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Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane: carburants du totalitarisme islamiste


Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane: carburants du totalitarisme islamiste

Alexandre Del Valle démystifie la fable d’Al Andalus et de la tolérance islamique. 

Après avoir évoqué les fondements théologiques du totalitarisme islamiste et le phénomène de la dhimmitude, Alexandre del Valle aborde le thème central du politiquement correct qu’est le mythe « d’Al-Andalous », c’est-à-dire l’Espagne musulmane passée et parée de toutes les vertus par contraste avec une Europe chrétienne adepte « croisée » qui aurait été en revanche la plus obscurantiste des civilisations.

L’âge d’or d’Al-Andalous : fondement mythique du projet irrédentiste islamiste.

Les concepts de Oumma, de califat, de djihad, étudiés dans les feuilletons précédents, sont essentiels pour tout analyste géopolitique, car la Oumma, en tant que « communauté-matrie », puis le califat, en tant que pouvoir impérial théocratique dont le territoire doit s’étendre à terme à l’ensemble de la planète, impliquent la négation des frontières de toutes les nations non soumises à l’empire totalitaire de la Charià.

Le territoire comme enjeu de rivalités géopolitiques peut donc être irréel, mythifié, voire rêvé ou pleuré, comme cela est le cas d’Al-Andalous (l’Espagne musulmane de 711 à 1492) ou de la Sicile islamique du passé, territoires clés du supposé Age d’or islamique de jadis, puis, bien sûr, de la Palestine occupée, pleurée du Maroc au Pakistan par la supposée Oumma. Dans ce cas, la perte du territoire associé à un Age d’or, tel qu’Al-Andalous ou la Palestine constitue une représentation géopolitique suffisamment puissante pour mobiliser, nombre de militants de l’islamisme radical et pour justifier une forme d’irrédentisme politico-religieux. Celle-ci est incarnée notamment par les mouvements salafistes sunnites radicaux revendiquant la reconquête des « territoires perdus », ce qui est le cas de la nébuleuse terroriste d’Al-Qaïda et d’autres mouvements islamistes salafistes nostalgiques du califat déchu, désireux de le rétablir glorieusement sur toute la surface de la terre par le djihad, la lutte politique et le prosélytisme. L’âge d’or islamique andalou justifierait ainsi pour les islamistes radicaux l’islamisation de l’Europe, et la récupération des territoires perdus de l’Espagne islamique passée, des Balkans ou de la Sicile aussi impérative que celle de la Palestine mythifiée également qualifiée de « perdue ». Aussi les islamistes salafistes qui ont pour référence suprême l’époque mythifiée et exemplaire des premiers musulmans et du Prophète, les « Salaf », les « Pieux ancêtres », voient dans le mythe de l’Age d’Or glorieux de l’Islam, qu’ils s’agissent des Salaf de l’époque de Mahomet ou des Califats ultérieurs de Damas, Bagdad ou Cordoue, expliquent les échecs présents du monde islamique, selon eux déchéant, par l’éloignement de la pureté de la foi mythifiée des premiers conquérants et des grands califats et la contamination des musulmans modernes par les idées impies des occidentaux.

Cette idée irrédentiste de nature théocratique est au centre des discours des leaders d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri. Ce thème d’Al-Andalous est si important dans l’idéologie islamiste radicale salafiste que l’idéologue Abdullah Azzam, l’un des précurseurs d’Al-Qaïda et mentor d’Oussama Ben Laden, lui a consacré un livre, « La défense des territoires islamiques ». Dans cet ouvrage, une fonction toute particulière est accordée à Al-Andalous (711-1492) époque supposée de splendeur perdue de l’Islam, et Abdullah Azzam appelle à sa récupération.

Cinq siècles après l’expulsion des Maures d’Espagne, les islamistes radicaux et nombre d’idéologues musulmans nostalgiques de cet âge d’or, prétendent ouvertement reconquérir à rebours l’Andalousie et l’Espagne islamiques (et même la Sicile et les Balkans ou la Grèce) elles-mêmes qui avaient elles-mêmes été reconquises par les puissances chrétiennes, notamment les rois catholiques espagnols en 1492. Comme l’observe la philosophe espagnole Maria Rosa Rodriguez Magda, la nostalgie de l’Espagne musulmane passée et du Califat omeyade d’Al-Andalous est au cœur des revendications et processus de légitimation des islamistes radicaux et même des terroristes qui revendiquent la « récupération du territoire andalous, lequel appartiendrait de droit à la civilisation islamique ».

Du point de vue tant idéologique que géostratégique, la dangerosité – selon l’auteur – de l’irrédentisme islamique à propos d’Al-Andalous, a été également mise en lumière par l’islamologue espagnol Gustave de Aristegui, lequel rappelle que « le mythe andalou est une vraie obsession pour nombre d’intégristes islamiques du monde depuis la chute de Grenade en 1492 ».

Le terme même d’Al-Andalous est en lui-même souvent ambigu dans la mesure où il est identifié à une région, l’actuelle Andalousie, où sont installées nombre d’associations islamistes, alors qu’il désignait pendant la période de domination de l’Espagne par l’empire arabo-musulman (711-1492), l’intégralité de l’Espagne islamisée, de l’actuelle province andalouse jusqu’à la Catalogne, en passant par le Levant, puis une partie du Sud de la France (Septimanie), occupée par les Arabo-berbères. Quant à la représentation de l’Andalousie islamique foncièrement « tolérante », nous avons montré dans nos ouvrages qu’il s’agit d’une vision romancée de l’histoire instrumentalisée pour des raisons politiques (haine de la civilisation chrétienne pour les repentants occidentaux et stratégie de légimitation de leur conquête pour les islamistes). Loin de la vision monolithique d’une Al-Andalous caractérisée par « l’harmonie entre les trois religions » et la « coexistence parfaite » des peuples différents (juifs, chrétiens et musulmans, autochtones ou Arabes), la réalité de l’Espagne islamique était tout autre : chrétiens et juifs étaient discriminés ; leur statut était celui de dhimmi ; ils avaient certes le « droit » de pratiquer leur culte ; ils devaient reconnaître l’autorité des musulmans à tous les niveaux, payer des impôts particuliers (jiziya), et que leur capacité de gagner en justice contre un musulman était nulle.

En réalité, il n’y avait pas d’égalité de droits entre gens du Livre et musulmans et que le fait d’appliquer au Moyen-Age espagnol des notions comme la tolérance religieuse ou le multiculturalisme particulièrement valorisées dans l’Europe des années 2000 n’a pas beaucoup de sens. La Grenade musulmane mythifiée tant par les islamistes que par les partisans du multiculturalisme et du dialogue des civilisations valide en fait les mobiles irrédentistes des islamistes contemporains

En fait, ceux qui entretiennent la nostalgie du califat d’Al-Andalous et assimilent souvent la reconquista à une forme de colonialisme européen, relaient purement et simplement l’idée irrédentiste obsessionnelle de tous les islamistes du monde. L’âge d’or d’Al-Andalous est certes également souvent invoqué par certaines organisations et figures de l’extrême-gauche, adeptes des théories du philosophe français communiste converti à l’islam, Roger Garaudy, lui-même basé en Andalousie.

Pour ces néo-convertis radicaux de gauche ou d’extrême-gauche, sur lesquels nous avons enquêté, l’âge d’or islamique d’Al-Andalous fonctionne comme le mythe justificateur de l’islamisation-expiation de l’Europe ex-coloniale, « inféodée à l’impérialisme américano-sioniste », et susceptible de retrouver une légitimité révolutionnaire en embrassant la religion par excellence des opprimés et de l’égalité que serait l’islam.

Parmi les mouvements islamistes composés de convertis basés en Andalousie qui invoquent de façon systématique le mythe de l’âge d’or d’Al-Andalous pour justifier une réislamisation de l’Espagne contemporaine, nous avons voulu notamment signaler le cas particulier et emblématique du mouvement islamiste européen Al-Mourabitoun, créé par l’Ecossais Peter Van Leyck (alias Ian Dallas ou cheikh Sidi Abdelkader Al-Murabit). Officiellement appelée Communauté islamique en Espagne, Al-Mourabitoun est implantée dans toute l’Espagne, principalement à Séville et à Grenade, siège de l’association. A la recherche de l’Age d’Or islamique d’Al-Andalous, le noyau dur, établi depuis deux générations en Andalousie, a essaimé dans toute l’Europe, de Londres à Barcelone, en passant par Stockholm, Milan et Gènes, où des conférences sont données au profit de jeunes Européens invités à venir faire des « pélerinages de conversion en Andalousie », afin de retrouver « l’âge d’Or de la civilisation islamique européenne ».

Adhérant à une forme d’irrédentisme fondée sur un néo-impérialisme califal qui considère que l’appartenance actuelle de l’Andalousie à l’Espagne chrétienne est une occupation illégitime, Al-Mourabitoun appelle à une rupture avec l’ordre démocratique et diffuse une idéologie à la fois révolutionnaire de gauche et islamiste, à peine dissimulée derrière l’Islam. Ce n’est pas étonnant si Ian Dallas a choisi comme nom de son organisation celui d’Al-Mourabitoun, dans la mesure où le fanatisme et la violence féroces de l’antique confrérie des Almoravides – qui terrorisa au quatorzième siècle toute l’Espagne – sont des motifs de fierté pour les adeptes de Dallas. Aussi, les liens tissés par Al-Mourabitoun avec la nébuleuse salafiste internationale (Frères musulmans koweïtiens et égyptiens, mouvements islamistes libyens, GIA algérien, Tabligh, Arabie saoudite, etc.) constatés depuis quelques années par les services anti-terroristes espagnols constituent un soutien extérieur précieux et témoignent de l’évolution du mouvement soufi vers le néo-wahhabisme, virage amorcé depuis plusieurs années déjà. Pour les membres d’Al-Mourabitoun, l’Islam serait la seule voie permettant de se « désaliéner » et de poursuivre la révolution. Un rapport des services de renseignements espagnols définit Al-Mourabitoun comme « courant islamique de caractère islamo-occidental, préconisant une ‘troisième voie islamique’, antisioniste teintée d’une vague inspiration néo-nazie ou ‘national-révolutionnaire’ (…) les liens entretenus avec des mouvements de type sunnite radical, d’une part, et des organisations d’extrême-droite, d’autre part »

Un autre mouvement radical composé de néo-convertis, l’Association pour le Retour de l’Islam en Andalousie, a été créé dans le sud de l’Espagne sur les mêmes bases appelant au rétablissement du Califat arabe de Cordoue. Certains passages des tracts de propagande diffusés par l’Association sont révélateurs de l’idéologie antichrétienne du mouvement qui provient de l’extrême-gauche : « Le racisme de l’Eglise catholique en Espagne, avec sa politique de génocide durant l’Inquisition, fut utilisé comme instrument de torture par le fascisme.

Celui-ci ravagea l’Europe pendant la première phase d’anarchie que le sionisme envoya par vagues tout en mettant au point ses méthodes bancaires de contrôle à long terme. Ce fut l’Europe chrétienne qui entreprit l’élimination de la civilisation islamique et ce fut l’Europe chrétienne (…) qui baissa la tête en acquiesçant au fascisme (…). L’Islam est le modèle de l’avenir…».

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  • 4 thoughts on “Le mythe d’Al-Andalous et de la supériorité de la science arabo-musulmane: carburants du totalitarisme islamiste

    1. Eric

      Ne pas oublier que le terme de « tolérance », présenté comme positif de nos jours, a pour signification première le fait d’accepter un mal, car tenter de supprimer ce mal serait encore pire ; ce mal est donc « toléré » jusqu’au moment où il peut être détruit…

    2. LeClairvoyant

      Merci Alexandre Del Valle, pour ce sujet, incomplet coté historique. Je le complété un peu, car l’occupation de l’Espagne fut partielle.
      1° Il faut savoir qu’il y a eu 4 invasions musulmanes dans la péninsule ibérique. Arabes, berbères, al-moravides et al-mohades.
      2) la première invasion arabe de 711 a détruit des églises du 5ème siècle et deux bibliothèques de 30 000 volumes, une a Séville et l’autre a Tolède pour construire des mosquées et sur les bains romains des ha-mans. Ce ne sont pas les arabes venus du désert d’Arabie ou les berbères du Sahara, qui ont put amener le culture dans la péninsule, mais l’esclavage et la charia.
      3° La péninsule ne fut pas occupée totalement, et la reconquête permit de créer des petits royaumes chrétiens, qui ont tout libéré, les trois derniers siècles ne resté que le petit Royaume de Grenade pris par le rois catholiques en 1492 Donc, le mythique Al-Andalou de Paix et tolérance entre musulmans, chrétiens et juifs n’est qu’une grossière manipulation. Guerres, razzias, massacres, conversions forcées, décapitation des moines, récoltes, églises et villages brûlés permanents.

    3. o.icaros

      Ce mythe me saoule car il ne repose que sur du sable.
      En effet, l’Espagne wisighothique, conquise par les arabes, n’était pas une terre d’inculture. Isidore de Séville était un des hommes les plus instruits de son temps.
      Dans cette culture, qu’on dit arabo-espagnole, qu’est-ce qui est arabe et qu’est-ce qui est espagnol?
      Les arabes « d’Espagne » ne sont-ils pas venus de ce que nous nommons aujourd’hui le Maghreb? Oui. N’auraient-ils pas dû importer en Espagne leur culture, architecture etc., comme ont fait les Grecs et les Romains dans tout l’espace de leurs empires? Or, on ne trouve rien dans le Maghreb qui ressemble à ce que l’on trouve en Espagne. Donc tout ce qu’on trouve en Espagne est d’essence espagnol sous domination militaire arabe.
      Quand il s’agit de nous, il nous est interdit de parler de la supériorité de notre civilisation. Mais quand il s’agit des arabes, nous ne cessons de nous abaisser pour admirer connement la leur. Dans un sens il est interdit de hiérarchiser les cultures mais dans l’autre sens, cela est permis, autorisé et même obligé!!!!!!!!!!!!!!

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