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Alexandre Del Valle: « Pas le même passé colonial, pas les mêmes choix sur l’immigration… mais le même terrorisme »


Alexandre Del Valle: « Pas le même passé colonial, pas les mêmes choix sur l’immigration… mais le même terrorisme »

Bruxelles a été frappée par deux attentats, le 22 mars au matin. Les derniers décomptes font état de 250 blessés et plus d’une trentaine de morts. L’opération, revendiquée par l’Etat Islamique, témoigne du rapport de l’Europe à l’islamisme radical : plus que le passé colonial ou le rapport à l’immigration, c’est bien le corpus théologique islamique qui est à mettre en cause.

Atlantico : Ce mardi 22 mars au matin, Bruxelles a été frappée par deux attentats, d’abord à l’aéroport de Zaventem, puis dans son métro. Que peut-on apprendre, concrètement, de ces nouveaux attentats ? Que disent-ils de nous, de l’Europe, mais aussi de l’Islam en tant que corpus théologique à proprement parler ?

Alexandre del Valle : Ce que ces nouveaux attentats disent de nous ou de l’Europe, c’est que cette dernière est considérée par beaucoup de pays tiers comme une passoire et une « zone molle », une aire de non-souveraineté et d’impuissance volontaire ouverte à tous les vents et incapable de défendre ses frontières et ses valeurs, identités et règles. Certes, ce n’est pas totalement le cas, mais cela traduit également le fiasco de Schengen et du modèle européen multicultiuraliste. Si cet espace est peut-être une bonne chose, à l’origine, il permet dorénavant à n’importe qui de profiter des pays les plus accessibles et laxistes comme la Grèce.

C’est vrai également pour les zones les plus compliquées à gérer parmi lesquelles on trouve notamment les Balkans, mais aussi Gibraltar, les îles siciliennes, etc. Et une fois que ce n’importe qui gagne l’Union Européenne, pour peu qu’un Etat – parce qu’il est laxiste ou manque de moyens – n’ait pas géré correctement ses frontières ; tous les autres Etats sont contraints de laisser faire et de subir la libre circulation. C’est ce que prévoit Schengen, sauf exception. Ce modèle a donc d’ores et déjà duré. Il est périmé. Il est plus que temps de rétablir une certaine forme de contrôle aux frontières, d’envisager sérieusement un retour à la souveraineté sur nos frontières intérieures et extérieures européennes que nous ne pouvons confier à la surveillance d’autres Etats dépourvus de moyens. Nous devons faire évoluer le système ou le remplacer.

Très clairement, ces attentats disent également que l’Europe n’est pas épargnée, à l’instar du monde arabo-musulman, par la guerre totale qui oppose aujourd’hui au moins deux Islam. Cette guerre terrible oppose en effet non pas l’Islam et l’Occident, mais bel et bien un Islam apaisé ou réformable, de plus en plus minoritaire et discrédité comme « pro-occidental » ou « impie », à un Islam ultra-orthodoxe sunnite de plus en plus hégémonique et totalitaire. Ce dernier, il y a encore un demi-siècle, n’avait que peu de prise sur les immigrés européens et même l’ensemble du monde musulman encore éloigné des doctrines salafistes venues d’Arabie saoudite et du wahhabisme-hanbalisme. Depuis une vingtaine d’années, néanmoins, il en a de plus en plus d’influence sur une minorité active hégémonique qui fait plier les responsables politiques et religieux de nombreux pays musulmans à coups d’orthodoxie sunnite et de pétri-dollars et de prédicateurs cathodiques. C’est quelque chose que l’on constate dans presque la plupart des pays musulmans, certes, mais aussi chez nous, dans nos « banlieues de l’islam » parfois à la dérive et abandonnés par les Etats d’accueil au contrôle des fascistes verts chargés de « pacifier » les cités…. Ce phénomène doit nous inquiéter d’autant plus qu’il ne se caractérise pas uniquement par un terrorisme violent : le terrorisme peut également être psychologique, moral, etc. Or les pressions croissantes exercées depuis des décennies par les Etats et organisations islamistes radicaux sur des citoyens européens de confession musulmane existent : ces musulmans d’Europe sont de plus en plus suspects et montrés du doigt s’ils ne pratiquent pas l’Islam « pur ». Les salafistes, qui se présentent comme les « vrais musulmans » et ont conquis les coeurs et les réseaux sociaux depuis une dizaine d’années dans de nombreuses zones, soupçonnent les autres musulmans d’être des « mauvais musulmans », de ne pas pratiquer le « bon Islam, pur », celui des « ancêtres » ou « prédécesseurs » (As-Salaf) ou « salafistes » que l’on devrait imiter parcequ’ils furent les premiers musulmans « purs ». C’est un phénomène que nous avons d’ores et déjà constaté ces 20 à 30 dernières années, dans les pays arabo-musulmans.

Cet Islam rigoriste, salafiste, qui donne des leçons aux autres formes de la religion, arrive d’Arabie Saoudite et aussi d’Egypte où il a prospéré parallèlement aux Frères musulmans qui ont des visions voisines et se réfèrent aussi à la « salafiyya ». Aujourd’hui, cet islam totalitaire et ultra-passéiste et littéraliste sévit également chez nous et souligne clairement que la mondialisation n’apporte pas que la paix et le melting pot, mais aussi le fanatisme sans frontières. La mondialisation, ça n’est en effet pas seulement la communication planétaire et le rapprochement des hommes, mais c’est également la « mondialisation des problèmes et des ressentiments et des violences… » Une société multiculturelle, il ne faut pas l’oublier, si elle n’est pas vigilente et sélective devient vite une « société multi-conflictuelle ». Ceux qui ont cru que le multiculturalisme était un présage de paix sont comparables à ceux qui croient qu’une société ne peut faire que du bien. Croire que le multiculturalisme ne débouche que sur le meilleur, c’est se fourvoyer, en cela qu’il s’agit de quelque chose de neutre – au même titre qu’une société ou que l’immigration – qui peut faire du bien comme du mal. Ces nouveaux attentats sont un démenti de la « mondialisation heureuse » telle qu’elle a été pensée, de manière idéologique par les adeptes du mondialisme. Or, la mondialisation ce n’est pas le mondialisme heureux mais la mise en concurrence et en contact de blocs géo-civilisationnels et géo-économiques concurrents, voire ennemis.

Quant à ce que ces attentats disent de l’Islam en tant que corpus théologique – et c’est là que la question est vraiment pertinente – c’est bien que si l’Islam en tant que foi privée n’est pas le problème, l’islam en tant que système charismatique politisé-hégémonique constitue un défi inouï pour les autres sociétés en contact avec son système théocratique. il est clair que tout homme est libre de croire en ce qu’il souhaite, et l’islam en fait partie au même type que d’autres croyances. Mais le problème vient du corpus de l’Islam sunnite orthodoxe, un corpus figé qui n’a jamais été rectifié, amendé, ou réformé depuis les X-XIème siècles et la fixation des « portes de l’Ijtihad » ou interprétation. Certes, entre le début du déclin de l’empire ottoman et le début du XXème siècle, le monde musulman ne s’est pas radicalisé et a même connu des périodes de Lumières et de laïcisation, notamment au contact de le pensée occidentale mais pas seulement. Hélas, depuis la fin de la seconde guerre mondiale et la décolonisation, les Frères musulmans – d’une part – et les salafistes appuyés par les pétromonarchies du Golfe – de l’autre – ont repris le contrôle de cet Islam orthodoxe et ont déclaré avec succès presque universel (sauf en pays communistes) la guerre à l’islam local fait de superstitions et de syncrétisme au profit d’une conception politique et ultra-littéraliste et théocratique, principalement en milieu sunnite mais aussi en Iran et dans certains courants chiites-duodécimains. Or, cet islam théocratique alimenté par la haine des idées occidentales dont la laïcité, considérées comme des formes de « néocolonialisme idéologique » n’est pas surgi de nulle part et bénéficie d’une forte légitimité puisque dans son combat contre le « mauvais islam », il se réfère à un corpus théologique sunnite qui a été figé entre le Xè et le XIè siècle. Ceux qui donnent le ton, aujourd’hui, sont donc ceux qui restent hélas les plus fidèles à ce Corpus officiel qu’il serait urgent et salutaire de réformer ou invalider.

Les progressistes, les réformistes et les modérés sont donc vus comme des « hérétiques » voire des « mécréants » tandis que les extrémistes peuvent se prévaloir de ce corpus officiel, composé du Coran et des Hadiths de la Sunna (le tout inspirant la loi Islamique), figée depuis le XIè siècle et jamais réformée depuis. C’est bien là le fond du problème ! Cet Islam est bloqué – ce sont les musulmans eux-mêmes qui le disent, comme notamment Fereydoun Oveyda, Abdelwahhab Medeb , Abd al-Razeq ou tant d’autres progressistes. Et tant que cela sera ainsi, comment dire quoique ce soit à des musulmans extrémistes ; qui vantent l’intolérance, l’infériorité de la femme, l’interdiction de la mécréance, le culte du djihad ? Ce corpus est enseigné dans les grandes universités islamiques du Golfe, du Pakistan et même d’Al-Azhar en Egypte, université de référence mondiale du sunnisme ! S’il n’est pas toujours appliqué, il reste enseigné dans l’ensemble du monde musulman (exception faite des anciens pays communistes turcophones et de l’Albanie) apprenant les grandes inégalités, prévoyant la nécessité du djihad pour étendre la religion, les châtiments corporels… C’est là qu’est le problème : on ne peut pas combattre un terrorisme qui s’appuie sur une orthodoxie.

A l’inverse de la France, la Belgique a donné le droit de vote aux étrangers aux municipales. Elle a également joué la carte du multiculturalisme. Quel bilan peut être dressé à ce titre ? Faut-il y lire la faiblesse de nos démocraties, autant que l’échec d’un modèle multiculturaliste éculé ?

Alexandre del Valle : Je pense que la tolérance et la démocratie ne sont jamais responsables de ce genre d’événements en elles-mêmes. Sans quoi, cela reviendrait à donner raison à la dictature comme seule solution à l’islamisme. Or, nous savons qu’opposer islamisme et dictature ne mène, in fine, qu’aux situations de guerres civiles, comme on l’a vu avec les révolutions arabes. Il est donc selon moi primordial de sortir de ce dilemme, comme le disaient les révolutionnaires laïques au début de la révolution du jasmin en Tunisie.

En revanche, il est vrai que la « société ouverte » ne peut pas oublier qu’elle a des ennemis, comme le rappelait le philosophe Karl Popper. Certes, elle a raison de s’ouvrir, mais uniquement à ceux qui partagent cette ouverture ! Le problème n’est pas d’avoir été modéré, tolérant ou même d’avoir accueilli des gens. Le fond du problème, c’est bien d’avoir accepté l’inacceptable, d’avoir accueilli n’importe qui, et de ne pas avoir fixé de règles intangibles et non-négociables. Prenons l’exemple de Molenbeek ! Au nom de ce multiculturalisme qui sévissait en Hollande et en Belgique des années durant (le culte musulman y était financé même lorsqu’il était dirigé par des intégristes), la seule solution qu’a trouvé le précédent Bourgmestre de Molenbeek, c’était la construction de davantage de mosquées que partout à Bruxelles. Il a, en plus, soutenu et alimenté les réseaux de Frères Musulmans et des salafistes les plus ouvertement radicaux, contribuant à l’avènement des salafistes sur place… C’est là le multiculturalisme dévoyé, mené par des politiques irresponsables. Pour justifier leur trahison – envers les valeurs de la démocratie et leurs citoyens – ils ont fait le jeu d’un multiculturalisme dévoyé, ont mené la « pax islamica« , en laissant progresser les barbus pour gagner des votes. C’est cet électoralisme, à très court terme que l’on paye aujourd’hui. On oublie trop souvent que la mission d’un homme politique, c’est avant tout de veiller à l’entente, la bonne gouvernance, la paix et la sécurité des citoyens. C’est là sa mission première, qui n’est pas de jouer aux apprentis sorciers multicuturels et inviter n’importe qui chez soi. Il doit assurer d’abord la sécurité et la survie même de la société dont il est en charge. La responsabilité de la plupart de nos politiques, en Europe, est de ce fait écrasante.

Premièrement en raison de cet électoralisme, qui consistait fondamentalement à vendre ses propres valeurs et sa propre nation pour des votes et pour complaire aux lobbies tyranniques minoritaires mais relayés par les médias omnipuissants. Deuxièmement en raison d’un je-m’en-foutisme de nombre de politiciens de profession et de rentes qui ont pris le parti de ne pas écouter les services des renseignements et de préférer écouter les médias et lobbies cosmopolitiquement corrects. J’ai été témoin, dans les années 1990, des notes que nous rédigions au Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN). Nous expliquions comment les salafistes prédicateurs venus d’Egypte et d’Arabie saoudite contaminaient nos jeunes et en quoi il fallait les expulser et combattre leurs doctrine dans l’oeuf à l’époque avant qu’ils fassent des petits, car cela allait être bien plus compliqué ensuite, puisque ces prédicateurs du Golfe ont fait des « petits » parmi nos jeunes concitoyens. Nous écrivions ces notes entre 1995 1996 après la première vague d’attentats salafistes-sunnites de l’époque des réseaux Kelkal et GIA-GSPC algériens. En 2016, on commence tout juste à réaliser qu’il est primordial de faire un peu de ménage sécuritaire et idéologique, mais il est déjà très tard, on a perdu presque 30 ans de solutions et mesures de préventions efficaces bien plus difficiles à appliquer aujourd’hui…. Le débat sur la déchéance de nationalité est la preuve des difficultés que nous rencontrons aujourd’hui à démanteler des réseaux idéologiques (qui fanatisent doctrinalement) que nous aurions pu défaire plus aisément hier. La responsabilité de nos politiques est écrasante. On ne devient pas terroriste en un jour : on est fanatisé auparavant. Ces réseaux de fanatisation, qui en amont sont des réseaux pré-terroristes, nous avons refusé d’agir dessus. Pour seule réponse, lors des réunions entre les renseignements et des politiques, on nous reprochait d’empêcher de tourner en rond, d’être trop « sécuritaires », trop « paranoïaques », pas assez « multicultruels »… On connaît les conséquences de ce refus de voir le danger en face et à la source.

Ce n’est donc pas tant l’échec du multiculturalisme en tant que tel, car une forme de multiculturalisme marche très bien dans des endroits comme l’Île de la Réunion ou Maurice, ou dans d’autres endroits, où différentes cultures et différents peuples cohabitent dans une relative tolérance mutuelle. Le multiculturalisme est donc possible. En revanche, il apporte son lot de problème s’il est non réfléchi et déséquilibré. Quand certains profitent des flux migratoires, du « droit à la différence »; de la la liberté d’expression et de la démocratie pour contester les valeurs mêmes libérales de la société qui les accueille, cela n’est qu’un pluralisme dévoyé en un multiculturalisme déséquilibré et déloyal. Cela ne date pas d’hier : c’est depuis les années 1980 que les fanatiques barbus ne cachent pas leur jeu et agissent en profitant de nos lois, en profitant de la démocratie pour répandre l’idée de la charia. C’est là le problème : le multiculturalisme est un échec en ce sens qu’il a été à sens unique. La tolérance à sens unique ne peut pas fonctionner, elle se fait au profit de gens qui prônent l’intolérance. Plus que de la naïveté, c’est de la complaisance de nos hommes politiques qui se sont certainement dit « après moi le déluge ».

Le 25 mars 2015, Alain Juppé avait estimé au Grand Journal que le Coran était « compatible avec l’Europe », avant d’avouer devant Michel Onfray qu’il ne l’avait pas lu. Qu’en est-il concrètement ? Comment expliquer que ce problème concerne uniquement l’Islam et non les évangélistes africains, les Asiatiques ou les Latinos, dans le cadre des Etats-Unis ?

Contrairement à Nicolas Sarkozy, lequel a été très naïf à l’égard de l’Islam et des Frères Musulmans entre les années 2005 et 2010, mais qui s’est rendu de compte de son erreur dès 2010 et du vrai problème (comme le fait Valls aujourd’hui), Alain Juppé n’a jamais fait amende honorable. Il n’est jamais revenu sur son « islamiquement correct » très marqué et déséquilibré eu égard à son catholico-scepticisme parfois violent. Pourtant, le véritable anti-racisme, la véritable amitié à l’égard des musulmans, ce n’est pas de prétendre que leurs textes sont parfaits et qu’ils n’ont rien à remettre en questions!

Quel homme progressiste dirait-il aux chrétiens, aux juifs, où à n’importe quels autres croyants qu’ils n’ont pas à remettre en cause les idées et les textes édictés par Dieu ? Il n’y a guère que des religieux pour tenir un tel discours. Les laïques, adeptes du multiculturalisme au sens laïque du terme, les vrais progressistes sont tous d’accord sur une chose : la religion peut avoir du bien mais doit finalement s’arrêter devant les impératifs politiques. Ne pas inciter des religieux à faire leur propre autocritique, comme on le fait avec l’islam orthodoxie réputé étranger au fanatisme contre toute évidence, c’est tout sauf les aider. La véritable islamophilie consisterait à dire aux musulmans que nous les respectons pour ce qu’ils sont, pour leur foi, qu’ils ont toute leur place dans les démocraties occidentales, qu’ils méritent des lieux de culte, des cimetières, etc., mais que leur vision de l’Islam doit correspondre à les valeurs de ces sociétés ouvertes et libres. Si dans l’Islam il est prévu la lapidation et le djihad, l’infériorité des femmes, les héritages inégaux et les châtiments corporels ou encore la polygamie et le mariage avec des filles à peine pubères, nos sociétés doivent clairement et fortement faire savoir aux associations de représentations de l’islam reconnues qu’elles doivent explicitement renoncer à ces aspects de la charria et renoncer à les enseigner et proférer. Or elles enseignent cela dans nos sociétés au vu et au su de tous, ce qui crée un terreau favorable au fanatisme ultérieur d’autres mouvements plus durs. Il y a des choses dans la charia qui sont relatives à la vie de tous les jours, concernent par exemple la prière. Ce genre d’éléments n’est absolument pas source de problème. En revanche, quand la charia a des dispositions de type totalitaire comme les violences, l’infériorité des femmes ou des infidèles, le Coran doit être questionné.

Alain Juppé se réfère vraisemblablement à quelques uns des passages les plus modérés du Coran. Malheureusement, il existe aussi des passages plus durs, ceux de Médine, qui correspondent à l’époque ou Mahomet est devenu chef de guerre et a passé les juifs par le fil de l’épée. Dire du Coran qu’il est un texte d’amour et totalement pacifique est faux : il y a les deux. A la fois des textes de paix (« méchouis »), mais aussi des textes qui appellent à la violence (« médinois »). Tout n’est donc pas à considérer comme un appel à la paix, puisque certains aspects sont purement et simplement des stratégies et des guides de guerre. Cela ne condamne pas les musulmans ni l’islam, car tout est contextualisable avec l’usage de la raison. Il faut donc juste pouvoir re-contextualiser ces passages. C’est pourquoi dire du texte qu’il est actuellement « intouchable », « incréé », comme l’enseigne l’orthodoxie sunnite, ce n’est pas rendre service aux musulmans modérés. C’est rendre service aux extrémistes qui s’appuient eux aussi sur le Coran « incréé » et divin pour légitimer le fait de tuer les « infidèles ». C’est cette dimension, l’absence d’amende honorable sur le texte du Coran et le corpus chariatique, qui explique pourquoi l’Islam est la seule religion à poser de tels problèmes au niveau mondial. Le problème n’est même plus tant le Coran, c’est davantage le corpus musulman orthodoxe qui prévoit que le Coran est parfait et divin par nature en tant que « miracle pur » et que les sourates médinoises violentes l’emportent sur les mecquoises plus pacifiques. D’essence divine, selon les sunnites, le Coran incréé et divin est dès lors non-susceptible d’interprétation. L’Islam est donc aujourd’hui la seule grande religion à ne mettre aucune distance sur son texte sacré et à l’avoir totalement divinisé et figé. Le Coran est devenu un culte et à ce titre il est devenu intouchable. Ceci explique pourquoi ses critiques ou « ennemis » doivent être tués pour les salafistes.

Source: Altantico





Journaliste franco-israélien spécialisé dans la psychologie et la communication politique depuis 2003.



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