consigne devient la même en primaire et au collège (« L’enseignement de l’orthographe a pour référence les rectifications orthographiques publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990« ). Ce n’est d’ailleurs pas sans mal : les deux premières versions des programmes ne respectaient pas les rectifications, preuve de leur caractère artificiel, et il a fallu une relecture attentive de la troisième et dernière version des programmes pour qu’elles soient enfin appliquées.

Mais le plus important est que les éditeurs scolaires ont, pour la première fois en 2016, reçu des consignes pour appliquer les rectifications de 1990, comme l’indique l’enquête d' »Arrêt sur image » en 2016 qu’on peut difficilement considérer comme un site de « fake news » :

« Contactée par @si, Elina Cuaz, responsable du département primaire
aux éditions Bordas qui intervient dans le sujet de TF1, explique : « En 2008, on était mal à l’aise car les nouveaux programme préconisaient l’orthographe rectifiée mais les programmes eux-mêmes n’étaient pas rédigés en orthographe rectifiée. Dans les évaluations de CE1 et CM2, les exercices étaient rédigés en orthographe traditionnelle. Donc on pouvait se poser des questions sur les motivations du ministère ». Bordas a donc décidé de ne pas appliquer la réforme en 2008, contrairement aux éditions Hâtier qui l’ont appliqué pour le primaire, mais pas pour le collège (« car il n’était pas logique de mettre des explications en orthographe rectifiée pour commenter des textes classiques écrits en orthographe traditionnelle », nous dit-on chez Hâtier). Pourquoi Bordas et Nathan ont-ils changé d’avis en 2016 ? « Dans les nouveaux programmes applicables en 2016, il est recommandé d’enseigner l’orthographe rectifiée en primaire et en collège, nous explique Elina Cuaz. Et les programmes, ainsi que les documents émanant du ministère ont été écrits en orthographe rectifiée. On s’est donc dit qu’il y avait cette fois-ci, une cohérence ». Un simple choix d’éditeur donc ? Pas tout à fait. Car l’application de la réforme de 1990 serait une demande expresse du Conseil supérieur des programmes. « En juin/juillet, les groupes d’experts du CSP nous ont sensibilisé sur le sujet », précise Cuaz. »

L’Académie française a bien proposé, en 1990, d’écrire au choix « goût » ou « gout » (en laissant l’usage trancher). Mais c’est bien le ministère de l’Éducation nationale qui, en adoptant les programmes du Conseil supérieur des programmes (malgré leur rejet par le Conseil supérieur de l’Éducation en 2015), a imposé, vingt-cinq ans plus tard, l’usage de la seule orthographe « gout » aux enseignants.

De fait, quel intérêt, pour les élèves, de comprendre que « déguster » en français, « gustar » en espagnol, « gusto » en italien ou « disgusting » en anglais sont liées à la même racine latine « gustus« , dont notre petit circonflexe sur « goût » garde la jolie et fragile mémoire ?

@loysbonod Professeur de français

Source: Marianne

 







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