toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Gaby Ashkenazi, un guerrier debout : « L’Amérique perd pied, pour la première fois en 60 ans, au Moyen-Orient » par Marc Brzustowski


Gaby Ashkenazi, un guerrier debout : « L’Amérique perd pied, pour la première fois en 60 ans, au Moyen-Orient » par Marc Brzustowski

Le Pentagone et le Congrès US donnaient, ce 17 novembre une grande réception en forme d’épilogue pour célébrer Gaby Ashkenazi, sur le départ de l’Etat-Major israélien. L’Amiral Mac Müllen et son invité de marque se sont mutuellement portés témoignage de l’amitié indéfectible de 2 frères d’armes. Mais des alliés militaires de cette stature ne se réunissent pas pour échanger quelques « private jokes » en ajustant leurs épaulettes pour la photographie historique.

S’il est bien question d’histoire, le chef d’Etat-major israélien a dressé un sombre tableau de la région. Il relevait que ce n’est pas tant lui qui s’en va,… que l’Amérique qui se retire sur la pointe des pieds, ce qui constitue un précédent.

Gaby Ashkenazy a tenu à souligner que « c’est la première fois en 60 ans que les Etats-Unis perdent pied au Moyen-Orient, pendant que l’Iran et la Turquie joignent leurs forces pour initier leur nouvel agenda. La Syrie renforce sans cesse ses activités au sein de cet axe radical. L’implication du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien Premier Ministre libanais Rafik Hariri n’a fait que provoquer l’agitation qui pourrait conduire Nasrallah à prendre le pouvoir à Beyrouth».

La position de faiblesse américaine a donc accéléré la défection d’un ancien allié de l’OTAN et rendu plus hardi Bachar al-Assad, jusqu’alors plus discret. Un tel environnement a toutes les chances de vouloir en finir avec la fiction de la « souveraineté » du Liban. Or, c’est bien cet élan d’agrégation résultant d’un effet d’aubaine en entraînant un autre, qui n’entre absolument pas dans les catégories de la pensée stratégique défectueuse de l’Amérique. Elle n’en est que plus atteinte de compulsion frénétique à ouvrir et serrer des mains et à se laisser menacer du poing par d’anciens comparses, comme le régime fourbe d’Erdogan ou le courtier des Mollahs, tant courtisé à l’Ouest, l’ophtalmologiste à double-foyers incendiaires de Damas.

Le désaccord fondamental entre Israël et les Etats-Unis s’exprime sur l’évaluation de l’impact des sanctions économiques sur l’Iran : là où les seconds émettent le satisfécit qu’elles ont été plus rapides à produire leurs effets, préparant le terrain à la négociation, le chef militaire israélien n’a pu, de sa bonne bouille de Golani, que retourner une moue empreinte du plus profond scepticisme : « Je crois que l’Iran est en bonne voie pour achever son programme nucléaire, ce qui ne manquera pas d’avoir des effets extrêmement déstabilisants sur l’ensemble de la région ». C’est le cœur du problème : puissance nucléaire, plus rien ne s’oppose à Téhéran et les têtes couronnées de la région courbent l’échine. L’Amérique isolationniste d’Obama ne comprend toujours pas.

Mike Müllen s’est alors presque excusé en reprenant son hôte : « En ce moment, la focale se porte sur le dialogue et les sanctions, qui ont atteint un niveau significatif. Nous avons toujours été très clairs sur le fait que toutes les options sont sur la table, y compris celle d’une intervention militaire »…

Ce serait sans compter avec les déclarations, la veille, 16 novembre, de son patron, Robert Gates, secrétaire à la Défense. Opposé à toute intervention militaire, il défend la position officielle des Etats-Unis : une telle ingérence aurait, selon lui, l’effet inverse de celui souhaité, en raffermissant l’unité populaire autour d’un pouvoir contesté et lézardé de l’intérieur. Le but de Gates, actuellement, est de prouver à Khamenei qu’Ahmadinedjad lui ment sur les effets réels des sanctions. Mais que guide encore un Khamenei chevrotant, sinon les missiles entre les mains de son Président? Selon l’Administration Obama, le peuple iranien aurait « pleinement conscience du danger que représenterait le fait que la bombe atomique soit entre les mains d’un régime despotique ». Après la théorie des dominos, celle du « château de cartes », dont les fondations sont, chaque jour, raffermies par Ahmadinedjad, en Irak, au Liban, en Syrie, Turquie, à Gaza, dans les zones tribales, au Yémen…

Les banderilles peuvent-elles avoir raison du taureau fulminant, lancé à pleine vitesse au milieu de l’arène explosive du Moyen-Orient ? Cette Administration qui aime tant le rodéo, ne tient aucun compte de l’irrationalité de nature « révolutionnaire » qui s’est emparée des rênes du pouvoir en Iran. Elle demande aux politiques du mouvement vert assignés à résidence et aux citoyens en colère de se soulever contre l’étau pasdaran dans tous les pays environnants et de faire, finalement, le travail des armées ou de la police internationale. Le peuple est pris en otage, le moindre mouvement suspect vous envoie dans les basses fosses de la prison d’Evin. Ne reste guère plus de recours que la fuite, lorsqu’elle est encore possible et la critique au vitriol, une fois que l’on est dehors, sous haute protection et qu’on a pu mettre sa famille à l’abri.

Ce même jour, 17 novembre, à Paris, Behzad Massoumi Legwan, pilote et lieutenant de l’armée de l’air iranienne qui a fait défection, s’exprimait dans une conférence de presse : « La vaste majorité des officiers de l’armée régulière ne sont pas des serviteurs zélés du régime. Au contraire, ils guettent la moindre opportunité où ils pourront dévoiler leurs véritables sentiments pour se tenir côte à côte avec le peuple d’Iran. Les officiers supérieurs sont opposés à la République islamique et ne changeront pas de cap, avant que la nation de soit libérée ».

Il a pu s’évader par le Kurdistan irakien, aidé en cela par des réseaux de la « vague verte » et du Parti Démocratique Kurde de Massoud Barzani. Des mois plus tard, sa famille pouvait enfin le rejoindre. Ils vivent désormais sous protection policière. Son témoignage était soutenu à la tribune par Reza Heydari, ancien consul d’Iran en Norvège, qui a déserté son poste officiel en janvier, et Amir Hussein Jahanchahi, président fondateur de la « Vague Verte ».

Or, celui-ci n’a pas eu de mots assez durs pour le Régime, mais surtout pour les dirigeants occidentaux et le principal d’entre eux, Obama, qui, selon lui, ne comprend pas absolument pas la menace posée par celui qu’il compare à Adolf Hitler : Ahmadinedjad : « L’Iran seul est la racine de tous les problèmes au Moyen-Orient. Tous les conflits dans la région, à commencer par le conflit israélo-palestinien, l’instabilité au Liban, les guerres en Afghanistan et en Irak, tous sont alimentés et dirigés en sous-main par l’Iran ».

Concernant le programme nucléaire iranien, Jahanchahi a souligné qu’Israël se trouvait dans une situation « perdant-perdant » ou de double-contrainte : « Si jamais Israël n’attaque pas, il y aura, de toute façon, la guerre. Mais si Israël attaque effectivement, ce pourrait être le plus beau cadeau offert à Ahmadinedjad, qui entraînerait alors la région entière dans la guerre ».

Il a accusé Obama de naïveté aveugle en soulignant à quel point « les dirigeants occidentaux n’avaient aucune idée du nombre d’agents iraniens opérant rien qu’à Paris, et qui n’étaient ni iraniens ni chi’ites ». Il ajoutait que ces dirigeants ‘ne faisaient pas assez pour aider le peuple iranien à provoquer un tel changement, qui serait et devrait être effectué à l’intérieur par le peuple d’Iran ».

L’Amérique a choisi de faire comme si une solution était possible avec la seule Autorité palestinienne qui joue la montre en attendant les résultats de la prochaine guerre ; comme si la Justice internationale pouvait empêcher Nasrallah de se saisir définitivement d’un Liban qu’il contrôle déjà et de déclencher la guerre avec Israël ; comme si un retrait sans garantie sécuritaire d’Irak n’attisait pas les appétits des trois compères de l’axe radical. Obama a ouvert un abîme sous les pieds des pays du Moyen-Orient. Combattre en Afghanistan, où le Pentagone achemine des tanks, en laissant grand ouvert le couloir du Levant, conduit les différents Jihad à se faire, chaque jour, plus virulents. Israël, mais désormais, la France, l’Allemagne en savent quelque chose, à qui Ben Laden ‘ne finit pas de distribuer des diktats et d’envoyer des bombes-test.

Le Hamas et le Hezbollah, via la Syrie, ont reçu et converti des tonnes de roquettes aux frappes aléatoires en missiles guidés, selon le Général de Brigade Doron Gavish. La Syrie équipe ses Scud-D, transférables au Hezbollah, d’ogives chimiques. Uzi Rubin, ancien chef de l’organisation de défense anti-missile d’Israël confirme : tous les Fateh-110, d’une portée de 300 kms sont pleinement dotés de systèmes de guidage, avec une marge d’erreur de 200 m sur un objectif situé à 90 kms. Autrement dit, Ahmadinedjad et ses acolytes ont transformé leurs milices terroristes et insurrectionnelles en véritable armée de choc, capable de prendre la suprématie aérienne sans même disposer d’un seul avion. Ce qui peut expliquer les défections d’une armée de l’air iranienne sous-équipée et devenue inutile.

A travers ces différents mouvements alimentés et utilisés en fonction de son seul agenda, Ahmadinedjad donne un échantillon de l’irrationalité dans laquelle il plonge l’ensemble de la région et au-delà, par les aéroports et les villes européennes. Il est résolu à sacrifier des milliers d’Iraniens à son programme de festivités préparant la venue du Mahdi. Face à lui, Obama réitère qu’il n’a aucune stratégie constructive de politique étrangère, sinon de rendre la vie plus difficile au peuple iranien, sans lui donner les armes suffisantes à décapiter la bête immonde.

Sachant qu’Israël aura, de toute façon, la guerre à ses frontières dans quelques mois, quels sont les judicieux conseils prodigués par ses amis aux critiques du chef d’Etat-Major, Gaby Ashkenazy ? Sinon de rester un guerrier debout, sur le pied de guerre, prêt à résoudre, quoi qu’il en coûte, une partie déterminante des dilemmes en série laissés derrière lui, par l’Administration de l’Inconséquence face aux enjeux du XXI ème siècle…


Il n’y a ni paix ni trêve ni retraite pour les braves.

Par Marc Brzustowski

Pour © 2010 lessakele et © 2010 aschkel.info





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



    Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

    Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


    Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *