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« Nous ferons tout pour continuer à minimiser les victimes civiles »


« Nous ferons tout pour continuer à minimiser les victimes civiles »

Cinq années de calme relatif sur le front nord n’auront pas suffi à faire lever les mains du Général de Brigade Nimrod Shefer, chef de l’état-major de l’Armée de l’Air, de son levier de commande. Immédiatement après la fin de la Deuxième Guerre du Liban, dans laquelle le corps aérien a joué un rôle central, un long processus visant à tirer des leçons de la guerre a été entamé, 

et ce à tous les niveaux. Aujourd’hui, après que l’Armée de l’Air a passé le test d’une vaste opération dans la bande de Gaza, le Général de Brigade Shefer est plus sûr que jamais des capacités aériennes de Tsahal. En parlant de l’éventualité d’un conflit avec le Hezbollah, il déclare : « Je sais que nous pourrons y faire face. Je pense que ce que nous préparons au camp adverse est bien plus fort que ce que le camp adverse nous prépare. »

Le Hezbollah a aussi tiré des leçons de la guerre

Le Général de Brigade Shefer estime que l’Armée Israélienne a certes tiré des leçons de la guerre en 2006, mais qu’elle n’est certainement pas la seule. « Le Hezbollah a aussi appris de la guerre », souligne-t-il. « Cela se voit à sa façon de mieux protéger ses propriétés et ses membres. Il tire des leçons, enquête et s’améliore, afin de nous rendre les tâches consistant à le localiser et à comprendre ses objectifs plus difficiles sur le plan des renseignements. »

Selon le Général de Brigade Shefer, l’ennemi auquel Israël doit faire face est loin d’être un ennemi « facile ». La première menace que rappelle le chef de l’état-major aérien, et qui est selon lui également la menace la plus significative, est celle des missiles balistiques. L’arsenal de roquettes sol-sol et de missiles sol-sol dont les civils israéliens ont été victimes pendant la Deuxième Guerre du Liban, a été amélioré en termes quantitatifs et de distances que les missiles sont capables d’atteindre. « Le menace d’un conflit provient en premier lieu de l’importante menace aérienne que fait peser le camp adverse », explique-t-il. « En ce qui nous concerne, la préparation met l’accent sur l’apprentissage et la recherche en matière de renseignements, et la mise en œuvre de nouvelles méthodes d’action que nous avons améliorées à l’issue de la guerre. Nous nous préparons avec de l’armement dont une grande partie est nouveau et dont nous ne disposions pas la fois précédente, et je sais que l’Armée de l’Air saura opérer du mieux possible selon n’importe quel scénario. »

Les missiles anti-aériens sophistiqués qui sont en la possession du Hezbollah aujourd’hui, et qui l’étaient en 2006, ont exigé du corps aérien une adaptation de sa doctrine de combat et de ses moyens de protection afin de faire face à cette menace. La ruse, l’astuce et la surprise ne sont qu’une partie des nouvelles orientations de la doctrine mise à jour, qui est censée réduire le risque de frappe par des missiles anti-aériens autant que faire se peut. « Nous avons des raisons solides de croire que le Hezbollah s’est renforcé dans ce domaine », insiste le Général de Brigade Shefer.

Une autre menace est celle des drones, qui ont commencé à apparaître dans les rangs du Hezbollah en 2004, et qui pendant la guerre elle-même ne représentaient que quelques éléments isolés. Il y a cinq ans, les forces israéliennes ont réussi à anéantir toutes les tentatives d’infiltration de ces aéronefs sans pilote à bord ; une partie avait été abattue en territoire israélien et le reste en territoire libanais. Le chef de l’état-major aérien estime que Tsahal devra faire face à des dizaines d’entre eux dans le futur. « La menace des drones n’était pas importante par le passé, mais elle se développe en une réelle menace pour les prochains affrontements », prévient-il. L’Unité de Contrôle Aérien (UCA) qui observe le ciel à la recherche d’aéronefs de ce type assure que l’Armée de l’Air est prête à répondre à cette menace. « Nous avons amélioré nos systèmes afin d’être capables de mieux faire face à ces drones lorsqu’ils arriveront la prochaine fois », dit le Commandant de l’UCA, le Lieutenant-colonel Assaf. « Aujourd’hui nous sommes préparés 24 heures sur 24 à la menace des drones, aussi bien dans des scénarii impliquant un seul aéronef que plusieurs. »

Face à la menace des drones libanais, une division entière de drones de l’Armée de l’Air Israélienne se tient prête. Cette division occupe un volume croissant d’activités opérationnelles aujourd’hui. « Des missions de coopération avec les Forces Terrestres, jusqu’à la collecte de renseignements dans des régions éloignées, en passant par la participation à la collecte de renseignements dans des missions visant à contrecarrer l’envoi de roquettes et missiles sol-sol, la division des drones sera très importante lors de la prochaine guerre », selon le Général de Brigade Shefer. Il refuse de donner plus de détails, mais promet que les nouveaux systèmes offrent des possibilités que Tsahal n’avait pas auparavant, dont la réalisation d’opérations compliquées dans des conditions climatiques désavantageuses.

Une amélioration a aussi été observée dans les types d’entraînement avec les Forces Terrestres et dans le nombre d’heures de vol, au cours des cinq dernières années. « Nous sommes passés d’une situation où nous ne nous entraînions pas assez avec les Forces Terrestres à une situation où aucun entraînement organisé au niveau de la brigade ne se déroule sans la présence d’au moins un drone », explique le commandant d’un escadron de drones. « Aujourd’hui, les Forces Terrestres savent demander, recevoir et actionner ces aéronefs de manière tout à fait satisfaisante », ajoute-t-il.

Face à la menace grandissante libanaise, Israël parvient à rassembler les ressources et les capacités suffisantes pour opérer efficacement lors d’un prochain conflit selon le chef de l’état-major aérien. « Selon moi, l’une des raisons pour lesquelles la frontière nord est si calme depuis 2006 est que le Hezbollah aussi comprend ces choses-là », dit-il. « Le calme prévaut parce que le Hezbollah sait ce dont Tsahal est capable. »

Ne pas être dépendants des forces aériennes : une nouvelle doctrine de combat et de meilleurs échanges entre forces terrestres et aériennes

L’une des principales conclusions du rapport de la Commission Winograd, mandatée par le gouvernement israélien après la Deuxième Guerre du Liban pour analyser et tirer des leçons de la guerre, concernait l’idée que l’Armée de l’Air peut déterminer l’issue d’une bataille à elle seule. En outre, l’utilisation massive de la force aérienne, largement supérieure à celle faite dans toutes les guerres qui avaient précédé la Deuxième Guerre du Liban, était critiquée par le rapport. « Selon moi, les Forces Terrestres ne sont pas dépendantes de l’assistance des forces aériennes. L’aide aérienne peut vraiment améliorer les conditions de combat, raccourcir le combat et réduire le nombre de blessés, mais je ne crois pas que les Forces Terrestres se sentent dépendantes des forces aériennes », explique Shefer. « Cependant, l’Armée de l’Air n’a pas fait usage de la totalité de ses capacités pendant la Deuxième Guerre du Liban, loin de là. Je ne pense pas que les leçons tirées de cette guerre signifient que nous devons arrêter de nous fier à la force aérienne. »

Au cours de la Deuxième Guerre du Liban, l’Armée de l’Air a assisté les Forces Terrestres dans des missions de sauvetage et d’évacuation, et 90% des soldats grièvement blessés pendant les 34 jours de combats ont été évacués par la voie aérienne. Elle a également apporté une aide considérable sur le champ de bataille, puisque plus de la moitié des missions de l’Armée de l’Air au cours de la guerre ont été des missions d’assistance aux Forces Terrestres. Cependant, plus les jours passaient, plus les difficultés inhérentes au travail commun entre les deux corps d’armée ont commencé à apparaître. « Je ne veux pas parler de deux corps distincts qui n’ont pas travaillé ensemble, mais dans une large mesure, la coopération sur le champ de bataille n’a pas été bonne », avoue le Général de Brigade Shefer. « Une partie importante des membres de l’Armée de l’Air ne se sentait pas vraiment impliquée dans cette bataille, manquait d’entraînement, et le niveau de compétences était tout simplement insuffisant, aussi bien parmi les membres de l’Armée de l’Air que des Forces Terrestres. »

Les leçons tirées au sujet du manque de coopération entre les forces aériennes et terrestres ont mené à un changement significatif dans la perception du mode opératoire de l’Armée de l’Air. De même que pour les drones, les entraînements font participer un nombre croissant d’autres aéronefs. En outre, au-delà des soldats du corps aérien qui participent à des entraînements terrestres plus fréquemment, on voit aujourd’hui des commandants d’escadron prendre part à des briefings et à la conception des entraînements, et s’évaluer mutuellement. Des liens directs se sont développés notamment entre les commandants. L’un des escadrons a poussé le changement jusqu’à faire goûter le monde de l’infanterie et des chars blindés à ses soldats de façon régulière. « Quand tu connais les gens personnellement, que tu reconnais la voix de quelqu’un et que tu le regardes dans les yeux, cela fonctionne mieux parce que cela crée des liens de confiance entre les deux personnes », explique le commandant de l’escadron en question.

L’utilisation de boucliers humains et les moyens déployés par Tsahal pour y faire face

En se projetant vers l’avenir, il est probable que l’Armée de l’Air soit à nouveau confrontée à un combat dans une zone densément peuplée. Le Hamas dans la bande de Gaza, comme le Hezbollah au Liban, se sont servis de la population ainsi que des actifs civils en tant que boucliers contre les frappes de l’Armée de l’Air. De nombreux civils libanais ont été blessés par des frappes aériennes israéliennes et la communauté internationale a été prompte à condamner cela. « L’ennemi a choisi de combattre en se fondant dans une population dense, en se cachant dans des mosquées, des écoles et des hôpitaux », explique le Général de Brigade Shefer. Il poursuit en expliquant le dilemme auquel doit faire face l’Armée de l’Air dans de telles situations : « Si l’ennemi installe des rampes de lancement de roquettes dans des mosquées, il y a deux possibilités : ne pas attaquer et le laisser continuer à nous tirer dessus, ou bien attaquer celui qui envoie les roquettes. »

Depuis, l’Armée de l’Air investit de gros moyens afin de minimiser les dégâts causés à la population civile, aussi bien dans les opérations de sécurité de routine qu’en période de combat. Tout d’abord, elle essaye d’identifier les cibles avec le plus haut niveau de précision ; deuxièmement, lors de chaque mission, il est fait usage de munitions précises et efficaces qui causeront les dégâts les plus restreints possibles. Chaque cible qui est attaquée est examinée jusqu’aux plus hauts niveaux du corps d’armée, et pendant la Deuxième Guerre du Liban, des milliers de bombes ont été larguées avec un niveau de précision de quelques mètres seulement. « Nous ne prenons pas cette question à la légère. Pendantl’Opération Plomb Durci, par exemple, le Commandant de l’Armée de l’Air a inspecté chaque cible. »

En plus de ces efforts, au cours de la Deuxième du Liban et de l’Opération Plomb Durci, de nombreuses mesures ont été prises dans le but d’avertir la population civile des attaques aériennes. Au départ, il s’agissait d’avertissements généraux diffusés dans les médias libanais qui annonçaient aux civils qu’ils se trouvaient sur une zone de combat et qu’ils feraient bien de quitter cette zone. Par la suite, l’Armée de l’Air a largué des dizaines de milliers de tracts à l’attention de la population, la prévenant de quitter la zone. Dans le cas où l’Armée de l’Air ignorait si une cible était habitée ou non, elle se restreignait à envoyer un projectile inoffensif qui se contentait de faire du bruit et de la fumée afin de mener à une évacuation du bâtiment. Ce n’est que suite à cela que la maison était attaquée. Cette méthode a gagné le surnom de « frapper sur le toit ». « Ceux qui se trouvaient à l’intérieur d’une maison devant être attaquée recevaient un coup de téléphone qui disait : ‘la maison dans laquelle tu te trouves sert d’entrepôt d’armes et elle est sur le point d’être attaquée’ », confie Shefer. « Pendant l’opération, des dizaines de milliers de coups de téléphone de ce type ont été passés. C’est quelque chose qui, si l’on y réfléchit, est totalement irréaliste. »

« Je ne connais aucune autre armée dans le monde qui prend toutes ces mesures afin de s’assurer que des innocents ne soient pas victimes », conclut le Général de Brigade Shefer. « De ce point de vue, je ne sais pas à quoi ressemblera le prochain conflit. Mais je peux déjà dire que nous ferons tout notre possible pour diminuer la quantité de victimes innocentes. »

Yarden Tsur

 

21/07/2011

Blog Tsahal







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