Des combattants de l’État islamique (EI) issus de la minorité chinoise ouïghoure ont menacé depuis l’Irak de « verser des rivières de sang » en Chine, selon un expert cité par l’Agence France Presse.

Cette menace est une première pour le pays. Dans une vidéo publiée le 28 février par une branche de l’EI, basée dans l’ouest de l’Irak, d’après un organisme spécialisé dans la surveillance sur internet des sites islamiques, SITE Intelligence Group.

Les Ouïghours sont une minorité ethnique majoritairement musulmane originaire du Xinjiang, dont le territoire est semi-désertique, et frontalier avec l’Afghanistan. Des Ouïghours dénoncent des discriminations religieuses et sociales.

Face à ces mesures sécuritaires, certains ouighours se sont radicalisés et ont décidé de passer à des actes plus violents, alors « le gouvernement chinois doit faire face au problème terroriste, mais elle l’a généré elle-même par des politiques extrêmement répressives », a indiqué à Libération Rémi Castets, maître de conférences à l’université Bordeaux III et spécialiste de la question ouïghoure.

Dans la vidéo, un militant menace Beijing couteau en main, avant d’égorger un homme considéré comme un informateur. Pour Michael Clarke, expert du Xinjiang à l’Université nationale australienne, cette vidéo est la « première menace directe » de l’Etat islamique contre la Chine.  Ce dernier a souligné qu’il s’agit de « la première fois que des militants s’exprimant en ouïghour font allégeance à l’EI ».

Après avoir réalisé des actions dans la province, et dans tout le pays, le mouvement ouïghour radicalisé s’est attaqué aux intérêts chinois à l’étranger. En 2015, un attentat dans un temple très fréquenté des touristes chinois a fait 20 morts, à Bangkok.

En août 2016, l’ambassade de Chine au Kirghizistan est la cible d’une voiture piégée. L’attaque kamikaze aurait été commanditée depuis la Syrie par le Parti islamiste du Turkestan (PIT), installé au Pakistan, frontalier du Xinjiang. Cette organisation milite pour l’instauration d’un Etat islamique propre aux peuples turcophones d’Asie centrale.

Selon le gouvernement, 300 Ouïghours étaient partis faire le jihad en Syrie, en décembre 2014. Mais ils seraient plus nombreux, selon certains observateurs. Certains iraient gonfler les rangs de l’Etat islamique, mais surtout d’Al-Qaeda, via un réseau dirigé par les Ouïghours, où ils sont mieux considérés, a expliqué Rémi Castets.

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