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La démographie ? La plus puissante arme d’Israël


La démographie ? La plus puissante arme d’Israël

En ces temps de débats animés sur la solution « à deux Etats » ou « à un Etat », l’argument démographique tient une place centrale.

Le présupposé, jamais contesté, qui sous-tend aujourd’hui la thèse des partisans de la solution « à deux Etats » prend la forme d’un syllogisme simple : (i) Israël a une démographie faible parce que c’est un pays développé ; (ii) les Palestiniens ont, au contraire, une démographie forte comme toutes les populations en développement et donc (iii) un jour ou l’autre, si l’on ne sépare pas les deux groupes humains, les Palestiniens vont devenir majoritaires dans le pays et lui enlever son caractère juif.

Comme les démographes ne sont pas avares en calculs savants, ils « prédisent » en quelle année (et à quelle heure ?) le croisement des courbes aura lieu et précipitera la fin du rêve sioniste.

Ce présupposé, pourtant, mérite d’être contesté.

En premier lieu, une des affirmations qui le compose est inexacte. La natalité dans le Monde juif ne dépend pas seulement de la condition économique ; elle dépend surtout des convictions religieuses des populations concernées.

On peut dire qu’elle n’est que faiblement corrélée à son niveau de vie mais qu’elle est, en revanche, fortement corrélée à son niveau de religiosité.

Plus celui-ci augmente dans la population (ce qui est le cas actuellement), plus la démographie sera forte. Et d’ailleurs d’ores et déjà, on nous dit que cette croissance démographie juive est en voie de dépasser celle de la partie arabe, qui, elle, décroit bien avec l’augmentation du niveau de vie des populations.

Mais l’argument principal qui prouve l’absence de sens du présupposé demande qu’on sorte des chiffres des démographes pour analyser la réalité concrète qui se trouve dans le monde.

L’ancêtre juif retrouvé

Cette réalité nous montre aujourd’hui une explosion – le mot n’est pas trop fort – du nombre de ce que nous appellerons les retours à « l’ancêtre juif oublié ».

Ces retours sont le fait de milliers de personnes qui, au détour d’un retour sur elles-mêmes – (re)découvrent qu’elles ont un parent ou un ancêtre juif.

Le phénomène est exploré quotidiennement par l’ONG israélienne Shavei Israël ; il fait l’objet d’articles dans les journaux : aujourd’hui, on « découvre » souvent qu’on a un lien avec le Monde juif, via un ancêtre qu’on avait oublié et qui réapparait soudainement.

Tel ministre de Mitterrand, tel auteur d’un guide gastronomique célèbre, telle secrétaire d’Etat américaine, tel politicien hongrois, antisémite déclaré de surcroît, etc,… la liste est sans fin. Au niveau des populations, les exemples sont parlants et couvrent tant l’Afrique, l’Europe, les pays d’Amérique Latine et l’Asie.

Que se passe-t-il ?

Il ne s’agit pas ici de réagir en généticien ou en spécialiste de la Hala’ha – et de demander si ce qui est affirmé par les intéressés est « vrai ».

Il s’agit plutôt de comprendre ce qui se passe à la périphérie du Monde juif. Certes, le mythe des 10 tribus perdues, l’odysée des Marranos comme le nombre immense de mariages mixtes qui ont eu lieu au cours des siècles augmentent les chances de succès d’une recherche, dans les consciences de non-juifs, de traces d’une judéité antérieure qui avait été oubliée par les siècles.

Mais l’explication est insuffisante : le mythe, les Marranos et les mariages mixtes existèrent de tout temps, pourquoi aujourd’hui précisément, tout cela se réveille-t-il ? Pourquoi aujourd’hui cherche-t-on, au prix d’acrobaties généalogiques, à se trouver un lien, aussi ténu soit-il, avec le Monde juif ?

La seule réponse possible est : Israël. Non pas en tant que pays, mais en tant que matérialisation ouverte à tous les regards de la millénaire – et mystérieuse – quête spirituelle juive.

Les habitants d’Israël ne s’en aperçoivent pas, mais une tomate, un soldat qui passe, une belle fille qui marche, une bâtisse à moitié en ruine ou une émission de TV stupide sont, s’en rendre compte, des puissances émanatrices qui créent un éclair renvoyant l’observateur étranger à cette quête.

Pis encore : déclenchant chez lui un désir irrépressible d’appartenir. Avant, le fait juif n’était que mental, enfoui sous des monceaux d’ordures ; maintenant il est là, devant nous, avec sa puissance évocatrice.

De fait, le Monde juif, tourné sur lui-même, n’a qu’une faible conscience de ce qui se passe là-bas, au-delà de la ligne de séparation avec le Monde chrétien et le Monde musulman.

Dans l’arrière-fond des consciences de ces mondes – surtout du Monde chrétien – se trouve le besoin des racines spirituelles ancrées dans le passé dont, seul, le Monde juif dispose.

Pour un individu comme pour un groupe humain, trouver un lien est un prétexte pour créer un rapport avec le fait juif, c’est apaisant ; cela lui donne accès à un passé infiniment passé, c’est-à-dire à un remède à l’angoisse de son existence et un sens dans sa vie.

Un long terme gagnant

Evidemment, toutes ces prises de conscience dans le monde ne génèreront probablement jamais des Aliyot, tout au moins dans le court terme. Certains seront, à juste titre, heureux d’avoir découvert leur lien avec le Monde juif et s’en contenteront. D’autres, voudront agir.

Mais, face à ce désir, les obstacles seront innombrables, surtout du côté juif où, clairement, la mention d’un lointain ancêtre juif ne peut être un cas d’ouverture de portes.

D’un autre côté, qui aurait imaginé en 1900 que les Falashas seraient intégrés au Monde juif ? Qui aurait pensé que l’on aurait fermé les yeux sur l’immigration de dizaines de milliers de Russes dont la judéité était considérée comme douteuse ?

Grâce à la présence d’un lieu de vie juif qui absorbe lentement toutes les différences – Israël – le Monde juif peut prendre son temps, se poser le problème pour chaque cas, décider et agir quand on frappe à sa porte. Donner du temps au temps..

Démographie et politique

La conséquence de cette situation est claire : à long terme, la population juive d’Israël dispose dans le monde d’immense réserves démographiques potentielles – juives et non-juives – dont la population musulmane ne disposera jamais.

On ne verra jamais un citoyen musulman du Maroc ou du Koweit décider de quitter son pays pour venir rejoindre ses coreligionnaires en Israël.

Comme il n’y a pas de « concept » coranique de Terre en ce qui concerne Israël, la puissance démographique de la partie arabe d’Israël sera toujours réduite à celle de ses habitants actuels.

Pour la partie juive, les réserves sont là. Même si une infime partie de ces réserves se transforme en habitants de la Terre, on aura un apport considérable à la population actuelle.

L’acceptation ou le rejet de la solution « à deux Etats » dépend certes de multiples facteurs politiques. Mais il ne faut pas dire qu’elle dépend de cette peur démographique qu’on essaie d’instiller dans le débat.

Sur ce plan, Israël n’a absolument rien à craindre dans le futur. Au contraire.

José Garson

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  • 4 thoughts on “La démographie ? La plus puissante arme d’Israël

    1. Ratfucker

       » d’immense réserves démographiques potentielles » à condition que le rabbinat accepte de mettre au rancart ses fantasmes de pureté raciale.

    2. Aaron

      C’est vraiment léger, toute cette argumentation… L’histoire a montre que l’alyah se realise en masse uniquement dans les moments de crise où les Juifs doivent quitter un pays, pour des raison généralement d’antisémitisme, ou en tout cas où l’antisémitisme joue un grand rôle. Et de toute facon rien n’y fera, la demographie est une arme qui joue avec evidence contre Israel. Et de toute facon, même sans prendre en compte la démographie, le danger de voir Israël disparaître, un Juif sioniste soucieux d’ un minimum de valeurs morales ne souhaite pas revenir en Israël pour dominer un autre peuple, un Juif désireux de liberté pour son peuple ne souhaite pas devenir l’outil d’une domination sur un autre peuple. Pour vouloir cela, il faut être un nationaliste indifférent à tout autre humanité que la sienne, incapable de se voir comme appartenant à quelque chose de plus vaste que sa nation…

    3. Mike

      La seule grande réserve de juifs est aux États-Unis, ou les juifs font partie intégrante de la société.

      La seule grande communauté juive menacée de nos jours, c’est en France.

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