toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Les amalgames en série qui mènent à l’anarchie


Les amalgames en série qui mènent à l’anarchie

.

La notion d’amalgame est utilisée en principe comme une barrière contre les exagérations visant à impliquer des innocents par généralisation. Chacun sait aujourd’hui toutefois que la récupération de ce motif par les ennemis idéologiques de l’Occident détourne l’attention d’un enchaînement d’amalgames réels qui s’est attaqué à la base aux Juifs puis s’est étendu par la suite, d’une manière pas si imprévisible, également aux parties d’une population française ou européenne dont les origines remontent aux pays arabes et qui sont passés par la religion musulmane.

Mais qui donc met-il tout le monde dans le même sac ?

Il y a de cela bien longtemps, quand Paris était encore en paix, au cours d’une réception, je me tenais près du buffet d’une réception et d’un couple de Juifs constantinois. Leur conversation, que je me suis permis d’écouter un peu malgré moi, m’a partiellement marqué. «Si j’avais été français, pensa à haute voix le mari, un verre dans une main et un canapé dans l’autre, j’aurais sans hésiter voté Le Pen.»

Son épouse s’indigna gentiment : «Mais comment tu peux te dire une chose pareille? Tu sais très bien qu’ils sont contre nous, et que s’ils montent au pouvoir, ils nous mettront dans le même sac que tous les autres. On aura beau être respectueux, travailleurs… tu sais bien que ça n’y changera rien.» Se froissant légèrement, le mari n’en démordit point : «Ecoute au moins ce que je te dis, avant de n’être jamais d’accord. C’est pour ça que j’ai commencé par te dire « si j’étais français ». A ce moment-là, ils ne nous auraient mis dans aucun sac, puisqu’on aurait été dans le sac français. Et plus, si je puis  me permettre, j’aurais peut-être trouvé regrettable et injuste qu’on mette les Juifs dans cet autre sac-là, mais j’aurais fini par me faire une raison parce que  dans le fond qu’est-ce que ça m’aurait fait?»

«Mais nous sommes français…» objecta-t-elle d’un ton incertainement[1] affirmatif. «Tu sais très bien ce que j’entends par français, français français, pas français (il fit un geste circulaire de la tête) français…» Il s’arrêta, considérant avec agacement son verre vide et chercha une surface libre où le poser. Sur le tard, ce couple respectable opta pour un aller simple pour le pèlerinage à Jérusalem où il établit sa résidence.

Une génération part, une génération vient, et, sur le sol français, Le Pen toujours se maintient, à la nuance près que Mme Junior remplace M. son père ; ce qui rend le parti plus vendable, à l’instar de ce qui se fait dans les grandes boîtes commerciales, où c’est toujours une voix féminine qui vous aborde ou vous répond. Ça rassure. Il est toutefois indéniable qu’en dehors de ce constat de mercantile markéting, le cours de l’histoire sur les trois décennies passées et l’instabilité croissante ont déçu bien des Français jadis patients qui désapprouvaient le Front national tant qu’ils avaient encore foi dans une intégration lente qu’il fallait surtout ne pas bousculer.

Pourtant, les territoires occupés ou perdus de la république ou de la nation, valeurs auxquelles se réfèrent étrangement, comme par prémonition, les deux places ou stations qui portent ces noms, abandonnées déjà symboliquement par tant de défilés contestataires qui les foulaient de leurs vindictes ; mais aussi surtout de surcroît les débordements en provenance de ces derniers territoires du renoncement imposé comme si leur sort eût dépendu de la marche inexorable de la fatalité, lorsque des éléments terroristes ont exploité les fiefs des enclaves musulmanes et mené des incursions sanglantes dans les derniers bastions mal protégés d’une France en repli, ont convaincu bien de ses citoyens dont les valeurs humanitaires sont méprisées car considérées comme faiblesse et soumission, que la connotation, sinon de guerre du moins de lutte, sinon de lutte du moins de résistance, choisie par ce Front national lorsqu’il se choisit cette appellation, n’était pas nécessairement belliqueuse ou trop poussée.

Puisque l’apanage vestimentaire islamique est un drapeau de conquête qui s’étend, pourquoi ne pas en profiter au passage pour taper sur la kippa

Revenons à ce même sac où des Juifs craignent d’être jetés et amalgamés pêle-mêle avec tant d’autres, et cherchons un peu si, sérieusement, un tel risque existe. Pour s’inscrire en faux contre l’islamisation galopante qui fauche en rouant de coups l’ex empire gallo-romain, la candidate Le Pen à la présidentielle se déclare non seulement prête à faire appliquer les lois interdisant les symboles de l’expansion du croissant remis de sa défaite à Vienne, signes religieux devenus drapeaux et autre étendards, mais également à se pencher sur la kippa des Juifs.

Il convient de bien comprendre que l’expansion de l’islam fait feu de tout bois, et que, par extension, ce rectangle de toile qui flotte au vent en arborant les couleurs ou sigles d’un régime ou pays et appelé communément drapeau, peut aisément être remplacé par d’autres éléments. N’en déplaise à certains observateurs limitatifs qui n’ont vu de problème que dans le remplacement cinq années durant de la cocarde tricolore par le drapeau du Reich, conséquent à la capitulation du 22 juin 40, d’une part, et à certains analystes politiques qui se bornent à ne voir dans les aspects vestimentaires qui forment l’apanage des musulmans tout au plus qu’une simple question sécuritaire, selon qu’il soit possible ou non d’y cacher des armes, voire d’y travestir des hommes. Pour qui se laisse prendre à ces pipeaux, seul le vêtement de ville reste problématique, tandis que le vêtement de plage tellement décrié l’été dernier ne poserait de problème qu’à des grincheux trop coincés. (Cf. les analyses de D. Pipes).

En revanche, les signes distinctifs chez les Juifs n’ont jamais été revendiqués ni joué le rôle tacite d’une quelconque invasion. Le sionisme et l’expansionnisme sont antinomiques. Et s’il est arrivé que des Juifs aient brandi à Paris le drapeau d’Israël dans des manifestations, ce n’était nullement dans l’intention de l’y imposer, mais de défendre ce pays.

Amalgame à l’extrême-droite?

Quand un député dénonce un amalgame que l’opinion semble accepter

Le couple cité plus haut avait donc pu entrevoir en un éclair prémonitoire cet amalgame qui ne manquerait pas de le montrer du doigt. Or, seul le député Meir Habib est monté en l’occurrence au créneau pour dénoncer les propos de Le Pen qui s’est comme susdit déclarée prête à interdire le port de la kippa aux Juifs en faisant d’une pierre deux coups. Mais peu s’en émeuvent vraiment. Tous ne pressentent pas le scandale de la même façon. D’aucuns comprennent le motif de la politicienne. N’interdire qu’aux musulmans d’arborer leurs symboles passerait mal. Ce serait terriblement sélectif et discriminatoire. En fait, on aurait bien aimé obliger les membres plus anciens de la nation française à se découvrir la tête, mais que faire? Ils ne portent déjà pas de couvre-chef. Il devient donc logiquement juste de mettre tout le monde dans le même sac.

Mais attention, car si nous poussons plus loin cette logique qui ne craint pas l’absurde, si un jour des élections parviennent à hisser au pouvoir une politique qui aboutirait à l’expulsion du sol français de tout ce qui lui est extrinsèque, il serait injuste de faire du favoritisme à l’endroit des Juifs et de leur permettre de rester sur le sol français. Ce serait très mal perçu. Ils seraient donc sommés de partir sans exiger de traitement de faveur.

Quand les Juifs peuvent se faire représenter en tant que tels

Il est à relever qu’hormis quelques félicitations adressées au député Habib pour sa lucidité, son courage et sa détermination, les réactions n’ont pas été toutes très favorables. Certains préfèrent préconiser le silence et ne pas relever cette opinion tendant à interdire au passage la kippa. Mais, paradoxe insolite de la démocratie, seuls les Juifs d’Israël de nationalité française élisent leur député en France identitairement, en tant que juifs, puisqu’ils représentent la majorité de la huitième circonscription, alors qu’aucun représentant parlementaire métropolitain ne peut parler au nom des Juifs vivant en métropole, dont le vote se dilue dans la masse. Ils seront de gauche, de droite ou du centre, électeurs de partis qui les oublieront à loisir au gré de la tectonique du paysage politique.

Leur pouvoir démocratique est bien dérisoire. Leur seul porte-parole préoccupé de leur sort sera tout au plus le chef d’un conseil représentatif, démuni de toute prérogative effective, ni député, ni sénateur, et encore moins ministre. Et même alors, peu sont les privilégiés autorisés à se prononcer par les urnes à l’endroit de ce conseil représentatif, quoique les opinions et intérêts puissent théoriquement converger.

La lutte islamique et la culture juive sont aux antipodes l’une de l’autre

Il semble donc que l’opinion juive soit sur le point d’être amalgamée et identifiée à une autre tendance qui, quant à elle, ne cache pas son mépris, sa hargne et sa haine des valeurs humanitaires et occidentales, et est ouvertement décidée à se servir de la démocratie pour mieux en découdre avec elle. Elle discrédite – nous le verrons plus loin – en un autre amalgame tout ressortissant français ou étranger originaire d’un pays où l’islam impose sa dictature mais persuadé pourtant qu’avec son accession ou celle de ses parents à un pays libre, il s’était extirpé du cauchemar d’un système charriant tous les symptômes de la terreur.

Cependant, il existe une frange de la population juive en Europe qui se fâche de la kippa, mais également de tout élément à même de différencier le Juif du creuset culturel général, de sorte que ne pas travailler shabbat, ni pendant les fêtes du calendrier hébraïque, voire également le jour de Kippour, consiste dans une provocation intolérable qui la menace aussi, amalgame oblige.

Amalgame au centre-droite

Une autre prise de position d’un homme politique a occupé une petite place de l’actualité lorsqu’il a mis la religion juive dans le même panier que les revendications de musulmans dont les plus vindicatifs ne verraient pas d’inconvénients à ce que leurs interdits s’imposent aussi aux autres.

Avec sa «double ration de frites»[2] pour les élèves musulmans ne prenant pas de porc, Sarkozy, avec son mot d’auteur d’ex président, a certes défrayé la chronique, mais peu sont ceux qui ont fait attention à une attaque gratuite lancée contre les Juifs en ratissant large. Bien sûr, on a trouvé ridicule l’entorse à la bienséance en société, au b-a ba qui veut que, si dans une cantine, sur une table de six, il y a six cuisses de poulet rôti et six parts de pâtes denses et collantes, il faudrait avoir bien du toupet pour prendre une double ration de protéines en se disant qu’un autre pourrait se gaver de deux fois plus de pâtes gluantes, d’où l’effet retentissant de la bourde ex présidentielle. Il faut les chercher à la lumière d’une bougie, ceux qui ont été scandalisés par l’affirmation sentencieuse de Sarkozy : «… qu’il y ait des tables de Juifs et des tables de musulmans», comme s’il s’était jamais trouvé parmi ceux-là des revendicateurs exigeant le retrait du porc du menu des écoles laïques.

Pourtant, l’amalgame ici est bien plus inquiétant que le précédent. Ici, il ne peut plus être confiné (si contrainctibilité[3] il y a en l’occurrence politique mouvementée) à la simple extrême droite. Ici, l’amalgame a fait du chemin. Il a glissé de façon quasi subliminale dans une réaction sur le vif en apparence.

On pourrait effectivement se dire que le public de figurants qui applaudissent un Sarkozy qui fustige et vilipende les Juifs pour leur table, ne représente que lui-même. Permettons-nous cependant d’y  voir un signe symptomatique.

Quand chez les Juifs certains tombent dans le panneau de l’amalgame qui les vise

Si l’amalgame n’est pas encore complètement admis sur le fond des questions de la kippa ou de la cacherout, n’étant comme nous venons de le voir ni un fanion ni une tentative d’imposer son culte aux autres, il s’est par contre beaucoup plus incrusté dans les esprits quand il s’attache à des principes perçus par beaucoup comme moins spécifiques au judaïsme.

Il existe pour les amalgamistes, ou amalgameurs au sens figuré, un ou des sujets bien plus probants pour inciter une partie de l’opinion juive à s’attaquer à ses propres valeurs pour mieux tenter de les saper. La naïveté, ou du moins une certaine bonhomie,  prévaudra dans les questions de la tentative d’étouffement et de substitution du judaïsme immuable et multimillénaire par un ersatz séduisant, la religion réformée sous ses diverses déclinaisons.

Certes, la Torah ne sera jamais oubliée par le peuple d’Israël. La confusion peut faire cependant des ravages considérables autant qu’indésirables, surtout lorsque les détracteurs camouflent leur attaque en se posant en victime. Si parmi les Juifs beaucoup ne sont pas nés de la dernière pluie et leur diront «à d’autres», certains sont enclins à se laisser submerger par une émotion épidermique qui leur donnera la chair de poule.

Les réformés s’attaquent au point le plus sensible, et, puisque le Temple n’est pas encore reconstruit, ils s’attaquent au Kotel, et pointent leurs flèches sur les fidèles, essayant de les pousser dans leurs derniers retranchements, ce qui diffère peu, sur le plan de la méthode, des provocateurs venant chercher les soldats de Tsahal et attendant caméra au poing une réaction pour les diaboliser. Les réformés viendront pareillement défiler sous le nez des gardiens de la tradition sans oublier de se faire filmer. Ils se feront relayer par des articles les exposant sous une lumière favorable.

L’arme d’une religion de substitut sème la confusion là où les attaques de la kippa renforcent l’unicité

Et là, à la différence du resserrement de rangs solidaires autour d’une même cause lorsque les attaques s’attachent à la kippa ou à Kippour, le syndrome de l’amalgame disloquera ces rangs, et, bien qu’il restera une tranche de l’opinion non négligeable qui se dira: «mais qu’est-ce qu’ils veulent chez nous?», d’autres tomberont à pieds joints dans le panneau et s’écrieront avec rage : «la preuve qu’il existe des… chez nous».

 Remplacez les points de suspension par le vocable en vogue qui désigne le spectre de l’islam le plus menaçant du moment. Aujourd’hui, le néologisme est le salafisme[4]. Pourtant, la religion réformée est très peu représentative en Israël, où on préfère être franc d’abord avec soi-même. Elle paraît naturelle dans les contrées du clinquant et du creux, de la forme au détriment du fond, de cette Américan dont les lettres évoquent Am-récani, en hébreu peuple vide. Bien sûr, vu le sujet abordé ici, nous nous garderons d’étendre à ce continent et à des gens très bien et fort nombreux qui vivent en ces contrées lointaines la moindre généralité amalgamante. Il n’en demeure pas moins que le fond de l’air y est davantage propice à l’apparition de doctrines creuses.

Les circonstances exténuantes de la prise de position contre soi-même

Toutefois, il est malaisé de s’emporter contre les victimes du réflexe acquis devenu presque inné, qui sur incitation s’emportent et collent à tout va les pires étiquettes sur leurs propres congénères. Cela fait bien trente ans que la propagande cherche à faire glisser sur les Juifs les pires symboles de l’islam. Insidieusement, pas à pas, on a d’abord comparé le Juif fidèle à son D. et à sa Torah à la catastrophe de la révolution qui a fait basculer un Iran heureux et amical dans l’obscurantisme le plus sombre.

Avec une photo apocalyptique à l’appui, présentant un Juif avec ses tefillins courroucé et aux traits grossis et disproportionnés par un double effet de grand-angulaire et de contre-plongée, un hebdomadaire dont le poids sur les consciences n’était pas négligeable titrait au lendemain du scrutin de la 12ème Knesset : «La montée des ayatollahs juifs en Israël».

Aujourd’hui, cette injure ne génère plus le même effroi. Une contre propagande s’est chargée de pacifier les bons ayatollahs, partenaires commerciaux non pas allumés mais éclairés, et surtout clients juteux et payeurs de centrales atomiques. Qu’on se le dise : un ayatollah est quelqu’un de très gentil qui va de paire avec une religion de paix. Et qu’on le recopie cent fois si on n’est pas suffisamment convaincu! Quoi qu’il en soit, la propagande est bien faite. Evitez de dire qu’un ayatollah veut la bombe atomique pour faire sauter la planète, vous vous couvririez de ridicule et provoqueriez l’hilarité de bien des Occidentaux.

En attendant, on peut encore utilises le mot salafiste, avant qu’il ne passe lui aussi pour un gentil, et l’inscrire sur un grand sac afin d’y fourrer pêle-mêle les Juifs un peu trop irréductibles.

L’ancienneté n’est pas toujours preuve de vérité

«Mais puisqu’on vous dit que rien n’est plus beau que d’aller au Kotel en famille, dans la mixité, pourquoi vous entêtez-vous à vouloir y faire deux zones séparées?» nous disent pour y revenir ceux qui se laissent émouvoir par les lamentations lancinantes et contagieuses des réformateurs. Et ils apporteront pour preuve des photos de cent ans pour faire état de ce que la «vraie» tradition attend de nous.

S’il est indéniable que la photo de Sichem vieille de plus d’un siècle, atteste en effet par la campagne désertique qui entoure le mausolée de Joseph, le fils de Jacob notre patriarche, que les Arabes n’étaient pas «là avant nous», une autre image montrant des Juifs en prière à l’extérieur du monument qui abrite à Hébron les sépultures des pères et mères d’Israël, ne représente quant à elle nullement la preuve d’une authentique tradition.

Il faut savoir que le grand rabbin de Tsahal Shlomo Goren, qui officiait à l’époque de la guerre des Six jours, a tenu tête à Moshé Dayan et à tout le gouvernement quand, cette dernière photo ancienne à l’appui, celui-ci prétendit que la tradition juive aurait exigé que la prière des Juifs se tînt à la septième marche. Cette septième marche fait partie d’un escalier qui longe l’enceinte de l’édifice à l’extérieur, l’intolérance musulmane leur ayant strictement interdit l’entrée sous peine de décapitation.

Une vieille photo peut attester d’une situation de fortune ou d’infortune, sans faire nécessairement attestation de loi. Il y a cent ans, il n’y avait au Kotel qu’une étroite ruelle, et l’enceinte occidentale du Temple était couramment profanée et jonchée d’immondices, ce qui n’est ni une loi, ni une tradition.

Un amalgame à double tranchant qui s’étend sur toute la France

En se désolidarisant du sort des Juifs assimilés d’une manière inappropriée à d’autres groupes, les politiciens et formateurs d’opinion n’ont pas vu venir une doctrine qui n’allait pas tarder à les mettre, eux et la société française, dans le même panier que les Juifs, quand eux-mêmes pensaient les mettre dans le même sac que l’islam. Un représentant communautaire l’avait bien pressenti pourtant. R. Cukierman, président du Crif, avait fait part en 2004 de la réflexion suivante : «Les Juifs sont les sentinelles de la République et des valeurs de la République… Quand on s’attaque aux Juifs, peu de temps après on s’attaque à la liberté, à la démocratie». Les sombres événements d’abord espacés dans le temps, avec le massacre de la famille Sandler puis précipités entre l’Hyper-cacher de la porte de Vincennes et le siège du journal satirique, ont malheureusement confirmé la clairvoyance de son propos, et ces tragédies semblent faire prendre conscience d’un destin commun.

Certains effets rassurants du passage d’un amalgame à l’autre

Partager le sort de la nation française et ne plus faire partie d’un magma d’immigrés et d’étrangers a de quoi réconforter. «La France sans ses Juifs ne serait plus la France», entend-on de la bouche des plus hautes instances. Il y aurait même, paraît-il, une baisse de l’Alyah de France. Paraît-il, parce qu’elle peut ne pas être absolue, puisqu’il y a moins de monde aujourd’hui. Ou alors, on serre les dents, on attend que l’orage passe… peut-être aussi que l’on s’accoutume telle la parabole du homard de la journaliste Laly D. La température augmente dans la marmite, c’est la panique ; qu’elle se stabilise un instant et on s’en accommode. Un cinq pièces à Créteil ou Enghien, a vu sa valeur divisée par trois en dix ans, passant de quatre à environ cent mille €. On ne s’en émeut plus. Un destin commun à tous les partisans et défenseurs des valeurs acquises suite à la révolution française, fait que l’on s’attend à un retour de la paix, à une reconnaissance.

Et quand l’amalgame nuit pour finir aux populations d’origine musulmane  

En attendant, pour le pouvoir et les médias, il n’existe qu’une unique forme d’amalgame. Pour simplifier, nous dirons qu’ils nous interdisent de mettre tous les musulmans fanatiques ou fanatisés dans le même panier que les terroristes inspirés par la même doctrine qu’il devient délictueux de critiquer. Paradoxalement, ce non-amalgame est l’amalgame par excellence, car on reconnaîtra par extension à toutes les personnes musulmanes ou d’origine musulmane le droit de s’afficher sans complexes dans les apanages les plus lourds de ce culte, et elles y seront poussées, qu’elles le veuillent ou non.

L’amalgame génère une force de formatage. Si vous ne ressemblez pas à ce que l’on veut que vous ressembliez, on vous y fera ressembler par la force.

Tout ce qui a été évoqué plus haut concernant les Juifs n’est en fait qu’un amalgame par ricochet, car l’amalgame étatique et médiatique menace comme susdit les populations affranchies des régimes de dictature et de misère imposés par le dogme islamique. On ne compte plus les politiciens qui, en Europe, se montrent conciliants et souriants vis-à-vis de l’expansion de l’islam le plus dur. Ils se flattent de leur compréhension, de leur tolérance, sont complices du recul de la république et charrient dans leur sillage un obscurantisme d’un autre âge.

Et ils ignorent royalement les premiers citoyens menacés par leur permissivité, et qui ne manqueront pas d’être traités de traîtres et qualifiés de renégats par les nouveaux maîtres de l’Europe, coiffés de bonnets de laine et déambulant en tunique et babouches.

Une Algérienne musulmane se confiait sur le site Bivouac, absent depuis de la toile. Elle racontait comment, chaque été, sa sœur lui ramenait de Paris des charcuteries locales, des tenues et des parfums. Mais, d’année en année, sa sœur apportait moins de cadeaux. Ceci toucha d’abord la nourriture, puis les parfums, puis les tenues. Jusqu’au jour où elle vit sa sœur débarquer un bel été à Alger dans une tenue afghane. Elle en ressentit un profond découragement. Dépitée, elle relata comment, alors qu’elle rêvait inconsciemment que le modèle de la liberté européenne influât un jour son pays, elle fut forcée de constater que des gens qui avaient quitté volontairement l’Afrique, attirés par les attraits de ladite liberté, se mettaient à l’assassiner.

Rien de tout cela n’eût été possible si les autorités des pays démocratiques avaient contrecarré les tentatives d’imposition de la loi islamique telle qu’elle peut se pratiquer en Arabie ou au Katar. Au lieu de cela, les élus plébiscitent les menaces contre la culture et la nation française, se moquent d’elle de l’intérieur, et la menacent de poursuites sur un motif créé de toute pièce par une novlangue plus que douteuse : l’islamophobie[5]. Il suffit de parcourir la presse, quand elle n’est pas trop censurée, pour se rendre à l’évidence de cette menace qui ronge les libertés. Il est vrai que beaucoup y trouvent leur compte. Quoi de plus grisant que de sentir que l’on s’identifie au plus fort, à celui qui impose sa loi?

Pourquoi le musulman sera le premier sauvé par une limitation de l’islam

Et c’est ce laxisme, encore une fois cet amalgame qui aveugle les dirigeants (peut-on encore parler de dirigeants?) qui incite l’opinion générale à mettre tous les musulmans dans le même sac et leur refuse l’émancipation, puisque de toute façon ils sont arabes, ainsi que le droit de vivre à l’européenne ; et c’est encore ce laisser-aller qui pousse le citoyen non musulman à admettre ce terrible syllogisme qui veut que, si tous les musulmans ne sont pas terroristes, tous les terroristes le sont, etc.

Supposons que vous soyez originaire d’un pays musulman, que vous ayez la nationalité française ou un titre de séjour, voire que vous soyez natif de la France, il y a trois possibilités.

La première, c’est que vous appréciiez la culture occidentale, que vous aimiez la liberté et travailler ; vous n’aimeriez pas que des individus vous rappellent par leur comportement ce que vous n’aimiez pas trop là-bas, et encore moins qu’ils cherchent à vous imposer leurs vues.

La deuxième, c’est que vous acceptiez le système européen et ses valeurs, mais que, si l’occasion se présente, vous pourriez être tenté de rejoindre des mouvements de protestation ou de pagaille, sans lesquels vous vous tiendriez inévitablement tranquille.

La troisième, ce serait d’aspirer a priori à renverser le système et à imposer la terreur de l’islam. En cas de régime inébranlable, de pouvoir solides, vous vivriez heureux a priori dans le premier cas, vous feriez avec a posteriori dans le deuxième, et iriez voir ailleurs dans le troisième.

Des Français d’origine française se sentent abandonnés par leurs instances

Aujourd’hui, la pagaille est telle que non seulement tous les habitants originaires de pays dits arabes sont pris à partie, mais qu’il existe aussi, vue la conjoncture, des natifs de France aux origines non islamiques qui se convertissent à l’islam, sentant que leur pays et ses institutions ne les protègent plus. Une émission télévisée de reportage, au début des années 90, demandait à des gens qui avaient vu leur environnement se transformer en une enclave islamique, ce qu’ils comptaient faire et/ou pourquoi ils ne déménageaient pas. L’une des réponses était que les zones moins sensibles étaient au-dessus de leurs moyens. Un reportage plus récent montre une parade originale, si l’on peut dire, d’une famille de blonds, sans vouloir être raciste, entièrement drapée et voilée, avec tapis de prières et tout le tralala. «Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse?», semble dire en filigrane cette Fatma improvisée entre deux «Inch’Allah».

La démocratie sait elle aussi se faire respecter

Quant à cet abandon qui consiste à dire que les Arabes seraient trop nombreux pour que la loi puisse être appliquée et la paix sociale préservée, qu’il serait bien trop tard maintenant, c’est encore une fois imposer l’amalgame et c’est surtout oublier l’antécédent d’un refus total d’un autre débordement qui avait mis en scène lui aussi des antagonistes musulmans quand, le 17 octobre 1961, des travailleurs algériens qui vivaient en France, ayant cherché à monter sur Paris, dans le contexte troublé d’une Algérie française finissante, furent physiquement défaits au moment même où ils tentaient, sur le pont de Neuilly, de forcer le passage jusqu’à l’Etoile. Les manifestants étaient dix mille, ce qui est loin d’être peu. Il ne s’agit pas ici de prendre position ni de faire l’apologie de l’usage de la force. Cependant, une main de fer avait étouffé dans l’œuf ce qui aurait pu échapper à tout contrôle et faire de Paris le théâtre d’une libanisation. Or, s’il est encore aujourd’hui difficile d’accepter que la police ait fait en cette occurrence l’usage de ses armes, un démantèlement des filières qui incitent à la haine dans les mosquées pourrait se faire sans dégainer, et des réseaux armés sans que cet usage ne choque.

Ce qui se passe en France est tellement indéfinissable qu’il est donné de parler d’anarchie. Le laxisme envers l’islam et les débordements de populations qui ne s’intègrent pas faute d’un cadre adéquat et sérieux, a ouvert la porte à un phénomène encore plus absurde, les migrations à aller simple, phénomène qui permet de s’introduire sur le sol français (ou européen de l’Ouest) sans passeport, sans visa, et encore moins en essayant de se cacher.

Un autre amalgame en chaîne se prépare, la traînée de poudre sera déclenchée au niveau de l’élément migrant pour remonter jusqu’à la kippa et au sans-kippa. Et alors, en supposant que la civilisation de la nation française parvienne à reprendre le dessus, les ex ressortissants de pays musulmans pourraient bien en pâtir également.

©  Yéochoua Sultan pour Europe Israël

[1]  Attesté par le Littré qui cite Montaigne : http://www.littre.org/definition/incertainement

[2]  Discours le 7 nov. 16 : http://www.dailymotion.com/video/x515clt_si-un-enfant-ne-veut-pas-de-jambon-a-la-cantine-il-prendra-une-double-ration-de-frites-lance-sarkozy_news

http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/primaires/double-ration-de-frites-pour-ceux-qui-ne-mangent-pas-de-porc-sarkozy-assume-08-11-2016-6302856.php

[3] Figure dans le dictionnaire : Enrichissement de la langue française, de Richard de Radonvilliers, deuxième édition 1845.

[4] Terme reconnu par la nouvelle tradition orale du vocabulaire journalistique-politique.

[5] Reconnu par le correcteur de Word.







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • 3 thoughts on “Les amalgames en série qui mènent à l’anarchie

    1. Aline1

      C’est un bel article de fond, mais trop riche. Qui mérite un large débat.

      Faire un commentaire est difficile, sans prendre un temps infini à bien décortiquer le message de l’auteur.

      Mais si j’ai bien compris le processus d’amalgame bien que différent quand il touche une communauté plus qu’une autre, finit toujours par conduire à un rejet.

      Même si cela peut paraître injustifié pour une partie ou l’autre.

    2. MisterClairvoyant

      Il faut comprendre que « pas d’amalgame » est destiné à ne pas « amalgamer » tous les musulmans au terrorisme; mais en réalité c’est de cette communauté qui naissent tous les terroristes en France depuis plus de 30 ans.
      Pour moi, la Communauté Nationale doit primer et diriger toutes les autres communautés en France, et là, dans la débandade générale, les cités radicalisées se multiplient, et la Communauté Nationale s’affaiblit et périclite.
      Le Service militaire Nationale doit être rétablit pour encadrer et recadrer une jeunesse sans les vrais repères dans la Nation Française.

    3. sergeb

      JE RECOMMANDE A TOUTE LA POPULATION JUIVE DE SORTIR DE FRANCE. ON NE VOUS CONSIDÈRE NULLEMENT COMME DE VRAIS FRANÇAIS DU MOINS PAS PLUS QUE CEUX QUI ENTRENT PAR DIZAINES DE MILLIERS ET LES EX COLONISÉS ET QUI REPRÉSENTERONT LA NOUVELLE MOUTURE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE ET LORSQUE CE MOMENT SERA CONSOMMÉ ON VOUS CHASSERA OU ON VOUS EXTERMINERA, VOILA LA RÉALITÉ. LA FRANCE NE PEUT VOUS PROTÉGER MIS A PART LES BÂTIMENTS CAR EUX ONT UNE VALEUR MARCHANDE. C’EST CELA LA VÉRITÉ TOUT LE RESTE N’EST QUE DU VERBIAGE SANS AUCUNE SINCÉRITÉ.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *