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L’irrespirable atmosphère de la présidentielle 2017


L’irrespirable atmosphère de la présidentielle 2017

 

A la lumière d’un article qui interrogeait dernièrement le rôle de BFM Tv dans la campagne présidentielle, favorisant le candidat Macron, il découle des questions qui demeurent sans réponse dans ce climat très particulier que nous vivons aujourd’hui.

La déstabilisation du monde entraine des séismes qui impactent jusque dans notre quotidien, les bouleversements sociaux nous conduisent dans des turbulences auxquels nous n’étions manifestement pas préparés, malgré une certaine évidence. Les présidentielles 2017 ne sont pas épargnées par cette nouvelle donne où « tout le monde se tape contre tout le monde », et où les institutions politiques, médiatiques et judiciaires prennent également leur part. On distingue deux camps qui s’affrontent sur un plan idéologique à l’exemple de ce qu’ont vécu les américains lors des dernières élections qui ont amené Donald Trump au pouvoir, à la surprise générale (jusqu’à celle du nouvel élu), tordant le cou à toutes les tentatives de lynchages et autres sondages négatifs qu’il avait trainés au cours de sa campagne, se battant contre un appareil, qu’on appelait « pudiquement » l’establishment et qui demeurait au service de son adversaire, Hillary Clinton, rompue à l’exercice.

Loin de moi l’idée,  par mes propos, de  soutenir le candidat Fillon ou la candidate Le Pen. Le fait est, que dans une démocratie qui se voudrait objective, il est lamentable de constater que les médias (dont certains appartiennent effectivement à Monsieur Patrick Drahi) se sont délectés jusqu’à plus soif d’une affaire éventée que représente ce qu’on appelle désormais le « PenelopeGate ».

Si l’éthique médiatique avait été respectée, je voudrais qu’on m’explique pourquoi, dans ce cas, Fillon a subi le véritable lynchage auquel il a été confronté, en fondant celui-ci, non pas sur un problème de moralité, ce que j’aurais volontiers pu comprendre, mais sur une base judiciaire qui est floue ? En outre, avant que l’on vienne me rétorquer que journaliste n’est pas juriste et qu’ils ne font que leur travail, je rappellerais juste  l’article 2 du code civil : « nul n’est sensé ignorer la loi » ou encore simplement que la pratique et déontologie du métier  consistent à enquêter pour étayer ses dires.

Si l’éthique judiciaire avait été respectée, je voudrais qu’on m’explique pourquoi c’est un PNF (Parquet National Financier) non habilité et en contradiction totale avec le droit ( NDLR les différentes analyses de professeurs en Droit qui se sont exprimés sur le sujet), bafouant délibérément le droit constitutionnel de notre pays qui s’est emparé de cette affaire. Comment expliquer une indépendance de la justice qui s’affranchit de son éthique au point que l’on retrouve des pages entières des procès-verbaux d’audition dans les  « les bonnes feuilles » de l’Obs  ? La justice serait donc devenue un tel spectacle où l’arène médiatique serait la vitrine de ce qu’elle doit s’y dérouler, à la manière des insipides programmes de télé-réalité où la médiocrité s’étale et s’y auto-proclame en qualité de stars ?

N’y a-t-il pas quand même de quoi s’interroger sur les tenants et les aboutissants de cette histoire quand on sait que juridiquement, le dossier a été transmis à des magistrats pour l’instruire alors même qu’on sait très bien, sur le plan du droit que depuis le 10 mars, rien ne permet plus sur le plan constitutionnel de mettre potentiellement Fillon en examen au sur ce sujet puisque toute affaire judiciaire qui porte sur un candidat doit être clarifiée au moins sept jours avant la clôture des candidatures, sous peine de voir selon l’article 7 de la Constitution, un report inévitable des élections.

Ce qui veut dire qu’à l’heure où nous parlons, non seulement Filon fait l’objet d’une mascarade judiciaire, mais en plus,  cette tentative n’est destinée qu’à un public non averti qui ne verra pas à quel point la ficelle est grosse. Ne  semble-t-il pas très éloquent, dans la même mouvance, que le dossier du PNF ait été déclaré comme étant insuffisant pour le poursuivre mais dès lors, afin de vouloir enfoncer Fillon, la magistrate a continué l’enquête en sachant pertinemment qu’elle ne disposait pas d’élément pour ça et uniquement dans le but de s’entêter à en trouver là où il n’y en a manifestement pas, vu le résultat peu probant obtenu en contradiction avec le zèle particulier des enquêteurs ?

En France il y a deux principes fondamentaux en matière judiciaire : 1/ la présomption d’innocence ; 2/ l’instruction dans toute affaire, se fait autant à charge qu’à décharge.

D’évidence ici, la volonté d’instruire exclusivement à charge pose une interrogation grave. La transmission à des magistrats n’a été que et uniquement QUE dans le but d’un éclat médiatique destiné à l’illusion d’une culpabilité de Fillon dans cette affaire, à défaut d’avoir des éléments juridiques concrets qui permettraient réellement de dénoncer ce qui, il faut bien l’avouer n’est pas forcément moral, mais qu’on le veuille ou non, une pratique largement répandue dans les rangs parlementaires et ceci quelle que soit leur couleur politique. De facto, la suspicion devient légitime sur cette affaire. Elle est sélective et ne se consacre, de manière très chronologiquement opportune,  qu’au cas de François Fillon, sans inquiéter pour autant l’ensemble des parlementaires sur ces pratiques.  Elle l’est encore plus quand on s’aperçoit que le jour où le canard enchainé sortait ce qui allait être un scandale politique, un livre documenté, « Dans l’enfer de Bercy » paraissait également. Alors que l’article du Canard enchainé motivait dès lors, dans les heures qui suivaient, l’ouverture d’une enquête du PNF à grand renfort médiatique  à l’encontre de François Fillon, le scandale révélé par le livre de Frédéric Says et Marion l’Hour  mettant en cause Emmanuel Macron, ne faisait l’objet d’aucun zèle particulier de la part du même PNF et le quasi silence médiatique sur cette affaire en était encore plus étrange par cette différence flagrante de traitement.

Il est donc troublant, à partir de tout ceci, de voir à quel point les médias ont pu s’acharner sur ce candidat, au point de quasiment tuer sa campagne et surtout il est encore plus troublant de voir que cet acharnement s’est fait par l’entremise du Canard Enchainé auquel le candidat Macron, dans l’exercice de son ministère à Bercy, avait accordé des allègements fiscaux (vous remarquerez que je n’emploie pas le mot « cadeau ») à hauteur de 3.5 millions d’euros, tout comme il est extrêmement troublant de voir qu’une fois que le Canard a allumé la mèche, les organes de presse du groupe Drahi (BFM-Tv, RMC, Libération et l’Express ) ont repris sans plus d’investigation tout ce qui pouvait porter atteinte au Candidat Fillon alors même qu’il n’est pas un secret de la proximité immédiate entre Macron et Drahi. Rappelons qu’à l’époque où l’affaire a éclaté, Fillon était le grand favori pour gagner l’élection et que Macron était le 3eme homme de cette campagne.

On peut être tenté de  m’accuser de beaucoup de choses, peut-être même,  de chercher des interrogations là où il n’y en a pas. Mais soyons honnêtes ! Les questions persistent de façon légitime quand on voit l’ambiance anxiogène et stérile de cette campagne.

Mettre en équation l’ensemble de ces données factuelles avec les derniers sondages présentés par BFM, et l’on obtient la déduction d’une manipulation des esprits implicite. Il suffit pour cela de se souvenir du décalage hors sol entre ceux prophétisés par les sondeurs et les résultats obtenus au final  (dernières élections locales, brexit,  présidentielles US avec Trump.. ) pour comprendre à quel point il est devenu obsolète d’user de telles pratiques destinées uniquement à orienter le choix des électeurs.

Dans le même temps que BFM annonçait son propre sondage, un autre bien différent montrait des résultats en contradiction totale avec ceux présentés par les médias Drahi.

Mais peut-être ici encore, va-t-on me rétorquer que j’ai tort et que c’est juste par soutien à Marine Le Pen que je dénonce ces faits. Si c’est le cas, je serais tentée de dire qu’il y a quelque chose de pourri dans le discours ambiant qui, refusant le débat pour ne pas être mis en défaut dans les multiples tentatives de manipulations médiatiques, préférerait l’attaque infondée plutôt que d’apporter de vraies réponses concrètes à toutes ces interrogations.

Il y a bien longtemps que nous observons les tactiques qui consistent à proférer une condamnation morale contre celui qui gêne par ses questions, afin qu’il se perde en conjecture et justification au point d’en oublier le sujet qui avait amené à focaliser la réprobation sur lui, plutôt que d’y apporter une réponse claire. Je ne me livrerai personnellement pas à ce petit jeu. Je ne suis ni dans un propos nauséabond d’une extrême droite douteuse, ni dans un discours portant un candidat plus qu’un autre. Le fait est que les questions soulevées ici sont légitimes et méritent toute l’attention.

La manipulation médiatique mais aussi l’instrumentalisation judiciaire qui sont faites aujourd’hui, montrent à quel point notre démocratie est malmenée, non pas sous une présidence du Front National tel qu’on voudrait nous le prévoir mais bien maintenant , sous la gouvernance socialiste d’un François Hollande qui discourt sur l’état de droit  alors que nous assistons à des dérives sans précédent simultanément.

Et pour finir, je ne porte aucun penchant idéologique sur le plan politique qui m’amènerait à soutenir l’un plus que l’autre. Il y a du bon et du mauvais, avec des pourcentages divers, dans les propositions de tous les candidats quels qu’ils soient. Je ne soutiendrais, pour ma part, aucun d’entre eux pour la simple raison qu’à mes yeux, aucun n’a le profil évident pour relever les défis auxquels la France est réellement confrontée. Je me fais loi de respecter les avis de toutes et tous mais je reste circonspecte face à cette chasse aux sorcières qui s’est engagée depuis déjà pas mal de temps, qui voudrait que l’on doit penser d’une certaine façon et qu’en dehors de ce cadre, l’électeur, le citoyen ne serait pas convenable, affublé d’une étiquette « facho », « réac », ou encore d’autres qualificatifs peu flatteurs à son égard. Il est intéressant de constater d’ailleurs qu’on n’hésite pas non plus à remettre en cause la clairvoyance de l’électeur ou du citoyen, jusqu’à douter de son potentiel intellectuel dès lors qu’il voudrait se rebiffer contre ce système irrespirable qui s’est mis en place, d’une façon encore plus insistante durant ce quinquennat.  Il apparait aujourd’hui clairement qu’il convient de « bien penser » ; quitte à tordre les valeurs de respect de l’engagement ou la pensée d’autrui, quitte à saper les fondements de ce qui a construit notre démocratie : les interrogations, les remises en causes et le respect d’autrui qui ont construit notre société sur des bases éclairées, le « Tout » piétiné au nom des enjeux publiques, masquant d’évidence des intérêts strictement privés, anéantissant l’objectif de servir la nation, son peuple et son héritage !

@Donna Karmel pour Europe Israel News

 







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  • 8 thoughts on “L’irrespirable atmosphère de la présidentielle 2017

    1. birgeval

      Votre article est évidemment époustouflant de vérité et de réalité mais le malheur c’est qu’il n’atteint qu’une minorité par rapport à la nuisance majoritaire des médias dominants et qu’il sera difficile d’inverser la tendance mais vous apportez de l’espoir

    2. franky

      En dehors de « Valeurs actuelles » il est assez rare de lire ce genre d’article.
      Quel que soit le nouveau president, il aura une annee pour imposer les reformes indispensables. Passe ce delais , s’il echouera, le FN a de fortes chances de gagner l’election presidentielle en 2022 et toute la desinformation mediatique n’y changera rien.

    3. Malcolm Ode

      « … à défaut d’avoir des éléments juridiques concrets qui permettraient réellement de dénoncer ce qui, il faut bien l’avouer n’est pas forcément moral, mais qu’on le veuille ou non, une pratique largement répandue dans les rangs parlementaires et ceci quelle que soit leur couleur politique… »

      Ce qui est profondément amoral, c’est que pendant que la France sombre dans les endettements, dans l’acculturation et le désespoir, des hommes et des femmes politiques élus pour régler ça et déjà bien avantagés, abusent encore des contribuables pour s’enrichir d’avantage « à ne rien faire » alors même que les moins nantis ont besoin des resto du coeur!

      C’est comme arracher les dents en or d’un moribond encore sauvable : il faut en profiter tant qu’il ne peut se défendre!

      HONTE SUPRÊME à tous ces salauds et à toutes ces salopes si proches culturellement des pilleurs de caravanes. Ils prennent leurs peuples en otage et les rançonnent comme des gredins. Et ce serait « acceptable » parce que généralisé?

      Les pays sous-développés sont sous-développés à cause de la corruption.

      « Ah! Ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne… »

    4. V.Chaméroux

      J’ai lu l’article 7 de la constitution et n’y trouve pas le passage stipulant que « toute affaire judiciaire qui porte sur un candidat doit être clarifiée au moins sept jours avant la clôture des candidatures, sous peine de voir […] un report inévitable des élections »

    5. gilles.benquet

      @Donna Karmel pour Europe Israel News
      N’y a-t-il pas quand même de quoi s’interroger sur les tenants et les aboutissants de cette histoire quand on sait que juridiquement, le dossier a été transmis à des magistrats pour l’instruire alors même qu’on sait très bien, sur le plan du droit que depuis le 10 mars, rien ne permet plus sur le plan constitutionnel de mettre potentiellement Fillon en examen au sur ce sujet puisque toute affaire judiciaire qui porte sur un candidat doit être clarifiée au moins sept jours avant la clôture des candidatures.
      Pourriez vous me donner la référence du texte qui prévoit cela?
      Merci d’avance

    6. Donna Karmel Post author

      @V. Chaméroux : l’article 7 de la Constitution parle de l’empêchement du candidat.. Jusqu’ici les textes avaient prévu cette situation quant au décès d’un candidat, la survenue d’une maladie grave etc.. mais le fait est que François Fillon est aujourd’hui dans une posture qui peut décemment être considérée comme une situation d’empêchement dans les sept jours qui précèdent la date du dépot des candidatures. C’est au Conseil constitutionnel qu’il appartient dès lors de statuer sur la situation et de prendre la décision qui s’impose, soit le report de l’élection, soit la maintenir.

      En effet, tout laissait penser par l’usage du droit que Fillon ne serait pas mis en examen avant les élections dans la mesure où cet usage est de respecter le processus démocratique. Ici nous sommes en terrain totalement inconnu et totalement HORS DES PRATIQUES USUELLES qui ont géré jusqu’ici les relation JUSTICE et ELECTIONS et ne pas entrer dans cette catégorie, justement de situation d’empêchement.

      Jamais dans l’histoire des investigations ont été menées aussi rapidement, non conformes au droit (selon des professeurs de droit) et jamais nous n’avons assisté à une mise en examen aussi rapide. Un signal est donné aujourd’hui, celui par lequel les magistrats ont décidé d’interférer dans le processus électoral. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Je n’en sais strictement rien mais si je désapprouve l’attitude de Fillon à user de ces pratiques poltiques des petits accommodement avec l’argent du contribuable, je ne suis pas certaine de devoir me réjouir de voir des magistrats aujourd’hui tenir le sort de l’élection présidentielle entre leurs mains. La responsabilité est grande, les magistrats, n’ont pas toujours raison et sont aussi influencés par leur idéologie qui peut les conduire dans des postures dangereuses. Bref, nous naviguons à vue avec des implications très graves sur le devenir. Quand des juges s’obstinent et se trompent, tel que nous l’avons vu dans l’affaire d’Ourtreaux, c’est des familles entières qui sont cassées.. là, si ça devait être le cas (et la fragilité de l’instruction laisse présager), c’est la famille France qui risque d’en faire les frais.

    7. Donna Karmel Post author

      @ Gilles Benquet : je vous renvoie à l’explication que j’ai donnée ci-dessus. Le fait que la Constitution prévoit le cas d’un empêchement de candidat dans les sept jours qui précèdent le dépôt des candidatures a toujours, jusqu’ici, servi de cadres pour les éventuellement procédures. Nous sommes aujourd’hui dans un schéma hors sol où le judiciaire (ou plutôt des magistrats) viennent s’inviter dans une campagne électorale..

      Comme je l’ai dit précédemment, il y a fort à dire et explorer sur le bien fondé de cette procédure et surtout son timing… Nous sommes dans un schéma qui n’a jamais été vu jusqu’ici.

    8. Salmon

      les juges s’immicie dans la campagne , ça ne s’est jamais vu
      cet acharnement sur Fillon n’est pas dù à une de ses proposition de revoir la justice ?

      dans ces cas la Fillon est passé à la moulinette , Macron doit aussi avoir cette transparence , pourquoi le parti de Le Pen , non ?

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