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Le faux problème des bédouins en Israël : une controverse artificielle, par Gil Kessary


Le faux problème des bédouins en Israël : une controverse artificielle, par Gil Kessary

Si les accusateurs d’Israël cherchaient de l’eau pour ajouter à leur moulin ils en ont trouvé sous forme d’une nouvelle controverse. Controverse artificielle n’ayant pas de rapport avec le conflit israélo-palestinien, mais plutôt face à des habitants locaux, concernant des terres à l’intérieur d’Israël. Et pourtant elle a réussi à semer des troubles à l’intérieur du pays et fournir des munitions à l’extérieur à ceux qui attendent l’occasion de critiquer Israël.Il s’agit de terres allouées aux Bédouins de nationalité israélienne, installés pour la plupart dans le Néguev, au sud du pays. 300000 Bédouins vivent en Israël, dont 80000 en Galilée. Jadis nomades, originaires d’Arabie Saoudite, ils se sont installés pour de bon dans cette vaste région désertique, laquelle constitue environs la moitié de la surface de l’ensemble d’Israël. Au cours des années ils ont peu à peu pris possession de larges territoires sans aucun fondement de droit de la propriété. Or en Israël la quasi totalité du sol appartient à l’État qui vend ou alloue des terrains aux particuliers ou à l’armée qui y installe des bases ou des terrains d’entraînement et de manoeuvres.

C’est ainsi que sur 21 millions de Dounams (environs 210 millions d’Ares) le secteur civil ne peut disposer que de 11 millions de Dounams. Or les Bédouins en revendiquent près d’un million sous prétexte qu’ils y sont installés de facto bien que non de jure.

En réalité 120000 Bédouins seulement vivent dans des agglomérations fixes, villes ou grands villages, alors que les autres, environs 100000, sont éparpillés au large du Néguev, occupant de très larges espaces consacrés par eux non pas à l’habitation mais à l’élevage. 
C’est ainsi qu’une famille, voire quelques familles, arrivent avec leur troupeau et quelques chameaux ou ânes, montent des tentes et sur cette base revendiquent la propriété. Il s’agit d’une superficie d’environs 700000 Dounams revendiquées par seulement 15000 Bédouins, alors qu’une superficie semblable est allouée à 7 millions d’israéliens inscrits aux registres de la propriété privée.
En fait, les Bédouins vivent sans lois ni devoirs. Ils ne paient pas d’impôts, perte pour l’État estimée à deux milliards de Shekels par an. Ils ignorent l’interdiction de la bigamie et la polygamie. Ils détiennent un record mondial de la natalité: 5,6 pour cents. C’est ainsi que leur nombre, 12000 en 1951, dépassera selon les estimations 420000 en 2025.

Étant donné que la moitié seulement de cette population habite quelques centres urbains, dans lesquels d’ailleurs la police n’ose pas pénétrer, les autres souvent n’ont ni eau courante, ni électricité, ni installation sanitaire. Pourtant, les tentatives faites pour régulariser les conditions de vie de ces habitants ont toutes échoués.

Les gouvernements israéliens successifs portent une grande part de responsabilité dans cette réalité. Faute de vouloir éviter les conflits et les affrontements on a laissé faire. C’est ainsi que les habitants juifs du Néguev avaient lancé à la face des autorités « on n’est plus chez nous ». Mais longtemps les gouvernements  sombraient dans la négligence et la résignation, préférant dormir sur les deux oreilles.

Ce n’est qu’en 2003, et encore en 2008, qu’une offre avait été faite aux Bédouins: leur faire cadeau de 20 pour cents des terrains tenus par eux, et pour le reste, récupéré par l’État, ils seront payés. Refus total.

Une nouvelle initiative, prise par Benny Beguin, ancien ministre et fils du légendaire premier ministre Menahem Beguin, allait plus loin: 50 à 65 pour cents de terrains récupérés par l’État en échange de terrains alternatifs et le reste sera acheté par le gouvernement. En contrepartie aucune exigence ou obligation de faire preuve de propriété, ni de présenter des documents quelconques.

Encore un refus, mais cette fois aussi de la part de certains milieux de la droite. Et cette évolution a enflammé les esprits, provoquant des manifestations organisées et encouragées par les Islamistes, et trouvant soutien chez les députés arabes à la Knesset.

De sorte qu’une fois de plus le gouvernement vient de retirer ce projet afin d’éviter les ennuis. Mais il semble que ce n’est que partie remise.

 

Gil KESSARY © Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif

 

GIL KESSARY –

Israélien deuxième génération, Journaliste francophone, ayant collaboré longtemps au journal israélien « Maariv », ainsi que dans la presse française notamment « L’Aurore » puis « Tribune Juive ». Enfance, adolescence, jeunesse et service militaire en Israël. Diplômé de Sciences Po , Licence de Doctorat en Droit international à l’université de Paris. Licence de droit de l’Université de Jérusalem. Ancien diplomate à l’Ambassade d’Israël à Paris.







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  • One thought on “Le faux problème des bédouins en Israël : une controverse artificielle, par Gil Kessary

    1. MisterClairvoyant

      Je pense que la Bonne idée pour l’état d’Israël, c’est de louer à une société civile Israélienne la totalité des terres illégalement occupées par les bédouins. En se chargeant de gérer l’ensemble de ce territoire, puis recouvrer les allocations (mêmes faibles), ceux qui ne payeront pas leur location seront exclus des pâturages. Point.

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