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Terrorisme islamiste : la grande détresse des coptes


Terrorisme islamiste : la grande détresse des coptes

Religion. La minorité chrétienne a été durement marquée, ces derniers jours, par le terrorisme islamiste. C’est dans ce contexte difficile que le pape François est attendu par le président Sissi, qui lutte contre les extrémistes.

Quelques jours avant les Champs-Élysées, c’était en Égypte que l’État islamique revendiquait l’un de ses massacres les plus sanglants de l’année : 45 morts et des dizaines de blessés parmi les fidèles coptes orthodoxes, dans deux églises du pays, le jour des Rameaux.

Plus récemment encore, un policier était abattu et trois autres blessés près du monastère Sainte-Catherine. Une cible hautement symbolique : ce monastère est l’un des plus anciens, la tradition veut qu’il ait été bâti au IVe siècle, non loin de l’endroit où Moïse a vu le buisson ardent, dans le sud de la péninsule du Sinaï, aujourd’hui infestée d’islamistes. Quelques semaines plus tôt, des dizaines de familles chrétiennes avaient dû fuir la région pour survivre.

Le pays a connu deux révolutions, en 2011 et en 2013, et les coptes ont payé le prix fort : au total, ce sont plus de 40 églises et des dizaines d’écoles, de maisons et de commerces qui ont été attaqués depuis 2013, parce que leurs propriétaires étaient chrétiens. Mais l’actualité n’a rien changé à sa détermination, le pape François a décidé de maintenir son voyage en Égypte ces 28 et 29 avril pour rencontrer ces millions de chrétiens qui habitent encore le pays.

Les chiffres sont toujours difficiles à vérifier, mais le pays compterait 90 millions d’habitants dont 15 millions de coptes orthodoxes et une petite minorité de 300 000 coptes catholiques. Ces derniers attendent évidemment le pape avec impatience. Un tout jeune prêtre catholique explique : « Dans les mots, le discours politique a changé envers les chrétiens et le maréchal Sissi génère beaucoup d’espoir lorsqu’il vient à la messe de Noël ou rencontre les autorités religieuses. Mais dans les faits, le danger reste le même et la discrimination se poursuit. C’est encore pire pour les catholiques, car nous sommes très peu nombreux et n’avons donc pas les moyens de peser politiquement. »

La chute des Frères musulmans n’a pas tout réglé

Tous les chrétiens abordent le même sujet d’actualité : la loi sur les lieux de culte chrétiens. Jusqu’à une période récente, la loi interdisait toute construction ou restauration d’église sans accord préalable du président de la République. Elle vient de changer, trop peu au goût de certains : « Le président n’avait le droit de signer que trois constructions ou restaurations d’église par an, désormais, il n’est pas limité. C’est la seule chose qui a changé », explique un jeune étudiant chrétien visiblement exaspéré : « On ne peut pas se satisfaire de cela. Nous demandons que la loi soit tout simplement supprimée ou alors remplacée par une autre sur les lieux de culte en général. Pourquoi viser ainsi les chrétiens alors que les musulmans construisent des mosquées où et quand ils veulent ? »

L’injustice se révèle plus douloureuse encore pour les catholiques et ce prêtre, qui préfère rester discret, donne un exemple : « En décembre dernier, 29 fidèles orthodoxes ont été assassinés dans une église du Caire. Le président s’est immédiatement rendu dans l’église et a ordonné sa réparation immédiate. Ce qui a été fait. Les orthodoxes obtiennent ce genre de considération parce qu’ils représentent une partie importante de la population. Nous, catholiques, sommes les parents pauvres auxquels personne ne fait attention. » Et pourtant, comme ailleurs dans la région, le rôle social des chrétiens dépasse largement le nombre de fi dèles. Les seuls catholiques tiennent ici 176 écoles, plus de 15 hôpitaux, 25 cliniques, une centaine de jardins d’enfants et développent des projets d’alphabétisation. Un travail qui ne demande qu’à être encouragé et la visite papale est donc une bonne nouvelle.

Dans quel pays arrivera le pape François ? Difficile de le décrire. En janvier 2011, des manifestations populaires avaient provoqué la chute du régime de Moubarak. Les Frères musulmans avaient pris les rênes du pays avant que le maréchal Sissi intervienne, deux ans plus tard. Les islamistes s’étaient alors acharnés contre les chrétiens.

Qu’en est-il de la population ? Au détour de l’une des rues surpeuplées du Caire, un médecin peine à répondre. « Lorsque Morsi a pris le pouvoir, on avait l’impression que tous les Égyptiens étaient Frères musulmans. Deux ans plus tard, quand Sissi les a chassés, on aurait dit que tous les détestaient. C’est la mentalité des peuples du désert », explique-t-il. Une étudiante chrétienne complète : « Il y a un sérieux problème d’éducation dans ce pays et l’islamisme est une réalité. Que ce soit à la faculté ou dans de nombreuses rues du pays, être une chrétienne reste un danger, ou en tout cas une cause d’humiliation », regrette-t-elle avec un sourire désarmant encadré d’une chevelure bouclée qui détonne dans cette population féminine généralement voilée. Elle s’est engagée comme volontaire avec l’association française SOS Chrétiens d’Orient pour agir « à sa mesure ». En eff et, le problème éducatif est bien réel dans le pays : 40 % de la population serait analphabète.La préoccupation est partagée par le pape copte orthodoxe Théodore II, que rencontrera le pape François. « L’éducation est ma priorité, c’est ce qui affecte le plus l’avenir de nos enfants », explique celui qui se bat pour ouvrir des écoles. La réalité lui donne raison : ce sont dans les villages les plus reculés et les moins éduqués que les persécutions contre les chrétiens sont les plus récurrentes.

Mais ailleurs, d’autres pointent la responsabilité des autorités islamiques dans le pays. Le problème est le même que partout ailleurs : aucune d’entre elles n’a la légitimité nécessaire pour s’adresser à tous. Les critiques sont discrètes mais cinglantes : « Ils disent blanc un jour, noir le lendemain, il est impossible de compter sur leur parole », accuse un jeune Égyptien. Mais le pays abrite malgré tout l’université Al-Azhar, considérée comme la plus prestigieuse autorité de l’islam sunnite.

Le dialogue avec l’islam reste difficile

De son côté, le nonce apostolique se félicite de la reprise d’un dialogue nécessaire entre les différentes autorités religieuses. En effet, les discussions avaient été totalement interrompues à l’initiative de l’université Al-Azhar à la suite d’un attentat qui avait eu lieu à Alexandrie, le 31 décembre 2010. Benoît XVI avait alors demandé à la communauté internationale de garantir la protection des minorités religieuses. Tollé en Égypte, le président avait retiré son ambassadeur près le Vatican et la célèbre université avait rompu tout dialogue. Celui-ci avait finalement repris, en octobre 2015, lorsque l’Église avait accepté de refaire le premier pas.

Mais si les autorités entretiennent ce dialogue fragile, beaucoup de chrétiens peinent à saisir son efficacité. « On sait vivre avec les musulmans et la plupart ne nous posent aucun problème. Mais à quoi sert ce dialogue dont tout le monde nous parle ? Notre menace, ce sont les islamistes et avec eux, inutile de chercher le dialogue », lance un fidèle d’une petite église orthodoxe de la capitale égyptienne. Lui aussi est heureux de voir le pape François venir en Égypte, pour une raison bien précise : « Nous aurons avec lui une rencontre œcuménique et nous pourrons lui parler franchement. Il a un discours parfois naïf et nous le remercions de venir voir de ses yeux… Ce pourrait être salutaire pour tout le monde. » Pourquoi ? « Parce qu’il vit en Europe et que l’Europe est en train de mourir de sa faiblesse. Vous avez renoncé à votre histoire, à votre mission et vous semblez accepter de devenir un continent islamisé… Il faut être fou. »

Par Charlotte d’Ornellas

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