toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Le cinéaste irlandais Nicky Larkin détestait Israël, il a maintenant changé d’avis


Le cinéaste irlandais Nicky Larkin détestait Israël, il a maintenant changé d’avis

J’avais l’habitude de détester Israël. Je pensais que la gauche avait toujours raison. Plus maintenant. Maintenant, je déteste les terroristes palestiniens. Maintenant, je comprends qu’Israël doit être dur. [...]. Alors, pourquoi ai-je changé si totalement d’avis ?

Étrangement, c’est l’incursion d’Israël à Gaza en décembre 2008, qui a provoqué la mort de 1.200 Palestiniens et comparativement seulement de 13 Israéliens, qui a déclenché ma colère contre Israël. J’étais tellement en colère par ce massacre que j’ai posé avec le foulard rayée de l’Organisation de libération de la Palestine pour le catalogue d’une exposition d’art.

Peu de temps après avoir posé avec le foulard de l’OLP, j’ai demandé des fonds au Irish Arts Council pour tourner un film en Israël et en Palestine. Je voulais parler à ces soldats pour contester leurs actions – et interpeller les citoyens israéliens qui les avaient soutenus.

J’ai passé sept semaines dans la région, partageant mon temps de façon égale entre Israël et la Cisjordanie. J’ai commencé en Israël. Les habitants se méfiaient. Nous étions Irlandais – originaires d’un pays qui est l’un des principaux critiques d’Israël – et nous étions des cinéastes. Nous étions l’ennemi.

Puis je suis passé en Cisjordanie. Soudain, être irlandais n’était pas un problème. Des graffitis provocateurs ornaient Le Mur.

Bethléem était le Las Vegas des doux dingues de Jésus (Jesus-freaks) – des crucifix en néon ponctués par des affiches de martyrs.  Ces martyrs nous ont poursuivis partout en Cisjordanie.  Où que nous allions, ils nous regardaient collés à des  lampadaires et sur les murs. Comme Jésus sur les images anciennes du Sacré-Coeur.

Mais plus je sentais les regards des martyrs sur moi et plus j’étais désorienté. Après tout, le mantra palestinien est la « résistance non-violente ». C’était  leur devise, répétée maintes et maintes fois comme les répliques pendant la messe catholique.

Pourtant, lorsque j’ai interviewé Hind Khoury, une ancienne membre du gouvernement palestinien, elle était assise penchée en avant, fâchée elle a refusé de condamner les actions des kamikazes. Elle était toute agression.  Cette agression s’est poursuivie à Hébron, où j’ai vu des croix gammées sur un mur.
Je m’apprêtais à filmer la scène quand un soldat israélien posté sur le toit d’une maison a crié. Quelques mois auparavant, je l’aurais considéré comme mon ennemi politique et je l’aurais ignoré. Mais là je me suis arrêté pour parler. Il ne parlait que de Taybeh, la bière locale palestinienne.

De retour à Tel-Aviv à l’été 2011, j’ai commencé à écouter plus attentivement le côté israélien. Je me souviens d’une conversation dans la rue Shenkin – le quartier le plus branché de Tel-Aviv, une rue où tout le monde a l’air d’avoir fréquenté une université d’art. Sur la terrasse d’un café j’ai interviewé un ancien soldat.

Il parlait lentement de son temps dans la bande de Gaza. Il m’a raconté que 20 adolescents arabes bourrés de pilules d’ecstasy avaient été envoyés en courant vers la  base où il patrouillait. Chacun avait une bombe attachée au corps et un détonateur dans la main.  Les pilules dans la circulation sanguine leur ôtaient toute douleur. Seul un tir dans la tête pouvait les faire tomber.

Des conversations de ce genre sont normales à Tel-Aviv. J’ai commencé à éprouver le même sentiment d’isolement que les Israéliens. Un isolement qui a commencé dans les ghettos de l’Europe et s’est terminé à Auschwitz.

Israël est un refuge – mais un refuge en état de siège, un refuge où une pluie de roquettes tombées du ciel sèment la mort.  Et par un effort d’empathie, de regarder le monde à travers leurs yeux, un nouveau voyage intellectuel commençait pour moi. Un qui ne serait pas bien accueilli dans mon pays.

Les problèmes ont commencé lorsque j’ai décidé de revenir avec un film qui montre les deux faces de la médaille. En fait, il y en a beaucoup plus que deux. C’est pourquoi le titre de mon film est Forty Shades of Grey (Quarante tons de gris). Mais à Dublin on ne veut qu’une face. Les autres cinéastes s’attendaient à me voir revenir avec une attaque contre Israël. Les zones d’ombre ne sont pas acceptables.

Un artiste irlandais est censé signer des boycotts, porter un foulard de l’OLP, et faire des déclarations fortes contre l’occupation. Mais ce ne sont pas seulement les artistes qui sont censés haïr Israël. Etre anti-Israël est censé faire partie de notre identité irlandaise, de la même manière que nous sommes censés en vouloir aux Anglais.

Mais haïr Israël ne fait pas partie de mon identité nationale personnelle. Ni de haïr les Anglais. Je détiens un passeport irlandais, mais nulle part sur ce document est-il écrit que je suis un Républicain ou un Palestinien.

Mon passeport irlandais indique que je suis né en 1983 à Offaly. Lire la suite en cliquant ICI

www.facebook.com/ fortyshades

www.nickylarkin.com

Traduction d’une tribune publiée dans le Irish Independent [1] hier par Nicky Larkin (Nicky Larkin: Israel is a refuge, but a refuge under siege)

[1] Le Irish Independent est le quotidien le plus vendu en Irlande. Il a la particularité d’être publié sous deux formes: le tabloïd et le journal. Il se revendique politiquement de droite, catholique et nationaliste.

Source : Philosémitisme



Notez cet article

  • Total Score 0%
User rating: 0.00% ( 0
votes )


Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.


One thought on “Le cinéaste irlandais Nicky Larkin détestait Israël, il a maintenant changé d’avis

  1. Moshé007

    Merci à France-Israel pour ce travail de recherche et à Nicky Larkin pour son honnêteté intellectuelle, maintenant je peux vous assurer du désordre annoncé des états qui sont pris par cet antisémitisme mal travestit, « ils » pensent pouvoir se rassurer avec un schéma calquer sur le nazisme des allemands il y a presque 80 ans maintenant !

    Cette alliance des pays occidentaux avec les régimes nazislamistes est la preuve par 4 de la déliquescence actuellement généralisée dans les gênes de la stagnation occidentale par rapport à l’évolution.

    Ce retranchement de l’occident dans ses vielles paternes n’est qu’un aveu de défaite que les nazislamistes utiliserons, n’ont pas contre Israël ou les Juifs, mais comme une faille par laquelle l’islam va paralyser ce même occident, je ne sais pas si je me suis fait comprendre ?

    En rejetant ou en se désolidarisant de son Judaïsme, l’occident et plus particulièrement l’Europe, ne fait qu’ouvrir une faille, en fait ses rituels sacrificiels séculaires, alors quelle ne se confronte plus à des mécanismes automatique entretenus par l’église et d’autre part en laissant pénétrer un envahisseur n’ayant pas d’autre choix que de fuir également sa propre culture, en l’occurrence des dizaines de millions de musulmans en exil de leur faillite sociétale, elle également due à la raréfaction des communautés Juives au sein de leurs sociétés !

    Hormis tous ces automatismes en proie au vide de repères dus au mutations ayant sortis ces « civilisations » de leurs habitudes séculaires, notamment pour les musulmans amputés de leur Judaïté et pour les européens confrontés au phénomène d’Israël qui les amputes également, nous voyons naitre des « civilisations » comme orphelines voulant répéter leurs réflexes, mais dans un vide total, cequi va aboutir obligatoirement vers une reconnaissance mutuelle sans comparaison avec leurs ex-comportement qu’ils avaient entretenus envers les Juifs !

    En fait les musulmans, principalement arabes et les chrétiens principalement européens, à la recherche des mécanismes qu’ils avaient construits avec les Juifs vont se rencontrés dans l’espoir de retrouver sans les Juifs, une symbiose ressemblante !

    Evidement que la peur peut se transformer en imagerie trompeuse, mais autant les chrétiens que les musulmans pourrons aussi facilement répéter leurs paterne sans les Juifs ? Ne risquent-ils pas de confondre Judaïsme et islam pour les chrétiens et Judaïsme et christianisme pour les musulmans ? C’est peut être pour ça que le Judaïsme à toujours rejeté toute forme d’imagerie idolâtre !

    Donc, il suffit d’attendre et de voir comment ces idolâtries ne vont pas se confondre dans cette rencontre sans non-idolâtre ?

    Il est beaucoup plus facile de se projeter sur un écran blanc, là, les mécanismes continuent de fonctionner comme si ils allaient se projeter sur des écrans blancs, en se confrontant à la barbarie du régime syrien, les régimes européens voient et se comparent à leur « propre » barbarie, d’où cette paralysie, ce hiératisme chronique et moribond !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>