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La Norvège : Fief antisémite ?


La Norvège : Fief antisémite ?

BERLIN – Dans une interview révélatrice, Bruce Bawer, critique littéraire américain, écrivain, poète, critique acerbe de l’antisémitisme européen et de l’islam radical, résidant en Norvège, répond aux questions du Jerusalem Post sur le « déclenchement de la haine du Juif et de l’aversion pour Israël » dans son pays.

Bawer est l’auteur acclamé de While Europe Slept and Surrender (Tandis que l’Europe dormait et capitulait).

Jerusalem Post : Votre récent essai, Alan Dershowitz and Norwegian Anti-Semitism (Alan Dershowitz et l’antisémitisme norvégien), publié dans Pajamas Media, a généré une grande attention. Pourquoi les universités norvégiennes ont-elles boycotté le Pr Dershowitz ?

Bruce Bawer : L’une d’elles ne s’est pas prononcée. L’autre a prétendu qu’il était « controversé ». Une troisième, encore, voulait qu’il parle d’O.J. Simpson, pas d’Israël. Le fait est que les universités norvégiennes accueillent avec joie les critiques de l’Etat, les apologues du terrorisme, les islamistes purs et durs et autres remetteurs-en-question de la Shoah – et non les défenseurs d’Israël. Pour ces universités, qui se considèrent comme des foyers d’éveil et de diversité, être pro-israélien n’est pas à l’ordre du jour.

J.P. : Comment se définit l’antisémitisme norvégien contemporain ? En quoi consiste la propagation post-Shoah de la haine d’Israël et des Juifs en Norvège ?

B.B. : C’est un phénomène que je n’ai jamais rencontré au cours de mes années passées aux États-Unis, et que je croyais relégué aux déchets de l’Histoire. Il apparaît aujourd’hui sous sa forme la plus virulente au sein de l’élite culturelle – universitaires, intellectuels, écrivains, journalistes, politiciens et technocrates.

Tous se positionnent majoritairement à gauche, et sont fortement hostiles à l’Occident, au capitalisme, aux États-Unis et à Israël. Avant la chute de l’URSS, beaucoup étaient même communistes. Ils ont remplacé leur affinité pour l’Union soviétique par une forte sympathie pour la grande idéologie totalitaire de notre époque : l’islamisme. C’est pourquoi ils romancent les Palestiniens et méprisent Israël. Cet antisémitisme est partiellement motivé par l’afflux en masse, ces dernières décennies, de Musulmans du Pakistan, d’Irak, de Somalie et d’ailleurs vers la Norgève.

Le multiculturalisme a enseigné à l’élite culturelle norvégienne comment adopter une position partiale, obséquieuse même, envers chaque aspect de la culture et des croyances musulmanes. Lorsque les dirigeants musulmans déversent leurs diatribes contre Israël et les Juifs, la réaction de l’élite multiculturaliste est de les rejoindre dans leurs élucubrations. Cela s’appelle de la solidarité. ?

L’Histoire de la Norvège joue également un rôle dans tout cela. Ici, l’antisémitisme a un passé lointain et profondément enraciné. La Norvège n’a jamais été un pays cosmopolite – nulle nation en Europe n’a été moins diversifiée, ethniquement ou religieusement. Au contraire, c’était une terre éloignée, rurale, montagneuse, peuplée de pieux agriculteurs luthériens dont la première constitution datant du 19e siècle interdisait aux Juifs de s’installer sur son territoire. Hormis quelques exceptions notoires, les Norvégiens ne se sont pas exactement revêtus de gloire durant l’occupation nazie.

Contrairement à leurs homologues danois, ils n’ont fait aucun effort majeur pour protéger leurs Juifs. Puis, dans les décennies d’après-guerre, la Norvège a été un fidèle allié des Etats-Unis et d’Israël, mais la tenace élite de gauche a œuvré dans les écoles, les universités et les médias – créant une génération pour laquelle être vertueux et intellectuellement sophistiqué signifie, entre autres, embrasser la « victime » musulmane et mépriser le « tyran » israélien. Dans une rue animée d’Oslo, se trouve un bar, repaire de journalistes, le Stopp Pressen (Arrêtez les rotatives). Pendant des années, à sa fenêtre : la photo d’un Yasser Arafat au sourire béat. On pouvait presque le confondre avec Albert Schweizer (théologien protestant, musicien organiste, philosophe et médecin, connu pour son éthique du respect de la vie – ndlr). Un bon rappel de la maladie dont sont atteintes les premières couches de cette société.

J.P. : Comment l’antisémitisme moderne s’exprime-t-il en Norvège ? ?

B.B. : Des universitaires ont cherché à bannir tout contact avec les universités israéliennes. Des militants ont encouragé le boycott des produits israéliens. De temps en temps, un professeur féru, un activiste, ou un écrivain célèbre comme Erlend Loe ou Jostein Gaarder, écrira un virulent éditorial ou prononcera un discours enflammé dénonçant Israël et insultant les Juifs en tant que peuple.

Rien de ce qu’ils disent n’est jamais frais ou innovant ; au contraire, ces propos proviennent d’une élite culturelle orthodoxe. Leur position est sûre dans le pays : personne ne cherchera à leur faire du mal, physiquement ou autrement. Au contraire, leur bave antisémite ne fait qu’attirer les applaudissements de leurs collègues. Et pourtant, ils sont perçus comme audacieux, courageux, de vrais diseurs de vérité.

J.P : Peut-on dire que les Norvégiens sont consumés par la commémoration de la Shoah et des morts juifs, tout en faisant fi de l’antisémitisme criminel dirigé contre les Juifs en Israël et en Diaspora ?

B.B. : Oui. Ceux qui sont professionnellement engagés dans la commémoration de la Shoah le déploreront dans un souffle, et dans un autre expliqueront que les Musulmans sont les Juifs d’aujourd’hui et que les Israéliens sont les nazis actuels. Encore une fois, je pense que cela peut s’expliquer en grande partie par l’Histoire : cela enduit de pommade la conscience de nombreux Norvégiens quant aux choix moraux de leurs parents et grands-parents en temps de guerre : « enfin, c’était il y a longtemps, et aujourd’hui la Norvège est une porteuse vertueuse de paix, et Israël un belliciste sanguinaire. »

J.P. : Pensez-vous que la Norvège a le plus haut degré d’antisémitisme des pays scandinaves ?

B.B. : Elle s’en approche, si j’avais à parier sur le pire pays, je pense que je choisirais la Norvège.

J.P. : Quel danger l’islam politique et radical représente-t-il en Norvège ?

B.B. : Il est terriblement dangereux. Et ce qui le rend redoutable, c’est la précipitation de l’élite culturelle à le blanchir. Les Islamistes sont les bienvenus au sein de l’élite. Ces dernières années, un islamiste de grande envergure s’est vu offrir une position convoitée de chroniqueur dans un journal réputé. Un autre est devenu un membre éminent d’un parti politique, et s’est imposé comme personnage influent de la société norvégienne. Ils sont invités à des fêtes de l’ambassade américaine, et entretiennent des relations amicales avec de hauts représentants du gouvernement norvégien et les membres de la famille royale.

Puis il y a notre résident terroriste, le mollah Krekar, et sa famille, longtemps présentés dans les journaux et à la télévision comme des victimes gentilles, douces et en souffrance. (Il s’agit d’un homme qui a fondé le groupe terroriste Ansar al-Islam, connu pour ses meurtres et ses tortures d’enfants.) Il y a deux ans, soi-disant en réaction aux actions d’Israël contre le Hamas, les Musulmans ont déclenché une émeute au centre-ville d’Oslo, transformant une grande partie de la ville en Beyrouth ou en Sarajevo à leurs moments les plus violents de l’histoire moderne.

La violence était hors de contrôle, les dommages importants. Pourtant, presque tout le monde s’en est sorti sans blâme. Plus tôt l’année dernière, dans le même Square d’Oslo où Quisling (militaire et homme politique norvégien, surtout connu pour avoir été en Norvège le principal artisan de la collaboration avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, et pour avoir dirigé de 1942 à 1945 le gouvernement collaborateur norvégien – ndlr) et son acolyte tenaient leurs meetings, des dizaines de Musulmans radicaux se sont réunis pour écouter un message nazillard de haine contre les Juifs, les homosexuels, la démocratie laïque, l’Amérique, l’Occident, Israël. Les discours faisaient froid dans le dos. Pourtant, ceux qui les ont prononcés continuent d’être traités avec respect par les autorités norvégiennes.

J.P. : Comment expliquer de la réticence des Juifs norvégiens (quelque 2 000 âmes) à défendre Israël, tandis qu’ils n’hésitent pas à affronter de plein fouet l’antisémitisme moderne norvégien ?

B.B. : Ils sont extrêmement peu nombreux. Et ils ont peur pour l’avenir de leurs enfants. Mais leur silence n’est pas une solution. Leurs enfants n’ont pas d’avenir ici, si eux ne se font pas entendre.

J.P. : Les Juifs devraient-ils envisager de faire leur aliya ?

B.B. : Oui.

J.P. : Dr Daniel Pipes, éminent expert américain sur l’islam, a parlé d’une migration d’1 million de Juifs d’Europe, comparable à l’expulsion des Juifs orientaux et arabes de 1948, qui ont trouvé refuge dans l’État d’Israël. Il a fait remarquer que les Juifs européens pourraient finir par partir en raison de l’hostilité musulmane et de l’antisémitisme latent. Envisagez-vous un exode similaire des Juifs d’Europe dans un futur proche ?

B.B. : Il est déjà en marche.

Source : Par BENJAMIN WEINTHAL, CORRESPONDANT DU JERUSALEM POST 
 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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