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L’exportation de l’Islam radical par l’Arabie saoudite


L’exportation de l’Islam radical par l’Arabie saoudite

L’Arabie Saoudite a dépensé des milliards à promouvoir sa version extrémiste de l’islam. Qu’a-t-elle produit ?  Voici tout ce que vous devez savoir:

Pourquoi les Saoudiens font-ils du prosélytisme?

Pour lutter contre la propagation de l’islam chiite et veiller à ce que le monde islamique soit principalement sunnite. Au cours des dernières années, l’ancien conflit entre sunnites et chiites en Irak, au Yémen, et dans tout le Moyen-Orient a connu un regain de violence extrême. Maintenant que l’Iran a accepté de freiner son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions économiques internationales, Riyad craint que Téhéran redevenu prospère, soit plus agressif dans la diffusion de sa doctrine chiite et la promotion de révolutions chiites. Une somme importante de documents diplomatiques saoudiens couvrant 2010 à 2015, et récemment publiée par WikiLeaks, montre l’obsession de l’Arabie pour les actions iraniennes et l’influence iranienne. Les agences gouvernementales saoudiennes surveillent les activités culturelles et religieuses iraniennes, et tentent de museler l’influence chiite en fermant ou en bloquant l’accès aux médias soutenus par l’Iran. Les diplomates saoudiens surveillent de près l’implication iranienne partout, au Tadjikistan, qui a de solides liens historiques persans, en Chine, où la petite, population ouïghoure, musulmane est attaquée et se radicalise.

Comment les Saoudiens font-ils la promotion de leurs opinions religieuses?

En investissant massivement dans la construction de mosquées, madrasas, écoles et centres culturels sunnites à travers le monde musulman. Les services de renseignements indiquent que rien qu’en Inde, de 2011 à 2013, quelque 25.000 religieux saoudiens sont arrivés avec plus de 250 millions $ pour construire des mosquées et des universités et tenir des séminaires.

« Nous parlons de milliers et de milliers d’organisations militantes et de prédicateurs qui sont dans la sphère d’influence de l’Arabie », a déclaré Oussama Hasan, chercheur en études islamiques. Ces institutions et ces clercs prêchent la version spécifiquement saoudienne de l’islam sunnite, la souche fondamentaliste extrême connue sous le nom de wahhabisme ou salafisme.

Qu’est-ce que le wahhabisme?

Fondée au 18ème siècle par des musulmans cherchant un retour au littéralisme coranique, le wahhabisme est l’une des sectes les plus strictes de l’Islam. Le fondateur, Cheikh Muhammad ibn Abdul Wahhab, trouva protection auprès d’un émir, Muhammad ibn Saoud, et tous deux unirent leurs forces pour répandre la doctrine dans toute la péninsule arabique. La fille de l’imam épousa le fils de l’émir, ce qui signifie que la Maison des Saoud descend directement de Wahhab. La secte puriste exige que ses fidèles s’abstiennent d’alcool et de drogues. Il y a ségrégation entre les sexes, et les femmes sont entièrement couvertes en public. Même les autres musulmans qui s’éloignent de ces pratiques médiévales – tels que les chiites et les sectes sunnites modérées – sont considérés comme des infidèles. Les peines prévues pour ces crimes – dont l’apostasie et le blasphème – sont notamment la flagellation, la lapidation, et la décapitation.

Comment est-il devenu si fort?

Le tournant date de 1979, lorsque des religieux radicaux qui croyaient la Maison des Saoud contaminée par la décadence occidentale ont poussé des centaines de militants armés à occuper la Grande Mosquée de La Mecque. Prise de panique, la famille royale a cherché à apaiser les militants en revenant sur les étapes de modernisation que le pays avait empruntées. Cinémas et magasins de disques furent fermés, et plus de pouvoir a été donné à la police religieuse pour rechercher et réprimer les infractions.

« En effet, » dit l’ancien diplomate John Burgess, « la prise de la Grande Mosquée a renvoyé l’Arabie Saoudite 30 ans en arrière, la coupant dans son élan  vers le développement social qui était le sien. » La famille royale a fait un grand marchandage avec les clercs: Riyad financerait la propagation du wahhabisme à l’étranger pourvu que les extrémistes se gardent de toute activité militante sur le sol saoudien. Cet accord fournissait la certitude que l’islam radical allait submerger les versions modérées dans de nombreux pays, et y implanter de nombreux groupes terroristes.

Jusqu’où s’étendent les tentacules du wahhabisme?

Presque partout dans le monde musulman, sauf là où l’Iran règne. Dans les années 1980, l’argent saoudien et ses combattants se sont répandus en Afghanistan pour aider les moudjahidines à combattre les Soviétiques, un effort qui a donné naissance aux talibans et finalement à Al-Qaïda. Dans les années 1990, l’aide saoudienne aux musulmans bosniaques en lutte dans les guerres qui ont déchiré la Yougoslavie a apporté la souche wahhabite de l’Islam en Europe.

Au cours de cette même décennie, l’argent saoudien a contribué à radicaliser davantage les musulmans de Tchétchénie. L’un des câbles publiés par Wikileaks cite la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton: « Les bailleurs de fonds d’Arabie Saoudite constituent la plus importante source de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde entier. » La plupart des membres d’Al-Qaïda étaient des saoudiens, y compris Oussama ben Laden, ainsi que 15 des 19 pirates de l’air dans l’attentat du 9/11.

Quelle place occupe ISIS dans ce paysage ?

L’État islamique d’Irak et de Syrie se considère comme plus pur que le régime saoudien, mais sa doctrine fondamentaliste sunnite trouve ses racines dans le wahhabisme. Bob Graham, ancien sénateur démocrate de Floride, qui a appelé à la déclassification de la partie du rapport de la Commission 9/11 traitant des liens saoudiens avec les pirates de l’air, dit qu’ISIS « est un produit des idéaux saoudiens, de l’argent saoudien, et du soutien organisationnel de l’Arabie saoudite». En effet, dit Graham, ISIS représente une forme d’idéologie wahhabite que les Saoudiens ne peuvent pas contrôler – un cancer qui menace maintenant le royaume. «Qui sert de combustible pour ISIS? Notre propre jeunesse », a déclaré l’écrivain dissident saoudien Turki Al-Hamad cette année. « Afin d’arrêter ISIS, vous devez d’abord tarir cette idéologie à sa source”

L’impact des madrasas

Pendant la décennie de lutte des afghans contre les Soviétiques, les princes saoudiens ont financé la croissance explosive des madrasas au Pakistan et en Afghanistan. Les écoles situées dans des communautés rurales où il n’y avait pas d’autre source d’éducation, ont enseigné une forme militante de l’Islam, et ont expliqué aux élèves qu’ils avaient un devoir sacré de combattre les infidèles. C’est de ces écoles que sont sortis les étudiants radicaux qui ont finalement formé les talibans, ainsi que de nombreuses recrues d’al-Qaïda.

Aujourd’hui, beaucoup de ces écoles attirent des étudiants pakistanais en provenance du Nigeria, de l’Indonésie, la Malaisie, et d’ailleurs, et ils rentrent chez eux radicalisés. « L’idéologie qui est propagée par ces écoles est si importante dans la formation des esprits dans le monde musulman», explique le politologue Vali Nasr de l’Ecole Internationale Johns Hopkins. « Si la scolarité régulière ne scolarise pas les gens, mais que des écoles qui propagent le fanatisme scolarise les gens, il n’y a pas besoin d’être chirurgien du cerveau pour comprendre quel en sera l’impact. »

Image à la Une : AP Photo/Kamran Jebreili

Traduction Europe Israël
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SOURCE







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  • 2 thoughts on “L’exportation de l’Islam radical par l’Arabie saoudite

    1. Laurence

      Et combien de mosquées salafistes sont construites dans le pays en france ?
      En Tunisie ils ont fermés 80 mosquées salafistes , en france les maires construisent tous les ans de+en + de mosquées
      Il y a un problème !
      Ils connaissent le danger , mais les politicards de merde préfèrent se plier aux dictats de l’arabie saoudite de merde
      ET LES FRANCAIS ILS S’EN TAPENT LE COQUILLARD!!!!!

    2. capucine

      pour répondre à votre question Laurence .. f.desouche

      Manuel Valls, 28 juin 2015 : Manuel Valls a souligné que l’on recense « entre 10 000 et 15 000 salafistes en France. »

      La Provence, 28 juin 2015 : Cette mouvance, d’implantation récente en France, serait en forte croissance selon les spécialistes, qui estiment à 20 000 le nombre des musulmans sensibles à ce fondamentalisme.

      La Provence, 28 juin 2015 : Sur quelque 2 500 mosquées françaises, « une bonne centaine sont salafistes« , selon Bernard Godard. Et « une centaine d’autres sont travaillées insidieusement par des groupes qui contestent l’imam en place »

      Le Progrès, 27 juin 2015 : On estime les salafistes au nombre de 15000 à 20000 personnes en France.

      Le Monde, 1 avril 2015 : il y aurait désormais 90 lieux de culte d’obédience salafiste dans l’Hexagone sur 2 500 recensés : le double d’il y a cinq ans.

      20 Minutes, 17 février 2015 : Il y aurait soixante mosquées ou salles de prières contrôlées par des salafistes en France.

      RTL, 17 février 2015 : on dénombre désormais 25 salles de prière radicales en Île-de-France, 22 dans la région lyonnaise et 13 à Marseille. On dénombre par ailleurs 5.000 salafistes en Île-de-France, soit dix fois plus qu’il y a dix ans.

      Europe 1, 25 novembre 2014 : On est passé de 40 à 89 mosquées salafistes en deux-trois ans.

      Le Huffington Post, 7 juillet 2014 : En France, les Renseignements généraux parlent d’une mouvance qui réunirait en 2012 quelque 12.000 à 15.000 salafistes (contre 5 à 6000 en 2004).

      L’Express, 17 septembre 2012 : Ils seraient entre 10 000 et 20 000 en France, mais comme les statistiques ethniques sont interdites, il n’existe pas de chiffre arrêté.

      Le Figaro, 17 septembre 2012 : Le salafisme connaît un succès grandissant en France. Selon le ministère de l’Intérieur, ses adeptes sont entre 12.000 et 15.000, contre quelques dizaines de fidèles au début des années 1990.

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