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L’invention de la Palestine Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire. 1ère Partie de 5. Par Michel KÖNIG


L’invention de la Palestine  Histoire d’une imposture, impostures de l’Histoire.     1ère Partie de 5.     Par Michel KÖNIG

Nota : Pour faciliter la compréhension de l’exposé historique contenu dans ce texte, il m’arrivera d’utiliser des concepts politiques modernes. Ce sont bien sûr des anachronismes  que le lecteur replacera dans leurs contextes.

J’ai été frappé, lorsque, allant sur des sites ou des blogs pour m’informer de ce qui se passe au Proche-Orient, il m’arrive de lire les commentaires que laissent des internautes manifestement pro-palestiniens, par la méconnaissance profonde de l’Histoire dont ils témoignent.

Cela se rapproche plus d’une mythologie ou des contes de bonne femme que de la vérité historique.

Politiquement cela s’appelle de la propagande éhontée, de la veine de celle du Dr. Goebbels qui disait : « plus cest gros, plus ça passe. ». Historiquement cela s’appelle une imposture et c’est de ce point de vue que je voudrais me placer.

Si on lit ces interventions et même certains articles de journaux réputés sérieux, on a l’impression de que toute éternité, en tout cas depuis plusieurs millénaires, juifs et arabes vivaient en paix sur cette terre de Palestine sous la sage administration des palestiniens dont Jérusalem était la capitale éternelle.

C’est après la deuxième guerre mondiale que le vilain sionisme, colonialiste, impérialiste, (voire nazi !) est venu troubler cette belle harmonie.

Certes, il ya eu la Shoah, reconnaissent certains propagandistes palestiniens, (encore que d’autres leaders islamistes comme le Président iranien vont jusqu’à la nier), mais ce n’est pas notre faute.

Pourquoi le sang des juifs que l’Europe a fait couler retomberait-il sur nos têtes ? Nous ne sommes pas coupables et les européens n’avaient qu’à trouver d’autres formes de dédommagement que d’aider les sionistes à voler notre terre.

On retrouve bien sûr dans cette argumentation l’effet de la propagande palestinienne sur des cerveaux européens bien enclins à la croire sur parole. La difficulté, et c’est ce qui m’a poussé à écrire ce texte, c’est qu’elle n’est qu’un amoncellement de contre-vérités historiques. On ne fait pas la paix avec un mensonge ou plus exactement maintenir une fiction historique comme base de revendication n’est jamais le signe d’un désir sincère de trouver un compromis.


D’abord l’imposture du mot PALESTINE

La conquête romaine -67 à 135

 

C’est d’ailleurs cette imposture qui m’a poussé par réaction, entre autres raisons, à écrire mon ouvrage « le 3ème Temple. » dans le contexte de la véritable réalité historique.

Pour cela il faut en revenir à l’apparition de ce mot sur les cartes au deuxième siècle de l’ère chrétienne.

L’ancien royaume de David, avait été conquis par le général Pompée en -67, profitant des dissensions entre les grands prêtres et les rois, nous dirions aujourd’hui entre le trône et l’ église. Mais les romains avaient maintenu une façade d’indépendance nationale en laissant le pays gouverné par un roi juif. C’est ainsi que Hérode, plus romain que juif et qui se plaisait mieux à Césarée, ville romaine qu’à Jérusalem, gouverna jusqu’en 4 après JC, sous la dépendance des empereurs, tout en ménageant le Sanhédrin pour qui il fit faire les travaux cyclopéens du deuxième temple. Mais il fit bâtir à l’angle nord-ouest de l’esplanade, la tour Antonia, qui surplombait le Temple et dont la garnison romaine surveillait tout ce qui s’y passait (Tout un symbole) !

Mais cette façade était encore trop favorable aux juifs. A la mort d’Hérode, le pays passait directement sous l’administration des procurateurs romains, nous dirions aujourd’hui sous administration coloniale.

Le Sanhédrin, l’organe religieux suprême de la religion juive, avec le grand prêtre à sa tête, jouait la carte de l’occupant romain, estimant, qu’une révolte armée serait fatale à l’existence de l’identité religieuse juive. Mais il préservait aussi de la sorte son pouvoir sur le peuple juif ainsi que les richesses provenant des offrandes et des legs qu’il recevait.

On peut comprendre ainsi l’aventure rapportée du Christ-Yoshua, si tant est qu’il est historiquement existé, ou qu’elle ne soit pas le syncrétisme de l’histoire de plusieurs individus. Le sanhédrin et le procurateur romain étaient liés dans leurs intérêts (on parlerait aujourd’hui de collaboration) à éviter l’émergence d’un nouveau leader religieux qui, s’appuyant sur les prophéties « l’étoile du matin », serait prétendant au trône d’Israël restauré. C’était d’ailleurs ce motif qui figurait sur la croix du Christ « Rex judorum »

Mais la première guerre juive fut inspirée plus par les « nationalistes » Zélotes que par un soulèvement religieux, encore qu’il est difficile dans le contexte de l’époque de séparer les deux. Disons qu’on est plus près des motivations de Jeanne d’Arc que de celle de Luther.

Elle a commencé en 66, après les exactions du nouveau procurateur Gessius Florus, corrompu jusqu’à la moelle, qui avaient abouti à un soulèvement généralisé, à la fois contre l’occupant romain et contre le Sanhédrin, tribunal suprême de la religion juive, gestionnaire du Temple, accusé de pactiser avec l’ennemi.

Cette révolte  avait été inspirée par les Esséniens, mais c’est leur branche « armée », les Zélotes, avec son chef Menahem ben Yaïr, qui avaient soulevé le peuple et fait assassiner le grand prêtre Ananias.  Menahem se proclamait descendant de David et prétendant au trône.  Il avait rassemblé une première armée qui avait chassé de Jérusalem en 67 le général romain Cestius Gallus, Légat de Syrie, qui fut battu sévèrement à Beth Horon près de Jérusalem. Mais Menachem fut assassiné à son tour par le fils du grand prêtre Ananias, Eléazar. La ville avait été libérée de sa garnison romaine, mais, sans leader reconnu, fut abandonnée aux différentes factions juives, menées par plusieurs chefs de guerre, qui s’entredéchirèrent à belles dents.

Entre temps, Vespasien, alors général de l’armée d’orient, avait débarqué à Antioche en Syrie à la tête de 3 légions et de leurs troupes auxiliaires. Il devait reconquérir une à une toutes les villes de Galilée, malgré la défense héroïque de Gamla, grâce à un matériel de siège efficace, pendant qu’à Jérusalem les luttes intestines occupaient toute l’énergie des différentes factions et de leurs chefs.

L’armée romaine monta ensuite le siège de Jérusalem. L’assaut final fut entravé à deux reprises par des révoltes parmi les troupes romaines, dues à la succession de Néron et à l’accession au trône de Vespasien, sans que les insurgés juifs minés  par leurs divisions puissent mettre à profit ces délais inespérés. Le nouvel empereur envoya son fils Titus parachever la défaite des juifs. Titus entama un nouveau siège en avril 70 et réussit à prendre la ville qui fut pillée et incendiée. Le second Temple fut détruit (accidentellement, dit Flavius Josèphe). La grande Menora, symbole de l’Alliance, fut emmenée comme trophée à Rome. La reine Bérénice et l’historien juif romanisé Flavius Josèphe, de son vrai nom Yossef Ben-Matityahu, suivirent Titus à Rome.

Quand Titus retourna à Rome, il confia son rôle de commandant en chef à Vettenius Cerialis. Ce jour-là, la nation juive cessa d’être une entité politique. La Judée ne fut plus administrée par un procurateur placé sous l’autorité du gouverneur de la Syrie, mais gouvernée par un légat ayant rang de sénateur, directement responsable devant l’empereur.

Les trois premiers légats furent Vettenius Cerialis, commandant de la 5° légion qui avait pris d’assaut Jérusalem, Lucius Bassus qui s’était emparé des forteresses d’Hérodium et de Machaerus, et Flavius Silva qui prit Massada en 73, défendue par Eléazar Ben Yaïr, le propre neveu de Menahem. Eléazar et ses défenseurs, selon le récit de Flavius Josèphe, préférèrent se donner la mort plutôt que de tomber entre les mains des assaillants romains.

La 2ème guerre juive commença 59 ans plus tard, en 132. La révolte éclata lorsque l’empereur Hadrien lança une vaste campagne d’hellénisation de la population juive et voulut interdire la circoncision. Il avait décidé d’introduire dans tout l’Empire le culte de son amant, Antinoüs, divinisé, mort en 130, ce que les Juifs avaient refusé, non sans quelques considérants peu amènes sur l’origine du nouveau culte. Par rétorsion, il voulut éradiquer la religion juive qui pourtant était une religion reconnue par l‘Empire : ‘religio licita’. Le légat, Tineius Rufus, pour faire du zèle, décida de faire de Jérusalem une ville à la gloire de l’empereur qu’il voulait appeler Colonia Aelia Capitolina. Colonia, car c’était une colonie romaine. Aelia, en l’honneur de l’empereur Hadrien dont le prénom était Aelius. Et Capitolina, parce que la cité avait été dédiée à Jupiter Capitolin et qu’il voulait construire un temple de Zeus sur les ruines du  deuxième Temple.

La réaction des Juifs à ce déni de leurs libertés religieuses, pourtant garanties par l’Empire, a conduit à la deuxième des grandes révoltes de l’ère romaine. Simon Bar Kosiba anima le soulèvement, qui atteignit son paroxysme en 132. Cette fois il eut le soutien des plus hautes instances religieuses du peuple juif, avec le rabbi ben Akiva, un des plus grands rabbins de l’époque, contrairement à la première guerre juive. En 67, les romains étaient venus mater la révolte des Zélotes, mais sans toucher à la tolérance religieuse dont bénéficiait le culte juif, comme ‘religio licita’. Cela leur avait apporté le soutien du Sanhédrin, avant la révolte, et la neutralité des rabbins de l’école de Yabne ensuite, ce qui avait fait grandement défaut aux rebelles et entretenu les divisions au sein du peuple juif.

Bar Kosiba avait organisé une puissante guérilla armée et réussi à chasser les Romains de Jérusalem et d’Israël. Les succès de Bar Kosiba avaient encouragé beaucoup de gens du peuple et des religieux – et parmi eux Rabbi Akiva – à croire qu’il était le Messie. On l’avait surnommé  » Bar-Korba « , ou  » fils de l’étoile « , allusion à un verset dans le livre des Nombres:  » Une étoile viendra de Jacob « , cette étoile étant censée désigner le Messie.

Cette fois, la révolte avait donc un leader, le « fils de l’étoile »  qui se déclarait, comme Menahem ben Yaïr, 60 ans plus tôt, prétendant au trône du royaume d’Israël. Il était soutenu par le clergé et réussit à faire l’union autour de lui. Son armée compta jusqu’à 100.000 hommes, l’équivalent de quatre  légions romaines et de leurs troupes auxiliaires, et remporta d’incontestables succès initiaux. Il a établi, pendant une brève période, un Etat juif indépendant qui put battre monnaie (On peut voir des exemplaires de ces monnaies au musée des pays de la Bible à Jérusalem).

Rome ne pouvait pas, à son tour, subir un tel revers militaire sans réagir à la situation. Les fondements politiques et économiques de l’Empire étaient remis en cause et la révolte juive pouvait être contagieuse chez tous les peuples assujettis.

Mais les Juifs, unis cette fois, ne furent pas faciles à vaincre. Les Romains perdirent une légion entière dans une bataille, la 22ème légion romaine qui était tombée dans une embuscade et avait été massacrée.

Hadrien envoya de plus en plus de troupes en Israël pour combattre les forces de Bar-Korba, au point de consacrer douze légions et leurs troupes auxiliaires à cette guerre, la moitié des forces armées dont disposaient l’Empire, plus de 240.000 hommes. Cela représentait près de quatre fois ce que les Romains avaient mobilisé pour écraser la  » grande révolte « , 60 ans plus tôt.

On fut donc loin pour les romains du ‘veni,vidi,vici’ de César, car l’empereur Hadrien, lors de la présentation de l’état de l’empire devant le Sénat de l’année 133, omit volontairement  de prononcer l’apostrophe  rituelle, qui commençait son rapport sur l’état de l’Empire : « Si vous et vos enfants êtes en bonne santé, c’est bien. Quant à moi et mes légions, nous sommes en bonne santé ! » .

Lire la deuxième partie… cliquez ici

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