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Gilles-William Goldnadel : « M. Macron, la France ne doute pas d’elle-même, mais de vous »


Gilles-William Goldnadel : « M. Macron, la France ne doute pas d’elle-même, mais de vous »

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Du second tour de l’élection à la passation de pouvoir, Gilles-William Goldnadel revient dans sa chronique sur la première semaine présidentielle d’Emmanuel Macron.

Je ne doute pas de l’obligation de respecter sans transiger la loi, fondement de toute civilisation humaine pacifique.

Je ne doute pas de la légalité des institutions républicaines et démocratiques.

Je ne doute pas de la légitimité absolue que confère l’élection du président de la république française au suffrage universel.

En ce sens obligatoire, Emmanuel Macron est mon président.

Ayant déposé avec une respectueuse précaution mes convictions dans l’antichambre de cet article, voilà que je pénètre à présent dans la réserve, sans aversion ni certitudes définitivement arrêtées.

Je ne demande qu’à me tromper.

Mais voici que le nouvel élu, savourant son pain blanc, a cru devoir s’adresser solennellement «à la France qui doute d’elle-même».

Et me voilà dans l’obligation de lui renvoyer que je fais partie de ces nombreux Français qui doutent infiniment de lui.

Tout d’abord, prétendre que la France douterait d’elle-même relève de la formule creuse dont le nouveau président a souvent la magie, à défaut d’en détenir le monopole.

Les Français doutent seulement de leur capacité et de leur volonté à le demeurer.

Il arrive à l’auteur de cet article de douter de ses concitoyens, en ce compris de leur dernier choix électoral, mais jamais de leur en tenir rigueur.

Pour ce faire, il faudrait considérer ce choix comme libre et éclairé.

On sait que je professe cependant depuis longtemps l’idée que les malheureux ont été les victimes médiatiques et intellectuelles d’une décérébration mentale ayant entraîné des conséquences névrotiques durables.

Ce n’est pas cette dernière quinzaine antifasciste qui aura précédé le second tour de l’élection présidentielle qui m’inciterait à modifier ce sombre diagnostic.

Au demeurant, douter de son vainqueur ne saurait l’offenser, lui qui, précisément, aura fondé toute sa stratégie victorieuse sur l’entretien de ses ambiguïtés.

Tandis que j’observais le triomphant, sous l’Arc, serrant, avec une indubitable sympathie, les mains de nos anciens héros qui auraient donné leur vie pour défendre les frontières de la patrie, je continuais à entretenir un doute borné sur ce jeune moderne, craignant qu’il ne range ces dernières au Louvre des antiquités.

On sait aussi combien j’ai peu goûté sa visite publique et sonore, en plein tintamarre électoral, dans un lieu de mémoire et de recueillement. J’ai par ailleurs toujours douté sinon de la sincérité, au moins de l’efficacité des hommages sans coût politique aux victimes de l’antisémitisme d’hier, sans vouloir payer le prix d’une confrontation autrement plus dispendieuse avec les antisémites d’aujourd’hui.

Le fait qu’Emmanuel Macron, encore à présent, continue d’entretenir une attitude ambiguë à l’égard de l’UOIF des frères musulmans, le fait que certains de leurs compagnons de route soient en marche sur le chemin parlementaire ne fait que renforcer le plus cruel de mes doutes.

Ma suspicion ne saurait faiblir lorsque j’apprends que non seulement le courageux et intransigeant Malek Boutih n’aurait pas obtenu l’investiture du parti présidentiel, mais encore qu’un marcheur marcherait contre lui.

J’assume également le doute sur la capacité d’Emmanuel Macron de pouvoir affronter le défi mortel du terrorisme islamiste dans les meilleures conditions de détermination requise.

On ne peut en effet à la fois déplorer une France dubitative et entretenir le poison du doute le plus terrible sur les valeurs humanistes qu’elle incarne.

Quand on sait que des attentats sanglants ont été commis le jour de la commémoration des accords d’Évian, on ne peut à la fois se rendre en Algérie pour proférer que les Français seraient coupables à l’égard des Algériens de crimes contre l’humanité et vouloir apaiser le ressentiment de certains de leurs descendants en France à qui on inocule déjà depuis trente ans le bacille de la haine anti- française.

Il y a malheureusement une chose dont je ne doute pas. C’est du peu de temps qu’il reste à la France pour demeurer ce qu’elle est. Je ne sais pas exactement l’heure qu’il est, mais je ne suis pas certain que dans cinq ans, il ne sera pas trop tard.

Au moment où j’écris, Emmanuel Macron, citoyen d’un monde ouvert, sans murs ni clôtures, n’a, avec cohérence, levé aucun doute sur sa détermination à combattre l’immigration forcée invasive, notamment en expulsant sans faiblesse les clandestins ou les déboutés du droit d’asile.

Ses songes creux et dangereux, sont encore les cauchemars d’une majorité de Français qui gardent les pieds sur une terre de France qui s’affaisse sous eux et que leurs représentants n’auront pas su protéger.

Oui, pour toutes ces raisons, je ne crois pas beaucoup en Emmanuel Macron.

Je doute, donc je ne suis pas.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.

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  • 3 thoughts on “Gilles-William Goldnadel : « M. Macron, la France ne doute pas d’elle-même, mais de vous »

    1. Claire

      Jolie pirouette intellectuelle que cette utilisation subtile et modifiée du « Cogito ergo sum ».
      M. Goldnadel, toujours aussi brillant.
      Etant pour ma part un peu plus terre-à-terre, je n’ai aucun doute quant au rôle délétère que Macron jouera dans le naufrage de la France, déjà bien entamé par son prédécesseur.

    2. MOLIERE

      Moktar OULD DADDAH (feu président de la république islamique de mauritanie)
      disait dans un de ses premiers discours :  » L’ancien gouvernement a mené le pays au bord du précipice , avec le nouveau gouvernement nous allons faire un grand pas en avant  » . KOIKILADI le monsieur ?

    3. sarah

      Un homme sans enfant est un roi sans couronne.
      Pour moi, c’est incestueux de coucher avec une femme qui peut être sa mère et je pense pareil quand un homme de 40 ans couche avec une gamine de 15 ans.
      Il dit que les enfants de sa femme sont ses enfants de coeur. Il ne les a pas adoptés, donc ce ne sont pas ses enfants de coeur.

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