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Interview de Bat Ye’or sur les « migrants », l’Union européenne et Eurabia


Interview de Bat Ye’or sur les « migrants », l’Union européenne et Eurabia

Tablant sur la crédulité et l’émotion d’Européens peu ou mal informés, des pays d’Europe occidentale – France, Allemagne – ont accepté l’entrée massive sur leur territoire de dizaines de milliers de « migrants » : combien de « migrants économiques » ? Combien de terroristes islamistes parmi eux ? Combien de « migrants » accueillis par des pays musulmans moyen-orientaux ?

En outre, l’Union européenne songe à imposer des quotas de « migrants » à ses Etats-membres, même à ceux réticents, et considère légal, juste et urgent l’étiquetage des produits fabriqués en Judée et en Samarie, plutôt que le combat militaire contre l’Etat islamique.

Le « Printemps arabe », des diplomaties occidentales, notamment américaine ainsi que française, et moyen-orientales – Qatar, Iran, Turquie, etc. -, et l’apparition de l’Etat islamique, ont déséquilibré le Moyen-Orient, généré des guerres, fragmenté des Etats (Libye), et incité, voire contraint, des millions de personnes à quitter leur domicile.

De Libye, ont afflué des « migrants » vers les côtes italiennes, principalement à l’île de Lampedusa.

Plus de la moitié des 22 millions de Syriens  ont été contraints de quitter leur domicile en raison de la guerre opposant les forces gouvernementales d’Assad soutenu par l’Iran à une opposition composite. Environ 7,6 millions d’habitants se sont déplacés en Syrie, « 270 000 Syriens ont demandé asile en Europe ». Trois millions de Syriens se sont réfugiés en Turquie (1,8 million) et au Liban (1,2 million). Les autres réfugiés vivent en Jordanie, Irak, Égypte et Afrique du Nord.

Frontex  (European Agency for the Management of Operational Cooperation at the External Borders of the Member States of the European Union, Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne) estime qu’en 2014 plus de 220 000 « migrants » sont entrés illégalement dans l’UE via la mer Méditerranée.

De janvier à mai 2015, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés  (UNHCR) a recensé 103 000 « migrants » arrivés en Europe via la Méditerranée.

Bat Ye’or est une essayiste spécialiste des minorités religieuses dans le monde islamique. Elle a forgé le terme « dhimmitude  » pour désigner le statut cruel des minorités non-musulmanes (dhimmis) sous domination islamique ou « terre d’islam ». Elle a aussi analysé Eurabia, alliance euro-arabe visant à fondre l’Europe dans un ensemble méditerranéen. Interview réalisée le 27 septembre 2015.

Alors que la diplomatie américaine sous la présidence de Barack Obama a initié une situation de chaos au Moyen-Orient, elle est demeurée longtemps silencieuse face à ces migrations vers l’Europe.

L’Etat d’Israël a fourni une aide humanitaire, médicale à des centaines de Syriens, et avance des arguments  d’ordre démographique et géostratégiques pour refuser d’accueillir les « migrants » syriens.

Le Canada a souligné  son aide humanitaire aux Syriens, sa participation dans la coalition militaire contre l’Etat islamique  et sa volonté de s’assurer que les « migrants » ne représentent pas une menace pour le pays.

Les pays du Golfe, pourtant riches et peu peuplés, refusent d’accueillir les « migrants », notamment ceux de Syrie.

Le 9 septembre 2015, le Conseil des dirigeants Juifs et musulmans (Muslim-Jewish Leadership Council, MJLC) a été créé  par la Conférence des rabbins européens (CER), qui réunit environ 700 rabbins orthodoxes, le Secours islamique mondial , et le Conseil islamique pour la République fédérale d’Allemagne. Sa réunion de lancement a été accueillie  par la problématique  Kaiciid, organisation intergouvernementale fondée  par l’Arabie saoudite, l’Espagne et l’Autriche. Soutenu par Haïm Korsia, grand rabbin de France, et Moshé Lewin, directeur exécutif de la CER, le MJLC a annoncé  qu’il « mobilisera ses ressources dans ses réseaux pour soutenir les réfugiés en Europe ». Il « a exhorté les décideurs politiques européens à entreprendre tous les efforts pour assurer la sécurité aux réfugiés ». Un peu curieux de la part de l’Arabie saoudite.

L’Iran ne semble pas attirer les réfugiés syriens chiites. « Alors que les gens sont confrontés à des difficultés, c’est la grande mission humanitaire du monde, en particulier de l’Europe, d’aider ces déplacés », a déclaré  le président Rohani en recevant le nouvel ambassadeur de la Hongrie à Téhéran, le 6 septembre 2015.

Alors que l’Australie ramène  les « migrants » non désirés vers leurs pays d’origine ou des Etats tiers, et a évité tout afflux massif vers ses côtes, l’Union européenne a adopté une politique opposée, créant des « appels d’air » constants, non dissuasifs, enrichissant les passeurs. Est-ce un présage de la future « Eurabia » ?

Ce n’est pas un présage, mais une consolidation du système d’Eurabia dans lequel nous vivons aujourd’hui, ce régime politique et social anticipé et programmé dès les années 1970s par les chefs d’Etat qui constituaient alors la Communauté européenne. Une stratégie menée avec ténacité, inscrite dans des déclarations officielles de ministres, de leaders politiques – implantée ouvertement et se propageant dans l’ensemble des pays de la Communauté européenne à tous les niveaux sociaux. Elle a ses hérauts, ses militants, ses lobbies et ses fanatiques dans tous les secteurs d’activité.

La société Eurabia associe les lois et les pratiques de l’islam au contexte européen par le maillage social des réseaux émanant de la Commission européenne. Elle s’oppose aux concepts d’Europe forteresse, d’Etat-nation et les remplace par la fluidité des invasions provenant du sud méditerranéen et au-delà, induisant l’instauration éventuelle d’une nationalité européenne active indépendante de l’Etat-nation et par conséquent non obligatoirement intégrée. Ce concept de nationalité européenne active fut discuté à la Conférence de Berlin (17-19 novembre 2006) et inscrit par la Commission européenne dans une longue liste de propositions présentées au Parlement et au Conseil européen pour l’année du Dialogue Interculturel en 2008. Elles furent entérinées le 18 décembre 2006 mais la nationalité européenne supra-étatique indépendante d’une intégration ethnoculturelle ne fut pas retenue

Le poids démographique de l’islam en Europe, s’appuyant sur un immense hinterland musulman transcontinental, désagrège le tissu spirituel et culturel judéo-chrétien résiduel et réalise enfin les aspirations libératrices d’une Europe malade de la haine de ses propres racines. Le rêve commun des Nazis et de la Confrérie des Frères Musulmans, a traversé les décennies dans l’alliance de l’Europe et de l’Islam contre Israël, scellant leur réconciliation par leur interpénétration fusionnelle sur l’éradication d’Israël par la Palestine musulmane. Une Palestine qui fut reconnue en premier par la France en la personne du chef terroriste d’origine égyptienne Yasser Arafat, et récemment par la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, en la personne du terroriste Mahmoud Abbas.

Or quels que soient les honneurs décernés aux massacreurs des Israéliens, cette réconciliation demeure fallacieuse car Israël ne totalise pas l’ensemble des motifs de l’hostilité de l’islam envers la Chrétienté et l’Europe. Ceux-ci existaient 13 siècles avant la libération nationale du peuple juif et la restauration de l’Etat d’Israël dans sa patrie. Ces motifs s’enracinent dans les textes théologiques et juridiques fondamentaux de l’islam et, grâce à leur déni par l’Europe, ils n’ont encore fait l’objet d’aucun examen critique pouvant conduire à leur abrogation malgré beaucoup de bonne volonté et de courage chez certains intellectuels musulmans. C’est pourquoi j’estime qu’Eurabia n’est qu’une étape dans une évolution vers le modèle libanais ou syrien.

Politiciens, médias et artistes recourent à différents vocables, non synonymes pour désigner ceux qui quittent l’Afrique et le Moyen-Orient pour vivre en Europe. Le terme « immigrés » a été récemment supplanté par le mot « migrants » ou « demandeurs d’asile », et ces deux derniers sont souvent remplacés par « réfugiés ».

Que signifient ces glissements sémantiques vers « migrants », terme imposé depuis des années par l’Union européenne (UE) ? Permet-il d’occulter la religion dominante de ces « migrants » – l’islam – ou le sens unique de ces transferts de populations ?

De toutes façons, l’islam et son histoire furent présentées depuis des décennies de manière biaisée par le mythe de la « coexistence pacifique sous la charia ». Je pense que le mot « migrant » vise à familiariser la population européenne avec une immigration économique massive s’ajoutant à celle des réfugiés. Son utilisation par l’Union européenne depuis plusieurs années indique que ce flux migratoire était jugé inévitable parce qu’il s’inscrit dans la programmation visant à construire la fameuse civilisation méditerranéenne chantée par l’historien Fernand Braudel. Source d’enrichissement pour l’Europe, elle opérerait par la fluidité des déplacements transcontinentaux facilités par l’abolition des frontières, le mixage de l’Islam et du post-christianisme  tant souhaité par l’UE.

Dans ce contexte, le mot « migrant » remplace avantageusement celui d’« immigré » qui, dénotant une origine étrangère, est connoté d’éléments négatifs. C’est dans cette vision futuriste que l’on doit comprendre les railleries méprisantes de Romano Prodi, alors président de la Commission européenne, reprochant à Israël ses frontières, et lui recommandant de remplacer son mur de protection contre le terrorisme jihadiste par « des ponts », donnant en exemple la politique du Partenariat euro-méditerranéen de l’Europe. Ce Partenariat, expliquait-il en 2003, créerait « ce que nous appelons : une douce sécurité ».

Depuis quelques années, le continent européen est confronté à l’arrivée, à vitesse accentuée cet été 2015, de centaines de milliers de « migrants », essentiellement musulmans. L’UNHCR  a recensé 442 036 « migrants » arrivés par voie maritime en Europe en 2015. Est-ce un mouvement spontané ou organisé ?

Probablement les deux. Il me semble difficile de croire que l’invasion de l’Europe par des centaines de milliers de personnes avec les mêmes phrases clichés soit uniquement un mouvement spontané. L’effet de masse, vagues après vagues, est certainement intentionnel pour décourager tout refus. D’autre part, ces migrants témoignent d’une ignorance puérile de la réalité de l’Europe qu’ils s’imaginent être une terre de cocagne et dont ils estiment que les habitants, dont ils ne connaissent pas même la langue, doivent obligatoirement leur fournir leurs moyens de déplacements, l’hébergement et la nourriture. Je précise ici qu’il s’agit de satisfaire de manière imminente les besoins vitaux de plusieurs centaine de milliers de personnes. Je crois que l’encouragement à immigrer est venu de l’Europe, soit de familles et d’amis déjà installés, soit d’associations humanitaires et de l’UE ; ceci expliquerait l’accueil enthousiaste de certains dirigeants, les outrances du président de la Commission et la foule des bénévoles.

En février 2015, l’Etat islamique avait menacé  l’Europe, en particulier l’Italie, d’y envoyer 500 000 « migrants » en cas d’intervention militaire en Libye, et prélève sa part sur l’argent donné aux passeurs…

Un mouvement d’une telle ampleur a certainement de nombreux organisateurs. Il est trop tôt encore pour en donner une explication correcte. De nombreux observateurs y ont noté des aspects curieux telle que la grande majorité d’hommes jeunes. Il y a certainement des organisateurs dans les pays d’émigration et sur les relais de voyage, mais aussi très probablement dans les pays d’Europe avec le soutien d’organisations humanitaires et de médias surtout audio-visuels.

L’Etat islamique a récemment mis en garde les « migrants » contre les dangers de quitter le dar al-islam  : c’est une forme de hijra  qu’effectuent ces « migrants ». Que représente la hijra en islam ?

La hijra reproduit l’exemple du Prophète émigrant avec ses compagnons (al-Muhajirun, les immigrants) de la Mecque vers Yathrib devenue Médine. C’est un événement capital pour l’islam car c’est par l’émigration que Mahomet devint un chef de guerre et un législateur et put fonder une puissante entité politique. A Médine – selon les sources traditionnelles – s’élaborèrent l’idéologie, la stratégie, les tactiques et la juridiction du jihad. La hijra  marque d’ailleurs le début du calendrier islamique. Elle est considérée comme le moyen le plus important pour diffuser l’islam.

Le 13 septembre 2015, dans l’île de Lesbos (Grèce), Sky News  a trouvé un guide en arabe distribué gratuitement aux « migrants » et leur indiquant les noms et coordonnées d’associations, comme la Croix-Rouge ou d’organisations internationales tel l’UNHCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés) pouvant les aider, les aides financières qu’ils peuvent solliciter dans les principaux pays européens, etc.

Derrière ce manuel illustré de photographies d’hommes souriants deux organisations : WatchTheMed-Alarmphone , qui donne aux « migrants », avant leur périple maritime, un livret sur la sécurité en mer, et W2eu  (“Welcome To Europe”, Bienvenue en Europe). Des associations au financement opaque.

Des comptes Facebook agissent comme des agences de voyages  en faisant miroiter aux aspirants à la migration des conditions agréables, loin de la réalité, de traversées de la mer Méditerranée.

N’y a-t-il pas là des exemples d’encouragements à l’immigration illégale, de violations de la loi non sanctionnées par les gouvernements ? L’affaiblissement du droit est mauvais signe dans une démocratie…

Ce sont certainement des encouragements qui suggèrent une organisation très importante avec probablement des connivences en Europe même où les financements opaques sont légions. Mais je ne me hasarderai pas à donner plus de précisions.

« Immigration illégale » devient une expression qui n’a plus de sens dans le contexte d’invasions. Quelle loi sanctionnera ces débarquements de plusieurs centaines de milliers de personnes – phénomènes que l’on nous dit inexorables quelle que soit notre volonté ? N’est-ce pas déjà se résigner à céder aux nouveaux venus une partie de notre souveraineté, puisque c’est eux qui décident, de façon irrévocable et péremptoire, de leur droit de venir s’implanter en Europe et de leur destination ? Nous n’avons plus qu’à nous incliner. D’ailleurs de quelle démocratie parlez-vous quand on voit l’UE imposer ses diktats contre la volonté des peuples et des Etats ?

Le Guide du routard a annoncé qu’il allait publier un manuel gratuit destiné aux « migrants ».

Mais nombre de villes ou pays ont avoué que leurs capacités d’accueil avaient atteint leurs limites, et n’ont pas intégré des « migrants » arrivés voici six à douze mois. Le 16 septembre 2015, le quotidien Libération a évoqué les « problèmes d’hygiène, de violence, pratiques mafieuses » dans le lycée parisien Jean-Quarré (75019) transformé en « refuge autogéré », le collectif « La Chapelle en lutte », qui avait « organisé l’occupation des lieux », débordé, divisé, entretenant des relations tendues avec la Mairie de Paris et instrumentalisant les « réfugiés ».

Les protestations des villes ou de pays manquant de capacité d’accueil n’ont pas d’importance pour les leaders de l’UE dont le souci principal est la réception de ces flux et non leurs renvois ou le refus.

Le 15 septembre 2015, le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière réclamait  des « moyens de pression  » – en vérité de répression – contre les récalcitrants.

Les mesures, prises par le Premier ministre hongrois Viktor Orban et visant à protéger son pays du déferlement des migrants, ont déclenché l’hostilité quasi-unanime de la presse et des menaces de rétorsion de hauts fonctionnaires de l’UE.

Il est clair que l’ancienne souveraineté territoriale des Etats-nations a passé subrepticement des peuples à une entité supranationale régie par un fonctionnariat tout-puissant.

En avril 2015, dans le détroit de Sicile, quinze musulmans ivoiriens, maliens et sénégalais ont jeté par-dessus bord douze chrétiens nigérians et ghanéens  où ceux-ci sont morts : La police italienne, qui a interpellé les criminels, a déclaré que la motivation de ces derniers « serait la profession de la foi chrétienne par les victimes, au contraire de la foi musulmane professée par les agresseurs  ».

N’y a-t-il pas des risques de futurs heurts entre « migrants » dans leurs pays d’accueil ?

Certes ! Ces personnes sont conditionnées par leurs cultures, leurs préjugés religieux, les mœurs de sociétés guerrières violentes, même si elles en sont aujourd’hui les victimes. Elles apportent avec eux leurs conflits ethniques et tribaux qui ont ravagé les pays conquis par l’islam depuis plus d’un millénaire.

La colonisation européenne instaura une sorte de stabilité. Mais avec la disparition des anciennes élites, le fanatisme et la cruauté des chefs de guerre jihadistes terrorisent les populations.

Dans le déchirement des frontières des pseudo Etats-nations qu’avaient voulu créer les Européens, l’ummah arabe du 7e siècle surgit telle qu’elle fut toujours en sa réalité profonde, ressuscitant ses tribus et ses clans du nom de leurs ancêtres qui envahirent ces régions avec la même idéologie et les mêmes comportements.

Le retour de l’ummah, de la charia et la restauration du Califat pour éliminer toute trace de la civilisation occidentale constituèrent l’aspiration politique et culturelle de masses arabes et musulmanes dès le XIXe siècle.

Le 1er septembre 2015, sur Europe 1, Fabrice Leggeri, président de Frontex, a révélé l’existence d’un trafic de faux passeports syriens , en particulier en Turquie – ces passeports permettent d’obtenir le statut de réfugiés dans les Etats européens.

La police bulgare a récemment découvert 10 000 passeports syriens, faux ou volés .

Journaliste néerlandais du Nieuwe Revue, Harald Doornbos a obtenu un passeport syrien  pour 750 euros et en moins de deux jours.

« Trente pour cent des demandeurs d’asile qui affirment être syriens ne sont pas syriens », a déclaré Tobias Plate, porte-parole du ministère allemand de l’Intérieur, à la presse , le 25 septembre 2015.

Une aide humanitaire s’avère-t-elle adéquate pour répondre à un problème politique, voire militaire ?

L’affirmation que la morale induit une mauvaise politique est discutable. En revanche, il est certain que la fausse morale produit une mauvaise politique.

L’aide humanitaire soulage les souffrances, mais ne pourrait résoudre les problèmes politiques et militaires. Or, nos leaders se refusent à considérer cette crise sous ces angles. Ils nous assurent que ces invasions ne sont qu’un début et que rien ne les arrêtera. S’y opposer serait donc inutile comme eux-mêmes nous en donnent l’exemple par leur inertie et même leur accueil bienveillant.

Ce mouvement de « migrants » est d’ailleurs fort bien organisé comme l’ont noté certains analystes. Les vagues humaines débarquent connaissant leur itinéraire et sélectionnant leur pays de résidence, bousculant les obstacles et les policiers, faisant fi des règles des pays qu’elles traversent, rieuses et faisant le V de la victoire – victoire d’un triomphe ?

Bien encadrées et protégées par le réseau des collaborateurs, pardon des réseaux humanitaires ou familiaux de l’intérieur, elles exigent d’être transportées, nourries, logées et d’aller où elles veulent. Ce ne sont pas des familles faméliques et hagardes vêtues d’humbles lambeaux comme ce fut le cas des réfugiés arméniens, juifs ou d’autres.

La similarité des comportements de ces milliers de personnes aux flux intarissables suscite des interrogations quant à une planification organisée avec ses mots d’ordre et sa propagande. Depuis 1973 l’Organisation de la Coopération (ex-Conférence) Islamique (OCI) collabore avec l’UE pour éliminer l’Europe-forteresse, imposer la discrimination positive, modifier l’enseignement scolaire et universitaire dans l’UE, implanter des mosquées et centres d’enseignement islamiques, sans parler des musées dont Jacques Chirac, alors Président de la République, s’était fait le champion .

L’on doit avoir une vision d’ensemble des mutations de l’Europe pour en saisir le sens puisque leurs justifications, matérialisées dans des politiques, ne furent jamais discutées avec les citoyens européens. Et ne soyons pas naïfs : leurs enjeux meuvent une dynamique financière colossale. La compassion est payante – enfin cela dépend des victimes, car il y a des victimes qui sont a priori et toujours des oppresseurs. Voici dix ans j’avais analysé dans mon livre Eurabia les mécanismes et cité les promoteurs de cette stratégie dont le Président Jacques Chirac se plaisait à dire que la France en avait été à l’origine et la force de propulsion.

Les Etats membres de l’UE sont divisés  à l’égard de ces « migrants ». Certains sont prêts à accueillir les seuls migrants chrétiens, veulent préserver leur culture : Hongrie, Pologne, Slovaquie, république tchèque… D’autres soutiennent cette immigration massive, et œuvrent à l’instauration de quotas obligatoires de migrants par les instances européennes : Allemagne, Europe.

Des considérations historiques – souvenir de l’occupation ottomane , volonté de maintenir la liberté acquise après l’ère communiste, attachement à la civilisation chrétienne -, économiques – besoin de main d’œuvre, de salariés pour maintenir les retraites -, politiques – liens avec le monde Arabe -, démographiques – déclin de la natalité – expliquent-elles cette division profonde au sein de l’Union européenne ? 

Tous les éléments que vous énumérez motivent ces différentes réactions. Les provinces sud de la Hongrie subirent l’occupation ottomane durant 150 ans. Les Serbes, les Grecs, les Bulgares et les Roumains ne s’en libérèrent que par des guerres qui seraient qualifiés aujourd’hui de génocides et qui se prolongèrent jusqu’au XXe siècle. L’Allemagne et l’Autriche ont une position particulière due à leur alliance durant la Première Guerre mondiale avec l’Empire ottoman et de la collaboration les unissant aux peuples arabes et musulmans durant la Seconde Guerre mondiale. La première communauté musulmane en Allemagne fut constituée par les milliers de musulmans d’origine diverses venus s’enrôler dans les armées SS et qui y restèrent.  Par ailleurs, je comprends que certains Etats préfèrent accueillir des réfugiés chrétiens, car ils sont les plus menacés avec les yazidis et les musulmans modernistes, et par ailleurs les mieux intégrables aussi. D’où l’importance de la sélection pour pouvoir maintenir les possibilités de l’asile pour ceux qui sont véritablement en danger.

Il ne fait aucun doute que la nombreuse diaspora musulmane en Europe se réjouit de l’arrivée massive de migrants qui renforceront son poids politique. L’absence d’interrogations publiques sur ce phénomène crucial pour les Européens s’explique par la participation de tous les partis européens dans la politique immigrationniste musulmane, l’absence d’une opinion publique organisée et cohérente d’opposition avec un programme politique bien défini – par le matraquage dans les médias écrits et audiovisuels de la pensée unique forgée par la Commission européenne et surtout par l’incapacité à prévoir l’avenir compte tenu de l’opacité de la désinformation depuis les années 1970 et du déni de la réalité.

La politisation de la culture fut une décision délibérée entérinée par la Conférence de Berlin réunie à l’initiative de la Commission européenne (17-19 novem.2006). Ses promoteurs estimaient que l’action culturelle devait être un facteur fondamental de la politique étrangère et du développement. A la suite de cette conférence, la Commission européenne lança un programme pour promouvoir le dialogue entre les cultures et les civilisations au plan international . Parmi les initiatives planifiées dans les secteurs culturels elle citait la citoyenneté, le combat contre la discrimination, l’exclusion sociale, le racisme, la xénophobie, la promotion de la politique de l’asile et de l’intégration des immigrants. Elle précisait l’importance du Dialogue Interculturel dans le contexte du Partenariat Euro-méditerranéen du fait des pays d’origine de nombreux immigrants dans l’UE. Ceci explique l’imprégnation politique de toute la culture et la pensée européenne.

Les autorités nationales et européennes ont révélé leur impuissance à endiguer l’afflux des « migrants », leur inertie face à cette pression démographique constante, leurs contradictions et atermoiements. S’achemine-t-on vers une réforme des accords de Schengen que l’Allemagne n’a pas respecté en acceptant l’entrée massive de « migrants » non enregistrés précédemment, ou de l’Union européenne ? 

Toutes les structures craquent et il est difficile de prévoir même le proche avenir avec le réveil de divers mouvements européens protestataires.

Dans un centre de réfugiés de Stuttgart, la police allemande a arrêté  un terroriste  marocain de 21 ans de l’Etat islamique… Comment expliquer l’absence générale d’interrogations publiques sur le risque d’infiltrations de terroristes de l’Etat islamique sous couvert de « migrants » ?

Ayant décrété et constamment clamé depuis quatre décennies qu’Israël seul représentait un danger de guerre mondiale, l’UE a occulté la réalité du jihad et du terrorisme. Elle a prêché que le dialogue, l’amour et le service de l’Autre supprimeraient la guerre et établiraient la société de « douce sécurité » de Prodi. Le Mal venait des frontières, de la résistance, du nationalisme, des Murs. Nous sommes dans cette logique-là. Sur les quelques blogs que je lis, ces inquiétudes s’expriment et motivent les résistances.

On observe une opinion publique française partagée entre crainte – vers un changement de civilisation ? – et compassion à l’égard de ces migrants. Alors que les « élites politiques et médiatiques » nationales véhiculent le « politiquement correct » favorable à l’accueil des migrants. Quels effets vont avoir ces centaines de milliers de « migrants » accueillis en France, en Allemagne ou dans les pays scandinaves ?

Le 13 septembre 2015, Jacques Attali , essayiste  et fondateur-premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) en 1991, s’est réjoui  de ces arrivées de migrants : « Ces gens-là vont faire de l’Europe, la première puissance du monde. L’intégration espagnole et italienne en Belgique est un succès. On ne voit que les problèmes de l’intégration musulmane mais pas les succès qui sont nombreux. En France, on a quelque 5 millions de musulmans dont 98 % s’intègrent, sont médecins, avocats, journalistes. Normalement, ce qui se passe avec les migrants devrait entraîner la construction d’une Europe plus intégrée, plus puissante, se donnant les moyens de recevoir ces personnes. Leur arrivée est une incroyable chance car cela transforme la démographie européenne. Et nous, au contraire, on a une réaction de petits. »

Le désir d’extension jusqu’à n’avoir plus de frontières est inhérent à l’UE. Gare à ceux qui oublient que la mégalomanie et la volonté de puissance sont à l’origine des guerres. Il est absurde de comparer l’intégration des Espagnols et des Italiens, à ceux des migrants musulmans porteurs d’une culture et d’une religion dont la critique nous est interdite.

Ces migrants pèseront davantage sur la politique intérieure de l’UE et de ses pays membres, au niveau électoral, sur leur système scolaire, universitaire, leur culture,  société,  droit et sur la politique extérieure de l’UE comme lobbies servant les intérêts de leurs pays d’origine dont l’influence et l’immixtion en Europe augmenteront. Bref l’Europe se désagrégera  dans le monde musulman d’Orient et d’Afrique comme le souhaitaient les initiateurs et les propulseurs de ce mouvement.

Le 6 septembre 2015, lors de la cérémonie en mémoire aux martyrs de la Déportation, le grand rabbin de France Haïm  Korsia a déclaré : « Aujourd’hui, il nous faut agir ! Agir pour lutter, dans un front uni, contre le terrorisme et tous ceux qui instrumentalisent et dévoient la religion pour tuer au nom de Dieu, d’où qu’ils viennent et quels qu’ils soient. Agir, pour ne laisser personne au bord du chemin de la vie Quel engagement pouvons-nous prendre pour les minorités persécutées d’Orient ? Quelles actions en faveur des migrants, ces réfugiés qui affluent depuis des mois dans des conditions insupportables vers les terres européennes, fuyant la guerre, la pauvreté, la souffrance indicible ?

La France, terre d’asile et d’accueil, la France, berceau des droits de l’homme, ne peut fermer les yeux sur ces femmes et ces hommes qui échouent aux portes de nos frontières, avec pour seul espoir, celui de vivre. La France, qui rayonne dans le monde entier de par ses valeurs d’humanisme, d’universalité et de partage, ne peut se taire face à l’épreuve de ses frères humains. N’oublions pas le terrible verdict de Chantecler dans le Roman de Renart : « Maudits soient les yeux qui se ferment quand ils doivent rester ouverts ». J’appelle de mes voeux un sursaut civique et humain, des gestes forts de notre pays et de l’Union européenne pour que des solutions soient trouvées au plus vite. Ce verset biblique vaut pour chacun : « Tu aimeras l’étranger comme toi-même, car tu as été étranger en terre d’Egypte » (Lévitique XIX, 34).

C’est ce dont nous parlerons prochainement avec les dirigeants des grandes organisations de la communauté juive, afin de retrouver la force si simple et si parfaite du message du cardinal Saliège de Toulouse en 1942 : « Les Juifs sont des hommes, les juives sont des femmes ». Oui, ce message s’applique à tous. Nous devons être les Saliège et les Théas, les Trocmé et les Boegner de notre temps et dire, en mémoire de nos disparus et en fidélité avec nos valeurs : « Les migrants sont nos frères en humanité  ».

Ce parallèle avec la Shoah – « migrants » assimilés aux Juifs – est exprimé par Emmanuel Macron , ministre français de l’Economie, par Sir Erich Reich, président de l’Association of Jewish Refugees’ Kindertransport group, dans sa lettre  au Premier ministre David Cameron.

D’autres dirigeants communautaires, tels Eric de Rothschild ou Roger Cukierman, présidents respectifs de la Fondation Casip-Cojasor et du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) ont dressé un parallèle avec l’arrivée de leurs ashkénazes en France, ou de l’« exode oublié » des Juifs d’Afrique du Nord.

Que pensez-vous de ces parallèles ? 

Je préfère ne pas commenter le discours du grand rabbin de France Haïm Korsia. Ce sont de belles phrases morales, mais traitant d’un sujet politique. Les Juifs français – qu’on appelle maintenant « Juifs de France » comme Islam de France, musulmans de France – représentent l’un des plus beaux maillons du judaïsme. Leurs écrivains, universitaires, juristes, savants, politiciens contribuèrent par leurs œuvres à la richesse de la culture universaliste française. Aujourd’hui humiliés, terrorisés, vilipendés, agressés au plus profond de leur identité, victimisés par une politique occultant le terrorisme islamique qui les cible en priorité, mutilés de leurs racines ancestrales par une stratégie démembrant l’Etat d’Israël pour le remplacer par la Palestine islamique en lui transférant l’archéologie et l’histoire de l’ancien peuple d’Israël, ils se voient contraints de s’expatrier d’une patrie où leurs droits humains les plus élémentaires à la sécurité  sont violés.

Ce phénomène n’est pas particulier à la France. Une situation de chaos généralisé s’est installée dans l’Union européenne, favorisée par la politique cynique de ses gouvernements et ses caractéristiques touchent l’ensemble des Européens mais en particulier les juifs parce que plus vulnérables et il faut bien le reconnaître, ciblés par deux haines: européenne et islamiste.

Mais pour répondre à votre question, je trouve scandaleuse l’assimilation des « migrants » aux Juifs fuyant le nazisme. Tout d’abord les Juifs, soit les ambassadeurs de l’ancien royaume de Judée à Rome en 160 avant J.-C. et rejoints par des coreligionnaires, soit ceux déportés plus tard de Judée comme esclaves par les Romains, vivaient en Europe dès l’époque romaine. A l’époque moderne l’abolition de leur statut discriminatoire leur permit de mieux s’intégrer dans les milieux où ils vivaient depuis des siècles. D’autre part le judaïsme n’est pas l’islam. Le système théologique, militaire, juridique, politique, social, économique du jihad qui règle ad aeternam l’ensemble des relations  entre musulmans et non-musulmans y compris les moindres détails, y est inexistant et contraire à ses valeurs. De plus juifs et chrétiens partagent un même livre : la Bible hébraïque ou premier Testament qui inspira Jésus, lui-même juif ainsi que ses apôtres. Ce tronc commun d’où naquit le christianisme établit une communauté de valeurs qui sont étrangères à l’islam, malgré l’affirmation du contraire pour éviter un examen critique de certains dogmes musulmans et maintenir toujours une équivalence mensongère entre les religions et les civilisations.

Enfin l’élément démographique dans ce type de comparaison est déterminant. Après deux mille ans d’existence en France, la communauté juive compte environ 500 000 membres. Après quelques septante ans, la communauté musulmane s’élève à près de 10 millions. En Suède, en Norvège, en Ukraine, en Pologne, en Allemagne, en Italie, dans les Balkans, combien de Juifs après deux mille ans et combien de musulmans après quelques décennies ? Je soulève ce problème car la démographie est importante sur le plan de l’intégration. Et, dans le même ordre d’idée, il n’y a qu’un seul Etat d’Israël et 56 Etats musulmans. Avoir des millions de personnes hostiles aux cultures des peuples d’accueil génère des conflits ingérables avec les risques d’immixtion des pays d’origine.

En ce qui concerne plus particulièrement la Shoah, les Juifs européens furent condamnés par leur propre gouvernement – Allemagne, Autriche, France, Italie, Hongrie, Pays-Bas, etc. – à la déportation et à une extermination totale, du fœtus au vieillard organisée sur le mode industriel partant du rabattage, aux convoiements et jusqu’aux fosses, ce qui n’est le cas d’aucun peuple aujourd’hui, excepté Israël menacé d’annihilation par l’Iran. Les « migrants » qui déferlent sur l’Europe comprennent certes ! de nombreux réfugiés traumatisés, mais surtout des foules d’hommes jeunes et hilares bien déterminés à réaliser leurs objectifs.

De plus, les Juifs étaient prêts à s’engager dans les armées Alliées contre le nazisme. Mais les migrants musulmans récusent-ils l’idéologie jihadiste contre Israël, les Juifs, les chrétiens et les non-musulmans ? Acceptent-ils l’égalité des êtres humains et des sexes ? Et puis, combien de Juifs d’Afrique du Nord sont arrivés en France ? Quelques dizaines de milliers qui se considéraient Français de Tunisie et du Maroc? Les juifs algériens étant déjà français par choix depuis 1870. Quel est le nombre de ce rapatriement d’anciennes colonies, 100.000 maximum ? Combien leur intégration a-t-elle coûté à l’Etat ?

L’assimilation de notions hétéroclites dans des pots-pourris de propagande politique, est caractéristique de la confusion de notre époque où tout se vaut afin que le désordre et l’erreur priment sur la raison. Cette démarche délibérée nuit à l’esprit français fondé sur le rationalisme et à l’exigence scientifique caractéristique de la culture européenne.

Le 8 septembre 2015, à la synagogue Nazareth, le Premier ministre socialiste français Manuel Valls a exhorté  à une « voix juive » solidaire des « réfugiés qui arrivent en Europe  », car « c’est une part de votre histoire ». Y a-t-il instrumentalisation par les pouvoirs politiques français du judaïsme, de l’Histoire Juive ? 

Dans l’affirmative, cette instrumentalisation est curieusement acceptée par des dirigeants communautaires oublieux de l’accord du 14 juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien…

C’est certainement une instrumentalisation, une invitation pressante à établir une équivalence entre les exodes générés par les persécutions, l’exil, la Shoah et les centaines de milliers de migrants, majoritairement musulmans, déferlant sur l’Europe. Ces exhortations politiques ont dû probablement s’exercer sur les chefs religieux chrétiens. On ne voit pas en quoi la hijra fait partie de l’histoire juive. Les Juifs furent des réfugiés, mais les circonstances et les causes de leurs malheurs furent différentes. La bonne conscience européenne se trompe de guerre : nous ne sommes plus en 1940, et on ne peut rattraper ni corriger le passé  mais cette bonne conscience maintient le cap des objectifs de 1940: se liguer avec les ennemis d’Israël pour le contraindre à se suicider.

Le 6 septembre 2015, le Pape François  a demandé « que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d’Europe accueille une famille ». Il a annoncé que le Vatican accueillera deux familles. Il existe 120 000 paroisses en Europe . Le Vatican a accueilli  une famille – les parents et leurs deux enfants – de Damas (Syrie), membre de l’Eglise grecque catholique melkite. Il l’a installée près de la basilique Saint-Pierre. Les dirigeants européens, qui ont stigmatisé les pays voulant accueillir des réfugiés chrétiens, ne lui ont reproché ni le faible nombre de migrants accueillis, ni d’avoir sélectionné ses coreligionnaires…

Le 14 septembre 2015, rappelant qu’il est « un fils d’immigrés », le pape François a déclaré  à Radio Renascença, média portugais  en évoquant les « migrants » : « Ces pauvres gens fuient la guerre, la faim… La cause est un système socio-économique qui est mauvais, injuste ». Il a ajouté : « Quand il y a un espace vide, les gens cherchent à occuper ce lieu… Je pense que l’Europe doit redevenir la mère Europe, doit assumer son rôle, c’est-à-dire récupérer son identité… Il est vrai qu’à 400 km de la Sicile, nous avons une guérilla terroriste extrêmement cruelle. Aussi, le danger d’infiltration est réel… A l’évidence, un réfugié arrive avec toutes sortes de mesures sécuritaires et doivent être reçus car c’est un commandement de la Bible. Moïse a dit à son peuple : « J’ai accueilli l’étranger, car souvenez-vous que vous avez été étrangers en Egypte ».

Que vous inspirent ces propos prudents ou confus dans un refus de décrire avec exactitude la réalité islamiste ?

La position initiale du pape François a été soutenue par les églises catholiques d’Allemagne et d’Autriche, mais a été contestée  notamment par Laszlo Kiss-Rigó, évêque à Szeged, au sud de la Hongrie, région parcourue par des dizaines de milliers de migrants. Le 7 septembre 2015, dans le Washington Post , il a estimé que le pape François ne connaissait pas la situation des « migrants » : « Ce ne sont pas des réfugiés. C’est une invasion. Ils viennent ici en criant « Allah Akbar ». Ils veulent nous envahir. L’Europe est submergée de personnes qui se présentent comme des réfugiés, mais qui menacent gravement les valeurs chrétiennes universelles. La plupart d’entre eux se comportent de manière très arrogante et cynique ». Les églises nationales semblent alignées sur la position de leurs gouvernements…

Ces déclarations me rappellent ce comportement chrétien que j’ai défini comme le « service chrétien pour l’islam » qui est un attribut de la dhimmitude chrétienne transformant le sentiment de vulnérabilité en amour envers l’oppresseur (Eurabia, p. 262). Menacés de conversion forcée ou d’expulsion par le calife Omar b. Abd-al-Aziz (717-720), les Coptes lui donnèrent tout l’argent qu’ils purent « et rendirent des services aux musulmans, devenant un modèle pour beaucoup » .

J’ai étudié ce syndrome dans ses manifestations historiques liées aux devoirs des chrétiens dhimmis envers les musulmans inscrits dans la sharia (corvées, tributs, rançons, abaissements, rituels honorifique, etc.) et dans ses effets psychologiques et l’ai nommé ‘syndrome dhimmi’. Il caractérise et motive la guerre antisioniste des Eglises d’Orient, la déjudaïsation des racines chrétiennes et leur réislamisation par le Jésus palestinien musulman, mais surtout leur campagne d’islamisation en Europe. Rappelez-vous les Georges Corm, Edward Saïd, le père Youakim Moubarak, Naim Stefan Ateek, le patriarche latin Michel Sabbagh, et leurs porte-voix en Europe : Louis Massignon, l’Abbé Pierre, les pères Lelong et Delorme, Kenneth Cragg, le Conseil Œcuménique des Eglises, la liste est interminable…

Les autorités religieuses furent toujours soumises, manipulées par les pouvoirs politiques seuls détenteurs de la force militaire, et obligées d’obtempérer aux ordres de l’Etat du fait de leur vulnérabilité et de leurs responsabilités. L’on retrouve dans tout le cours de l’histoire cette obédience prudente d’autorités morales responsables de populations sans défense. Ibn Khaldoun l’avait bien noté écrivant que chez les juifs et les chrétiens les souverainetés temporelle et religieuse étaient séparées, tandis que dans l’islam elles étaient unies afin que la force militaire de l’Etat soutienne l’expansion religieuse.

La « crise des migrants » a occulté l’accord sur le programme militaire nucléaire iranien signé le 14 juillet 2015 à Vienne (Autriche). Pourtant les milliards de dollars que l’Iran va récupérer avec la levée des sanctions vont en partie financer des mouvements terroristes ou le régime si honni de la diplomatie française du président syrien Bachar al-Assad et accusé de contribuer à l’exode des « migrants »…

Les migrants ne viennent pas seulement de Syrie. Les politiciens européens crédules et puérils, obnubilés par leur idéologie du déni se sont laissés bernés par les mirages de l’Orient et se sont les peuples européens qui se retrouvent en dindons de la farce. Je crains que le peu de sécurité qui prévalait encore en Europe ne vole bientôt en éclats… surtout avec un Iran enrichi et nucléarisé. Les leaders actuels devraient écouter davantage leur peuple au lieu de les mépriser, s’ils veulent éviter des drames futurs et maintenir ouvertes les portes de l’asile pour tous les persécutés de l’intolérance et du fanatisme.

Interview de Véronique Chemla publié sur son blog

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  • 4 thoughts on “Interview de Bat Ye’or sur les « migrants », l’Union européenne et Eurabia

    1. danielle

      Bat Yeor a comme d’habitude une analyse conforme à la réalité …. hélas pour nous ,les occidentaux ,dont les politiques sont aveugles ….j’ai ses livres certains en double que j’ai prêté ….

    2. DANY83270

      le plus surprenant dans cette affaire, c’est de constater qu’il n’existe à ce jour aucun journaliste d’investigation qui ait réussi à faire une enquête sérieuse et publier un article, même sous un nom d’emprunt, avec des documents à l’appui qui constitueraient des preuves tangibles de l’existence du projet « EURABIA » avec les noms de tous les responsables politiques et les Etats compromis dans cette machination qui vise à exterminer les Judéo-Chrétiens ainsi que la culture occidentale.

    3. Marcel

      Bat Yeor est très lucide sur la réalité du monde.
      Il y a beaucoup de sourds qui devraient l’écouter… et beaucoup d’aveugles qui devraient la lire!

    4. Robert Davis

      Bat Yeor est une analyste formidable et plus que cela car elle ne se contente pas de montrer la réalité à partir d’une position peu concernée mais en y mettant sa foi dont on a bien besoin et elle trouve les mots justes car sa pensée est claire. Cette manie de l’Europe de vouloir tout « fondre ensemble » est une imbécilité d’une ampleur apocalyptique! Pour pouvoir « fondre » 2 élémznts sans les faire exploser il faut des points communs même en physique. Or il n’y en a AUCUN avec les musulmans. Les musulmans qui veulent vraiment se « fondre » qu’ils se convertissent d’abord aussi bien en Israel qu’en Europe. S’ils ne le font pas sincèrement c’est qu’ils n’en veulent pas. Ce qu’ils veulent est simple : 1. D’abord des alloc. 2. ensuite prendre le pouvoir. 3. tuer tous ceux qui ne partagent pas leurs vues à partir de leurs positions en europe et en Israel. Si une personne responsable accepte un tel marché il est bon pour l’asile d’aliénés mais les politicards sont « tabou » et eux le peuvent…

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