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USA : déclin et destin par Michel Gurfinkiel


USA : déclin et destin par Michel Gurfinkiel

La question de la décadence est au coeur de la campagne électorale américaine. Elle renvoie au précédent historique de la chute de Rome. Un débat qui vaut également pour l’Europe.

L’Amérique a beau être la plus jeune des grandes puissances – trois cent quatre-vingt douze ans en prenant la traversée de la Mayflower, en 1620, comme point de départ, deux cent trente-six ans en ne retenant que la Déclaration d’Indépendance, en 1776 -, elle est hantée par l’idée du déclin. Sans doute en raison d’un abus de lectures bibliques. L’Ancien Testament, en effet, ne cesse de mettre en garde les heureux de ce monde : s’ils trahissent l’Alliance, leur chute sera à la mesure de leur ascension.

 

Jusqu’à présent, l’Amérique a toujours surmonté ses épreuves. Et déjoué ses rivaux. La Russie lui avait infligé en 1957 le « choc du spoutnik » mais en 1969, douze ans plus tard, c’est la mission Apollo qui se pose sur la Lune. Après le Vietnam, la stagflation, les années Carter : l’ère Reagan. La guerre froide ? Au bout de quatre décennies, elle la gagne. Le défi asiatique (« confucéen ») des années 1980 : effacé par la contre-attaque de la Silicon Valley dans les années 1990. Les attentats hyperterroristes du 11 septembre 2001 : vengés par des guerres éclair en Afghanistan et en Irak. Les enlisements dans ces deux pays, au milieu des années 2000 : corrigés par la stratégie du « Surge » et le recours aux drones.

 

Mais depuis 2008, le doute s’installe. Pour faire face à une crise financière subite, les Américains élisent pour la première fois un président noir, le démocrate Barack Obama. Il est jeune, élégant, éloquent : on veut voir en lui la synthèse de Franklin Roosevelt, John Kennedy et Martin Luther King. Las, il échoue. L’économie ne repart pas, l’emploi s’effondre, la dette publique triple. Ses réformes sociales ne convainquent pas. Sa politique étrangère est minée par d’étranges contradictions : activisme militaire et passivité diplomatique ou géopolitique, maintien des priorités de l’ère Bush et main tendue aux ennemis, notamment dans le monde islamique. L’un dans l’autre, quatre « années perdues ».

 

Comment interpréter cette situation ? Effet mécanique des idées fausses ou approximatives que professe l’administration actuelle ? C’est ce qu’affirment officiellement les républicains. Ainsi que leur candidat, Mitt Romney, qui joue la carte des idées « vraies » et « claires » en choisissant pour colistier le congressman (député fédéral) Paul Ryan, théoricien et même « théologien » du conservatisme économique et stratégique.

 

De nombreux auteurs étaient cette analyse. Les plus radicaux : Aaron Klein et Brenda Elliot. Leurs ouvrages – The Manchurian President, Red Army (« Le président-robot », « L’Armée rouge américaine ») – figurent en permanence sur la liste des best-sellers du New York Times. Selon eux, Obama a été mis en orbite par des réseaux crypto-communistes infiltrés au sein du parti démocrate. Il aurait tenté de mettre en place une politique quasi-marxiste dès 2009. L’échec de son parti aux élections de la mi-mandat, en 2010, l’aurait contraint à une politique plus modérée, en vue d’une réélection  en 2012 qui lui permettrait de reprendre son programme initial. C’est le scénario exposé dans Fool Me Twice (« Moque toi une seconde fois de moi »), le tout dernier livre du tandem, qui vient de paraître.

 

Hugh Hewitt, dans The Brief against Obama (« Le Dossier contre Obama »), met en cause la médiocrité personnelle du président actuel, personnage « sous-dimensionné » par rapport aux exigences du moment : « Obama disait en 2008 : Yes we can ! (Oui nous le pouvons). C’est triste à dire, mais non, il ne pouvait pas. » Le réquisitoire est précis, minutieux, implacable. Et plein d’humour.

 

Quant à James Mann, passé du Los Angeles Times à l’Ecole des Relations internationales de l’université Johns Hopkins, il s’en tient dans The Obamians (« Les Obamiens ») à une analyse plus classique. D’après lui, les contradictions et les échecs de l’administration Obama tiennent à son caractère composite. Il y aurait, d’une part, les proches d’Obama, issus de l’extrême-gauche démocrate, et d’autre part les caciques du parti, de sensibilité centriste, ralliés à lui par opportunisme. Après avoir suivi les premiers, avec des résultats négatifs, Obama aurait fini par se rapprocher des derniers – et de leur tête de file Hillary Clinton – depuis 2010.

 

Mais certains républicains pensent qu’Obama et son administration ont tellement aggravé la crise américaine qu’un simple retour à l’orthodoxie conservatrice en 2013 ne suffirait pas. Et un autre secteur de l’opinion américaine, républicains et démocrates confondus, ose poser la question d’un déclin structurel – indépendamment de ce qu’Obama fait ou ne fait pas.

 

Cette question est double : le succès d’une nation tient-il à des facteurs objectifs et quantifiables (la situation géographique, la masse critique humaine, la technologie) ou à des facteurs subjectifs et inquantifiables (la culture, les valeurs, l’identité) ?

 

Et d’autre part, si l’on souscrit au second point plutôt qu’au premier, l’Amérique des années 2010 est-elle encore l’Amérique ? Ou bien, dans une proportion croissante, un autre peuple ?

 

Au pays du Premier Amendement, cet addendum à la constitution qui prescrit une liberté totale d’opinion et d’expression, de telles questions sont aujourd’hui quasiment taboues. Victor Davis Hanson, professeur de lettres classiques et historien militaire, est l’un des rares intellectuels conservateurs ayant à la fois le courage et le talent de les poser. Dans Mexifornia, paru en 2003, il s’interrogeait par exemple sur la reconquête démographique de l’Ouest américain par le Mexique.

 

Le fait est que si Obama a été élu par une nette majorité d’Américains en 2008. Mais aussi que sa majorité était plus nette dans certaines communautés que d’autres. Il obtenait 95 % des suffrages au sein de la communauté noire (ce qui se comprend de soi-même). Mais il l’emportait également chez les Hispaniques (66 %), les Asiatiques (63 %), les Amérindiens (58 %). Les communautés hindoue et sikhe avaient voté démocrate à plus de 60 %. Chez les Américains originaires du Moyen-Orient islamique, il l’avait emporté à 60 %. On a pu parler d’un vote « non-blanc » massif en sa faveur. Chez les Blancs, il n’y a guère eu que les juifs non-orthodoxes pour le soutenir de la même façon.

 

Ces pesanteurs décideront peut-être également du scrutin présidentiel de 2012. De même qu’elles pèsent de plus en plus lourd dans les scrutins européens, notamment en France. Derrière la crise tout court, la crise d’identité.

© Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2012

Source : MichelGurfinkiel.com







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  • One thought on “USA : déclin et destin par Michel Gurfinkiel

    1. Claude V

      Cher France Israël ,permet moi de t’envoyer un petit livre a lire qui suit de très prés le déclin Américain et celui de la France ,organisé par les UNS et SUBIT par les autres : cela remettra un peu les pendules a l’heure …. fort instructif…régalez vous sur les destructeurs complices et volontaires de le declin programmée de la France PAYS JUDÉO-CHRÉTIEN 2 FOIS MILLÉNAIRE ….

      QUI GOUVERNE LA FRANCE ? PROMENADE AU COEUR DU « SIECLE » ET DE LA « FRENCH AMERICAN FOUNDATION » (FAF)

      Qui nous gouverne ? Des énarques, certes, mais on sait moins que tous ou presque, à l’UMP comme au PS, sont membres de deux clubs sulfureux, le Siècle et la French American Foundation, deux clubs parmi les plus discrets mais les plus influents de France.

      LE SIECLE ET LA FRENCH AMERICAN FOUNDATION

      Le Siècle est une filiale du club de Bilderberg dont je vous ai déjà parlé, la French American Foundation est de son côté une filiale du Council on Foreign Relations, dont le programme 2008-2013 est connu sous le nom de « Nouvel Ordre Mondial ». Vous trouverez tout cela dans divers livres et sur internet si vous doutez de ma bonne santé mentale.

      Pour vous prouver que je ne fantasme pas, je vais d’abord vous parler du Siècle dont je vous donnerai l’essentiel de la liste des membres. Ensuite, je vous parlerai de la French American Foundation qui a réussi à placer cinq de ses membres dans le gouvernement Hollande, et Hollande lui-même à la présidence de la République. Joli coup !

      Je ne reviendrai pas sur Bilderberg, mais sachez que ce club a maintenant deux yeux au sein du gouvernement, dont Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur.

      LE SIECLE

      Le club Le Siècle existe depuis 1945, il a été fondé par un franc-maçon, Georges Bérard-Quelin, mais seulement de 20 à 30 % des membres sont actuellement connus comme étant francs-maçons. Il espérait rester anonyme, son existence a été révélée pour la première fois en 1977 par un article de l’Humanité. La liste de ses membres a été publiée contre sa volonté en 2011.

      L’adhésion coûte 150 €/an. Il y a 15 administrateurs et environ 800 membres, appelés « invités » ce qui leur permet de mentir effrontément en niant leur appartenance au club comme membres à part entière puisqu’ils y sont seulement « invités ». Seulement pour devenir « invité », il faut faire acte de candidature et être recruté par cooptation au sein du conseil d’administration, sur proposition d’un membre (invité) plus l’un des quinze administrateurs.

      Le Siècle se réunit une fois par mois, dix fois par an, le dernier mercredi du mois, pour un souper, au Crillon place de la Concorde, dans les luxueux salons de l’Automobile Club.

      Un dîner a eu lieu le mercredi 25 avril entre les deux tours de la présidentielle, c’est là qu’il aurait été décidé que la présidence devait passer de Sarkozy à Hollande, ce qui expliquerait la petite phrase de Sarko sur son retour dans le civil et le peu de vitalité manifesté par l’état-major de l’UMP pour le soutenir à partir de ce jour-là.

      Plusieurs des membres du Siècle sont, comme Valls et Jospin, également membres du club de Bilderberg. Ce sont ceux-là qui auraient fait passer le message qu’il était nécessaire de pousser Hollande à la présidence, un Hollande plus docile aux suggestions de Bilderberg que Sarkozy, trop « électron libre » et trop proche d’Angela Merkel.

      Or, Bilderberg ne veut pas d’une co-gestion franco-allemande de l’Europe, mais d’une co-gestion américano-européenne de monde occidental. Sur ce point il rejoint l’objectif de la French American Foundation.

      Si j’ai cité Jospin, à la fois Bilderberg et Siècle, vous comprenez pourquoi lui qui avait déclaré ne plus vouloir faire de politique fut si présent pendant la campagne présidentielle : il était là pour surveiller que les instructions du directoire de Bilderberg serait bien respectée par tous.

      Le Siècle a aussi un objectif plus concret : placer le maximum de ses membres au gouvernement, peu importe qu’ils soient PS ou UMP. C’est la raison pour laquelle Sarkozy qui en est membre avait fait « l’ouverture » avec d’autres membres du club comme Attali.

      Vous comprendrez mieux la collusion des énarques de tous bords politiques en voyant la liste des « invités » ci-dessous :

      Président actuel depuis janvier 2011 : Nicole Notat, l’ancienne syndicaliste CFDT ;
      Vice-présidents : Olivier Duhamel, journaliste politologue qui écrit, entre autres, dans Valeurs Actuelles (et le frère d’Alain) et Henry Loirette, président du musée du Louvre ;
      Trésorier : Marc Tessier, ancien président de France Télévision
      Secrétaire général : Etienne Lacour, directeur de la rédaction de la Société Générale de Presse.

      Quelques « invités », membres du Siècle, sont issus de la finance et des affaires. Presque tous les Inspecteurs généraux des finances (énarques) en activité (114 sur 120 en 2009) appartiennent au Club…

      Thiery Breton (ancien ministre des Finances)
      Alain Lamassoure (ancien ministre du Budget)
      Pascal Lamy (ancien inspecteur général des finances, directeur de l’Organisation Mondiale du Commerce)
      Alain Minc (ancien inspecteur général des finances, essayiste, président de SANEF)
      Christian Noyer (ancien directeur du Trésor, Gouverneur de la Banque de France)
      Dominique Strauss-Kahn (ancien directeur général du FMI, ex-Bilderberg)
      Jean-Claude Trichet (ancien directeur du Trésor, ancien Gouverneur de la Banque de France, ancien président de la Banque Centrale Européenne)
      Jacques Attali (conseiller d’Etat, président de PlaNet Finance)
      Claude Bébéar (ancien président d’AXA, président de l’Institut Montaigne)
      Antoine Bernheim (dirigeant associé de la banque Lazard)
      Daniel Bouton (ancien directeur du Budget, ancien président de la Société Générale)
      Jean-Yves Haberer (ancien PDG du Crédit Lyonnais)
      Michel Pébereau (ancien président de la BNP Paribas)
      Jean Peyrelevade (dirigeant des banques Suez, Stern, Crédit Lyonnais)
      Édouard de Rothschild (banquier et homme d’affaires, Bilderberg)
      Jean-Paul Agon (directeur général de L’Oréal)
      Delphine Arnault (administratrice de sociétés et fille de Bernard Arnault)
      Bernard Bigot (patron du CEA)
      Bernard Boulito (Heinz et Asics)
      Stéphane Courbit
      Serge Dassault
      Étienne Davignon
      Louis Gallois
      Guillaume Pepy
      Antoine Guichard (ancien PDG du Groupe Casino)
      Philippe Jaffré (ELF Aquitaine, Zebank, Alstom)
      Louis Schweitzer (ancien président de Renault, ancien président de la HALDE)

      (La liste n’est pas limitative, je n’ai retenu que les plus connus)

      On y compte aussi évidemment bon nombre de journalistes et éditeurs de presse…

      Arlette Chabot
      Jean-Marie Colombani (journaliste, ancien président de Le Monde)
      Anne-Marie Couderc (Groupe Hachette Filipacchi Médias)
      Michèle Cotta (journaliste, ancienne directrice de France 2)
      Teresa Cremisi (présidente des éditions Flammarion)
      Alain Duhamel (politologue, chroniqueur à RTL)
      Michel Field (journaliste sur Europe 1)
      Franz-Olivier Giesbert
      Claude Imbert (journaliste au Point)
      Odile Jacob (éditrice)
      Denis Jeambar (ancien directeur des éditions du Seuil)
      Laurent Mouchard-Joffrin (journaliste et directeur de publication du Nouvel Observateur)
      Serge July (ancien PDG de Libération)
      Julien Kouchner (directeur général de l’Agence CAPA)
      Étienne Lacour (secrétaire général du Siècle)
      Maurice Lévy (PDG de Publicis)
      Serge Moati (journaliste sur France 5)
      Denis Olivennes (directeur d’Europe 1)
      Sylvie Pierre-Brossolette
      Bernard Pivot
      Patrick Poivre d’Arvor (journaliste et ancien présentateur télévisé à TF1)
      Alain de Pouzilhac (ancien PDG du groupe Havas)
      David Pujadas (journaliste et présentateur télévisé, France 2)
      Alain-Gérard Slama (journaliste au Figaro et à France Culture)
      Anne Sinclair
      Marc Tessier (ancien président de France Télévisions)

      Sans oublier les personnalités politiques…

      Martine Aubry PS
      Michel Barnier UMP
      Jacques Barrot Centriste-UMP
      François Bayrou Modem
      Éric Besson PS – UMP
      Jeannette Bougrab UMP
      Hervé de Charette Centriste
      Jean-Pierre Chevènement PS
      Jean-François Copé UMP
      Laurent Fabius PS
      Luc Ferry UMP
      Aurélie Filipetti PS
      François Fillon UMP
      Élisabeth Guigou PS
      Adeline Hazan PS
      Martin Hirsch PS
      François Hollande PS
      Nicolas Sarkozy UMP
      Jean-Paul Huchon PS
      Anne-Marie Idrac PS
      Lionel Jospin PS et Bilderberg
      Alain Juppé UMP
      Bernard Kouchner PS
      Jack Lang PS
      Noëlle Lenoir ?
      Corinne Lepage centriste
      Charles Millon droite
      Pierre Moscovici PS
      Jean-Pierre Raffarin UMP
      Manuel Valls PS
      Jacques Toubon UMP
      Michel Vauzelle PSEt
      Henri Weber PS
      Hubert Védrine PS
      Rama Yade UMP
      Marisol Touraine PS
      Fadela Amara PS
      Rachida Dati UMP

      Et enfin, la liste ne serait pas complète sans les syndicalistes…

      Jean-Christophe Le Duigou (ancien dirigeant de la CGT du corps des finances, puis receveur général des hypothèques)
      Nicole Notat (présidente de Le Siècle, ex-CFDT, puis présidente de Vigeo)
      Laurence Parisot (présidente du MEDEF)
      Ernest-Antoine Seillière (ancien président du MEDEF)

      Si vous doutez encore qu’il y ait une formidable collusion entre presse, finance, banques, affaires, syndicats et politiques, lisez et regardez :

      • Au cœur du pouvoir : enquête sur le club le plus puissant de France Emmanuel Ratier
      • Les Nouveaux Chiens de garde, film sorti en 2012 de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat dans lequel ils dénoncent le Siècle comme un lieu de collusion entre politiques et journalistes.

      Depuis novembre 2010, des moyens considérables de sécurité sont mis à disposition tous les dernier mercredi du mois le soir, sur la place de la Concorde et dans le quartier alentour, sur ordre de Michel Gaudin, préfet de police de Paris, également membre du club afin d’assurer la protection de tous ces joyeux drilles, majoritairement énarques et Sciences Po, qui soupent ensemble et préparent les mauvais coups qu’ils nous destinent tout en faisant semblant de se battre au petit écran et dans la presse.

      Mes parents possédaient jadis un hôtel-restaurant dans lequel étaient venus s’installer pour une quinzaine de jours une équipe de catcheurs professionnels dont l’Ange Blanc et le Bourreau de Béthune. Ils se battaient sur le ring, mais le soir soupaient ensemble, préparaient leur spectacle et réglaient leurs affaires : « Hier soir, tu m’as fait mal, du coup j’ai perdu sur les paris » « D’accord demain, je te laisse gagner une manche de plus comme ça tu pourras te refaire ».
      L’alternance, quoi !

      L’important dans une bande de copains n’est-il pas de se repasser les bons coups et les affaires juteuses pour que tout le monde y gagne ? Enfin, sauf les cochons de payants.

      LA FRENCH AMERICAN FOUNDATION (FAF)

      La French American Foundation (FAF) a été fondée en 1976 par trois membres du Council on Foreign Relations (CFR) américain et, dans sa version française, conjointement par les présidents Ford et Giscard d’Estaing pour cornaquer les plus éminents des jeunes dirigeants français.

      Le Council on Foreign Relations est un think tank (club de réflexion ou « laboratoire d’idées ») non partisan, américain, ayant pour but officiel d’analyser la politique étrangère américaine et la situation politique mondiale.
      Le CFR souhaite que ses membres reflètent la diversité de la société américaine et entend développer l’expérience de la génération montante de leaders en proposant des programmes qui incluent des rencontres et des discussions avec les officiels du gouvernement, des leaders mondiaux et des membres éminents de la communauté des affaires étrangères.

      Le cœur de son think tank est le David Rockefeller Studies Program, composé d’environ cinquante « adjoints » (pendants des « invités » du Siècle), tant démocrates que républicains.
      Cette noble assemblée se méfie des partis politiques, qu’elle range en bloc aux côtés des « factions » de tout acabit et considère comme un grave danger pour la République américaine.

      Pensant que l’architecture de gouvernance mondiale reflétait trop le monde tel qu’il existait en 1945 et n’était plus adapté au monde actuel, le CFR a lancé en 2008 un programme de cinq ans intitulé « International Institutions and Global Governance, World Order in the 21st Century ». Connu en France sous le nom « Nouvel Ordre Mondial ».

      Le programme du CFR se focalise sur quatre grands défis :

      • Contrer les menaces transnationales parmi lesquelles le terrorisme,
      • Promouvoir la sécurité énergétique,
      • Gérer l’économie mondiale,
      • Prévenir et répondre à des conflits violents.

      Quand on parle de la French American Foundation, filiale du CFR, évoquer le principe d’un « club cultivant l’amitié entre les peuples américain et français » comme le prétendent ses statuts est une aimable plaisanterie.

      À la lecture des noms composant le groupe des généreux donateurs et dirigeants, on peut se dire que des raisons bien matérielles et idéologiques doivent agiter les esprits de la FAF.

      En effet sans tous les nommer, on y trouve Franck Carlucci du groupe Carlyle ; David Rockfeller, ancien président du CFR et fondateur de la Trilatérale ou encore Ernest-Antoine Sellière, ancien président du patronat français et européen et président du groupe de Wendel.

      À ce niveau, la philanthropie n’existe pas.

      L’objectif de la FAF est d’intégrer des personnes appartenant à l’élite politique, économique, militaire et journalistique afin de véritablement quadriller le terrain.

      C’est le professeur de science politique et membre du CFR, Ezra Suleiman, qui fut pendant des années le seul habilité à accepter les recrues françaises de la FAF désignées par le terme de « Young Leaders ».

      « Depuis son lancement (en France) en 1981, le programme des Young Leaders aspire à sélectionner chaque année les candidats français susceptibles d’occuper des postes à haute responsabilité. »

      Côté américain, nous pouvons relever le président Bill Clinton ; Hillary Clinton ministre des affaires étrangères d’Obama et l’ex-patron de l’OTAN en Europe, le général Wesley Clark.

      Côté français, nous trouvons de nombreux journalistes comme Christine Ockrent, Jean-Marie Colombani (Le Monde), Emmanuel Chain, Jérôme Clément (président d’ARTE) ; mais aussi de nombreux élus socialistes, François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, etc. ; et de l’UMP, Alain Juppé, Valérie Pécresse, Jacques Toubon, Eric Raoult, etc. et aussi Nicolas Dupont-Aignan.

      L’énarchie française s’est ralliée depuis longtemps au dogme du mondialisme.
      Cependant, il est utile pour le système de maintenir une opposition artificielle entre UMP et PS alors qu’en fait, nous vivons dans le régime du parti unique.
      En jouant l’alternance droite-gauche, on fait croire au peuple qu’il y a une autre politique possible.

      En fait, les dirigeants énarques de l’UMP et du PS mènent le pays vers la même direction : l’intégration à un bloc euro-atlantique, à direction unique.
      Pourquoi pas, si cela se traduisait par une gouvernance vraiment efficace et l’amélioration des conditions de vie de la population dans la liberté, notamment celle de penser ?
      L’ennui, c’est que ce n’est pas le cas, on va plutôt vers Le meilleur des mondes ou 1984 d’Orwell.

      Le cas de Nicolas Dupont-Aignan est intéressant. Officiellement, il défend avec passion la souveraineté française mâtinée de gaullisme. En fait, c’est un leurre. Son appartenance à la FAF, depuis 2001, le prouve.
      Si Dupont-Aignan a été accepté au sein de la French American Foundation, cela signifie qu’il a dû présenter obligatoirement des gages prouvant sa bonne foi. On ne trompe pas facilement les élites mondialistes de la FAF. Ce politicien est utile au système parce qu’il est un dérivatif.

      Dans le cas de Dupont-Aignan, il s’agit de contrôler un mouvement en faveur de la cause nationale, défendue par le FN, pour ensuite arrondir les angles, empêcher que les « patriotes » puissent diffuser de véritables informations sur les origines du mondialisme.

      « Quand on ne peut pas arrêter une tendance, en particulier la rébellion de nombreux Français en faveur du retour à la souveraineté, il est préférable d’accompagner le mouvement pour l’étouffer par la suite. C’est la mission de NDA. Ce dernier ne doit pas jouer la comédie de l’homme qui n’est pas au courant des objectifs de la French American Foundation compte tenu des conditions de sélection pour y adhérer. Quant on fait partie de la FAF dont le but ultime est de réaliser un bloc euro-atlantique complet, on ne peut pas en même temps être gaulliste et se présenter comme un ardent défenseur d’une France souveraine. Dans le cadre de la course à la présidentielle NDA a mobilisé des espoirs pour récolter cinq cents signatures. Comme par hasard, il a ensuite échoué au grand dam des Français fidèles à la cause gaulliste. N’est-ce pas là un bon exemple de stérilisation des bonnes énergies ?
      C’est le cas de François Hollande, le patron du PS. Il suffit aussi de voir la longue liste des politiques membres du Parti socialiste et de l’UMP appartenant à la FAF. Peu importe l’équipe au pouvoir, la FAF aura ses hommes et ses femmes au pouvoir en France au service de l’Atlantisme. Il ne faut pas oublier aussi la présence de nombreux membres de la FAF au sein des grandes entreprises et du milieu journalistique. D’une certaine manière, tout est verrouillé. »
      (Pierre Hilliard, Revue-républicaine.fr)

      Sur les huit socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, six sont dans son gouvernement.

      François Hollande et Pierre Moscovici sont FAF depuis 1996, Marisol Touraine et Aquilino Morelle depuis 1998, Arnaud Montebourg depuis 2000 et Najat Vallaud-Belkacem depuis 2006, sont tous des « Young Leaders ».

      Tous ont été minutieusement sélectionnés et « formés » par ce très élitiste réseau, une forme de secte politique inconnue du grand public, sponsorisée entre autres, et ce n’est pas par hasard, par la banque franco-américaine Lazard dont le directeur est le très socialiste Mathieu Pigasse qui leur ouvre des comptes protégés à Lazard Frères Gestion à Genève.

      En d’autres termes, ils ont tous postulé et se sont fait parrainer pour être admis à suivre le programme phare mis en place par la FAF, la French American Fondation.

      La FAF est elle-même un organisme à cheval sur Paris et New York. À noter qu’entre 1997 et 2001, c’est John Negroponte qui présida la FAF, avant de devenir entre 2005 et 2007, sous Georges Bush, le premier directeur coordonnant tous les services secrets américains (Direction of National Intelligence), et dirigeant l’US States Intelligence Community qui regroupe une quinzaine de membres, dont le FBI et la CIA.

      Un président et cinq ministres en France : beau tir groupé, comme s’en enorgueillit à juste titre le site américain de la FAF : « The French-American Foundation is proud to have five Young Leader in the cabinet of President François Hollande, himself a Young Leader in 1996 », tandis que son site français n’en dit pas un mot. C’est beau la discrétion, la transparence et la morale républicaine !

      « Pourquoi est-ce que les journalistes ne nous parlent pas de ça, à propos de François Hollande, au lieu de nous parler de son séjour d’étudiant et de son goût pour les cheese-burgers dont on a rien à faire? ». Qu’ils demandent donc la réponse aux journalistes qui ont l’art de nous servir ces hamburgers, préparés par les communicants, en prenant leurs lecteurs pour des cornichons !
      Qu’ils la demandent en particulier aux Young Leaders des médias, aujourd’hui actionnaires ou directeurs des principales rédactions, ces copains de promo de certains de nos nouveaux ministres pour certains d’entre eux : de Laurent Mouchard-Joffrin (Nouvel Observateur) à Denis Olivennes (Europe 1, Paris Match et du JDD), en passant par Matthieu Pigasse (Banque Lazard et Inrockuptibles), Louis Dreyfus et Erik Izraelewicz (Le Monde)… Et la liste des hommes de médias Young Leaders est longue, comme on peut la lire plus intégralement dans l’enquête « Ils ont acheté la presse ». (Benjamin Dormann, cité par Atlantico).

      À New York, la venue de François Hollande et de sa nouvelle équipe était attendue sereinement. Vu de la FAF, « Welcome à la Hollande team » ; on reste en terrain connu, tout est sous contrôle, on est même fier d’avoir autant de ses poulains dans la place, nous l’avons vu.

      Que les angoissés se rassurent : « le changement, ce n’est pas pour maintenant », n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon qui croit tout savoir !

      Maurice D.

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